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Génération identitaire : la solution, pas la dissolution

C’est fait. Le gouvernement vient de lancer la procédure de dissolution de Génération identitaire. La dissolution, c’est la peine de mort pour un mouvement politique. Il y a cinquante ans, ses membres auraient été des héros, disait Zemmour, aujourd’hui ce sont des parias.

Génération identitaire : la solution, pas la dissolution

Gérald Darmanin est un homme émotif – et pressé. Le 26 janvier, il se disait « scandalisé » par les opérations anti-migrants de Génération identitaire dans les Alpes et les Pyrénées. Le pauvre d’homme ! Tartuffe s’est toujours scandalisé d’un rien, c’est même à cela qu’on reconnaît le personnage de Molière. Très bien ! Mais un ministre de l’Intérieur, voilà qui ne laisse pas se surprendre. On attendrait d’un tel homme, « premier flic de France », qu’il se scandalise plutôt du flot de migrants qui font des selfies en passant nos frontières. Ça n’est apparemment pas le cas : les passeurs de migrants ont droit à tous les égards médiatiques. Les sentinelles symboliques au contraire qui veillent à nos frontières sont le seul danger. Ainsi ce 26 janvier Darmanin annonçait-il manu policiari, fort de ses pouvoirs de censure administrative, qu’il n’hésiterait pas à dissoudre Génération identitaire. Quinze jours plus tard, le 12 février, ses services, inhabituellement diligents et efficaces, lançaient la procédure de dissolution du mouvement.

Si jamais le ministre de l’Intérieur devait par­ve­nir à ses fins, ce n’est pas seule­ment Géné­ra­tion iden­ti­taire qui serait dis­soute, mais bel et bien notre iden­ti­té. Car c’est de cela qu’il s’agit. La dis­so­lu­tion, c’est ce qui nous menace tous : dis­so­lu­tion de la France, dis­so­lu­tion de l’Europe, dis­so­lu­tion de notre être même. Ain­si l’exigerait le des­tin liquide des iden­ti­tés solides. La dis­so­lu­tion, c’est l’épée de Damo­clès sus­pen­due sur tous les cou­rants iden­ti­taires. Inter­dit de reven­di­quer une iden­ti­té autre que celle de l’état civil. Nou­vel ava­tar de la « can­cel culture », cette fois-ci por­tée au plus niveau de l’État : nous effa­cer, nous ban­nir, nous dis­soudre dans le Grand Tout diversitaire.

Nous ou les « z’autres » ?

Pour­quoi frap­per Géné­ra­tion iden­ti­taire ? Parce que c’est frap­per l’identité au cœur. Géné­ra­tion iden­ti­taire s’est impo­sée depuis des années comme l’organisation la plus dyna­mique, la plus struc­tu­rée, la plus ima­gi­na­tive, la seule sus­cep­tible de riva­li­ser en termes d’efficacité avec nos adver­saires, dans la défense de nos iden­ti­tés mena­cées. L’attaquer, c’est atta­quer notre avant-garde mili­tante ; c’est accé­lé­rer le mou­ve­ment de dis­so­lu­tion. La dis­so­lu­tion est un pro­ces­sus phy­si­co-his­to­rique par lequel une iden­ti­té mil­lé­naire incor­po­rée dans un sol­vant répu­bli­cain doit se trans­for­mer en une for­mule hybride, schi­zo et sans-fron­tié­riste. Tel est le deve­nir fran­çais et euro­péen, à ce qu’il semble, selon notre ministre.

Alors, Dar­ma­nin pire que Cas­ta­ner ? Cas­ta­ner, le « Kéké de la Répu­blique », pré­dé­ces­seur de Dar­ma­nin place Beau­vau, s’était conten­té d’assurer que les mani­fes­ta­tions « indi­gé­nistes » contre le racisme et les vio­lences poli­cières ne seraient pas sanc­tion­nées, Dar­ma­nin fait mieux. Lui, il sanc­tion­ne­ra les indi­gènes que nous sommes et les orga­ni­sa­tions qui les défendent. Nous ou les « z’autres » ? Les z’autres ! La Répu­blique a choi­si son camp.

Dar­ma­nin a beau­coup à se faire par­don­ner. Car­rié­riste furieux, certes comme la Répu­blique en a tou­jours fabri­qué treize à la dou­zaine, avec cepen­dant chez lui une vora­ci­té si trans­pa­rente qu’elle en devient gênante. C’est qu’il revient de loin. Le gaul­lisme, le bona­par­tisme, l’Action fran­çaise, la Manif pour tous : c’est tout son pas­sé-pas­sif qu’il est en train de liqui­der. Quand un homme tra­hit à ce point, il éprouve tou­jours le besoin d’en effa­cer les traces.

Com­ment ne défen­drait-on pas Géné­ra­tion iden­ti­taire ? Géné­ra­tion iden­ti­taire, c’est nous, c’est nos enfants. Inter­gé­né­ra­tion identitaire !

Fran­çois Bous­quet
Source : revue-element.com