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L’identité des peuples se fonde sur un double héritage, culturel et biologique

Confrontés en l’espace de quelques décennies à l’arrivée massive de populations exogènes, la plupart des peuples d’Europe sont aujourd’hui sommés par leurs propres dirigeants de renoncer à leur identité ethnique et culturelle au profit d’un nouveau modèle de société cosmopolite, fondé sur l’adhésion à des « valeurs » abstraites et universelles.

L’identité des peuples se fonde sur un double héritage, culturel et biologique

La perte de tout équilibre entre communauté ethnique et communauté civique menace la pérennité même de nos nations. Henri Levavasseur invite dans son nouvel ouvrage les peuples d’Europe à reprendre collectivement conscience de « ce que nous sommes », afin de refonder la cité sur le socle de l’identité. Breizh-Info l’a interrogé à ce sujet.

Breizh-info.com : Hen­ri Leva­vas­seur, pou­vez-vous vous pré­sen­ter briè­ve­ment à nos lecteurs ?

Hen­ri Leva­vas­seur : His­to­rien et lin­guiste de for­ma­tion, je m’intéresse depuis long­temps à la genèse des cultures de l’Europe ancienne. Ma vision du monde a par ailleurs été for­te­ment influen­cée par la lec­ture de Mar­tin Hei­deg­ger et la manière dont ce phi­lo­sophe reprend les ques­tion­ne­ments fon­da­men­taux de la pen­sée grecque pour par­ve­nir à une com­pré­hen­sion intime de la moder­ni­té. Atta­ché à mes racines nor­mandes, j’accorde une grande impor­tance à la notion de « patrie char­nelle », telle que la conçoivent Bar­rès et Péguy. Sou­cieux de trans­mettre la flamme aux jeunes géné­ra­tions à l’heure où se joue le des­tin de l’Europe, je me suis tout natu­rel­le­ment rap­pro­ché de l’institut Iliade, qui accom­plit dans ce domaine un tra­vail remarquable.

Breizh-info.com : Votre essai consti­tue une réflexion fon­da­men­tale sur la notion d’identité, et sur l’articulation de cette notion avec la Cité, c’est-à-dire avec le Poli­tique. Quelle est votre vision de l’identité de la nation fran­çaise ? L’identité poli­tique de la répu­blique ne s’est-elle pas construite en niant pré­ci­sé­ment l’identité « char­nelle » des peuples et des régions ?

Hen­ri Leva­vas­seur : Les enti­tés poli­tiques ne doivent pas être pen­sées comme des notions abs­traites et figées, mais comme des réa­li­tés orga­niques. En tant que telles, elles consti­tuent des ensembles qui valent plus que la somme de leurs par­ties, mais qui ne peuvent se main­te­nir en vie lorsque les organes qui les com­posent cessent de fonc­tion­ner har­mo­nieu­se­ment. De même, la nation est une enti­té poli­tique sou­ve­raine, qui repré­sente plus que la somme des iden­ti­tés régio­nales et locales qu’elle ras­semble, mais qui ne peut exis­ter de manière pérenne sans ces der­nières. La nation est un orga­nisme vivant dont les familles, les com­munes, les régions forment en quelle sorte le « corps ». Être fran­çais, ce n’est pas (ou pas seule­ment) adhé­rer à des « valeurs » et à des ins­ti­tu­tions poli­tiques, c’est d’abord être Nor­mand, Picard, Bre­ton, Pro­ven­çal, Lor­rain (pour ne citer que quelques-unes des iden­ti­tés réelles et enra­ci­nées qui consti­tuent col­lec­ti­ve­ment l’essence de la nation fran­çaise, telle qu’elle s’est pro­gres­si­ve­ment for­mée au fil des siècles).

Depuis la Révo­lu­tion fran­çaise, cette concep­tion orga­nique de la nation tend mal­heu­reu­se­ment à dis­pa­raitre au pro­fit d’une concep­tion idéo­lo­gique cou­pée du réel et de l’histoire, fon­dée sur des valeurs à pré­ten­tions uni­ver­sa­listes, intan­gibles et « répu­bli­caines ». J’entoure ici de guille­mets l’adjectif « répu­bli­cain », puisque ce dis­cours, révo­lu­tion­naire et sub­ver­sif par essence, vise à nier ou à trans­for­mer de manière radi­cale l’identité fran­çaise héri­tée de notre his­toire : ce répu­bli­ca­nisme-là n’a plus guère à voir avec le ser­vice de l’état et du bien com­mun, c’est-à-dire avec la res publi­ca au sens romain (signi­fi­ca­tion que ce mot conserve encore sous la plume du juriste Jean Bodin au xvie siècle).

