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Brocéliande ou la filiation celtique des Européens

Présentation d'un haut-lieu européen, Brocéliande, par Marie Monvoisin, lors du 2e colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 25 avril 2015.

Brocéliande ou la filiation celtique des Européens

En termes de haut-lieu, nous aurions pu évoquer bien des sites de l’hexagone. Mais Brocéliande présente un atout particulier en ce sens que le fonds culturel des Celtes y est toujours présent et qu’il suffit d’y puiser pour retrouver un certain état d’esprit.

Certes, des his­to­riens objec­tifs vous expli­que­ront à juste titre que les Celtes sont les vain­cus de l’histoire et qu’ils n’ont pu nous trans­mettre l’essence de ce que l’on subo­dore de l’âme celte. Il n’empêche que nous en avons connais­sance aujourd’hui, et nous pou­vons nous la réap­pro­prier, en ces temps trou­blés de perte d’identité, de perte de sens, et de vaga­bon­dage cultu­rel.

N’est-il pas étrange, si l’on y réflé­chit, qu’un Euro­péen culti­vé n’ignore rien de l’histoire, de la lit­té­ra­ture, de la mytho­lo­gie des anciens Grecs et Romains, mais n’éprouve aucune honte à ne rien connaître des Celtes, alors que les deux tiers de l’Europe ont été cel­tiques. L’incroyable igno­rance de leurs propres ancêtres par les gens culti­vés trouve son excuse dans les manuels d’histoire : nos ancêtres les Gau­lois étaient des bar­bares sau­vages, et ce sont les Romains qui sont venus leur appor­ter les lumières de la civi­li­sa­tion, alors que ces conqué­rants n’ont atteint un haut niveau qu’en copiant leurs voi­sins, Etrusques, Grecs ou Celtes.

Brocéliande, légendes et mythes

Venons-en à Bro­cé­liande, en quoi est-ce un haut-lieu pour nous autres Euro­péens, et en quoi nous ins­pire-t-il ? En effet, si on parle d’histoire, concer­nant Bro­cé­liande, on peut sans exa­gé­rer par­ler d’histoire inven­tée par des mythes, car les grands évé­ne­ments du monde ne se sont pas dérou­lés en forêt de Paim­pont, mais plu­tôt du côté de ceux qu’on appelle les Gau­lois. L’histoire médié­vale a réins­crit cette contrée dans l’histoire euro­péenne avec notre bonne duchesse Anne, mais c’est déjà un autre monde.

En revanche, ce qui forge aus­si une âme en matière d’histoire, ce sont les légendes d’un côté et les mythes de l’autre.

Pour autant, à défaut d’histoire, c’est d’abord un haut-lieu en ceci qu’il nous relie à notre filia­tion celte.

La forêt de Paim­pont, puisque c’est son nom admi­nis­tra­tif, fut tou­jours habi­tée par les Celtes. Celtes qui sont un rameau de la famille indo-euro­péenne, et sont pas­sés en Europe en éten­dant leurs colo­nies sur le vaste ter­ri­toire qui devien­dra la Gaule, jusqu’à l’Armorique, sylve sau­vage impé­né­trable de l’extrême occi­dent.

Habi­tée ensuite au sens noble par les druides qui, lors des grandes migra­tions des Ve et VIe siècles, sous la pous­sée des hordes anglo-saxonnes, bien que chris­tia­ni­sés, n’ont pas rom­pu avec la tra­di­tion cel­tique drui­dique, et sont des ana­cho­rètes sanc­ti­fiés et révé­rés par le peuple. Ce sont ces druides qui fondent la prin­ci­pau­té Bro­Wa­roch, qui don­ne­ra la Bre­tagne. Plus tard, au Moyen Age, le mas­sif acquiert sa répu­ta­tion de forêt légen­daire et c’est au XIIe siècle que Bro­cé­liande prend rang dans « les mythiques forêts enchan­tées » grâce à Chré­tien de Troyes, notam­ment. Les légendes arthu­riennes païennes réin­ves­tissent ce lieu en pleine période médié­vale chré­tienne.

