Une sélection de livres pour penser la sortie de la modernité

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L’exercice est connu : si vous deviez vous retrouver sur une île déserte, quel ouvrage emporteriez-vous ? Il peut être étendu : si vous deviez quitter précipitamment votre foyer, ou au contraire vous y retrancher, quelle bibliothèque minimale, tenant par exemple dans une cantine militaire, vous fournirait les « cartouches intellectuelles » indispensables ? Quels principaux ouvrages permettent de croire en une nouvelle Renaissance européenne, de tracer les possibilités d’une rupture avec le moment mortifère et chaotique que traverse notre civilisation ?

L’exercice est tou­jours dif­fi­ci­le, et natu­rel­le­ment dis­cu­ta­ble quant au choix des titres et à leur clas­si­fi­ca­tion. Il a le méri­te d’obliger à une néces­sai­re sélec­tion, jus­ti­fiée de maniè­re argu­men­tée, au sein d’une Biblio­thè­que idéa­le évi­dem­ment plus vas­te. C’est ce à quoi se sont atta­chés les audi­teurs de la pre­miè­re pro­mo­tion « Domi­ni­que Ven­ner » des cycles de for­ma­tion de l’Institut ILIADE. Com­me une contri­bu­tion aux débats d’idées qui doi­vent assu­rer le réveil de la conscien­ce euro­péen­ne.

Tra­vaux diri­gés par Phi­lip­pe Conrad, Gré­goi­re Gam­bier et Arnaud Imatz, le 10 jan­vier 2016, dans le cadre de la ses­sion « Cri­ti­que du mon­de moder­ne ».

Les ouvra­ges signa­lés ci-des­sous sont dis­po­ni­bles auprès de notre par­te­nai­re Euro­pa Dif­fu­sion ou, pour les plus rares, www.livre-rare-book.com

Textes fondateurs & traités

Iliade, Homère (vers VIIIe av. JC)

L’incomparable poè­me de nos ori­gi­nes, la matri­ce de notre iden­ti­té, de la sin­gu­la­ri­té des ver­tus euro­péen­nes archaï­ques qui ne deman­dent qu’à renaî­tre. Voir aus­si l’Odys­sée, le pre­mier des romans, exal­ta­tion du « cœur aven­tu­reux » des Euro­péens, et de leur soif d’enracinement.

Antigone, Sophocle (vers 441 av. JC)

La tra­di­tion immé­mo­ria­le contre la socié­té com­me construc­tion humai­ne ? Un débat qui n’a rien per­du de son actua­li­té.

Pensées pour moi-même, Marc Aurèle (IIe siècle)

Un des exem­ples les plus opé­ra­tifs pour aujourd’hui de la phi­lo­so­phie anti­que, une éco­le de tenue et de volon­té.

A l’école des Anciens, le dernier livre de Lucien Jerphagnon (2014)

Pour­quoi les pen­seurs de l’Antiquité (Pla­ton, Plo­tin et saint Augus­tin en l’espèce) sont tou­jours pré­sents, et essen­tiels : ils ont por­té jusqu’à nos jours une ini­tia­tion à tout ce qui est la vie de l’esprit, à tout ce qui « rend vivant et digne d’être humain ». Un éru­dit immen­se mais sim­ple d’accès et de dis­cours, qui démon­tre que l’on peut vivre dans la fidé­li­té à l’idéal anti­que, celui de l’homme « beau » et « bon » — kalos kaga­thos .

Romans de la Table ronde (Chrétien de Troyes, XIIe s.)

Pour les valeurs et la repré­sen­ta­tion du mon­de de « l’homme médié­val », enco­re enra­ci­né dans une vision lar­ge­ment poly­théis­te et ini­tia­ti­que de la vie. La civi­li­sa­tion euro­péen­ne pré­ser­vée des souillu­res et impas­ses de la Moder­ni­té. Et l’Europe com­me civi­li­sa­tion qui hono­re la fem­me – ce dont il serait bon de se sou­ve­nir !

Le Gai Savoir, Friedrich Nietzsche (1882)

Pour retrou­ver le fil conduc­teur de notre mémoi­re la plus enfouie : la phi­lo­so­phie du « oui à la vie » et la pen­sée de l’éternel retour.

Le traité du Rebelle ou le recours aux forêts, Ernst Jünger (1951)

Un for­mi­da­ble trai­té d’insoumission à tous les pou­voirs illé­gi­ti­mes. « Les lon­gues pério­des de paix favo­ri­sent cer­tai­nes illu­sions d’optique. L’une d’elles est la croyan­ce que l’inviolabilité du domi­ci­le se fon­de sur la Consti­tu­tion, est garan­tie par elle. En fait, elle se fon­de sur le père de famil­le qui se dres­se au seuil de sa por­te, entou­ré de ses fils, la cognée à la main. »

Plus direc­te­ment poli­ti­que et donc par­tiel­le­ment daté : Le Tra­vailleur (1931). Contre le tota­li­ta­ris­me et la mon­tée de la sau­va­ge­rie : Sur les falai­ses de mar­bre (1939) — « Car c’est dans les cœurs nobles que la souf­fran­ce du peu­ple trou­ve son écho le plus puis­sant ». Sur la figu­re de l’Anarque : Eumes­wil (1977), roman du déta­che­ment et de la luci­di­té.