Il est d’ailleurs assez para­doxal que les révo­lu­tion­naires fran­çais se soient récla­més du sys­tème romain, fon­dé sur une concep­tion très inéga­li­taire et aris­to­cra­tique de la citoyen­ne­té. Mais ces rêveurs san­gui­naires n’étaient pas à une contra­dic­tion près : ne prê­chaient-ils pas l’amour de l’humanité tout en exter­mi­nant les Ven­déens ? J’évoque dans mon essai les cir­cons­tances hor­ribles de la mort de la prin­cesse de Lam­balle, mas­sa­crée dans des condi­tions de sau­va­ge­rie qui rap­pellent étran­ge­ment l’égorgement récent d’un pro­fes­seur de lycée par un maho­mé­tan fanatique…

Breizh-info.com :L’invocation des « valeurs de la répu­blique », qui prend aujourd’hui une dimen­sion qua­si­ment reli­gieuse, ne dis­si­mule-t-elle pas, der­rière les appels à l’unité natio­nale, la frac­ture béante qui tra­verse la socié­té française ?

Hen­ri Leva­vas­seur : De toute évi­dence, la ques­tion de l’identité de la France se pose aujourd’hui en des termes nou­veaux, du fait de l’entrée sur notre ter­ri­toire, en l’espace d’un demi-siècle à peine, de mil­lions d’immigrés pro­ve­nant de l’espace extra-euro­péen. À l’échelle du contin­gent, c’est un phé­no­mène d’une ampleur sans équi­valent depuis la Pré­his­toire. Je ren­voie sur ce point aux tra­vaux de l’un de nos plus grands démo­graphes, le regret­té Jacques Dupâ­quier, membre de l’Institut.

Le trau­ma­tisme cultu­rel, social, éco­no­mique et poli­tique pro­vo­qué par l’arrivée de ces flux humains consi­dé­rables a créé en France, mais aus­si dans la plu­part des pays d’Europe, une véri­table frac­ture entre l’identité eth­no­cul­tu­relle et l’identité civique, entre ce que les Grecs nom­maient, à l’aube de l’histoire euro­péenne de la pen­sée, l’eth­nos (« eth­nie ») et la polis (« cité »).

C’est le constat de cette frac­ture sans pré­cé­dent, qui menace la cohé­sion et l’existence même des nations et des peuples d’Europe, qui m’a conduit à écrire ce livre, afin d’inciter mes contem­po­rains à prendre toute la mesure du pro­blème, et sur­tout à trou­ver en eux-mêmes les res­sources néces­saires pour redon­ner à nos nations l’avenir qu’elles méritent.

Breizh-info.com :Com­ment conce­vez-vous donc la notion même d’identité ? Est-ce une don­née figée ? L’identité n’est-elle pas, comme l’affirment cer­tain, une construc­tion en per­pé­tuelle évolution ?

Hen­ri Leva­vas­seur : L’identité des peuples doit natu­rel­le­ment être pen­sée de manière dyna­mique : elle est sou­mise, comme toute réa­li­té vivante, à la loi du deve­nir. Pour com­prendre l’origine et le sens de notre iden­ti­té, il faut donc reve­nir aux fon­de­ments d’une saine anthro­po­lo­gie. En dépit de ce qu’affirment les tenants de l’idéologie libé­rale-liber­taire, l’homme n’est pas une construc­tion abs­traite : il ne se réduit pas à l’image d’un indi­vi­du doté à la nais­sance de droits uni­ver­sels, libre de signer un « contrat social » avec ses pairs. Nous savons tout au contraire, depuis Aris­tote, que l’homme est un « ani­mal poli­tique ». Cela signi­fie que son iden­ti­té se construit dans l’espace d’une Cité, sur un ter­ri­toire où s’exerce une sou­ve­rai­ne­té, qui per­met de garan­tir la péren­ni­té et le déve­lop­pe­ment d’une culture. Car la « nature » de l’homme est pré­ci­sé­ment celle d’un « être de culture », comme l’a bien mon­tré le phi­lo­sophe alle­mand Arnold Geh­len dans son ouvrage magis­tral inti­tu­lé L’homme, dont la tra­duc­tion fran­çaise vient de paraître cette année chez Gal­li­mard. L’existence de la per­sonne humaine se déploie donc tou­jours, dès l’origine, dans le cadre d’une famille et d’un peuple.