Le décor est plan­té pour tou­jours.

Bro­cé­liande est un haut-lieu qui nous ins­pire éga­le­ment parce que les légendes qui y sont atta­chées trouvent à la fois un écho au tré­fonds de notre esprit euro­péen pour les valeurs qu’elles véhi­culent et une cer­taine esthé­tique de l’âme.

Nous exa­mi­ne­rons le sens du sacré dans la socié­té cel­tique, la quête du Graal, la place de la femme, l’esprit de clan, l’organisation tri­fonc­tion­nelle, la forêt.

Une société qui a le sens du sacré

La socié­té cel­tique ne vit que dans et par le sacré. La classe sacer­do­tale est pré­émi­nente, très hié­rar­chi­sée et d’une auto­ri­té indis­cu­tée. Les druides sont des ini­tiés qui ont le sacré dans leurs attri­bu­tions, mais il n’existe pas de dif­fé­rence entre le sacré et le pro­fane : à la fois prêtres et savants, les druides cumulent les fonc­tions de ministres du culte, devins, conseillers poli­tiques, juges, méde­cins, pen­seurs et uni­ver­si­taires. Les études pour par­ve­nir à cet état sont ouvertes à tous, y com­pris les femmes, et durent 20 ans.

Dans la mytho­lo­gie ins­tinc­tive ini­tiale, les Forces de la Nature sont déi­fiées ain­si que les rythmes cycliques, solaire, lunaire et stel­laire. Ce sont les druides qui accom­pli­ront l’évolution spi­ri­tuelle ulté­rieure.

Une société qui donne naissance à la quête du Graal

Au centre de la cour arthu­rienne, la Table Ronde ras­semble les meilleurs che­va­liers, venus du monde entier bri­guer l’honneur de ser­vir. Alors com­mencent les expé­di­tions, entre­prises sur un signe, une requête, un récit mar­qué d’étrangeté. Lorsqu’il prend la route, chaque che­va­lier devient à lui seul l’honneur de la Table Ronde et la gloire du roi. Il forme l’essence même de la che­va­le­rie arthu­rienne, affir­mant la néces­si­té de l’errance, le dédain des com­munes ter­reurs, la soli­tude qui ne s’accompagne que d’un che­val et d’une épée. Il ne sait ni le che­min à suivre, ni les épreuves qui l’attendent. Une seule règle, abso­lue, lui dicte de « prendre les aven­tures comme elles arrivent, bonnes ou mau­vaises ». Il ne se perd pas tant qu’il suit la droite voie, celle de l’honneur, du code de la che­va­le­rie.

La néces­si­té de la Quête est par­tie inté­grante du monde arthu­rien. Au hasard de sa route, le che­va­lier vient à bout des forces hos­tiles. Il fait naître l’harmonie, l’âge d’or de la paix arthu­rienne dans son per­ma­nent va-et-vient entre ce monde-ci et l’Autre Monde, car l’aventure où il éprouve sa valeur ne vaut que si elle croise le che­min des Mer­veilles. Sinon, elle n’est qu’exploit guer­rier, bra­voure uti­li­taire. Seul le monde sur­na­tu­rel qui attend der­rière le voile du réel l’attire, et lui seul est qua­li­fiant.

Les poètes recueillent la Matière de Bre­tagne vers le XIIe siècle. La socié­té culti­vée euro­péenne découvre les légendes des Celtes, un uni­vers cultu­rel d’une étran­ge­té abso­lue. Ce roman, nour­ri de mythes anciens, donne nais­sance à des mythes nou­veaux, Table ronde, Graal, Mer­lin, etc. Par­mi les réfé­rents cultu­rels de l’Europe en train de naître, elle s’impose en quelques dizaines d’années, du Por­tu­gal à l’Islande, de la Sicile à l’Ecosse. La légende cel­tique, mêlée d’influences romanes ou ger­ma­niques, consti­tue en effet une com­po­sante fon­da­men­tale pour l’Europe en quête d’une iden­ti­té qui trans­cende les néces­si­tés éco­no­miques et poli­tiques. Mais le thème de la quête repré­sente plus fon­da­men­ta­le­ment un iti­né­raire pro­pre­ment spi­ri­tuel, ini­tia­tique ou mys­tique même. Elle mani­feste un besoin d’enracinement, la recherche de valeurs anciennes — prouesse, cour­toi­sie, fidé­li­té, lar­gesse… -, l’aspiration à l’image idéale de ce que nous pour­rions être.

