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Les Anneaux de pouvoir sur Amazon : réponse aux wokistes

“Les Anneaux de pouvoir” sur Amazon : réponse aux wokistes, en défense de Tolkien et de l’imaginaire européen. Tribune de Georges Guiscard.

Les Anneaux de pouvoir sur Amazon : réponse aux wokistes

Depuis quelques jours, la polémique enfle : les critiques concernant les Anneaux de pouvoir, la nouvelle série d’Amazon inspirée de l’univers de J. R. R. Tolkien, seraient racistes. 20 Minutes a même publié samedi dernier un article Non, Amazon n’a pas ‘wokisé’ le Seigneur des anneaux. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne, qui vient de publier Tolkien, l’Europe et la tradition d’Armand Berger, tenait à défendre et affirmer l’européanité de l’œuvre de l’écrivain anglais.

Tolkien était un grand Européen, pénétré de l’imaginaire de notre civilisation. Ses inspirations assumées sont les mythologies germano-scandinave et finlandaise ainsi que le cycle arthurien, dont il était un grand connaisseur. Son ambition, plusieurs fois évoquée, fut de « créer un ensemble de légendes […] que je pourrais en toute simplicité dédier à l’Angleterre, à mon pays ». Il paraît naturel de penser que, son œuvre étant éminemment européenne, ses personnages sont de type européen, des Blancs.

L’européanité de la Terre du Milieu, une vieille histoire

C’est l’une des raisons pour lesquelles la nouvelle série d’Amazon, médiocre manifeste wokiste dont le casting ressemble à une publicité pour Benetton sans aucun souci de respect pour la dimension spécifiquement européenne de l’œuvre, suscite tant de critiques.

Interrogé par 20 minutes, Vincent Ferré, professeur de littérature comparée et spécialiste de Tolkien, vole au secours de la série : « Il est allé chercher beaucoup plus loin, dans différentes mythologies et traditions. Il fait même des clins d’œil à l’Iliade. » L’Iliade, cette grande épopée africaine ! C’est dire si Tolkien imaginait sa Terre du Milieu comme le Londonistan moderne…

Renvoyons Vincent Ferré, qui se rallie sans honte à la dénaturation woke de l’œuvre de Tolkien, à cet extrait d’un ouvrage de référence, paru en 2002 : « C’est bien au Vieux continuent et au bassin méditerranéen que l’auteur compare le cadre du Seigneur des Anneaux […] Tolkien présente la Comté comme une transposition de l’Angleterre rurale […] L’opposition géographique entre la Terre du Milieu et notre monde ne tient donc plus, et seul demeure l’écart temporel. » L’auteur de ces lignes n’est autre que… Ferré lui-même ! L’européanité de la Terre du Milieu ne semblait pas le déranger à l’époque. Il est vrai qu’en 2002, le wokisme n’avait pas causé ses ravages dans l’université occidentale.

Pour réduire à néant toutes les circonlocutions diversitaires, citons simplement Tolkien qui écrivait en 1958 : « La Comté, par exemple, [est] explicitement présentée comme ayant fait partie de cette région [l’Europe] » et « j’ai construit […] une époque imaginaire, mais quant au lieu j’ai gardé le pieds sur ma propre terre maternelle ». Vincent Ferré devrait le savoir : il a participé à la traduction des Lettres d’où est tirée cette citation.

La colonisation de l’imaginaire européen

La vérité crue est que, chez Tolkien comme dans l’intégralité de la littérature européenne jusqu’aux années 2000, lorsque l’on n’évoque pas explicitement l’ethnie des personnages, c’est qu’ils sont Européens. Blancs. Et aucune contorsion sémantique ou idéologique n’y pourra rien changer.

Ne pas respecter une œuvre est un choix délibéré et donc critiquable. Cela n’est pas la première fois. En 2018, la série anglaise Troy: Fall of a City faisait ainsi jouer Achille et Zeus par des acteurs africains. L’excuse ? L’Iliade est une œuvre de fiction, tout est donc permis ! Comme pour l’univers de Tolkien en somme. Et peu importe si Achille est explicitement décrit comme étant blond.

L’idéologie diversitaire va plus loin : en 2021, la série britannique Anne Boleyn, inspirée de la vie de la deuxième femme d’Henri VIII, faisait jouer la reine par une actrice africaine. Là, l’excuse n’était plus la fiction mais le souhait de représenter la diversité à l’écran. Il ne s’agit que deux autres exemples parmi des dizaines, qui illustrent le refus assumé de respecter la réalité historique ou la cohérence ethnique de l’univers artistique européen. Et cela n’est accepté que dans un sens.

Imagine-t-on Nelson Mandela, Martin Luther King ou Barack Obama joués par Ryan Gosling ? Ou des contes traditionnels africains adaptés avec des protagonistes blancs ? Évidemment non. Et, si cela devait arriver, quel torrent d’injures recevraient les producteurs coupables de cette « appropriation culturelle » ! Mais des Africains sur la Terre du Milieu, devant les murs de Troie ou régnant dans l’Angleterre du XVIe siècle, là, aucun problème, nulle appropriation. À la culture européenne, on peut tout faire. Il n’y a pas de « safe space » pour les Blancs, rien ne doit être préservé de l’idéologie diversitaire.

Ce que révèle cette polémique autour de la série d’Amazon est qu’une guerre est ouvertement menée contre l’histoire et la culture des Européens. Notre imaginaire est sciemment colonisé ; rien ne doit plus nous appartenir en propre. Ce Grand Effacement accompagne et facilite le Grand Remplacement : l’Afrique aux Africains, l’Asie aux Asiatiques, mais l’Europe à tout le monde. Nous avons le droit, et même le devoir de lutter pour nous défendre… Notamment en ne regardant pas l’hérésie qu’est la série d’Amazon.

Georges Guiscard
Source : valeursactuelles.com

À propos de l’auteur

Georges Guiscard porte-parole de l’Institut Iliade et essayiste. Il a publié Le Privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ?, sous le pseudonyme de George Guiscard, aux éditions de La Nouvelle Librairie.

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