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Lectures aventureuses, féeries et romans

Lectures aventureuses, féeries et romans
Raymond Abellio, La fosse de Babel (Gallimard, 1962)

Ou com­ment for­mer des hommes encore capables de mener le monde à un des­tin supé­rieur. Une œuvre qui reste excep­tion­nelle.


ADG, Pour venger Pépère (1981, Folio, 2000)

Petit chef-d’œuvre de l’anarchisme de droite, écrit dans l’autodérision. « Nous étions de Droite rien que pour emmer­der le monde qui d’ailleurs s’en fou­tait »… Une magni­fique his­toire d’homme et de ven­geance.

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Jean Anouilh, Antigone (1944, La Table Ronde, La petite vermillon, 2008)

L’adaptation du texte de Sophocle, deve­nue elle-même un clas­sique. Le poids de la sou­ve­rai­ne­té, l’idéalisme de la jeu­nesse et l’impossibilité de « désho­no­rer la loi qu’imposent les dieux ».

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Muriel Barbery, L’Elégance du hérisson (2006, Folio, 2009)

« Autour de per­son­nages inat­ten­dus, avec un comique irré­sis­tible, un roman ico­no­claste et jubi­la­toire (anti­bour­geois), que l’on dirait écrit par une petite sœur de Nietzsche » (Domi­nique Ven­ner).

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Jules Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques (1874, Flammarion, GF Etonnants classiques, 2008)

Recueil d’admirables nou­velles (Le bon­heur dans le crime, Le rideau cra­moi­si…). Un lan­gage plein de sève au ser­vice d’un ima­gi­naire épique qui pul­vé­rise les peti­tesses de la morale bour­geoise.

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Pierre Bordage, L’Enjomineur (2004–2006, 3 tomes : 1792, 1793, 1794, J’ai lu)

Un conte fan­tas­tique et éton­ne­ment contre-révo­lu­tion­naire, comme un vibrant hom­mage à la région natale de l’auteur : la Ven­dée. Où Mélu­sine appa­raît en majes­té.

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Philippe Cavalier, Le Siècle des chimères (2005–2007, 4 tomes, Le Livre de Poche)

Ancien élève de l’Ecole pra­tique des hautes études en sciences reli­gieuses et diplô­mé de Langues O, Phi­lippe Cava­lier sait don­ner une épais­seur à cette sombre tétra­lo­gie qui tra­verse le XXe siècle et prend une ampleur épique grâce à ses talents de conteur.

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Bruno de Cessole, L’Heure de la fermeture dans les jardins d’Occident (La Différence, 2008)

Une plume affû­tée, à l’ancienne, au pro­fit d’un récit ini­tia­tique où plane l’ombre de Nietzsche et de Cio­ran. Magni­fique.

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Alain Damasio, La horde du contrevent (La Volte, 2004, Gallimard Folio SF, 2014)

Dans une écri­ture épique et poé­tique, un souffle ori­gi­nal, qui redonne dans un uni­vers de science-fic­tion sa place aux quêtes che­va­le­resques, col­lec­tives et vitales.

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Hélie Denoix de Saint Marc, Mémoires. Les champs de braises (Perrin, Tempus, 2002)

De Buchen­wald au putsch d’Alger en pas­sant par la grande pas­sion indo­chi­noise, la plu­part des tumultes et des contra­dic­tions de la France contem­po­raine. Hélie de Saint Marc y raconte sur­tout ce qu’il a appris de l’existence : le cou­rage, l’engagement, la fidé­li­té, l’honneur, l’amour, la pri­son, « le sens d’une trace humaine »… Une hau­teur de vue remar­quable.