Jün­ger est aus­si inté­res­sant pour ses récits de guer­re qui lui ont valu une noto­rié­té mon­dia­le, notam­ment Ora­ges d’acier (1920) et Le Com­bat com­me expé­rien­ce inté­rieu­re (La Guer­re notre mère, 1922).

Les hommes au milieu des ruines, Julius Evola (1953)

Le plus direc­te­ment poli­ti­que des nom­breux ouvra­ges d’Evola. Mani­fes­te « réac­tion­nai­re » et éli­tai­re, il tra­ce les lignes essen­tiel­les d’une doc­tri­ne de l’État et d’une vision géné­ra­le de la vie de carac­tè­re « révo­lu­tion­nai­re-conser­va­teur ». Avec la volon­té de pro­po­ser des choix pré­cis et cou­ra­geux à ceux qui peu­vent enco­re se consi­dé­rer com­me « des hom­mes debout au milieu des rui­nes » : face à l’actuelle déca­den­ce euro­péen­ne, la néces­sai­re réha­bi­li­ta­tion de l’idée à la fois aris­to­cra­ti­que, hié­rar­chi­que et qua­li­ta­ti­ve (contre le « Règne de la Quan­ti­té » jus­te­ment dénon­cé par Gué­non).

Pro­lon­ge­ment plus opé­ra­tif de Révol­te contre le mon­de moder­ne (1934), son livre le plus connu, d’inspiration nietz­schéen­ne et « tra­di­tion­na­lis­te » : la déchéan­ce du mon­de moder­ne, pas­sé, pré­sent et à venir, tient à sa rup­tu­re avec la Tra­di­tion pri­mor­dia­le.

De René Gué­non, pré­cur­seur de cet­te réac­tion tra­di­tio­na­lis­te dans l’Europe contem­po­rai­ne, mais peut-être plus contes­ta­ble aujourd’hui (cf. son attrait pour un « Orient » res­té spi­ri­tuel et com­mu­nau­tai­re à rebours d’un Occi­dent déca­dent…), lire La Cri­se du mon­de moder­ne (1927) et Le Règne de la Quan­ti­té et les Signes des Temps (1945).

L’essence du politique, Julien Freund (1965)

Un tex­te qui n’a pas pris une ride, par un dis­ci­ple de Carl Schmitt (La notion du poli­ti­que, 1933, Théo­rie du par­ti­san, 1963), qui redon­ne à la poli­ti­que son iden­ti­té et sa fonc­tion pro­pres, au-delà du jeu des ins­ti­tu­tions libé­ra­les et de l’étalage ins­tru­men­tal des « bons sen­ti­ments ».

Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion, Marcel Gauchet (1985)

Le dévoi­le­ment, à tra­vers l’histoire reli­gieu­se et sur­tout cel­le du chris­tia­nis­me, de l’évolution des sché­mas intel­lec­tuels qui sous-ten­dent les socié­tés humai­nes depuis les ori­gi­nes.

Pour l’auteur, le chris­tia­nis­me por­tait déjà en lui les ger­mes de cet­te sor­tie de la reli­gion qui carac­té­ri­se le mon­de moder­ne. Un « désen­chan­te­ment » qui ne signi­fie pas la fin du reli­gieux, mais sim­ple­ment la fin de cet « état natif » où la reli­gion infor­mait de part en part l’habitation du mon­de et l’ordonnance des êtres. On voit aujourd’hui à quoi res­sem­blent les socié­tés dont le sacré a été exclu – mais qui revient en for­ce, via la sphè­re pri­vée, fami­lia­le et com­mu­nau­tai­re.

En règle géné­ra­le, être atten­tif à ce qu’écrit Gau­chet – cf. son blog

Un samouraï d’Occident. Le bréviaire des insoumis, Dominique Venner (2013)

Livre volon­tai­re­ment sim­ple pour en faci­li­ter l’accès par le plus grand nom­bre, allant direc­te­ment à l’essentiel : com­ment sur­vi­vre à l’effondrement pré­vi­si­ble des cadres aujourd’hui éta­blis de notre civi­li­sa­tion ?

Pour une vision synop­ti­que de notre iden­ti­té : His­toi­re et tra­di­tion des Euro­péens (2002) ; de l’histoire : Le choc de l’histoire – Reli­gion, mémoi­re, iden­ti­té (2011) ; de la vie com­me com­bat voi­re « com­me poè­me » : Le cœur rebel­le (1994).