Le roman arthu­rien n’a pas inven­té la quête, mais il lui a don­né une cou­leur et une dimen­sion renou­ve­lées. La quête che­va­le­resque n’est ni la des­cente aux enfers d’Orphée ou de Vir­gile, la fuite d’Enée ou la dérive volon­taire d’Ulysse. A tra­vers d’innombrables épreuves, dont on ne sait dans quelle réa­li­té elles se déroulent, elle unit à un voyage qui porte ordre et lumière là où règne le chaos, un che­mi­ne­ment d’abord inté­rieur, une recherche de per­fec­tion et d’absolu.

Une société qui honore la femme

Dans les socié­tés euro­péennes anciennes, il faut tou­jours rap­pe­ler que la femme tient une place ori­gi­nale, réelle et influente en tant que muse, ins­pi­ra­trice, créa­trice, sans négli­ger sa mis­sion de mère, d’éducatrice, et de gar­dienne du foyer. Dans la socié­té cel­tique en par­ti­cu­lier, les femmes jouent un rôle qui n’est ni effa­cé ni subal­terne : libres, mai­tresses d’elles-mêmes et de leurs biens, entraî­nées au com­bat, elles peuvent pré­tendre à l’égalité avec les hommes.

Le mer­veilleux par­ti­ci­pant plei­ne­ment au monde, la femme en est à la fois la média­trice et l’incarnation. Elle tient une place pré­pon­dé­rante dans les cycles ini­tia­tiques. Le but de la fée n’est pas de domi­ner l’homme, mais de le révé­ler, de le réveiller. Le par­te­naire est jau­gé pour ses qua­li­tés tri­par­tites : ni jalou­sie, ni crainte, ni ava­rice. La femme cel­tique n’est ni intou­chable, ni adul­té­rine. Elle reste sou­ve­raine. Et force est de consta­ter que la sou­ve­rai­ne­té cel­tique vient et tient des femmes.

La Dame est triple : vision­naire, reine et pro­duc­trice. Son sacer­doce n’est pas limi­té à la pro­phé­tie et à la méde­cine.

Le mys­tère qui entoure les cultes fémi­nins témoigne plus d’un secret ini­tia­tique que d’une absence. Rap­pe­lons enfin qu’Epona, déesse des cava­liers et de la pros­pé­ri­té, est la seule divi­ni­té cel­tique que les Romains inclu­ront à leur calen­drier.

Une société qui pratique l’esprit de clan

L’unité sociale des Celtes n’est ni la nation, cette inven­tion de la Révo­lu­tion, ni la famille comme dans le monde antique. C’est la tri­bu ou le clan. Dans ce cadre s’épanouit la per­son­na­li­té, qui est donc col­lec­tive et non pas indi­vi­duelle. Le Celte pense « nous » plus que « je ». Et le « nous » est res­tric­tif. Chez les Celtes, leur res­pect incon­di­tion­nel de la cou­tume est le contre­poids de leurs fou­cades anar­chiques, leur uni­té cultu­relle et leurs ras­sem­ble­ments cycliques, le remède à leur dis­per­sion sur le ter­rain.

Que la forme de vie cel­tique, essen­tiel­le­ment spi­ri­tuelle et pra­tique, ait dis­pa­ru avec les pre­mières ambi­tions de « faire nombre » montre com­bien la cel­ti­ci­té est peu com­pa­tible avec la moder­ni­té. Elle est d’un temps où la notion moderne de sujet n’existait pas, pas plus que la ville avec ses popu­la­tions hété­ro­gènes, et où la fusion de tout indi­vi­du avec une réa­li­té spi­ri­tuelle englo­bante avait encore une signi­fi­ca­tion pra­tique et intel­lec­tuelle, autant que sociale.