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Michel Déon, Les poneys sauvages (Gallimard, 1970, Folio, édition revue et corrigée, 2013)

L’un des chefs-d’œuvre de Michel Déon, prix Inter­al­lié en 1970. Une his­toire d’hommes, de guerre et de fidé­li­tés. Toute l’élégance du Hus­sard et la finesse de ce « prince du bon­heur » (Pol Van­drome), dont on pour­ra lire avec le même plai­sir Un taxi mauve (Grand Prix du roman de l’Académie fran­çaise 1973), la série du Jeune homme vert (1975 et 1977), ou encore La Mon­tée du soir (1987).

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Fiodor Dostoïevski, Journal d’un écrivain (1873–1881, Charpentier, 1904)

Pas une ride dans cet écrit vision­naire, péné­tré jusqu’à l’âme de l’identité russe : « S’il est un pays qui soit igno­ré et mécon­nu de tous les autres pays loin­tains ou limi­trophes, c’est bien la Rus­sie. […] Quand il s’agit de la Rus­sie, une imbé­cil­li­té enfan­tine s’empare de ces mêmes hommes qui ont inven­té la poudre et su comp­ter tant d’étoiles dans le ciel qu’ils croient vrai­ment pou­voir les tou­cher. Cela se mani­feste aus­si bien pour des vétilles qu’au cours de savants tra­vaux des­ti­nés à faire connaître l’importance et l’avenir de notre patrie »

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Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud, Prix Goncourt 2012)

Un titre en réso­nance avec le ser­mon par lequel saint Augus­tin ten­ta, à Hip­pone, de conso­ler ses fidèles de la fra­gi­li­té des royaumes ter­restres. Un roman sur la fini­tude des hommes et la fra­gi­li­té des civi­li­sa­tions qu’ils s’évertuent à bâtir.

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Jean-François Gautier, La Sente s’efface (Le Temps qu’il fait, 1998)

« La dic­tée des choses et des hommes, l’équivoque de leur alté­ra­tion, leur dis­pa­ri­tion »… Un mani­feste pan­théiste, à par­tir de l’observation vraie d’un ter­roir appa­rem­ment ordi­naire – la Cha­rente où vit l’auteur.

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Stefan George, Poèmes (édition bilingue, Flammarion, 1969)

Une esthé­tique fon­da­men­tale et tel­lu­rique. La Révo­lu­tion conser­va­trice comme « conser­va­tisme cultu­rel » diri­gé contre la civi­li­sa­tion moderne. Des poèmes « où résonnent les tam­bours voi­lés du temps et le pas des dieux » (Le Maga­zine lit­té­raire, 22/11/2010).


Christopher Gérard, Le Songe d’Empédocle (L’Age d’Homme, 2003)

Davan­tage qu’un roman : une errance, un voyage ini­tia­tique. Le périple du jeune Ori­base qui, lan­cé à la recherche de la Phra­trie des Hel­lènes, trouve une mys­té­rieuse socié­té secrète qui, depuis vingt-cinq siècles, trans­met les mythes et les rites de la Grèce des sages et des cha­manes. « Bro­cé­liande, Mer­lin, Dada, l’Ordre teu­to­nique… Oui, voi­là le vrai savoir. Grâce à vous, l’eau par­lante ne s’est point tarie », écrit à l’auteur le poète et hel­lé­niste Yves Bat­tis­ti­ni, tra­duc­teur des Pré­so­cra­tiques.

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Jean Giono, Les récits de la demi-brigade (Le Livre de Poche, 1964, réédition Via Romana 2013)

Dans la Haute Pro­vence post-1830, les esca­pades rebelles d’un ancien cava­lier de la Grande Armée deve­nu un gen­darme très peu « gen­dar­mesque ». Une ima­gi­na­tion per­cu­tante et un style sec, dense, aven­tu­reux et allègre. Dans la conti­nui­té du sidé­rant roman phi­lo­so­phique, post-apo­ca­lyp­tique, que consti­tue Le Hus­sard sur le toit (1951, Gal­li­mard, Folio, 1995).