Essais (méta)politiques

La Révolte des masses, José Ortega y Gasset (1929)

L’œuvre maî­tres­se du grand phi­lo­so­phe espa­gnol. Contre le règne des mas­ses incul­tes, « bru­tes amo­ra­les » aux idées gros­siè­res qui jouis­sent du nec plus ultra que leur pro­cu­re une civi­li­sa­tion per­fec­tion­née dont ils n’ont aucu­ne conscien­ce his­to­ri­que, au ris­que de condui­re à la mort de la cultu­re et de l’avènement d’un nou­vel âge des ténè­bres… Une cri­ti­que émi­nem­ment actuel­le.

La France contre les robots, Georges Bernanos (1947)

Une vio­len­te cri­ti­que de la socié­té indus­triel­le, l’esprit fran­çais contre l’idolâtrie de la tech­ni­que pro­pre aux socié­tés anglo-saxon­nes. Un pam­phlet pré­mo­ni­toi­re à bien des égards : anti­ci­pant les rava­ges de la mon­dia­li­sa­tion et des délo­ca­li­sa­tions (« un jour, on plon­ge­ra dans la rui­ne du jour au len­de­main des famil­les entiè­res par­ce qu’à des mil­liers de kilo­mè­tres pour­ra être pro­dui­te la même cho­se pour deux cen­ti­mes de moins à la ton­ne »), Ber­na­nos annon­ce la révol­te des « élans géné­reux de la jeu­nes­se » contre le maté­ria­lis­me. Ce qu’a récem­ment démon­tré, notam­ment, l’immense « mou­ve­ment social » de rejet du pseu­do-maria­ge homo­sexuel.

Sparte et les Sudistes, Maurice Bardèche (1969)

Un mani­fes­te poli­ti­que et spi­ri­tuel qui per­met de com­pren­dre ce qu’est le « natio­na­lis­me ». En quoi il est onto­lo­gi­que­ment natu­rel, exi­geant, pré­cur­seur dans ses ana­ly­ses et — quel­les que soient ses dif­fé­ren­tes for­mes his­to­ri­ques — tou­jours fon­da­men­ta­le­ment sub­ver­sif : « Je crois à l’inégalité par­mi les hom­mes, à la mal­fai­san­ce de cer­tai­nes for­mes de la liber­té, à l’hypocrisie de la fra­ter­ni­té »…

Nor­ma­lien et spé­cia­lis­te de la lit­té­ra­tu­re fran­çai­se du XIXe siè­cle, Bar­dè­che méri­te mieux que l’opprobre qui frap­pe aujourd’hui indis­tinc­te­ment tous les « vain­cus » de la Secon­de Guer­re mon­dia­le.

Les idées à l’endroit, Alain de Benoist (1979, réédition 2011)

Un maî­tre livre de phi­lo­so­phie poli­ti­que, abor­dant les prin­ci­pa­les ques­tions de notre temps : « Quel­le vision du mon­de peut avoir un hom­me luci­de et conscient des impas­ses – et des lai­deurs phy­si­ques et mora­les — du mon­de moder­ne ? Quel­le vision de l’homme ? Quel rap­port peut-on avoir ce que l’on appel­le la droi­te, ou les droi­tes ? Pour­quoi le libé­ra­lis­me n’est pas la solu­tion ? Que peut-on pen­ser d’un cer­tain nom­bre de thè­mes com­me l’ordre, l’enracinement, l’autorité, la tra­di­tion ? Qu’est-ce que le tota­li­ta­ris­me, et sur­tout y a-t-il un nou­veau tota­li­ta­ris­me contem­po­rain ? Lequel ? Pour­quoi s’est-il mis en pla­ce ? Com­ment ? Au béné­fi­ce de qui ? Pour répri­mer quoi ? Com­ment le com­bat­tre ? Quel­le stra­té­gie asy­mé­tri­que, du fai­ble au fort, peut-on essayer de met­tre en pla­ce contre ce nou­veau tota­li­ta­ris­me ? »… (Pier­re Le Vigan, Elé­ments)

Le système à tuer les peuples, Guillaume Faye (1981)

Dénon­cia­tion pion­niè­re et impla­ca­ble de l’avènement de la socié­té tech­no-mar­chan­de, issue de la col­lu­sion entre la clas­se poli­ti­que et éco­no­mi­que, c’est-à-dire de l’alignement du poli­ti­que sur les impé­ra­tifs éco­no­mi­ques et finan­ciers — le « mer­can­ti­lis­me tota­li­tai­re » — au détri­ment des peu­ples et des tra­di­tions d’Europe.

Vif plai­doyer en faveur du « droit des peu­ples – de tous les peu­ples – à être eux-mêmes, leur droit à l’affirmation cultu­rel­le, leur droit à la dif­fé­ren­ce et à la puis­san­ce ».

