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La montagne bourguignonne : sur les pas d’Henri Vincenot, de la Vouivre et de la Gazette

« Joyeux enfants de la Bourgogne, Je n’ai jamais eu le guignon. Quand je vois rougir ma trogne... Ma trogne ? Oui, Dieu ma trogne, j’en suis fier ! »
Henri Vincenot, Le Pape des escargots

La montagne bourguignonne : sur les pas d’Henri Vincenot, de la Vouivre et de la Gazette
Pays : France
Région : Bourgogne Franche-Comté
Thématique générale du parcours : Randonnée sur les traces d’Henri Vincenot (1912–1985), écrivain bourguignon, celtique et païen.
Mode de déplacement : À pied ou à VTT.
Durée du parcours : 22,5 km environ, 7 à 8 heures, sur un ou deux jours. Prévoir deux véhicules, l’itinéraire étant linéaire. Possibilité de bivouac dans la grotte de Tebsima. Une journée supplémentaire permet de visiter villages et châteaux.
Difficulté du parcours : Moyenne. Dénivelé positif de 450 mètres et dénivelé négatif de 395 mètres.
Période possible : Idéalement, hors période de chasse, soit de mars à octobre. Les châteaux sont fermés en hiver.

Présentation géographique

La mon­tagne bour­gui­gnonne se situe entre le pla­teau de Langres et le Mor­van, à che­val sur la val­lée de l’Ouche et l’Auxois, juste au sud-est de Pouilly-en-Auxois. La ran­don­née démarre à la Bus­sière-sur-Ouche, cadre du roman Les Étoiles de Com­pos­telle, à côté de l’ancienne abbaye cis­ter­cienne. L’arrivée se situe à Com­ma­rin, au châ­teau du comte de Vogüe, le vil­lage de Vin­ce­not, théâtre de La Bille­baude. L’identité mon­ta­gnarde est très forte chez Vin­ce­not qui se défi­nit comme un Celte man­du­bien. La majeure par­tie de l’itinéraire est située en forêt. Avec la mon­tagne rocailleuse de l’Auxois, la forêt est un élé­ment phy­sique majeur des romans de Vin­ce­not. Les bois coha­bitent avec des combes et des prés où est pra­ti­qué l’élevage, sur­tout bovin (cha­ro­laises et salers). L’Auxois est une impor­tante ligne de par­tage des eaux, avec l’Armençon, l’Arroux et l’Ouche qui ali­mentent res­pec­ti­ve­ment la Manche, la Médi­ter­ra­née et l’Atlantique. Notre iti­né­raire est prin­ci­pa­le­ment concer­né par l’Ouche et le canal de Bour­gogne, qui per­met de « joindre le monde du Nord à celui du Midi ».

Cadre historique et culturel

L’abbaye cis­ter­cienne de La Bus­sière-sur-Ouche a été fon­dée en 1131 par Étienne Har­ding, troi­sième abbé de Cîteaux. L’église abba­tiale est consa­crée en 1172. L’abbaye connaît son apo­gée au XIIIe siècle. À la Révo­lu­tion, les moines sont expul­sés et l’abbaye est ven­due comme bien natio­nal. Elle passe entre dif­fé­rentes mains pour deve­nir la pro­prié­té de l’évêché de Dijon (1921), de l’Association des Amis de la Bus­sière, enfin d’un couple d’Anglais (2005). Aujourd’hui, l’abbaye est une pro­prié­té pri­vée (hôtel de luxe). Vous ver­rez l’église abba­tiale de l’Assomption, de style roman, aujourd’hui une église parois­siale. La construc­tion de l’abbaye est roman­cée dans Les Étoiles de Com­pos­telle.