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Jean Giono, Les Vraies Richesses (1937, Grasset, 2002)

Tout à la fois récit et essai dénon­çant la vani­té de la vie cita­dine et de l’argent. Et célé­brant au contraire la gloire du soleil, de la terre, des col­lines, des ruis­seaux et des fleuves « qui m’irriguent plus vio­lem­ment que mes artères et mes veines »… Un mani­feste éco­lo­gique par un vision­naire et un vir­tuose du sacré.

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Jean Giono, Triomphe de la vie (1941, Livre de poche, 1992)

La vie des pay­sans dans une petite com­mu­nau­té des Alpes de Haute-Pro­vence, témoi­gnage d’une Pro­vence antique, rude et sau­vage. Le pays des croyances, des olives et de la lavande. Un roman pan­théiste et enivrant.


Julien Gracq, Un balcon en forêt (1958, José Corti Editions, 1989)

Gracq au som­met de son art. « Dense, ner­veux, tra­gique, aven­tu­reux et allègre. Tout ce que j’aime » (Domi­nique Ven­ner). Pour les âmes plus poé­tiques, lire aus­si Le Rivage des Syrtes (1951).

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Wilhelm et Jacob Grimm, Contes (édition intégrale en 2 tomes, Flammarion, réédition Le Seuil, 2003)

Le tré­sor des contes de la vieille Alle­magne.

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Pierre Gripari, Critique et autocritique (L’Age d’Homme, 1981)

Recueil d’articles sur les grands noms et les grandes œuvres de la lit­té­ra­ture depuis le XIXe siècle. « Ce que l’anarchisme de droite a sécré­té de plus ori­gi­nal et de plus brillant » (D. Ven­ner).


Kleber Haedens, Une histoire de la littérature française (Grasset)

« Un sur­vol pro­fond et péné­trant » (Domi­nique Ven­ner).

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Ernst Jünger, Eumeswil (1977, Folio, 1981)

Le roman du déta­che­ment et de la luci­di­té. La figure (Ges­talt) de l’anarque, l’homme du « recours aux forêts » et du refus des pou­voirs tem­po­rels, de toutes les impos­tures du moment.


Ernst Jünger, Traité du Rebelle ou le recours aux forêts (1951, Points Seuil, 1986)

Dans le haut Moyen Age scan­di­nave, le pros­crit nor­vé­gien, le Waldgän­ger, avait « recours aux forêts » : il s’y réfu­giait et y vivait libre­ment, mais pou­vait être abat­tu par qui­conque le ren­con­trait. Une figure qui sert de pré­texte à un for­mi­dable trai­té d’insoumission, contre tous les pou­voirs illé­gi­times.


Ernst Jünger, Sur les Falaises de marbre (1939, Gallimard, 1979)

Un pay­sage figé face à la mer, des figures sym­bo­liques, la menace tou­jours pré­sente de la bar­ba­rie. La néces­si­té per­ma­nente du com­bat, quelles que soient ses formes. « Car c’est dans les cœurs nobles que la souf­france du peuple trouve son écho le plus puis­sant »

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Rudyard Kipling, L’homme qui voulut être roi (1888, Folio, 1973)

La réunion de neuf nou­velles qui donnent une image sai­sis­sante des divers talents de Kipling pour faire revivre, dans le style des grands repor­ters modernes dont s’inspirera notam­ment Heming­way, une façon altière de sup­por­ter « le far­deau de l’homme blanc ». Comme une nos­tal­gie de la gran­deur, avant l’abandon par les peuples euro­péens de toute vision impé­riale.

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Jacques Laurent, Histoire égoïste (La Table Ronde, 1976, Folio, 1978)

Plu­sieurs écri­vains en un seul homme : le Cecil Saint-Laurent de Caro­line ché­rie, le Jacques Laurent prix Gon­court avec Les Bêtises… L’« iti­né­raire sans faute et sans hypo­cri­sie d’un écri­vain qui n’a pas peur des mots » (Domi­nique Ven­ner).