Par­mi les ouvra­ges plus récents de G. Faye, pri­vi­lé­gier L’archéofuturisme (1998).

L’avant-guerre civile, Eric Werner (1998, rééd. 2015)

L’analyse la plus convain­can­te, car l’une des plus clair­voyan­tes et éru­di­tes, d’un phé­no­mè­ne désor­mais bien iden­ti­fié — nos socié­tés avan­cées, tech­no­lo­gi­ques et mon­dia­li­sées (éco­no­mi­que­ment et eth­ni­que­ment) s’engagent dans une voie clai­re : « gou­ver­ner par le chaos ». Il convient donc de res­ter luci­de : la vio­len­ce et son corol­lai­re, l’appareil répres­sif, ne feront que s’accroître dans un pro­che ave­nir, consti­tuant « l’architecture même du contrô­le poli­ti­que et social de la mas­se glo­ba­li­sée ». On n’y échap­pe­ra que par une dis­si­den­ce de tous les ins­tants, la consti­tu­tion d’isolats iden­ti­tai­res consti­tu­tifs d’un com­mu­nau­ta­ris­me « liber­tai­re ».

Post­fa­ce de Slo­bo­dan Des­pot.

Un livre qui a influen­cé les réflexions les plus inté­res­san­tes de l’ultra-gauche — cf. Comi­té invi­si­ble : L’insurrection qui vient (2007) et Gou­ver­ner par le chaos (2010, rééd. 2014).

Les esclaves heureux de la liberté – Traité contemporain de dissidence, Javier Portella (2012)

Manuel de dis­si­den­ce et « « bom­be ato­mi­que phi­lo­so­phi­que » (Domi­ni­que Ven­ner), riche de très nom­breu­ses réfé­ren­ces cultu­rel­les. A par­tir du para­doxe de la moder­ni­té (nous n’avons jamais été appa­rem­ment aus­si libres et pros­pè­res, et pour­tant nous n’avons jamais été aus­si misé­ra­bles spi­ri­tuel­le­ment, alié­nés, sou­mis aux objets, aux pro­duits et à la consom­ma­tion…), l’auteur invi­te à pen­ser et agir « révo­lu­tion­nai­re­ment », « com­me les hom­mes de tou­tes les épo­ques ont révo­lu­tion­nai­re­ment inno­vé lors des gran­des rup­tu­res his­to­ri­ques. Y com­pris ceux qui, avec le plus de fidé­li­té pos­si­ble, ont gar­dé allu­mé le feu de la tra­di­tion ».

Pourquoi je serais plutôt aristocrate, Vladimir Volkoff (2004)

Une leçon de vie.

Festivus Festivus, Philippe Muray, conversations avec Elisabeth Lévy (2005)

Homo fes­ti­vus, le citoyen moyen de la post-his­toi­re, dont la pas­sion du bien-être débou­che sur la ser­vi­tu­de, et la dénon­cia­tion de « l’homme-masse », celui qui appar­tient à la mas­se, c’est-à-dire là enco­re l’homme moyen, par oppo­si­tion à l’élite tou­jours mino­ri­tai­re, atta­chée au Beau et au Vrai (la cultu­re), et non au Bien (la « mora­li­ne » actuel­le, que voyait déjà poin­dre Nietz­sche).

Une très bon­ne intro­duc­tion à l’œuvre de Muray, décé­dé en 2006. Accu­sé avec d’autres (Michel Houel­le­becq, Mau­ri­ce G. Dan­tec…) d’être un « nou­veau réac­tion­nai­re » (Le Rap­pel à l’ordre : enquê­te sur les nou­veaux réac­tion­nai­res, Daniel Lin­den­berg, 2002), il répon­dra par un Mani­fes­te pour une pen­sée libre signé éga­le­ment par Alain Fin­kiel­kraut, Mar­cel Gau­chet, Pier­re Manent (influen­cé par Leo Strauss) ou enco­re Pier­re-André Taguieff. Un tex­te qui mar­que pour le coup le lan­ce­ment du mou­ve­ment d’émancipation d’un nom­bre crois­sant d’intellectuels à l’égard de la pen­sée confor­me, au point par­fois de pas­ser à la dis­si­den­ce : Eric Zem­mour, Richard Millet, Renaud Camus… (Phi­lip­pe de Vil­liers dans un autre regis­tre).

Le Grand Remplacement, Renaud Camus (2011)

Le mani­fes­te de la nou­vel­le résis­tan­ce. Pro­fon­dé­ment anglo­phi­le, Camus se pla­ce dans la lignée du fameux dis­cours des fleu­ves de sang (20 avril 1968) du par­le­men­tai­re conser­va­teur bri­tan­ni­que Enoch Powell contre les consé­quen­ces de l’immigration de mas­se extra-euro­péen­ne.

