Colloque de l’Institut Iliade : le choc des mots, le choc des idées

Colloque de l’Institut Iliade : le choc des mots, le choc des idées

Colloque de l’Institut Iliade : le choc des mots, le choc des idées

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Le 9 avril dernier, à la Maison de la Chimie de Paris, s’est tenu le troisième colloque (le deuxième sous son nom) de l’Institut Iliade sur le thème, ô combien d’actualité et d’une éternelle vitalité, de la lutte pour la préservation de notre identité : « Face à l’assaut migratoire, le réveil de la conscience européenne ». Reportage de Polémia.

Près de 1200 per­son­nes se sont retrou­vées pour écou­ter les nom­breux inter­ve­nants venus par­ta­ger leur constat et sur­tout pro­po­ser des pis­tes alter­na­ti­ves au sui­ci­de col­lec­tif que repré­sen­te l’invasion migra­toi­re. Autre preu­ve du suc­cès gran­dis­sant de cet évé­ne­ment annuel : le col­lo­que se dérou­lait sur la jour­née entiè­re, et non plus sur une demi-jour­née com­me l’an der­nier.

Fran­çois Bous­quet, Renaud Camus, Phi­lip­pe Conrad, Jean-Yves Le Gal­lou, Jean Ras­pail, Tat­ja­na Fes­ter­ling… les voix étaient venues nom­breu­ses de tou­te l’Europe pour encou­ra­ger les Euro­péens à défen­dre leur conti­nent mena­cé d’engloutissement.

Le poè­te Mal­lar­mé disait : « Ce n’est pas avec des idées qu’on fait des vers, c’est avec des mots ». Pour poser les pre­miè­res pier­res d’une recon­quê­te, ces voix ont su trou­ver des mots. Pas n’importe quels mots, pas ces mots rabâ­chés d’une lan­gue de bois conve­nue. Mais les mots de la réa­li­té, fût-elle bru­ta­le et déran­gean­te, et du cou­ra­ge.

Notre identité menacée

Pour « ren­dre les Euro­péens à l’Europe », il convient de repla­cer ceux-ci dans leur iden­ti­té spa­tia­le et eth­ni­que, socle de tou­te civi­li­sa­tion. Com­me le décla­ra Jean-Yves Le Gal­lou : « Res­ter nous-mêmes est le préa­la­ble à tou­te recon­quê­te ».

C’est ce à quoi s’est atta­ché notam­ment Jean-Fran­çois Gau­tier, venu évo­quer « la péren­ni­té de l’âme euro­péen­ne », à tra­vers cet­te for­mu­le si expres­si­ve : « Nos iden­ti­tés sont d’abord des iden­ti­tés spa­tia­les. Nous devons en prio­ri­té recon­qué­rir notre espa­ce. »

L’africaniste Ber­nard Lugan, pour qui « on ne ment pas avec la démo­gra­phie », a ain­si rap­pe­lé quel­ques véri­tés pre­miè­res. Tan­dis que « les inva­sions bar­ba­res, mou­ve­ments entre Euro­péens, n’ont rien chan­gé à notre sub­strat bio­lo­gi­que », il a sou­li­gné qu’aujourd’hui « nous ne som­mes pas en pré­sen­ce d’un mou­ve­ment d’immi­gra­tion mais d’un mou­ve­ment d’invasion de peu­ple­ment ».

Renaud Camus a abor­dé fron­ta­le­ment la ques­tion de ce Grand Rem­pla­ce­ment, dénon­çant le « rem­pla­cis­me, cet­te fabri­que de l’homme rem­pla­ça­ble ». D’après lui, « Le mot “race” est indis­pen­sa­ble à la défen­se de l’identité » ; « ceux qui pré­ten­dent que les races n’existent pas sont sans dou­te de très mau­vais lin­guis­tes ». Et l’écrivain de conclu­re : « La seule ligne de par­ta­ge qui comp­te est cel­le qui sépa­re les rem­pla­cis­tes et les anti­rem­pla­cis­tes ». Fran­çois Bous­quet s’est joint à cet­te dénon­cia­tion : « L’antiracisme est un nou­veau mar­xis­me pas­sant de la lut­te des clas­ses à la lut­te des races. »