Châ­teau­neuf, estam­pillé « plus beau vil­lage de France », est un bourg cas­tral et un châ­teau médié­val, qui offre un magni­fique point de vue en direc­tion de l’Auxois et du Mor­van. Châ­teau­neuf est fon­dé par Jean de Chau­de­nay, en 1180. Par­mi ses des­cen­dants, figure Cathe­rine, la der­nière de la lignée. Accu­sée d’avoir empoi­son­né son mari, elle est condam­née au bûcher par le Par­le­ment de Paris en 1456 et ses biens sont confis­qués. La légende veut qu’elle ait ten­té de rejoindre Châ­teau­neuf avec son amant. Les dif­fé­rentes par­ties du châ­teau ont été construites et res­tau­rées entre le XIIe et le XVIIIe siècle : un don­jon car­ré du XIIe siècle, un grand logis gothique, le logis Phi­lippe Pot et une cha­pelle du XVe siècle. Il est aujourd’hui pro­prié­té du conseil régio­nal de Bour­gogne. Pen­dant la Révo­lu­tion, Châ­teau­neuf est rebap­ti­sé Mont­franc, contrac­tion de « Mont affran­chi ». Il a ser­vi de modèle à Vin­ce­not pour décrire Mont­franc-le-Haut (Le Maître des abeilles).

Description de l’itinéraire

À la Bus­sière-sur-Ouche, se garer sur le par­king de la Grande Rue, à côté de l’église de l’Assomption, qui jouxte l’abbaye cis­ter­cienne. Lon­ger le mur de clô­ture en des­cen­dant la Grande Rue en direc­tion de Saint-Vic­tor-sur-Ouche. À l’intersection avec la D33/rue de Saint-Aubin, prendre à droite en direc­tion de la forge et du canal de Bour­gogne. Pas­ser devant l’entrée de l’abbaye (hôtel) et tra­ver­ser les rivières de l’Arvo et de l’Ouche. À hau­teur du canal, tour­ner à gauche en emprun­tant la voie cyclable, puis lon­ger le canal jusqu’à Saint-Vic­tor-sur-Ouche.

À Saint-Vic­tor, prendre à gauche en direc­tion du centre. Au monu­ment aux morts, prendre à gauche rue de la Cor­vée. Prendre, ensuite, à droite la D33/ route de la Val­lée puis de nou­veau à gauche pour mon­ter le che­min de Teb­si­ma. Au des­sus dudit che­min, figure le lieu-dit Auvillard, la sor­tie de Saint-Vic­tor.

À Auvillard, prendre à gauche le che­min qui longe le pré, jusqu’à l’entrée dans la forêt. Tra­ver­ser la piste fores­tière puis prendre à gauche en sui­vant le pan­neau jaune CCDF indi­quant la grotte de Teb­si­ma. Le déni­ve­lé est très impor­tant. Il est par­fois néces­saire de s’aider des mains. Au bout du che­min, deux cavi­tés sont visibles. La grotte se situe à l’étage au des­sus et s’ouvre au milieu de la falaise. Dans Les Étoiles de Com­pos­telle, y loge un pro­phète qui pré­tend être Scot Éri­gène, druide d’Armorique. Il explique à Jehan le Ton­nerre la manière dont les mys­tères drui­diques ont été trans­mis par les moines et les com­pa­gnons, mal­gré les occu­pa­tions romaines, les inva­sions bar­bares et le chris­tia­nisme. Teb­si­ma est une prin­cesse sar­ra­sine, rame­née de croi­sade par un che­va­lier, qui par­tage la vie du pro­phète.

Conti­nuer le che­min vers la gauche de la grotte (pan­neau jaune CCDF). Suivre éga­le­ment le bali­sage bleu à par­tir de la grotte. Atten­tion, le ter­rain est acci­den­té. Quelques mètres après la grotte, fran­chir une faille avec l’aide des mains. Conti­nuer de mon­ter jusqu’en haut du pla­teau et s’enfoncer à tra­vers la forêt en pour­sui­vant tout droit le bali­sage bleu. Le che­min débouche sur une piste fores­tière. Tour­ner à gauche et par­cou­rir la piste quelques mètres.

Quit­ter la piste en bifur­quant vers le pro­chain che­min ren­con­tré à gauche et bali­sé en bleu. À droite, trois mira­dors de chasse numé­ro­tés 3, 4 et 5. Des­cendre dou­ce­ment dans un val­lon jusqu’à un croi­se­ment en lisière de forêt. La mai­son de la Pour­rie est à droite en lisière des champs. Virer à droite en conti­nuant de suivre le bali­sage bleu et pas­ser par le haut en lisière de forêt en lon­geant la pro­prié­té.