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Jean de La Varende, Les Manants du Roi (1938, Flammarion, GF Etonnants classiques, 2008)

Des nou­velles qui sont autant de contes de che­va­le­rie de notre temps. Le chef-d’œuvre du grand écri­vain nor­mand.

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T.E. Lawrence, Les sept piliers de la sagesse (1926, Robert Laffont, Bouquins, 1993)

Un récit auto­bio­gra­phique mais aus­si un roman d’aventure, d’espionnage et d’initiation… « L’esthétisme de l’action por­té à sa per­fec­tion sans jamais man­quer à l’humour » (Domi­nique Ven­ner).

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Philippe Le Guillou, Livres des guerriers d’or (1996, Folio, 2005)

Col­la­bo­ra­teur com­plice du Centre de l’Imaginaire Arthu­rien, l’auteur rêvait « de che­va­liers en man­teaux de sel et de feuille, de rivages chao­tiques, de châ­teaux et de cha­pelles, d’épée et de coupe d’émeraude. Comme dans le monde enlu­mi­né des romans bre­tons, comme dans les songes de Tol­kien, de Gracq et de Boor­man ». La trans­crip­tion est à la hau­teur de ce songe. Un superbe roman, prix de l’Académie fran­çaise 1996, sur les traces de Luin Gor, « le roi des eaux, des vents, des rivages et des îles ».

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Patrick Leigh Fermor, Dans la nuit et le vent (1965, Nevicata, 2014)

Un « éco­lier iti­né­rant » de dix-huit ans quitte l’Angleterre un jour de décembre 1933 avec l’idée de tra­ver­ser l’Europe à pied, depuis la borne de Hol­lande jusqu’au Bos­phore. Un texte magique, qui reprend Le Temps des offrandes et Entre fleuve et forêt (tous deux chez Payot, 1991 et 1992), com­plé­té de La Route inter­rom­pue, laquelle mène jusqu’au Mont Athos en Grèce. Des chefs-d’œuvre de récits de voyage à la bri­tan­nique.

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Erik L’Homme, Des pas dans la neige (Gallimard, Scripto, 2010)

Connu pour le suc­cès phé­no­mé­nal de ses livres pour la jeu­nesse, Erik L’Homme livre ici un récit de voyage auto­bio­gra­phique sur les traces du Bar­ma­nou, l’homme sau­vage des hautes mon­tagnes de l’Hindou Kouch. Toute la beau­té et la rigueur de la nature, et l’aventure comme une quête inté­rieure : « Je me croyais jusque-là fort inté­rieu­re­ment et faible exté­rieu­re­ment, mais j’eus régu­liè­re­ment la preuve de l’inverse ! » Voir éga­le­ment Le regard des princes à minuit (Gal­li­mard Jeu­nesse, 2014), ou la pré­sence tou­jours pos­sible de l’esprit et des valeurs de la che­va­le­rie dans des expé­riences ado­les­centes contem­po­raines.

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Jack London, Martin Eden (1909, 10–18, 1999)

Le chef-d’œuvre de Jack Lon­don qui passe pour son auto­bio­gra­phie roman­cée. Une ode aux âmes nobles, éner­giques et « aris­to­cra­tiques ».

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Jean Mabire, Drieu parmi nous (La Table Ronde, 1963)

Rendre la parole à Drieu près de vingt ans après sa mort. Une bio­gra­phie sen­sible et péné­trante, qui pro­longe l’auteur au-delà du temps et des vicis­si­tudes d’une époque sombre. Un essai lumi­neux !


Jean Mabire, Que Lire ? (7 volumes disponibles, éditions National Hebdo puis Irminsul et Dualpha, 1994–2003)

Magni­fiques por­traits d’écrivains contem­po­rains, où les talents lit­té­raires et la réflexion méta­po­li­tique de Jean Mabire font mer­veille.