Les cau­ses inter­nes de ce déla­bre­ment de l’Europe ont en effet été par­ti­cu­liè­re­ment ana­ly­sées par les inter­ve­nants. Ain­si Lio­nel Ron­douin, évo­quant « l’Etre des nations contre l’Avoir des mar­chands », selon qui « le droit ne connaît de res­pon­sa­bi­li­té qu’individuelle, mais l’Histoire connaît une res­pon­sa­bi­li­té col­lec­ti­ve ». Pour Renaud Camus, « L’hébétude orga­ni­sée est un des bou­le­vards de l’invasion ». Et Jean-Yves Le Gal­lou d’ajouter : « Les accom­mo­de­ments per­ma­nents de nos règles aux exi­gen­ces isla­mi­ques sont dérai­son­na­bles, c’est la sou­mis­sion de notre civi­li­sa­tion. »

Le courage

Face aux mena­ces, la seule chan­ce de « ren­dre l’Europe aux Euro­péens » pas­se par le com­bat. Un com­bat cer­tes cultu­rel, intel­lec­tuel et moral, mais qui néces­si­te­ra une bon­ne dose de cou­ra­ge, com­me l’ont mon­tré divers témoins invi­tés à une table ron­de.

Inter­ro­gés sur les rai­sons de leur choix de s’exprimer à visa­ge décou­vert, sans uti­li­ser de nom d’emprunt, alors qu’ils ont enco­re une vie pro­fes­sion­nel­le à construi­re ou conso­li­der, les jeu­nes par­ti­ci­pants à cet­te table ron­de ont tous fait preu­ve de la même convic­tion.

Jean-David Cat­tin, de Géné­ra­tion iden­ti­tai­re, a ain­si par­lé de « sacri­fi­ce », notion si chè­re à Domi­ni­que Ven­ner : « Il faut incar­ner notre enga­ge­ment », « Le mili­tan­tis­me d’une avant-gar­de impli­que des ris­ques ».

Eli­se Blai­se, jour­na­lis­te vedet­te de TV Liber­tés, a com­plé­té : « Il faut ces­ser d’avoir peur, nous ne devons pas être sou­mis. »

La réfé­ren­ce au com­bat a été repri­se par de nom­breux inter­ve­nants. Selon Fran­çois Bous­quet, « réin­ves­tir le com­bat cultu­rel, le méta­po­li­ti­que, est ce vers quoi nous devons por­ter tous nos efforts ». Et l’écrivain bruxel­lois Chris­to­pher Gérard de lan­cer un vibrant appel, en conclu­sion de son ana­ly­se éclai­ran­te du Camp des Saints : « Nous nous défen­drons bec et ongles, et, s’il le faut, les armes à la main ! »

Il revint à Tat­ja­na Fes­ter­ling, por­te-paro­le du mou­ve­ment PEGIDA, de conclu­re sous un ton­ner­re d’applaudissements son inter­ven­tion avec cet­te para­phra­se de Péri­clès : « Le prix de la liber­té, c’est le cou­ra­ge ! »

Le réveil européen

Les pers­pec­ti­ves annon­cées n’ont pas tou­jours été joyeu­ses : pour Chris­to­pher Gérard, « gri­mée en amour de l’autre, la hai­ne de soi fera cou­ler des fleu­ves de sang ».

Mais seul ce constat dres­sé avec cou­ra­ge pour­ra pré­ci­sé­ment évi­ter le pire, et per­met­tre le relè­ve­ment des peu­ples euro­péens. Com­me l’avait intro­duit l’historien Phi­lip­pe Conrad en début du col­lo­que, si « les pro­mo­teurs du vil­la­ge glo­bal ont créé les condi­tions du chaos à venir », la solu­tion pas­se par la redé­cou­ver­te et la défen­se de notre civi­li­sa­tion. Et il ne s’agit que de le vou­loir : « Là où est une volon­té, il y a un che­min. » Jean-Yves Le Gal­lou s’est ain­si fait le chan­tre d’une pré­fé­ren­ce civi­li­sa­tion­nel­le : « Il faut affir­mer les tra­di­tions et les valeurs de notre civi­li­sa­tion. »

Lais­sons enfin Jean-Fran­çois Gau­tier résu­mer le mes­sa­ge d’espoir qui ani­ma ce col­lo­que : « L’âme euro­péen­ne renaî­tra des cen­dres de ce qui la nie : l’Universel. » C’est en retis­sant le fil de notre mémoi­re, en renouant avec nos raci­nes, que nous pour­rons rele­ver les for­mi­da­bles défis qui nous atten­dent.

De l’envoyé spé­cial de Polé­mia
9/04/2016

Edi­tion : 16/04/2016