Lectures aventureuses, féeries et romans

Lectures aventureuses, fééries et romans

Lectures aventureuses, féeries et romans

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Raymond Abellio, La fosse de Babel (Gallimard, 1962)

Ou com­ment for­mer des hommes encore capables de mener le monde à un des­tin supé­rieur. Une œuvre qui reste excep­tion­nelle.

ADG, Pour venger Pépère (1981, Folio, 2000). Acheter en ligne

Petit chef-d’œuvre de l’anarchisme de droite, écrit dans l’autodérision. « Nous étions de Droite rien que pour emmer­der le monde qui d’ailleurs s’en fou­tait »… Une magni­fique his­toire d’homme et de ven­geance.

Jean Anouilh, Antigone (1944, La Table Ronde, La petite vermillon, 2008). Acheter en ligne

L’adaptation du texte de Sophocle, deve­nue elle-même un clas­sique. Le poids de la sou­ve­rai­ne­té, l’idéalisme de la jeu­nesse et l’impossibilité de « désho­no­rer la loi qu’imposent les dieux ».

Muriel Barbery, L’Elégance du hérisson (2006, Folio, 2009). Acheter en ligne

« Autour de per­son­nages inat­ten­dus, avec un comique irré­sis­tible, un roman ico­no­claste et jubi­la­toire (anti­bour­geois), que l’on dirait écrit par une petite sœur de Nietzsche » (Domi­nique Ven­ner).

Jules Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques (1874, Flammarion, GF Etonnants classiques, 2008). Acheter en ligne

Recueil d’admirables nou­velles (Le bon­heur dans le crime, Le rideau cra­moi­si…). Un lan­gage plein de sève au ser­vice d’un ima­gi­naire épique qui pul­vé­rise les peti­tesses de la morale bour­geoise.

Pierre Bordage, L’Enjomineur (2004–2006, 3 tomes : 1792, 1793, 1794, J’ai lu). Acheter en ligne

Un conte fan­tas­tique et éton­ne­ment contre-révo­lu­tion­naire, comme un vibrant hom­mage à la région natale de l’auteur : la Ven­dée. Où Mélu­sine appa­raît en majes­té.

Philippe Cavalier, Le Siècle des chimères (2005–2007, 4 tomes, Le Livre de Poche). Acheter en ligne

Ancien élève de l’Ecole pra­tique des hautes études en sciences reli­gieuses et diplô­mé de Langues O, Phi­lippe Cava­lier sait don­ner une épais­seur à cette sombre tétra­lo­gie qui tra­verse le XXe siècle et prend une ampleur épique grâce à ses talents de conteur.

Bruno de Cessole, L’Heure de la fermeture dans les jardins d’Occident (La Différence, 2008). Acheter en ligne

Une plume affû­tée, à l’ancienne, au pro­fit d’un récit ini­tia­tique où plane l’ombre de Nietzsche et de Cio­ran. Magni­fique.

Alain Damasio, La horde du contrevent (La Volte, 2004, Gallimard Folio SF, 2014). Acheter en ligne

Dans une écri­ture épique et poé­tique, un souffle ori­gi­nal, qui redonne dans un uni­vers de science-fic­tion sa place aux quêtes che­va­le­resques, col­lec­tives et vitales.

Hélie Denoix de Saint Marc, Mémoires. Les champs de braises (Perrin, Tempus, 2002). Acheter en ligne

De Buchen­wald au putsch d’Alger en pas­sant par la grande pas­sion indo­chi­noise, la plu­part des tumultes et des contra­dic­tions de la France contem­po­raine. Hélie de Saint Marc y raconte sur­tout ce qu’il a appris de l’existence : le cou­rage, l’engagement, la fidé­li­té, l’honneur, l’amour, la pri­son, « le sens d’une trace humaine »… Une hau­teur de vue remar­quable.

Michel Déon, Les poneys sauvages (Gallimard, 1970, Folio, édition revue et corrigée, 2013). Acheter en ligne

L’un des chefs-d’œuvre de Michel Déon, prix Inter­al­lié en 1970. Une his­toire d’hommes, de guerre et de fidé­li­tés. Toute l’élégance du Hus­sard et la finesse de ce « prince du bon­heur » (Pol Van­drome), dont on pour­ra lire avec le même plai­sir Un taxi mauve (Grand Prix du roman de l’Académie fran­çaise 1973), la série du Jeune homme vert (1975 et 1977), ou encore La Mon­tée du soir (1987).