André Malraux, Les conquérants (1928, Le Livre de Poche, 1976)

Pour les ama­teurs de sen­sa­tions fortes, « le seul vrai roman fas­ciste de langue fran­çaise » (Domi­nique Ven­ner).

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Olivier Maulin, En attendant le roi du monde (L’Esprit des Péninsules, Pocket, 2006)

Le pre­mier roman, et pas le moins ins­pi­ré, d’un auteur qui fait revivre la tra­di­tion de la farce rabe­lai­sienne. Une verve sati­rique et humo­ris­tique au ser­vice d’un ima­gi­naire féé­rique, qui explose en par­ti­cu­lier dans Les Evan­giles du Lac (L’Esprit des Pénin­sules, 2008).


Richard Millet, La confession négative (Gallimard, NRF, 2009)

Chant d’amour et de haine : la guerre civile comme expé­rience ini­tia­tique. Le roman auto­bio­gra­phique qui per­met de mieux com­prendre les essais flam­boyants, exi­geants et « métal­liques » que l’ancien membre du comi­té de lec­ture de Gal­li­mard réserve aujourd’hui aux très cou­ra­geuses édi­tions Pierre-Guillaume de Roux (Fatigue du sens, Langue fan­tôme, Eloge lit­té­raire d’Anders Brei­vik, De l’antiracisme comme ter­reur lit­té­raire…).

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Yukio Mishima, Chevaux échappés (1969, Gallimard, 1980, Folio, 1991)

Le 2e tome de la grande « saga » de La mer de la fer­ti­li­té. L’une des plus belles évo­ca­tions du sep­pu­ku – le sui­cide rituel auquel s’est fina­le­ment livré lui-même Mishi­ma, le 25 novembre 1970, et où Mal­raux voyait éga­le­ment un moyen, pour l’homme, de « pos­sé­der sa mort ». Tout le tra­gique, l’idéalisme et la finesse du plus euro­péen des auteurs japo­nais.

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Margaret Mitchell, Autant en emporte le vent (1936, Folio, 1993)

Arché­type du grand roman his­to­rique, tis­sé autour des amours contra­riés de Scar­let O’Hara dans le Vieux Sud de la guerre de Séces­sion. Où s’exaltent la noblesse et la témé­ri­té des hommes. Mais aus­si l’héroïque téna­ci­té des femmes, qui seules peuvent per­mettre à un monde détruit de renaître.

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Henry de Montherlant, Le Cardinal d’Espagne (1960, Folio, 1974)

Une réflexion féconde sur la lutte du tem­po­rel et du spi­ri­tuel, de l’action et de la sagesse, de la gran­deur et des com­pro­mis qu’exige le ser­vice de l’Etat. Pas une ombre de com­plai­sance, les mots les plus nus, le tra­gique le plus dépouillé. Sans doute le chef-d’œuvre de Mon­ther­lant, même si peuvent être éga­le­ment lus, dans le même registre théâ­tral, mais tou­jours plein de sens et de signi­fi­ca­tions, La Reine morte (1942) et La Guerre civile (1965).

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Hubert Monteilhet, Les Bouffons (2004, Fallois, Le Livre de Poche, 2006)

Toute la verve, l’humour et l’érudition sans faille de Mon­teil­het dans ce « Roman des temps révo­lu­tion­naires ». Pour mieux exé­cu­ter la Révo­lu­tion fran­çaise… Dans la même veine, voir éga­le­ment Au vent du bou­let (Roman des temps napo­léo­niens, 2008) ou Néro­po­lis (Roman des temps néro­niens, 1984).

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Roger Nimier, Le hussard bleu (Gallimard, 1950, Folio, 1977)

Tout le charme du style hus­sard : poli­ti­que­ment incor­rect, bra­vache, faus­se­ment cynique, rapide et vif. Imper­ti­nent, mais tou­jours huma­niste – au sens non gal­vau­dé du terme. Le roman, lar­ge­ment auto­bio­gra­phique, qui contri­bue­ra à faire entrer Nimier dans le Pan­théon non offi­ciel des lettres fran­çaises de l’Après-Guerre.