L’identité des peuples se fonde sur un double héri­tage, cultu­rel et bio­lo­gique. Les deux dimen­sions sont indis­so­ciables et se « façonnent » mutuel­le­ment, en constante inter­ac­tion avec le milieu et le ter­ri­toire. C’est pour­quoi les reven­di­ca­tions très pla­te­ment « racia­listes » des « indi­gé­nistes » sont absurdes : vou­loir reven­di­quer des droits en fonc­tion de la cou­leur de peau, indé­pen­dam­ment de l’appartenance à une cité, à un ter­ri­toire et sur­tout à une culture, n’a aucun sens.

Breizh-info.com : Existe-t-il donc pour vous une iden­ti­té « euro­péenne », ou l’Europe n’est-elle qu’une construc­tion vide de sens, un fan­tasme dan­ge­reux qui s’opposerait à l’identité des nations ?

Les peuples d’Europe ont en com­mun plus de cinq mille ans d’histoire, ce que confirment les don­nées éta­blies par la lin­guis­tique indo-euro­péenne, l’archéologie et la paléo­gé­né­tique. Je ren­voie ici à la syn­thèse récente publiée par le géné­ti­cien David Reich, de l’université de Har­vard (Com­ment nous sommes deve­nus ce que nous sommes, Quan­to, 2019).

L’Europe, ce n’est pas l’Occident, ou plu­tôt : l’Occident, ce n’est plus l’Europe. Les notions d’Europe et d’Occident ont certes été plus ou moins syno­nymes jusqu’au XXe siècle. Mais la « Grande guerre mon­diale de trente ans », qui a écla­té en 1914 et s’est ache­vée en 1945, a lais­sé les nations euro­péennes exsangues, sou­mises pour moi­tié au joug com­mu­niste, pour moi­tié à la domi­na­tion amé­ri­caine. Or, depuis la chute du sys­tème sovié­tique et le retour des nations d’Europe cen­trale à la liber­té, les concepts d’Occident et d’Europe ne se recoupent plus : l’Occident prend de plus en plus la forme d’un sys­tème idéo­lo­gique libé­ral-liber­taire mon­dia­liste, hos­tile à l’identité, à la culture, aux tra­di­tions, aux inté­rêts et à la sou­ve­rai­ne­té des nations européennes.

Il va de soi que l’Europe ne se confond pas davan­tage avec l’édifice ins­ti­tu­tion­nel de l’U.E., qui s’acharne pré­ci­sé­ment à nier l’existence de l’identité euro­péenne, en rédui­sant cette der­nière aux « valeurs » occi­den­tales, et en trans­po­sant à l’échelle du conti­nent les aber­ra­tions du dis­cours idéo­lo­gique jacobin.

À la dif­fé­rence des nations qui la com­posent, l’Europe n’est pas une enti­té poli­tique. Elle est à la fois autre chose que cela, et bien plus. Elle consti­tue un espace de civi­li­sa­tion, dont l’existence ne peut être dis­tin­guée de celle des cultures, des nations et des peuples qui l’incarnent et lui donnent vie. Cet ensemble véri­ta­ble­ment poly­pho­nique se déploie sur un ter­ri­toire déli­mi­té par la géo­gra­phie et l’histoire, c’est-à-dire par le poids des réa­li­tés géo­po­li­tiques. L’Europe, c’est une très longue mémoire par­ta­gée. C’est la conscience de racines com­munes, d’autant plus solides qu’elles plongent dans un pas­sé plu­ri­mil­lé­naire. C’est la claire vision de l’appartenance à un « concert des nations chré­tiennes », voué à dépas­ser les anta­go­nismes immé­diats lorsque les périls exté­rieurs menacent la péren­ni­té même de l’ensemble. L’Europe, c’est l’union sacrée des nations chré­tiennes se por­tant au secours de Vienne, capi­tale du Saint-Empire romain ger­ma­nique, afin de repous­ser les Otto­mans qui l’assiègent en 1683.