Fiodor Dostoïevski, Journal d’un écrivain (1873–1881, Charpentier, 1904). Acheter en ligne

Pas une ride dans cet écrit vision­naire, péné­tré jusqu’à l’âme de l’identité russe : « S’il est un pays qui soit igno­ré et mécon­nu de tous les autres pays loin­tains ou limi­trophes, c’est bien la Rus­sie. […] Quand il s’agit de la Rus­sie, une imbé­cil­li­té enfan­tine s’empare de ces mêmes hommes qui ont inven­té la poudre et su comp­ter tant d’étoiles dans le ciel qu’ils croient vrai­ment pou­voir les tou­cher. Cela se mani­feste aus­si bien pour des vétilles qu’au cours de savants tra­vaux des­ti­nés à faire connaître l’importance et l’avenir de notre patrie »

Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud, Prix Goncourt 2012). Acheter en ligne

Un titre en réso­nance avec le ser­mon par lequel saint Augus­tin ten­ta, à Hip­pone, de conso­ler ses fidèles de la fra­gi­li­té des royaumes ter­restres. Un roman sur la fini­tude des hommes et la fra­gi­li­té des civi­li­sa­tions qu’ils s’évertuent à bâtir.

Jean-François Gautier, La Sente s’efface (Le Temps qu’il fait, 1998). Acheter en ligne

« La dic­tée des choses et des hommes, l’équivoque de leur alté­ra­tion, leur dis­pa­ri­tion »… Un mani­feste pan­théiste, à par­tir de l’observation vraie d’un ter­roir appa­rem­ment ordi­naire – la Cha­rente où vit l’auteur.

Stefan George, Poèmes (édition bilingue, Flammarion, 1969)

Une esthé­tique fon­da­men­tale et tel­lu­rique. La Révo­lu­tion conser­va­trice comme « conser­va­tisme cultu­rel » diri­gé contre la civi­li­sa­tion moderne. Des poèmes « où résonnent les tam­bours voi­lés du temps et le pas des dieux » (Le Maga­zine lit­té­raire, 22/11/2010).

Christopher Gérard, Le Songe d’Empédocle (L’Age d’Homme, 2003). Acheter en ligne

Davan­tage qu’un roman : une errance, un voyage ini­tia­tique. Le périple du jeune Ori­base qui, lan­cé à la recherche de la Phra­trie des Hel­lènes, trouve une mys­té­rieuse socié­té secrète qui, depuis vingt-cinq siècles, trans­met les mythes et les rites de la Grèce des sages et des cha­manes. « Bro­cé­liande, Mer­lin, Dada, l’Ordre teu­to­nique… Oui, voi­là le vrai savoir. Grâce à vous, l’eau par­lante ne s’est point tarie », écrit à l’auteur le poète et hel­lé­niste Yves Bat­tis­ti­ni, tra­duc­teur des Pré­so­cra­tiques.

Jean Giono, Les récits de la demi-brigade (Le Livre de Poche, 1964, réédition Via Romana 2013). Acheter en ligne

Dans la Haute Pro­vence post-1830, les esca­pades rebelles d’un ancien cava­lier de la Grande Armée deve­nu un gen­darme très peu « gen­dar­mesque ». Une ima­gi­na­tion per­cu­tante et un style sec, dense, aven­tu­reux et allègre. Dans la conti­nui­té du sidé­rant roman phi­lo­so­phique, post-apo­ca­lyp­tique, que consti­tue Le Hus­sard sur le toit (1951, Gal­li­mard, Folio, 1995)

Jean Giono, Les Vraies Richesses (1937, Grasset, 2002). Acheter en ligne

Tout à la fois récit et essai dénon­çant la vani­té de la vie cita­dine et de l’argent. Et célé­brant au contraire la gloire du soleil, de la terre, des col­lines, des ruis­seaux et des fleuves « qui m’irriguent plus vio­lem­ment que mes artères et mes veines »… Un mani­feste éco­lo­gique par un vision­naire et un vir­tuose du sacré.