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Arto Paasilinna, Le Lièvre de Vatanen (1975, Folio, 2014)

Un uni­vers et des per­son­nages sin­gu­liers, où la nature consti­tue tou­jours elle-même un per­son­nage. Un récit bur­lesque et grin­çant, joyeu­se­ment « païen », consti­tuant une très bonne intro­duc­tion à l’œuvre du roman­cier fin­lan­dais le plus connu au monde.

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Jacques Perret, Bande à part (Gallimard, 1951, Le Livre de Poche, 1963)

Tout le style, l’ironie et le réflexe d’insoumission de la France des pro­fon­deurs. Pour les amou­reux de la mer, lire Rôle de plai­sance (1957), « un petit trai­té de navi­ga­tion pué­rile et hon­nête, un mémoire sur l’art et la manière de conduire la plai­sance à ses fins par les moyens du bord » – comme un pied-de-nez à tous les confor­mismes.

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Henri Pourrat, Gaspard des montagnes (1931, Le Livre de Poche, 1991)

L’un des clas­siques de la lit­té­ra­ture fran­çaise, cou­ron­né par le grand prix du roman de l’Académie fran­çaise. Une atmo­sphère fan­tas­tique, où les mythes et les légendes de l’Auvergne illus­trent la vita­li­té de nos ter­roirs et toute la richesse de notre his­toire pay­sanne.

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Patrick Rambaud, La Bataille (1997, Le Livre de Poche, 1999)

Souffle épique et minu­tie de la recons­ti­tu­tion pour cette somp­tueuse évo­ca­tion de la bataille d’Essling (1809). Une allé­go­rie de l’homme en guerre et dans les tumultes de l’Histoire. Un ouvrage jus­te­ment remar­qué, qui obtint à la fois le prix Gon­court et le Grand Prix du Roman de l’Académie Fran­çaise en 1997.

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Jean Raspail, Le Camp des Saints (1973, Robert Laffont, nouvelle édition précédée de Big Other, 2011)

Le roman pro­phé­tique qui a notam­ment fait connaître Ras­pail au grand public, per­met­tant le déve­lop­pe­ment d’une œuvre où affleure par­tout la nos­tal­gie de la beau­té et du sens de l’honneur. Lire aus­si Sep­ten­trion (1979), ou les hommes du refus face à la marée mon­tante de la masse indé­ter­mi­née…

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Lucien Rebatet, Les Deux Etendards (1951, Gallimard, réédition 1991)

Un ouvrage qui « déchire tou­jours notre ciel » (Antoine Blon­din) et qui avait fait dire à Fran­çois Mit­ter­rand que « l’humanité se scinde en deux : ceux qui ont lu Les deux Eten­dards et ceux qui ne l’ont pas lu ».

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Saint-Loup, Face Nord (Arthaud, 1950, rééd. Art et Histoire d’Europe, 1986)

L’alpinisme comme un défi pro­mé­théen, un effort pro­pre­ment tita­nesque. Une ouver­ture à l’œuvre roma­nesque de Marc Augier, en com­men­çant par l’essentiel : le dépas­se­ment de se propre volon­té. « Ils n’avaient plus de sou­ve­nir, de craintes, ou de haine, car la terre ne les por­tait plus, ou si peu ! Pas à pas, mètre par mètre, souffle à souffle, ils fran­chis­saient les portes de la lumière… »


Guy Sajer, Le soldat oublié (Robert Laffont, 1967, Le Livre de Poche, 1976)

Un récit pro­pre­ment stu­pé­fiant. « Le plus grand livre sur­gi de la Seconde Guerre mon­diale » (Domi­nique Ven­ner).