Le jeune Vin­ce­not a décou­vert la Pour­rie durant une par­tie de chasse, et n’a ces­sé d’en rêver. Il rachète la ruine de cette ancienne grange cis­ter­cienne du XIe siècle siècle, nom­mée aus­si Peu­riotte ou Peur­rie, et, aidé de sa femme et de ses enfants, consacre toute son éner­gie à la res­tau­rer. Vin­ce­not est enter­ré dans la pro­prié­té avec sa femme Andrée et son fils Fran­çois. Une croix cel­tique orne cha­cun des trois empla­ce­ments funé­raires.

Après la Pour­rie, res­ter sur le che­min et conti­nuer de lon­ger la clai­rière. Effec­tuer une petite mon­tée. Conti­nuer sur le même che­min bali­sé en bleu et en vert fluo. Délais­ser les che­mins tour­nant à gauche et à droite. Pas­ser devant trois mira­dors de chasse. Quelques mètres après le mira­dor 4, prendre le second sen­tier à droite (quit­ter le bali­sage bleu). Mar­cher quelques mètres. Arri­vé à un petit car­re­four maté­ria­li­sé avec un petit tas de pierres, prendre le che­min à gauche (chiffre 1 sur un arbre).

Pour­suivre tout droit, en tra­ver­sant la piste fores­tière, direc­tion nord-ouest. Conti­nuer sur ce sen­tier (mira­dor n°1), en pas­sant devant les mira­dors 2, 3 et 4. Le che­min monte légè­re­ment, avec sur sa gauche une grande coupe à blanc, jusqu’au rebord du pla­teau pour atteindre le début d’une route fores­tière. Pour­suivre sur cette route fores­tière, puis virer à droite. Emprun­ter le che­min car­ros­sable en direc­tion du hameau de Sau­nière.

À Sau­nière, pas­ser entre les pre­mières mai­sons et bifur­quer sur la gauche dans un che­min orien­té ouest (lignes à haute ten­sion). Bon exemple de retour à la terre, la ferme de Sau­nière a été fon­dée dans les années 1970. L’élevage lai­tier est deve­nu une fro­ma­ge­rie bio (vente aux halles cen­trales de Dijon). Suivre ce che­min jusqu’à la route D33b, la prendre sur 300 m en mon­tant à droite. Au car­re­four, prendre à gauche sur l’ancienne voie romaine. La direc­tion de Châ­teau­neuf y est indi­quée.

Conti­nuer tout droit en gar­dant une orien­ta­tion sud-ouest et arri­ver à la fourche Saint-Julien. Prendre légè­re­ment à gauche et rejoindre le vil­lage médié­val de Châ­teau­neuf. Une pro­me­nade s’impose dans le vil­lage. Dès la sor­tie de Châ­teau­neuf, des­cendre par la route en direc­tion de Com­ma­rin. Tout en bas, à l’intersection, prendre à gauche en direc­tion des Bordes, puis à droite en direc­tion du lac de Pan­thier.

Emprun­ter la digue et lon­ger le lac. À hau­teur de la rampe de mise à l’eau « Camille Chau­chot », prendre la route à droite puis gagner la D114d, en tour­nant à gauche à l’intersection pour aller au hameau de Solle.

Au hameau, res­ter sur la route prin­ci­pale jusqu’à l’intersection avec la D977 bis. Prendre à gauche en direc­tion de Com­ma­rin par ladite dépar­te­men­tale. L’arrivée se situe sur le par­king en herbe, en face du châ­teau. La pre­mière men­tion du châ­teau de Com­ma­rin date du XIIIe siècle siècle. Une vil­la romaine for­ti­fiée est deve­nue une mai­son forte, puis un châ­teau fort. La cha­pelle du XIVe siècle siècle est l’élément visible le plus ancien. Le châ­teau connaît d’importantes trans­for­ma­tions au cours du XVIe siècle siècle. Tou­jours habi­té, Com­ma­rin appar­tient à la même famille depuis plus de neuf siècles. Dans La Bille­baude, Vin­ce­not évoque son cama­rade le comte Charles-Louis de Vogüé et décrit pré­ci­sé­ment le che­nil du châ­teau.