Un mythe contemporain : le dialogue des civilisations, Régis Debray (2007)

Un tex­te court et aler­te (retrans­crip­tion d’une confé­ren­ce) qui dyna­mi­te la bien-pen­san­ce mul­ti­cul­tu­ra­lis­te et l’indifférenciation pla­né­tai­re.

Voir aus­si, dans la même vei­ne et le même for­mat, son Elo­ge des fron­tiè­res (2010). D’autant plus effi­ca­ce que Debray vient de l’extrême-gauche, com­me bon nom­bre d’auteurs cri­ti­ques actuels (Jean-Clau­de Michéa, Michel Onfray, Houel­le­becq…)

La sottise des modernes, Henri Guaino (2002)

Par un hom­me poli­ti­que « de droi­te » cet­te fois. Contre la mode qui veut que seuls les poli­ti­ques qui se pré­sen­tent com­me « moder­nes », adep­tes des « réfor­mes », soient recon­nus cré­di­bles par l’intelligentsia. Alors que la gran­de ques­tion poli­ti­que de notre temps est cultu­rel­le : « com­ment pré­ser­ver et trans­met­tre ce qui fait le cœur de notre civi­li­sa­tion, une intel­li­gen­ce col­lec­ti­ve dont les prin­ci­pa­les réfé­ren­ces par­lent à tou­tes les géné­ra­tions, et en par­ti­cu­lier à la jeu­nes­se ? »

Sur cet­te cri­se de la trans­mis­sion, voir aus­si Fran­çois-Xavier Bel­la­my (Les déshé­ri­tés ou l’urgence de trans­met­tre, 2014). Ou com­ment la per­te de la mémoi­re pré­pa­re les bou­le­ver­se­ments anthro­po­lo­gi­ques et poli­ti­ques en Euro­pe dans un pro­che ave­nir.

L’oligarchie au pouvoir, Yvan Blot (2011)

Le pou­voir réel en Fran­ce n’est pas démo­cra­ti­que, mais oli­gar­chi­que, c’est-à-dire dans les mains d’un petit grou­pe d’hommes : hauts fonc­tion­nai­res non élus, grand patro­nat, cen­tra­les syn­di­ca­les, grou­pus­cu­les qui se disent « auto­ri­tés mora­les », médias poli­ti­que­ment cor­rects… Un plai­doyer pour la démo­cra­tie direc­te (et notam­ment le réfé­ren­dum d’initiative popu­lai­re sur le modè­le suis­se).

Du même auteur, lire aus­si L’Europe colo­ni­sée (2014) – par ses ancien­nes colo­nies (colo­ni­sa­tion de peu­ple­ment) et par les Etats-Unis (colo­ni­sa­tion poli­ti­que, éco­no­mi­que et finan­ciè­re via les oli­gar­ques mon­dia­lis­tes qui tien­nent notam­ment les ins­ti­tu­tions euro­péen­nes). Yvan Blot pro­po­se les voies d’un renou­veau pos­si­ble, en s’inspirant à la fois du modè­le rus­se et du modè­le suis­se, où la réaf­fir­ma­tion de la sou­ve­rai­ne­té des nations euro­péen­nes pour­rait leur per­met­tre de pro­té­ger les valeurs de leur héri­ta­ge et de leur iden­ti­té natio­na­le (com­me le font avec suc­cès les pays émer­gents).

Voir sur cet­te thé­ma­ti­que « sou­ve­rai­nis­te » bien com­pri­se Jean-Louis Harouel, Reve­nir à la nation (2014) : le salut de l’Europe pas­se par la réin­tro­duc­tion d’un néces­sai­re et légi­ti­me par­ti­cu­la­ris­me natio­nal. Il faut donc fai­re revi­vre les peu­ples d’Europe, en recen­trant l’État sur la nation.

Contre l’Europe de Bruxelles : Fonder un Etat européen, Gérard Dussouy (2013)

Com­plé­men­tai­re du pré­cé­dent, cet ouvra­ge pro­po­se une autre voie au néces­sai­re réveil euro­péen, celui d’un fédé­ra­lis­me à l’échelle du conti­nent. Contre les ris­ques d’une réac­tion de natu­re stric­te­ment « sou­ve­rai­nis­te » à l’échec de la pseu­do-« Union euro­péen­ne », un plai­doyer vif mais très argu­men­té pour l’avènement d’une nou­vel­le com­mu­nau­té de des­tin des Euro­péens, avec « pour voca­tion de pré­ser­ver l’identité cultu­rel­le des nations consti­tu­ti­ves ».

Pré­fa­ce de Domi­ni­que Ven­ner.

Economie, sociologie et (géo)politique

2030, la fin de la mondialisation ? Hervé Coutau-Bégarie (2009)

Brillant essai de pros­pec­ti­ve cri­ti­que, par l’un des plus grands stra­té­gis­tes fran­çais contem­po­rains.