Breizh-info.com : L’Europe que vous évo­quez est-elle donc un pro­duit de l’histoire, un reflet du pas­sé ? En quoi la réfé­rence à l’héritage de l’Europe ancienne peut-il aider dans l’avenir nos peuples à pré­ser­ver et réaf­fir­mer leur identité ?

Hen­ri Leva­vas­seur : Recueillir et reven­di­quer cet héri­tage, ce n’est pas s’enfermer dans une vision figée ou idéa­li­sée du pas­sé, c’est par­ve­nir à une com­pré­hen­sion intime de « ce que nous sommes », de ce qui consti­tue notre spé­ci­fi­ci­té en tant que peuples por­teurs de cultures issues d’une matrice com­mune. C’est mieux sai­sir ce qui carac­té­rise notre vision du monde et l’éthique qui nous anime. Les mots grecs ethos (« éthique ») et eth­nos (« eth­nie ») sont d’ailleurs éty­mo­lo­gi­que­ment appa­ren­tés. Cette rela­tion éty­mo­lo­gique est évi­dem­ment signi­fi­ca­tive : l’éthique est une manière de « se tenir », confor­mé­ment à l’usage reçu des aïeux.

Se réap­pro­prier notre héri­tage, c’est conce­voir l’identité comme la réa­li­sa­tion d’un poten­tiel et l’expression d’un génie propre, qui per­met d’agir dans le monde d’une manière conforme à notre nature, c’est-à-dire à notre culture. Prendre conscience de « ce que nous sommes », c’est acqué­rir l’intuition de « ce que nous pou­vons ». Renan, dans son célèbre dis­cours sur la nation, ne dit pas autre chose : une nation, écrit-il, est un « prin­cipe spi­ri­tuel » qui unit la mémoire d’un pas­sé com­mun à la volon­té de pro­lon­ger cet héri­tage. Renan ne dit pas que la nation se réduit à l’expression d’une volon­té de « vivre ensemble », mais que cette volon­té, natu­rel­le­ment indis­pen­sable à la péren­ni­té de notre sou­ve­rai­ne­té poli­tique, n’a de sens et de soli­di­té que dans la mesure où elle s’enracine dans un patri­moine spi­ri­tuel commun.

C’est pour­quoi le dis­cours à pré­ten­tions « répu­bli­caines », dans son extré­misme sub­ver­sif, ne peut pas se récla­mer de Renan sans le tra­ves­tir. Je suis d’ailleurs par­ti de ce constat pour écrire ce livre.

Breizh-info.com : Com­ment pro­cé­der selon vous à la prise de conscience iden­ti­taire que vous appe­lez de vos vœux ? Quelles formes concrètes cette démarche peut-elle adopter ?

Hen­ri Leva­vas­seur : Reprendre conscience de « ce que nous sommes », c’est-à-dire de ce qui nous carac­té­rise en tant que peuple, implique natu­rel­le­ment de reje­ter l’absurdité de la « can­cel culture », mou­ve­ment qu’il faut plu­tôt qua­li­fier de « culture can­cel » : non pas « culture de l’effacement », mais bien « effa­ce­ment de la culture » !

Il faut éga­le­ment renon­cer aux illu­sions de l’intégration soi-disant « répu­bli­caine », qui pré­tend impo­ser à tous (sans en être réel­le­ment capable) le res­pect de « valeurs » plus ou moins uni­ver­selles (donc abs­traites), au prix de notre iden­ti­té spé­ci­fique et de nos liber­tés concrètes : afin de séduire des élé­ments exo­gènes qui ne voient aucune néces­si­té ni aucun inté­rêt à s’intégrer, les popu­la­tions autoch­tones sont som­mées de renon­cer à leur iden­ti­té propre. Cela n’est pas acceptable.