Jean Giono, Triomphe de la vie (1941, Livre de poche, 1992)

La vie des pay­sans dans une petite com­mu­nau­té des Alpes de Haute-Pro­vence, témoi­gnage d’une Pro­vence antique, rude et sau­vage. Le pays des croyances, des olives et de la lavande. Un roman pan­théiste et enivrant.

Julien Gracq, Un balcon en forêt (1958, José Corti Editions, 1989). Acheter en ligne

Gracq au som­met de son art. « Dense, ner­veux, tra­gique, aven­tu­reux et allègre. Tout ce que j’aime » (Domi­nique Ven­ner). Pour les âmes plus poé­tiques, lire aus­si Le Rivage des Syrtes (1951).

Wilhelm et Jacob Grimm, Contes (édition intégrale en 2 tomes, Flammarion, réédition Le Seuil, 2003). Acheter en ligne

Le tré­sor des contes de la vieille Alle­magne.

Pierre Gripari, Critique et autocritique (L’Age d’Homme, 1981)

Recueil d’articles sur les grands noms et les grandes œuvres de la lit­té­ra­ture depuis le XIXe siècle. « Ce que l’anarchisme de droite a sécré­té de plus ori­gi­nal et de plus brillant » (D. Ven­ner).

Kleber Haedens, Une histoire de la littérature française (Grasset). Acheter en ligne

« Un sur­vol pro­fond et péné­trant » (Domi­nique Ven­ner).

Ernst Jünger, Eumeswil (1977, Folio, 1981)

Le roman du déta­che­ment et de la luci­di­té. La figure (Ges­talt) de l’anarque, l’homme du « recours aux forêts » et du refus des pou­voirs tem­po­rels, de toutes les impos­tures du moment.

Ernst Jünger, Traité du Rebelle ou le recours aux forêts (1951, Points Seuil, 1986)

Dans le haut Moyen Age scan­di­nave, le pros­crit nor­vé­gien, le Waldgän­ger, avait « recours aux forêts » : il s’y réfu­giait et y vivait libre­ment, mais pou­vait être abat­tu par qui­conque le ren­con­trait. Une figure qui sert de pré­texte à un for­mi­dable trai­té d’insoumission, contre tous les pou­voirs illé­gi­times.

Ernst Jünger, Sur les Falaises de marbre (1939, Gallimard, 1979). Acheter en ligne

Un pay­sage figé face à la mer, des figures sym­bo­liques, la menace tou­jours pré­sente de la bar­ba­rie. La néces­si­té per­ma­nente du com­bat, quelles que soient ses formes. « Car c’est dans les cœurs nobles que la souf­france du peuple trouve son écho le plus puis­sant »

Rudyard Kipling, L’homme qui voulut être roi (1888, Folio, 1973). Acheter en ligne

La réunion de neuf nou­velles qui donnent une image sai­sis­sante des divers talents de Kipling pour faire revivre, dans le style des grands repor­ters modernes dont s’inspirera notam­ment Heming­way, une façon altière de sup­por­ter « le far­deau de l’homme blanc ». Comme une nos­tal­gie de la gran­deur, avant l’abandon par les peuples euro­péens de toute vision impé­riale.

Jacques Laurent, Histoire égoïste (La Table Ronde, 1976, Folio, 1978). Acheter en ligne

Plu­sieurs écri­vains en un seul homme : le Cecil Saint-Laurent de Caro­line ché­rie, le Jacques Laurent prix Gon­court avec Les Bêtises… L’« iti­né­raire sans faute et sans hypo­cri­sie d’un écri­vain qui n’a pas peur des mots » (Domi­nique Ven­ner).

Jean de La Varende, Les Manants du Roi (1938, Flammarion, GF Etonnants classiques, 2008). Acheter en ligne

Des nou­velles qui sont autant de contes de che­va­le­rie de notre temps. Le chef-d’œuvre du grand écri­vain nor­mand.

T.E. Lawrence, Les sept piliers de la sagesse (1926, Robert Laffont, Bouquins, 1993). Acheter en ligne

Un récit auto­bio­gra­phique mais aus­si un roman d’aventure, d’espionnage et d’initiation… « L’esthétisme de l’action por­té à sa per­fec­tion sans jamais man­quer à l’humour » (Domi­nique Ven­ner).

