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Ce qui se joue le 3 novembre en terre américaine

Donald Trump nous rappelle seulement que l’histoire est ouverte ; il est un camouflet pour les pessimistes et un trompe‑l’œil pour les optimistes.

Ce qui se joue le 3 novembre en terre américaine

Le 3 novembre 2020, le président sortant Donald Trump sollicite les suffrages d’environ 250 millions d’électeurs afin de reconduire la majorité républicaine de grands électeurs contre les démocrates menés par Joe Biden. L’Institut Iliade ne s’occupe guère de politique, encore moins de péripéties électorales. Mais quand la métropole du monde occidental entre en convulsion, c’est un évènement significatif pour l’Europe. Et quand les masses blanches aux États-Unis forment le socle de la résistance au projet mondialiste, c’est une leçon décisive que doivent méditer les peuples autochtones d’Europe.

« Silent majority ! », la longue descente aux enfers de la majorité silencieuse

Le pré­sident sor­tant tweete régu­liè­re­ment « Silent Majo­ri­ty ! » sur son compte per­son­nel sui­vi par plus de 87 mil­lions d’abonnés. De quoi est-il question ?

Il est vrai que l’histoire s’écrit depuis 1945 d’une main amé­ri­caine et sur le dos de l’Europe. Mais le tour­nant idéo­lo­gique des années 1960 se fait, de part et d’autre de l’Atlantique, au détri­ment des peuples blancs. En Amé­rique sur fond de culpa­bi­li­sa­tion au regard de l’esclavage, en Europe sur fond de repen­tance liée à la Deuxième Guerre mon­diale. Dans les années 1980, cette même majo­ri­té sidé­rée subit le tour­nant néo-libé­ral : l’aliénation éco­no­mique pro­longe logi­que­ment la déchéance des peuples coupables.

Enfin en 1990, l’effondrement du bloc de l’Est per­met l’avènement de l’unipolarité amé­ri­caine. Mais c’est l’heure du dol­lar qui a son­né, pas celle du peuple amé­ri­cain. Le boy du Texas ou de Vir­gi­nie est bon à mou­rir en Afgha­nis­tan, ou à révé­rer la « dis­cri­mi­na­tion posi­tive » pour végé­ter dans un emploi pré­caire. Du déni­gre­ment au silence et à la mort : majo­ri­té abat­tue, majo­ri­té tue, majo­ri­té tuée – c’est-à-dire remplacée.

Car la majo­ri­té silen­cieuse – en plus lar­ge­ment : l’humanité pul­vé­ri­sée en indi­vi­dus – n’est que le car­bu­rant du « nou­vel ordre mon­dial » annon­cé par George Bush au début des années 1990. Les désas­treuses années Oba­ma, dans le contexte de la crise sys­té­mique de 2008, ont ouvert les yeux à beau­coup outre-Atlan­tique et per­mis la vic­toire inat­ten­due de Donald Trump en 2016.

« America First »

Désor­mais, un large pan du peuple amé­ri­cain donne le spec­tacle d’une foule affran­chie des tabous du poli­ti­que­ment cor­rect.

La ques­tion du com­ment est incon­for­table pour les Euro­péens. Car l’Amérique a pui­sé dans ses entrailles les capa­ci­tés de riposte à un sys­tème doté de moyens finan­ciers et média­tiques à peu près illi­mi­tés. Ce que révèle Donald Trump, c’est que l’esprit natio­nal amé­ri­cain recé­lait assez de sève et d’esprit pour ani­mer un oli­garque contre sa caste et au ser­vice des « déplo­rables ». Aus­si vul­gaire que cela puisse paraître, l’homme choi­si par les cir­cons­tances est un mar­chand de béton. Le roi Arthur est tou­jours un per­son­nage inat­ten­du. À lui « l’épée magique qui fait pâlir les monstres et les tyrans », – dont par­lait Ernst Jünger.

Bien sûr l’Europe suit un che­min moins déga­gé que l’Amérique, tant elle demeure meur­trie par la guerre civile de 1914–1945. Rai­son de plus pour affron­ter le deve­nir sans s’embarrasser des formes et des fan­tômes du pas­sé. La néces­si­té d’en finir avec les men­songes du pro­gres­sisme et les sub­ter­fuges de l’universel, voi­là les res­sorts com­muns d’un Trump ou d’un Orban : « Notre pays d’abord ».