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Pierre Schoendoerffer, L’Adieu au Roi (1969, Grasset, 2013)

Livre de guerre, de gran­deur et d’hommes. De rêves inas­sou­vis et de des­tins bri­sés. Toute l’œuvre de « Schoen », écri­vain « à la vaine épique et cos­mique », comme conden­sée dans un seul roman. Le goût du large et des embruns, la soif d’honneur et d’aventures, la nos­tal­gie des « peuples nus » et la bles­sure d’obéir à d’autres lois que les siennes… La mort, enfin, comme ultime panache.

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Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde (2005, Pocket, 2008)

Une intro­duc­tion à l’œuvre d’un véri­table aven­tu­rier, rebelle aux faci­li­tés maté­rielles mais éga­le­ment intel­lec­tuelles d’un Occi­dent deve­nu triste et vieux. Une lec­ture rafraî­chis­sante, qui donne envie de prendre la route, sac au dos.

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Ernst von Salomon, Les Réprouvés (Die Geächteten, 1930, Omnia, 2011)

La fureur de vivre d’une jeune acti­viste alle­mand dans les années vingt. Un chef-d’œuvre du roman­tisme aven­tu­reux, très supé­rieur aux romans de Mal­raux. Pour sai­sir plei­ne­ment le contexte his­to­rique, lire en paral­lèle : Domi­nique Ven­ner, His­toire d’un fas­cisme alle­mand. Les corps-francs du Bal­ti­kum (Pyg­ma­lion, 1997, rééd. 2002).

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JRR Tolkien, Le seigneur des anneaux (The Lord of the Rings, 1954–1955, nouvelle traduction chez Christian Bourgeois, 2014)

Gigan­tesque fresque ima­gi­naire pui­sant dans les mytho­lo­gies euro­péennes. Indis­pen­sable à connaître, ne serait-ce que pour com­prendre les réfé­rences de nom­breux lec­teurs d’aujourd’hui !

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Léon Tolstoï, Anna Karénine (1877, Le Livre de Poche, 1997)

L’antithèse d’une Bova­ry. Tout le mépris à l’égard des hypo­crites. L’entrée toni­truante et triom­phale de la lit­té­ra­ture russe dans la culture euro­péenne.

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Guiseppe Tomasi di Lampedusa, Le professeur et la sirène (1962, Points Seuil, 2002)

Par l’auteur du Gué­pard, une nou­velle comme une ode païenne à la pré­sence du mer­veilleux.

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Dominique Venner, Le Cœur rebelle (Belles Lettres, 1994, réédition Pierre-Guillaume de Roux, 2013)

Sou­ve­nirs et réflexions sur une jeu­nesse mili­taire et mili­tante. L’époque de l’aventure poli­tique, les com­plots, la pri­son (OAS), le mou­ve­ment Europe Action, les ori­gines de la Nou­velle Droite… L’ouvrage le plus per­son­nel et sans doute le plus éclai­rant de l’œuvre de Domi­nique Ven­ner.

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Henri Vincenot, La Billebaude (1978, Gallimard, Folio, 1982)

La longue mémoire de la grande culture pay­sanne et vil­la­geoise fran­çaise. Lire aus­si de ce « vieux Gau­lois du pays Eduen » qu’était Vin­ce­not, dans la même col­lec­tion de poche, Le pape des escar­gots (1983) et son pro­lon­ge­ment « cos­mique » : Les Etoiles de Com­pos­telle (1987).

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Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien (Gallimard, Folio, 1977)

Pour Flau­bert, « les dieux n’étant plus, et le Christ n’étant pas encore, il y a eu, de Cicé­ron à Marc Aurèle, un moment unique où l’homme seul a été ». Mais c’était l’homme romain ! L’un des pre­miers et des meilleurs romans his­to­riques, magni­fi­que­ment écrit, où l’empereur Hadrien reprend lit­té­ra­le­ment vie sous les traits de l’un des der­niers libres esprits de l’Antiquité.

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Illus­tra­tion : John Bauer, Bland Tom­tar och Troll, 1907

Voir aussi

Mots clefs : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,