Sur la stra­té­gie : Bré­viai­re stra­té­gi­que (2013). Essen­tiel.

Critique de la raison utilitaire : manifeste du MAUSS, Alain Caillé (1989)

Petit tex­te péda­go­gi­que pré­sen­tant le tra­vail de pen­sée accom­pli par la Revue du MAUSS — contre l’économisme et l’utilitarisme, à par­tir du para­dig­me du don mis à jour par le socio­lo­gue et anthro­po­lo­gue Mar­cel Mauss, héri­tier spi­ri­tuel de Dur­kheim (ver­sus Max Weber).

Deve­nu un livre culte à l’influence consi­dé­ra­ble dans tous les champs des scien­ces socia­les, humai­nes et poli­ti­ques : « Ce n’est plus seule­ment la pen­sée qui se dis­sout dans l’économisme, c’est le rap­port social lui-même qui se dilue dans le mar­ché. D’où la néces­si­té urgen­te de cher­cher des res­sour­ces théo­ri­ques et pra­ti­ques qui per­met­tent de sau­ve­gar­der l’essentiel, la civi­li­té ordi­nai­re et le goût de ce qui fait sens par soi-même, à com­men­cer par celui de la démo­cra­tie. »

La révolte des élites et la trahison de la démocratie, Christopher Lasch (1996)

Edi­té à titre post­hu­me (l’historien et socio­lo­gue amé­ri­cain C. Lasch est décé­dé en 1994), ce livre-tes­ta­ment expo­se et struc­tu­re défi­ni­ti­ve­ment son obser­va­tion cri­ti­que de la socié­té amé­ri­cai­ne et, par­tant, des socié­tés « occi­den­ta­les ». Il défend en par­ti­cu­lier l’idée que la démo­cra­tie est désor­mais moins mena­cée par les mas­ses que par ceux qui sont au som­met de la hié­rar­chie — les « nou­vel­les éli­tes » mon­dia­li­sées, hyper-mobi­les et déra­ci­nées, dont le seul moteur est la réus­si­te finan­ciè­re indi­vi­duel­le. L’achèvement du libé­ra­lis­me com­me for­me moder­ne du capi­ta­lis­me, néces­si­te une nou­vel­le lut­te des clas­ses si les « clas­ses moyen­nes » ne veu­lent pas dis­pa­raî­tre défi­ni­ti­ve­ment.

Une cri­ti­que de gau­che radi­ca­le, d’essence orwel­lien­ne (Geor­ge Orwell étant un socia­lis­te tenant d’un « patrio­tis­me révo­lu­tion­nai­re », popu­lai­re et com­mu­nau­tai­re, ce qui lui vau­dra d’être qua­li­fié d’anar­chis­te conser­va­teur – cf. la notion de com­mon decen­cy, une « mora­le com­mu­ne », incli­nai­son tra­di­tion­nel­le à la bien­veillan­ce, à l’entraide ou à la géné­ro­si­té qui consti­tuent le cœur de l’identité popu­lai­re et le moteur de tou­te révol­te authen­ti­que­ment socia­lis­te).

Voir aus­si Cultu­re de mas­se ou cultu­re popu­lai­re ? (1991), un tex­te court qui décor­ti­que et condam­ne deux pos­tu­lats de la socié­té libé­ra­le actuel­le : la réduc­tion de la liber­té humai­ne à cel­le du consom­ma­teur, et l’idée que tou­te pos­tu­re moder­ni­sa­tri­ce ou pro­vo­ca­tri­ce consti­tue­rait par défi­ni­tion un ges­te « rebel­le » et anti­ca­pi­ta­lis­te – alors que c’est bien évi­dem­ment l’inverse.

L’empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale, Jean-Claude Michéa (2010)

Dans la même vei­ne, Michéa étant l’introducteur en Fran­ce de l’œuvre de C. Lasch de même qu’un « socia­lis­te orwel­lien ». Il s’adresse prin­ci­pa­le­ment à la gau­che, dont il est issu, pour en dénon­cer la tra­hi­son par son ral­lie­ment au capi­ta­lis­me via la mon­dia­li­sa­tion et le « social-libé­ra­lis­me ».

Sur la pen­sée orwel­lien­ne, lire son essai Orwell, anar­chis­te tory (2000) : « Le désir d’être libre ne pro­cè­de pas de l’insatisfaction ou du res­sen­ti­ment, mais d’abord de la capa­ci­té d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des maniè­res de vivre. »

La grande séparation. Pour une écologie de la crise, Hervé Juvin (2013)

Mani­fes­te de « l’écologie humai­ne », pour la diver­si­té des peu­ples et des cultu­res. Plai­doyer pour la redé­cou­ver­te du vrai sens de la poli­ti­que : main­te­nir les condi­tions de sur­vie des cultu­res et des civi­li­sa­tions dans leur ori­gi­na­li­té.

