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L’Europe comme source d’avenir

Intervention de Chiara Del Fiacco pour la journée d’hommage à Dominique Venner interdite par la préfecture de police, Paris, dimanche 21 mai 2023.

L’Europe comme source d’avenir

Le jour où Dominique Venner s’est donné la mort volontairement, peu d’entre nous savaient réellement qui il était. Pour dire toute la vérité, si certains d’entre nous, à Casapound, le connaissaient, c’était assez sommairement souvent grâce à des citations reprises sur Zentropa. Pourtant, ce jour-là, nous nous sommes dressés et, pour paraphraser la chanson de Sottofasciasemplice, nous nous sommes transformés en Romains. Ce geste faisait écho à un passé qui faisait bouillir notre sang, un passé dans lequel trempent encore nos racines, notre histoire, bref, notre identité de citoyens : Civis Romanus Sum. Sono un cittadino di Roma. Je suis un citoyen de Rome.

La nuit suivante, sans ordre dicté, dans toute l’Italie sont apparus des banderoles en hommage à Dominique Venner. Le samouraï d’Occident s’était à son tour transformé en Romain. Comme nous l’avons fait avec nos ancêtres, il fut immédiatement introduit dans notre Panthéon, au coté de nos lares, ces divinités qui protégeaient la maison.

Quand je dis qu’à Casapound, Venner est entré dans notre Panthéon, ce ne sont pas des paroles en l’air. Notre Président et certains de nos cadres étaient présents dès les débuts de l’Institut Iliade. Les ouvrages de Dominique Venner sont désormais traduits en italien et ont fait l’objet de nombreuses présentation dans chacune de nos sections. Un des groupes phare de notre scène musicale lui a consacré une chanson reprise en choeur lors de leurs concerts par des centaines de jeunes. Enfin, nous avons récemment baptisé de son nom notre salle de conférence situé au sommet de « la torre », notre tour de garde à Rome, à deux pas de l’autel que nous avons consacré à la victoire. La salle Venner nous rappelle chaque jour notre besoin d’apprendre et de débattre.

Dominique Venner est un chef de clan. Avec son geste, il est à l’origine d’une fondation d’une prise de conscience. Avec son sang, il a tracé un sillon comme le firent Romulus et Remus, les pères de Rome. On peut affirmer que ce sillon sépare le monde d’avant et celui d’après. Nous, qui avons décidé d’écouter son exhortation, nous avons le devoir moral de ne pas nous décourager, ni de baisser les bras, de continuer à combattre contre un monde qui nous voudrait déjà battus, qui nous imagine déjà réduit à quelques flammes brûlant sur des sépulcres, témoins vétustes d’une histoire terminée. Morte.

Mais nous nous savons aussi une autre chose : Dominique Venner en se sacrifiant (étymologiquement en réalisant un acte sacré), a accompli une véritable dévotion, « Devotio » en latin qui à d’ailleurs le même sens que « Sacrificium ».

Dans la Rome antique, quand l’issue de la bataille était incertaine, ou quand la défaite était imminente, un général pouvait décider de se sacrifier lui-même aux Dieux pour renverser la situation. Son sang était alors jeté sur le champ de bataille en échange de la victoire. Là encore, ce sang dessinait la frontière entre les légions barbares de la décadence qui étaient ainsi repoussées et ceux qui, avec honneur, se battaient pour défendre leur clan et leur peuple et leur territoire.

Venner avait compris que nous, Européens, sommes aux prises non seulement avec une invasion mais aussi nous devons faire face à une corruption interne, un ethnomasochisme et que nous devions faire quelque chose pour donner l’exemple : faire naitre la volonté de renverser les choses. L’enjeu est notre survie mais les ennemis viennent de l’extérieur comme de l’intérieur.

En plus de sa grande lucidité dans les analyses historiques, Venner nous a laissé un riche testament constitué de conseils sur la façon d’affronter l’affirmation quotidienne du Soi et sur la nécessité d’abandonner la narration pénitente, celle de victime et de perdant, sur la manière de devenir à nouveau protagonistes et héros de notre propre histoire, celle que nous devons encore écrire.