Nouveau monde et fractures raciales

Ce qui est en jeu, c’est l’affirmation d’une alter­na­tive au « nou­vel ordre mon­dial ». Les empires ne s’effondrent jamais qu’en leur centre. Trump est le syn­di­cat de faillite de l’Amérique glo­ba­li­sée comme Gor­bat­chev fut le liqui­da­teur de l’URSS. Ou — qui sait ? — peut-être comme Sta­line qui mit un terme à la « révo­lu­tion per­ma­nente » des trots­kystes. La situa­tion reste indé­cise, et il paraît que les États-Unis ne sor­ti­ront de l’ambiguïté qu’à leur dépens.

Donald Trump tra­vaille à enrayer une invo­lu­tion amé­ri­caine, mais ne peut réta­blir la situa­tion anté­rieure. D’évidence, le pré­sident amé­ri­cain ne lutte pas pour les Blancs. Pas outre-Atlan­tique et moins encore de l’autre côté de l’océan. Il met un coup d’arrêt à une poli­tique agres­sive envers les Blancs en réaf­fir­mant l’égalité des citoyens devant la loi, dans un même État mul­ti­ra­cial. La ten­dance de droite alter­na­tive « alt-right » récuse cette pro­mis­cui­té conflic­tuelle. Alors que les mino­ri­tés raciales flat­tées depuis des décen­nies font l’objet d’une mani­pu­la­tion per­ni­cieuse de la part des démo­crates. L’Amérique se divise, et Donald Trump se trouve dému­ni face à cette frag­men­ta­tion durable.

Les Blancs amé­ri­cains forment encore 60% de la popu­la­tion état­su­nienne. Ils sont les immi­grés les plus anciens et les plus nom­breux. L’Europe n’est pas une colo­nie per­pé­tuelle comme l’Amérique du Nord, mais le havre his­to­rique de peuples autochtones.

L’histoire a horreur du vide

Donald Trump nous rap­pelle seule­ment que l’histoire est ouverte ; il est un camou­flet pour les pes­si­mistes et un trompe‑l’œil pour les opti­mistes. Aux yeux des hommes de bonne volon­té, il s’impose dans le pugi­lat actuel comme le point de ral­lie­ment de la majo­ri­té « décente » et le point de fuite hors de l’État pro­fond déla­bré que Joe Biden incarne de manière caricaturale.

La vic­toire de Trump est moins impro­bable qu’en 2016 ; mais le vote par anti­ci­pa­tion et d’énormes soup­çons de fraude rendent impos­sibles les pro­nos­tics. Si des irré­gu­la­ri­tés mas­sives sont démon­trées, la majo­ri­té silen­cieuse et flouée n’en sera que plus ten­tée de tour­ner le dos aux ins­ti­tu­tions fédé­rales – comme autre­fois les colons envers la cou­ronne britannique.

75 ans de colo­ni­sa­tion nord-amé­ri­caine ne laissent pas l’Europe indemne. Au point que la ten­dance acquise aux Démo­crates domine dans la qua­si-tota­li­té des pays de l’UE, dans les ins­ti­tu­tions euro­péennes et à tra­vers les médias. Le grand enjeu des élec­tions amé­ri­caines, du point de vue euro­péen, consiste à bri­ser la chape du plomb du fata­lisme. Car rien ne sort de rien : si le bon sens le plus élé­men­taire est rui­né dans les masses, il n’y aura pas de renouveau.

En cas de vic­toire de Trump, une atmo­sphère moins lourde se répan­drait aux deux bords de l’Atlantique. En nos pays, les voiles d’Arthur se gon­fle­raient d’un air plus vif. Pour balayer une oli­gar­chie apa­tride et cor­rom­pue, gre­vée de toutes les tares du pro­gres­sisme et entraî­nant notre conti­nent dans l’abîme.

Thi­baud Cas­sel — Pro­mo­tion Domi­nique Venner