Activités connexes

Châ­teau de Com­ma­rin : commarin.com
Com­mune de Châ­teau­neuf : chateauneuf-cotedor.fr

Cartographie

Cartes IGN au 1 :25 000 : 2923SB — Pouilly-en-Auxois/­Thoi­sy-la-Ber­chère et 3023OT — Nuits-Saint-Georges

Bibliographie

Par­mi les nom­breux ouvrages d’Henri Vin­ce­not, signa­lons :

  • Hen­ri Vin­ce­not, Le Pape des escar­gots, 1972.
  • Hen­ri Vin­ce­not, Mémoires d’un enfant du rail, Hachette, 1980. Réédi­té sous le nom : Rem­part de la Misé­ri­corde, éd. Anne Car­rière.
  • Hen­ri Vin­ce­not, Les Étoiles de Com­pos­telle, 1982
  • Hen­ri Vin­ce­not, Le Maître des abeilles, 1985 (post­hume)
  • Clau­dine Vin­ce­not, Hen­ri Vin­ce­not, la vie toute crue. Bio­gra­phie, éd. Anne Car­rière, 2006
  • Tho­mas Ver­gine, Le châ­teau de Châ­teau­neuf (Côte‑d’Or) : ori­gines, évo­lu­tion et réuti­li­sa­tion (journals.openedition.org)

Accès

La ran­don­née part de La Bus­sière-en-Ouche et se ter­mine à Com­ma­rin. Ces vil­lages sont faci­le­ment acces­sibles par l’autoroute A6.

Matériel spécifique, équipement

Bonnes chaus­sures de marche, bous­sole. Eau et ravi­taille­ment. Bien repé­rer le cir­cuit aupa­ra­vant sur la carte.

Art de vivre

L’évocation de la Bour­gogne fait fré­tiller les papilles : escar­gots, cuisses de gre­nouilles, œufs en meu­rette, époisses… Le tout avec un bon verre de Nuits-Saint-Georges. La gas­tro­no­mie est indis­so­ciable du ter­roir et de la vie des Bour­gui­gnons.

Liens

Office du Tou­risme de Pouilly-en-Auxois : tourismepouillybligny.fr
Cam­ping du lac de Pan­thier : lac-de-panthier.com
Abbaye de la Bus­sière : abbayedelabussiere.fr

Année où cet itinéraire a été parcouru

Avril 2019

Extraits

La Pour­rie : « Je dus racon­ter la fin de chasse, puis notre retour mais je ne par­lais pas de ma trou­vaille, ce hameau aban­don­né dans la plus belle des combes de toute la Bour­gogne che­ve­lue. Je vou­lais la conser­ver pour moi tout seul. Oui, pour moi tout seul. »
« Ton hameau, c’est tout sim­ple­ment la Peu­riotte, mon gar­çon. »
La Bille­baude

Châ­teau­neuf : « C’était un épe­ron rocheux qui, sur l’autre ver­sant, à deux lieues gau­loises de l’abbaye [de la Bus­sière], domi­nait la cluse où la Van­de­nesse se fau­file pour s’échapper, au sud, par l’Ouche et la Saône, vers le pays des punaises. Jehan de Chau­de­nay fai­sait construire là, pour son fils, sur de vieilles for­ti­fi­ca­tions effon­drées, un châ­teau que l’on nom­mait déjà le Châ­teau-neuf, par oppo­si­tion au Vieux-Châ­teau, celui de Chau­de­nay, d’où son père sur­veillait lui aus­si la brèche, mais sous un autre angle. »
Les Étoiles de Com­pos­telle

« Il [La Gazette] par­cou­rait les cam­pagnes selon un iti­né­raire bizarre, tou­jours le même, grim­pant le plus sou­vent sur les som­mets fores­tiers, depuis le Haut-Folin jusqu’à la butte de Ver­gy, depuis Saffres jusqu’à la Pierre qui vire, au Tas­se­lot, à Alise, le vieil Alé­sia, et enfin au Beu­vray, où il se trou­vait tou­jours pour la nuit de l’équinoxe, celle du vingt et un mars. […] Se dépla­cer à la vitesse des san­gliers qui, en une nuit, sautent de pla­teau de Langres en Mor­van. »
Le Pape des escar­gots