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Statues grecques « trop blanches », quand France Culture nous ment

L’objectif est, une nouvelle fois, de culpabiliser les Européens en leur assénant que tout dans leur Histoire les conduit au racisme puis au nazisme comme ose l’affirmer Philippe Jockey, arguant que « l’Histoire de l’art européenne a donné son socle intellectuel et esthétique à l’idéologie de la blancheur » (comprendre de la race blanche…).

Statues grecques « trop blanches », quand France Culture nous ment

Le marbre blanc des sculptures antiques qui ornent les musées serait le reflet d’une idéologie raciste inavouée qui courrait à travers les siècles, légitimant la blancheur comme facteur de beauté et de perfection. Cette thèse loufoque constitue le message principal d’un podcast de France Culture diffusé récemment, digne des pires délires indigénistes et décoloniaux.

Alors même que la radio publique avait publié une série d’émissions dénonçant les théories dites « conspirationnistes », elle n’en adoptait pas moins cette fois-ci un ton quasi-complotiste dans un tweet depuis supprimé en apostrophant le lecteur : « On vous ment ! Les statues grecques n’étaient pas blanches, mais de toutes les couleurs (…) l’Histoire nous l’a caché pour promouvoir le blanc comme idéal d’un Occident fantasmé, contre les couleurs symboles d’altérité et de métissage. » La blancheur du marbre des sculptures antiques exposées dans les musées serait ainsi le « résultat d’une histoire réactionnaire qui place le blanc au cœur de nos valeurs ».

De Pline l’Ancien au nazisme

Cette théorie fumeuse est née, encore une fois, dans les universités américaines où fermentent les discours anti-blancs les plus radicaux. En octobre 2018, Mark Abbe, spécialiste de la polychromie à l’université de Géorgie, interrogé par le magazine New Yorker, affirmait que si « les statues grecques et romaines étaient souvent peintes, [mais] les préjugés sur la race et l’esthétique ont fait taire cette vérité ». L’aspect immaculé du marbre blanc des statues justifierait ainsi « nos préjugés sur notre supériorité culturelle, ethnique et raciale ».

Toujours aux États-Unis, une autre enseignante, historienne de l’Antiquité à l’université de l’Iowa, Sarah Bond, publiait en 2017 deux articles où elle jugeait qu’il était temps d’accepter que la statuaire antique n’était pas blanche, pas plus que ne l’étaient les populations de l’Antiquité. Une idée fausse en confortant une autre, selon elle…

Ce discours était importé en Europe, plus particulièrement en France, où l’archéologue Philippe Jockey, enseignant à Nanterre, porte cette thèse à travers son livre « Le mythe de la Grèce blanche » publié en 2018. Dans le podcast de France Culture, il instruit à charge le procès de la blancheur, motivée par un « rejet de l’Autre que l’on voit apparaître dès les textes de Pline l’Ancien jusqu’aux pires excès de la seconde guerre mondiale ». La vidéo que l’on pourrait croire produite par le PIR déroule ainsi l’histoire d’une prétendue propagande blanche à travers la statuaire antique via des raccourcis historiques délirants nous conduisant directement de Rome au nazisme…

S’il est un fait que la sculpture grecque était largement polychrome, le propos de France Culture tente de nous faire croire que cette réalité aurait été ignorée, cachée, niée volontairement tout au long des siècles par pure xénophobie. Pourtant, toute personne cultivée fréquentant un tant soit peu les musées ou sites antiques se voit rappeler que la statuaire comme les sculptures grecques étaient peintes, tout comme l’étaient les portails et façades des cathédrales au Moyen-Âge… La perte de la polychromie des statues antiques, dont la plupart ont été retrouvées enfouies dans le sol, relève d’un phénomène naturel et accepté comme un fait, nullement comme le fruit d’une volonté de promouvoir la blancheur des corps.

Un discours militant de culpabilisation des Européens

Cette théorie délirante d’un prétendu racisme lié à la promotion de la blancheur de la statuaire antique n’est sans rappeler la polémique sur l’interruption de la pièce des Suppliantes d’Eschyle à la Sorbonne en mars dernier et l’obsession « chromatoracialiste » des indigénistes. Elle s’applique là dans un sens inverse : il n’est plus question d’appropriation culturelle, ce ne sont plus des masques noirs qui sont suspectés de racisme parce que portés par des Blancs, mais – pire encore peut être – le crime réside dans le fait que ce sont des statues trop blanches admirées par des Blancs !

L’objectif est, une nouvelle fois, de culpabiliser les Européens en leur assénant que tout dans leur Histoire les conduit au racisme puis au nazisme comme ose l’affirmer Philippe Jockey, arguant que « l’Histoire de l’art européenne a donné son socle intellectuel et esthétique à l’idéologie de la blancheur » (comprendre de la race blanche…).

Il s’agit également de nier aux Européens leur droit d’être eux-mêmes, y compris à leur origine, puisque le message infusé sous-entend que la statuaire grecque, par sa coloration, reflétait le goût des Grecs pour l’altérité et l’ouverture aux « Autres », travestissant ainsi la Grèce, assimilée à un melting-pot coloré, quasi-oriental.

Sans nier la polychromie des statues de l’Antiquité gréco-romaine, il n’empêche que les traits des personnages représentés sont de type européen. Il suffit également pour s’en convaincre de se replonger « au commencement [où] était Homère », les descriptions des personnages de l’Iliade et l’Odyssée, dieux, déesses et héros, nous montrent que l’idéal de beauté des Anciens était davantage nordique que méditerranéen, Aphrodite est ainsi toujours blonde, Athéna a les cheveux clairs et les yeux pers (c’est à dire bleu-vert), Homère la décrit ainsi plus de cinquante fois comme « la fille de Zeux aux yeux bleus ». Dans l’Iliade, Achille, Agamemnon, Aphrodite, Déméter, Hélène (« aux yeux, aux joues claires, aux lèvres vermeilles, aux bras blancs ») mais aussi Ménelas, Harmonie, Lykos, Briséis, Ajax et tant d’autres y ont les cheveux blonds ou roux. Si les hommes y ont parfois le teint cuivré, hâlés par le soleil des stades et des combats, les femmes ont la peau laiteuse et claire, protégées par l’ombre des foyers.

La Grèce notre mère représente, selon l’académicien Thierry Maulnier, « l’Europe de l’Europe ». C’est sans doute pour cela que certains veulent la badigeonner et la travestir au gré de leurs haines envers notre monde.

BCT

Photo : Domaine public. Source : pxhere.com