Une société qui repose sur le modèle trifonctionnel indo-européen

Cette tri­par­ti­tion pos­sède chez les Celtes des traits ori­gi­naux. Le druide qui est à la fois prêtre, juriste, his­to­rien, poète, devin, méde­cin, repré­sente la pre­mière fonc­tion. Le roi, de deuxième fonc­tion, ne peut régner sans les conseils d’un druide qui le guide dans toutes ses actions, même dans la guerre. Le druide ne peut ni ne doit exer­cer le pou­voir lui-même. Le roi est élu par les hommes libres des tri­bus, par­mi ceux que les druides choi­sissent ou sus­citent. Le druide pré­side à la céré­mo­nie reli­gieuse qui doit rati­fier cette élec­tion. Le druide et le roi ont donc deux obli­ga­tions fon­da­men­tales et conjointes : le druide doit dire la véri­té, et le roi doit dis­pen­ser les richesses.

Une société qui vit en harmonie avec la nature, dont la forêt est l’archétype

Bro­cé­liande, c’est avant tout une Forêt avec tout ce que ce mot emporte de sym­boles et de sens.

« D’autres peuples ont éle­vé à leurs dieux des temples et leurs mytho­lo­gies mêmes sont des temples. C’est dans la soli­tude sau­vage du Neme­ton, du bois sacré, que la tri­bu cel­tique ren­contre ses dieux, et son monde mythique est une forêt sacrée, sans routes et sans limites. » En Bro­cé­liande, « pays de l’Autre Monde », nous sommes dans l’Argoat, le pays du bois. A Bro­cé­liande, on vient en pèle­ri­nage, pas en balade ; on n’y pénètre pas, c’est la forêt qui entre en nous.

Pour vous aider à plon­ger dans cette atmo­sphère sin­gu­lière, un poème d’Hervé Glot :

« Echine de roc / émer­geant du cou­vert / au-des­sus du val des ombres / laby­rin­thique che­min noir vers la source des orages, Bro­cé­liande n’existe pas / sans un aveu­gle­ment spi­ri­tuel / une mise en état de l’âme. »

Et pour Gil­bert Durand : « La forêt est centre d’intimité comme peut l’être la mai­son, la grotte ou la cathé­drale. Le pay­sage clos de la sylve est consti­tu­tif du lieu sacré. Tout lieu sacré com­mence par le ‘bois sacré’ ».

C’est pour­quoi l’atmosphère par­ti­cu­lière qui règne sur cette forêt drui­dique convient au per­son­nage de Mer­lin. Peu importe l’authenticité de celui-ci, l’essentiel est qu’il soit l’âme tra­di­tion­nelle cel­tique. Mer­lin, à l’image du druide pri­mi­tif, est à la char­nière de deux mondes. Il joue le rôle d’un druide auprès du roi Arthur qu’il conseille. Il envoie les com­pa­gnons de la Table Ronde à la quête du mys­té­rieux Saint Graal. Il pra­tique la divi­na­tion ; il a pour com­pa­gnon un prêtre, l’ermite Blaise, dont le nom se réfère au bre­ton Bleizh qui signi­fie loup. Or Mer­lin com­mande aux ani­maux sau­vages, et est accom­pa­gné d’un loup gris. Dans la légende de Mer­lin, ce qui importe c’est un retour à un ille tem­pus des ori­gines, à l’âge d’or.

Deux étapes à Brocéliande…

Péné­trons dans la forêt pour deux étapes.

La Fon­taine de Baren­ton d’abord. C’est une fon­taine « qui bout bien qu’elle soit plus froide que le marbre », une fon­taine qui fait pleu­voir, et qui gué­rit de la folie. Elle se trouve aux lisières de la forêt, dans une clai­rière où règne un éton­nant silence. Endroit pro­té­gé, donc, en dehors du monde, de l’espace et du temps. Et le nom de Baren­ton incite à la réflexion, abré­via­tion de Bele­nos, qua­li­fi­ca­tif don­né à une divi­ni­té lumi­neuse telle que Lug, le Mul­tiple-Arti­san.