Voir aus­si Le ren­ver­se­ment du mon­de, poli­ti­que de la cri­se (2010), pre­miè­re vive cri­ti­que, après la cri­se des sub­pri­mes, du sys­tè­me de mon­dia­li­sa­tion pro­mu par les Etats-Unis.

Fractures françaises, Christophe Guilluy (2010)

La des­crip­tion irré­fu­ta­ble d’une Fran­ce minée par un sépa­ra­tis­me social et cultu­rel. Der­riè­re le trompe-l’œil d’une socié­té apai­sée, l’affirmation d’une cri­se pro­fon­de du « vivre ensem­ble ».

Crise économique ou crise du sens ? de Michel Drac (2010)

Pour­quoi l’Occident devient fou. Avec la fin du mythe pro­gres­sis­te de la crois­san­ce, c’est le « règne de la quan­ti­té » qu’il s’agit de remet­tre en cau­se.

La démondialisation, Jacques Sapir (2011)

Véri­ta­ble « bible éco­no­mi­que alter­na­ti­ve » à l’ordre inter­na­tio­nal mar­chand. Une décons­truc­tion par­fois contes­ta­ble mais étayée du phé­no­mè­ne de mon­dia­li­sa­tion, avec une néces­sai­re mise en pers­pec­ti­ve his­to­ri­que (depuis Bret­ton Woods) et la défi­ni­tion de solu­tions nou­vel­les (en réa­li­té, stric­te­ment natio­na­les). La « démon­dia­li­sa­tion » qu’il appel­le de ses vœux est à la fois moné­tai­re, com­mer­cia­le et finan­ciè­re, ce qui en fait un manuel d’économie glo­ba­le tout à fait uti­le (la plu­part des éco­no­mis­tes s’attachant à un seul aspect) — et qui a l’avantage d’être court (250 p.) !

Lire aus­si Les éco­no­mis­tes contre la démo­cra­tie (2002), dénon­cia­tion de la tyran­nie des « experts » au détri­ment des peu­ples, et son blog sur le site de Marian­ne. Sur la cri­ti­que éco­no­mi­que de la mon­dia­li­sa­tion, ne pas oublier l’œuvre fon­da­tri­ce de Mau­ri­ce Allais : La mon­dia­li­sa­tion, la des­truc­tion des emplois et de la crois­san­ce – L’évidence empi­ri­que (1999).

Survivre à l’effondrement économique, Piero San Giorgio (2011)

La « conver­gen­ce des catas­tro­phes » envi­sa­gée par G. Faye (sur­po­pu­la­tion, pénu­rie de pétro­le et de matiè­res pre­miè­res, dérè­gle­ments cli­ma­ti­ques, bais­se de la pro­duc­tion de nour­ri­tu­re, taris­se­ment de l’eau pota­ble, mon­dia­li­sa­tion débri­dée, det­tes colos­sa­les, immi­gra­tion mas­si­ve, vio­len­ces urbai­nes, révol­tes, révo­lu­tions, guer­res…) entraî­ne­ra un effon­dre­ment éco­no­mi­que mas­sif et glo­bal qui ne lais­se­ra per­son­ne, riche ou pau­vre, indem­ne. Com­ment se pré­pa­rer ? Com­ment sur­vi­vre à ces pro­chai­nes années de grands chan­ge­ments qui seront à la fois sou­dains, rapi­des et vio­lents ?

Une ana­ly­se impla­ca­ble en même temps qu’une som­me de recom­man­da­tions pra­ti­ques sur les pro­duits à sto­cker, des cor­des à pia­no pour fabri­quer des piè­ges au papier alu­mi­nium pour tapis­ser un four solai­re… Sans dou­te salu­tai­re.

Chronique du choc des civilisations, Aymeric Chauprade (4e édition 2015)

Un clas­si­que pour tous ceux qui veu­lent com­pren­dre les enjeux du mon­de actuel à l’aune de l’analyse géo­po­li­ti­que – cet­te étu­de réa­lis­te des rap­ports de for­ce dans l’espace et le temps long.

Appro­fon­dir cet­te dis­ci­pli­ne avec le manuel Géo­po­li­ti­que : Constan­tes et Chan­ge­ments dans l’Histoire (Ellip­ses, 3e édi­tion, 2007).

Romans, récits, théâtre…

Le Cid, Corneille (1637)

Pour le sujet, d’actualité, la qua­li­té de la lan­gue et des valeurs véhi­cu­lées par les per­son­na­ges – le XVIIe, le « Grand Siè­cle » de la civi­li­sa­tion fran­çai­se et, par­tant, euro­péen­ne.

Lire aus­si Raci­ne, et en par­ti­cu­lier Phè­dre (1677), mer­veilleux exem­ple d’adaptation de la mytho­lo­gie anti­que.