Grace à Venner, nous avons pu faire le tour de l’Europe, notre véritable patrie, connaitre d’autres camarades et échanger idées et pensées, mais aussi nos méthodes de lutte car, comme Ezra Pound, Venner aussi croyait que les idées doivent se transforment en action. Cet échange est nécessaire pour mieux se connaitre, pour ne pas oublier mais surtout pour aller en avant, avec un projet pour le futur.

Venner nous a rappelé que tout n’est pas perdu, et que l’histoire est le théâtre des possibilités. C’est aussi un visionnaire, comme le furent aussi, entre autres, Raspail ou Céline, nous mettant en garde face au défi migratoire, mais aussi contre la destruction de la famille, noyau de notre civilisation. Nous le voyons aujourd’hui avec le mariage entre personnes du même sexe, les adoptions homoparentales et l’abomination des utérus en location.  Un ensemble d’éléments qui visent à éliminer notre identité, réduire l’individu à un être standardisé habitant un monde où les rapports marchands dominent sur les relations entre humains.

L’énorme travail réalisé par l’Institut Iliade, œuvre désirée par Venner, jette les bases fondamentales pour la formation, en particulier des générations les plus jeunes, les plus touchées car ignorants souvent le monde que nous avons eu la chance de connaitre, un monde fait de beauté, d’harmonie, de force et d’espérance, un monde aujourd’hui assiégé.

La formation doit également concerner les plus âgés, nous ne sommes jamais complets, il y a toujours de la place pour la connaissance, que ce soit de notre histoire, de notre culture, de nos traditions, ou des arguments plus actuels sur l’économie, la politique institutionnelle, la finance, etc.

Il faut donc repartir des bases et ne jamais être présomptueux, encourager l’esprit critique qui est le nôtre, de la philosophie grecque à l’art oratoire romain jusqu’au pragmatisme nordique. Nous sommes le véritable carrefour des cultures et de la sagesse, le berceau de l’âme européenne. N’oublions pourtant pas que chacun doit incarner au quotidien cet élan vers le haut qui était la norme pour ceux qui nous ont précédés. C’est à nous, par exemple, de trouver le temps dans cette société frénétique et bavarde, faite d’hommes qui courent tels des hamsters dans une roue, pour la réflexion, pour la contemplation ou bien pour parcourir nos forêts, retrouver notre monde qui a finalement peu changé et qui demeurera inaltéré jusqu’à la fin des temps. Reconnaissons le génie européen au travers de ses constructions, de son art, lui aussi immortel, découvrons, redécouvrons notre passé et sachons qui nous sommes et d’où nous venons.

Être un militant signifie donc ne pas être comme tous les autres. Dans une société qui pousse à l’aplanissement général, l’égalitarisme dans tous les aspects de l’existence (mêmes goûts culturels, mêmes rêves matériels, mêmes destinations touristiques, mêmes programmes télévisuels), il est important de se forcer chaque jour à avoir une approche élitiste de la vie. Glisser dans la médiocrité est trop simple et il est nécessaire d’enseigner à nous même, avant de le faire aux autres, à être « Véritablement » différents. Pour faire cela l’unique solution est l’exemple.

Je voudrais terminer ma brève intervention avec des mots de notre président, Gianluca Iannone :

« Venner nous place face à nous même et nous impose la difficile comparaison avec un style et un rang qui ne peuvent pas être rejoint à coups de bavardages. C’est un lourd fardeau que toutefois nous assumons avec honneur et responsabilité.
Ce fardeau doit être porté car nous ne pouvons pas faire autrement. L’abandonner dans un coin, s’éloigner en sifflotant signifierait se rendre à la logique de la fatalité, la même logique contre laquelle Venner s’est insurgé avec son geste de protestation mais surtout de fondation. Si il y a fondation, cela signifie qu’il y a une frontière. Si il y a une frontière, nous avons besoin de sentinelles. Si nous avons besoin de sentinelles, quiconque possède des oreilles pour écouter l’écho de ce geste exemplaire est appelé à faire un pas en avant et à se déclarer prêt à défendre son propre poste. »

Chiara Del Fiacco
Militante de Casapound Italia, traductrice, rédactrice au Primato Nazionale.

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