Cette clai­rière est un Neme­ton, un sanc­tuaire non bâti, iso­lé au milieu des forêts, endroit sym­bo­lique où s’opèrent les sub­tiles fusions entre le Ciel et la Terre, entre la Lumière et l’Ombre, entre le Mas­cu­lin et le Fémi­nin. Dans le mot Neme­ton, il y a nemed qui veut dire « sacré ». Et donc il est nor­mal que Mer­lin hante cette clai­rière, lui qui est au milieu, sous l’arbre qu’on appelle Axis Mun­di, et c’est de là qu’il réper­cute le mes­sage qu’il reçoit de Dieu et dont il est le dépo­si­taire sacer­do­tal.

Le per­si­fleur qu’il repré­sente est la mau­vaise conscience d’une socié­té occi­den­tale, comme l’était Dio­gène le Cynique chez les Athé­niens, char­gé de pro­vo­quer son sei­gneur en le met­tant en face de ses fai­blesses.

Une étape s’impose aus­si à l’église de Tré­ho­ren­teuc, qui par la grâce de l’Abbé Gil­lard a don­né un sanc­tuaire bâti à la Neme­ton cel­tique : en effet, Jésus y côtoie Mer­lin et il y est ren­du un vibrant hom­mage au cycle arthu­rien. Sur le mur de l’église, est gra­vé « la porte est en dedans », c’est-à-dire en nous. Il faut donc fran­chir cette porte avant que d’aller en forêt.

En conclusion

Il s’agissait donc d’évoquer un lieu en rap­port avec l’univers esthé­tique et men­tal qui est propre aux Euro­péens, où souffle l’esprit, un lieu por­teur de sens et de valeurs qui nous sont proches. Bro­cé­liande et le monde celte rem­plis­saient cet office.

Cette inter­ven­tion veut aus­si être un hom­mage à tous ceux des nôtres qui ont si bien su appré­hen­der la poé­sie, la magie, l’essence du monde de la forêt, atten­tifs à cet infi­ni­té­si­mal qui ren­voie à l’ordre cos­mique. Dif­fi­cile pour nous, hommes des villes entou­rés de verre et d’acier, où l’on porte le masque et perd le sens du sacré.

Pour ter­mi­ner, dans cette enceinte où les acteurs anciens et modernes du monde celte sont évo­qués, non seule­ment pour l’esthétique, mais pour leur rôle dans la for­ma­tion et l’approfondissement de notre âme euro­péenne, je cite­rai Bru­no de Ces­sole, évo­quant la façon dont Domi­nique Ven­ner a choi­si de par­tir, et le repla­çant à sa manière dans le Pan­théon cel­tique :

« En des temps de basses eaux comme les nôtres, où les valeurs d’héroïsme et de sacrifice sont tenues pour de vieilles idoles dévaluées, voilà qui est incompréhensible aux yeux des petits hommes anesthésiés de cette époque, qui ne sauraient admettre qu’un intellectuel choisisse de se tuer pour prouver que la plus haute liberté consiste à ne pas être esclave de la vie, et inciter ses contemporains à renouer avec le destin ».

Une fois de plus, le Roi Arthur revient. Non pas la figure royale, mais l’univers de liber­té et d’imaginaire qu’il convoie. A qui s’interroge sur ces pos­té­ri­tés tenaces et ces résur­rec­tions insis­tantes, on peut trou­ver des rai­sons diverses et mul­tiples mais la prin­ci­pale, c’est que c’est la plus belle his­toire du monde et qu’il suf­fit de reve­nir aux récits, à ces mots qui voyagent vers nous depuis plus de huit siècles pour com­prendre, comme le sou­ligne Her­vé Glot, que les enchan­te­ments de Bre­tagne ne sont pas près de prendre fin. Si avec le mythe de l’éternel retour, le monde médié­val chré­tien a connu la résur­gence du mythe celte, nul doute qu’à Bro­cé­liande, tôt ou tard, le Roi Arthur revien­dra, et pour tou­jours !

Marie Mon­voi­sin

Cré­dit pho­to : © Ins­ti­tut ILIADE

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