Comme nous y invite Julien Lan­gel­la dans un ouvrage récent, il faut « refaire un peuple », conscient de son his­toire et de sa voca­tion propre. De manière concrète et pra­tique, cela signi­fie qu’il faut rebâ­tir la Cité à par­tir de ses fon­da­tions, en s’appuyant sur les « com­mu­nau­tés orga­niques » que les tenants de l’idéologie révo­lu­tion­naire « arc-en-ciel » s’efforcent pré­ci­sé­ment de détruire. Ces com­mu­nau­tés natu­relles, his­to­riques et poli­tiques sont par exemple la famille, la paroisse, la com­mune, le ter­roir ou la région – conçues non pas comme de simples enti­tés admi­nis­tra­tives, mais comme des com­mu­nau­tés liées à un ter­ri­toire, au sein des­quelles s’épanouit une iden­ti­té à la fois enra­ci­née et incar­née, à l’échelle indi­vi­duelle aus­si bien que col­lec­tive. C’est dans ce cadre qu’il devient pos­sible de réveiller le sens du « bien com­mun », en sai­sis­sant toutes les occa­sions de redon­ner vie à nos tra­di­tions. Non pas pour sin­ger le pas­sé ou se com­plaire dans le folk­lore, mais pour que les germes de vie conte­nus dans ces tra­di­tions puissent à nou­veau croître, sans être étouf­fés par la gri­saille « répu­bli­caine », la folie « woke », ou les vel­léi­tés supré­ma­tistes mani­fes­tées par des cultures exo­gènes. La jeu­nesse a un rôle clé à jouer dans ce pro­ces­sus de renou­veau, qui doit être gui­dé natu­rel­le­ment par une « avant-garde ». Tel est l’appel que je lance dans la conclu­sion de mon ouvrage – tâche ambi­tieuse à laquelle tra­vaille notam­ment l’institut Iliade, à tra­vers ses cycles de for­ma­tion. Il ne s’agit pas pour l’Institut de dis­pen­ser un savoir aca­dé­mique, mais de réveiller les mémoires et les éner­gies, et de pro­po­ser un modèle de soli­da­ri­té com­mu­nau­taire fon­dée sur la phi­lia, sur la conscience iden­ti­taire vécue au quo­ti­dien et par­ta­gée. Cette avant-garde devra s’engager dans toutes les formes de vies asso­cia­tives (cultu­relles et artis­tiques, intel­lec­tuelles et scien­ti­fiques, pro­fes­sion­nelles et éco­no­miques, mais aus­si poli­tiques) pour affir­mer, moins par le dis­cours que par l’exemple, sa capa­ci­té à se réap­pro­prier notre iden­ti­té et à la faire vivre.

Dans le même temps, l’importance accor­dée à la dimen­sion com­mu­nau­taire et locale ne doit pas dis­pen­ser ce qui le veulent, et le peuvent, d’exercer une influence à d’autres éche­lons, dans les cercles déci­sion­nels au sein des­quels ils auront su péné­trer. Si nos com­mu­nau­tés sont des sanc­tuaires, où sont pré­ser­vées les sources pérennes de notre iden­ti­té, cela ne doit pas nous ame­ner à déser­ter pour autant l’horizon du poli­tique : n’oublions pas qu’il nous fau­dra un jour, le moment venu, savoir à nou­veau manier les ins­tru­ments de la puissance.

Enfin, cette entre­prise de recon­quête inté­rieure ne pour­ra pro­vo­quer un véri­table renou­veau de notre civi­li­sa­tion que si elle est menée simul­ta­né­ment dans tous les pays d’Europe, qui doivent plus ou moins faire face aujourd’hui aux mêmes défis. La tâche est immense et exal­tante. Elle requiert toute notre intel­li­gence, toute notre volon­té, et sur­tout tout notre cou­rage. Il n’est plus temps de recu­ler, ni même de ter­gi­ver­ser. Comme l’écrit Ernst Jün­ger dans le Trai­té du Rebelle : « La gran­deur humaine doit être sans cesse recon­quise. Elle triomphe lorsqu’elle repousse l’assaut de l’abjection dans le cœur de chaque homme. C’est là que se trouve la vraie sub­stance de l’histoire. »

Pro­pos recueillis par YV
Source : Breizh-Info, 28/04/2021

L’identité, socle de la cité. Récon­ci­lier ethos et polis, Hen­ri Leva­vas­seur, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2021, 82p. 7 €. ISBN : 978–2‑491446–39‑0