Mémoire d’Hadrien, Marguerite Yourcenar (1951)

L’un des pre­miers et des meilleurs romans his­to­ri­ques, magni­fi­que­ment écrit et très soli­de­ment docu­men­té, où l’empereur Hadrien reprend lit­té­ra­le­ment vie sous les traits de l’un des der­niers libres esprits de l’Antiquité. Ou com­ment fai­re des lec­teurs contem­po­rains les com­pli­ces de cet­te civi­li­sa­tion.

Le pape des escargots (1972) et Les étoiles de Compostelle (1982), par Henri Vincenot

La lon­gue mémoi­re de la gran­de cultu­re pay­san­ne et vil­la­geoi­se fran­çai­se, com­me un « recours aux forêts » …

Les vraies richesses, Jean Giono (1937)

Ces « vraies riches­ses » sont cel­les de la ter­re, d’une pro­duc­tion mesu­rée, à l’échelle de l’homme, de ce qui lui est néces­sai­re et qui lui per­met de vivre en com­mu­nion avec la natu­re. Contre le pro­duc­ti­vis­me, « la folie de l’argent » et le nihi­lis­me contem­po­rain : retrou­ver la joie des ges­tes sim­ples, natu­rels. Un mani­fes­te éco­lo­gi­que par un vision­nai­re et un vir­tuo­se du sacré, qui per­met notam­ment de com­pren­dre en quoi l’écologie est fon­ciè­re­ment « de droi­te », car tra­di­tion­nel­le, com­mu­nau­tai­re, et en réa­li­té pan­théis­te : « Se déta­cher du dieu Argent pour retour­ner au vrai culte du dieu Pan, ou plu­tôt Dio­ny­sos. » Un ouvra­ge court (160 pages) qui consti­tue une bon­ne intro­duc­tion à l’œuvre de Gio­no, l’un de nos grands écri­vains rebel­les aux excès de la moder­ni­té.

Voir dans la même vei­ne Que ma joie demeu­re (1936) et Le Hus­sard sur le toit (1951) – ou le cho­lé­ra com­me une allé­go­rie, un révé­la­teur per­met­tant de met­tre à nu « les tem­pé­ra­ments les plus vils ou les plus nobles » dans des situa­tions extrê­mes.

Martin Eden, Jack London (1926)

La nobles­se d’âme et de cœur contre la peti­tes­se du mon­de bour­geois.

Les Cantos, Ezra Pound (1915–1962, réédition 2013)

La quê­te d’une nou­vel­le civi­li­sa­tion, une ten­ta­ti­ve tita­nes­que pour ras­sem­bler dans un ensem­ble poé­ti­que l’esprit du mon­de tra­di­tion­nel, com­me anti­do­te à la déca­den­ce du mon­de moder­ne.

Le Camp des Saints, Jean Raspail (1973)

Pour échap­per à ce des­tin mor­ti­fè­re : fai­re l’inverse que ce qui y est décrit. Etre fiers (refu­ser la mau­vai­se conscien­ce, la culpa­bi­li­sa­tion de l’Europe), être forts (cou­ler les bateaux qui appro­chent, repous­ser les enva­his­seurs,…), être offen­sifs sur­tout (le scé­na­rio du « camp des Saints », à savoir l’attente rési­gnée des fins der­niè­res, étant pré­ci­sé­ment celui à évi­ter).

Le Seigneur des Anneaux, JRR Tolkien (1954–55)

L’essai le plus abou­ti de recons­truc­tion d’une mytho­lo­gie euro­péen­ne pour notre temps. Une appro­che dou­ble­ment syn­cré­ti­que : entre paga­nis­me et chris­tia­nis­me, entre mon­des cel­ti­que et ger­ma­no-scan­di­na­ve.

Petit traité sur l’immensité du monde, Sylvain Tesson (2005)

Un trai­té de rébel­lion contre les faci­li­tés maté­riel­les mais éga­le­ment intel­lec­tuel­les d’un Occi­dent deve­nu tris­te et vieux. Une lec­tu­re rafraî­chis­san­te, qui don­ne envie de pren­dre la rou­te, sac au dos.

Le regard des princes à minuit, Erik L’Homme (2014)

Un habi­le exer­ci­ce de réha­bi­li­ta­tion des valeurs che­va­le­res­ques dans des situa­tions contem­po­rai­nes, à fai­re connaî­tre en par­ti­cu­lier aux plus jeu­nes (ado­les­cents et jeu­nes adul­tes).

La zone du dehors, Alain Damasio (1999)

Bel exem­ple de roman de « scien­ce-fic­tion poli­ti­que », l’anticipation ser­vant natu­rel­le­ment la cri­ti­que socia­le : ici, la façon dont des socié­tés dites « démo­cra­ti­ques » engen­drent une idéo­lo­gie du contrô­le. Ter­ri­ble­ment actuel !