Philippe Le Guillou, Livres des guerriers d’or (1996, Folio, 2005). Acheter en ligne

Col­la­bo­ra­teur com­plice du Centre de l’Imaginaire Arthu­rien, l’auteur rêvait « de che­va­liers en man­teaux de sel et de feuille, de rivages chao­tiques, de châ­teaux et de cha­pelles, d’épée et de coupe d’émeraude. Comme dans le monde enlu­mi­né des romans bre­tons, comme dans les songes de Tol­kien, de Gracq et de Boor­man ». La trans­crip­tion est à la hau­teur de ce songe. Un superbe roman, prix de l’Académie fran­çaise 1996, sur les traces de Luin Gor, « le roi des eaux, des vents, des rivages et des îles ».

Patrick Leigh Fermor, Dans la nuit et le vent (1965, Nevicata, 2014). Acheter en ligne

Un « éco­lier iti­né­rant » de dix-huit ans quitte l’Angleterre un jour de décembre 1933 avec l’idée de tra­ver­ser l’Europe à pied, depuis la borne de Hol­lande jusqu’au Bos­phore. Un texte magique, qui reprend Le Temps des offrandes et Entre fleuve et forêt (tous deux chez Payot, 1991 et 1992), com­plé­té de La Route inter­rom­pue, laquelle mène jusqu’au Mont Athos en Grèce. Des chefs-d’œuvre de récits de voyage à la bri­tan­nique.

Erik L’Homme, Des pas dans la neige (Gallimard, Scripto, 2010). Acheter en ligne

Connu pour le suc­cès phé­no­mé­nal de ses livres pour la jeu­nesse, Erik L’Homme livre ici un récit de voyage auto­bio­gra­phique sur les traces du Bar­ma­nou, l’homme sau­vage des hautes mon­tagnes de l’Hindou Kouch. Toute la beau­té et la rigueur de la nature, et l’aventure comme une quête inté­rieure : « Je me croyais jusque-là fort inté­rieu­re­ment et faible exté­rieu­re­ment, mais j’eus régu­liè­re­ment la preuve de l’inverse ! » Voir éga­le­ment Le regard des princes à minuit (Gal­li­mard Jeu­nesse, 2014), ou la pré­sence tou­jours pos­sible de l’esprit et des valeurs de la che­va­le­rie dans des expé­riences ado­les­centes contem­po­raines.

Jack London, Martin Eden (1909, 10–18, 1999). Acheter en ligne

Le chef-d’œuvre de Jack Lon­don qui passe pour son auto­bio­gra­phie roman­cée. Une ode aux âmes nobles, éner­giques et « aris­to­cra­tiques ».

Jean Mabire, Drieu parmi nous (La Table Ronde, 1963)

Rendre la parole à Drieu près de vingt ans après sa mort. Une bio­gra­phie sen­sible et péné­trante, qui pro­longe l’auteur au-delà du temps et des vicis­si­tudes d’une époque sombre. Un essai lumi­neux !

Jean Mabire, Que Lire ? (7 volumes disponibles, éditions National Hebdo puis Irminsul et Dualpha, 1994–2003)

Magni­fiques por­traits d’écrivains contem­po­rains, où les talents lit­té­raires et la réflexion méta­po­li­tique de Jean Mabire font mer­veille.

André Malraux, Les conquérants (1928, Le Livre de Poche, 1976). Acheter en ligne

Pour les ama­teurs de sen­sa­tions fortes, « le seul vrai roman fas­ciste de langue fran­çaise » (Domi­nique Ven­ner).

Olivier Maulin, En attendant le roi du monde (L’Esprit des Péninsules, Pocket, 2006)

Le pre­mier roman, et pas le moins ins­pi­ré, d’un auteur qui fait revivre la tra­di­tion de la farce rabe­lai­sienne. Une verve sati­rique et humo­ris­tique au ser­vice d’un ima­gi­naire féé­rique, qui explose en par­ti­cu­lier dans Les Evan­giles du Lac (L’Esprit des Pénin­sules, 2008).

Richard Millet, La confession négative (Gallimard, NRF, 2009). Acheter en ligne

Chant d’amour et de haine : la guerre civile comme expé­rience ini­tia­tique. Le roman auto­bio­gra­phique qui per­met de mieux com­prendre les essais flam­boyants, exi­geants et « métal­liques » que l’ancien membre du comi­té de lec­ture de Gal­li­mard réserve aujourd’hui aux très cou­ra­geuses édi­tions Pierre-Guillaume de Roux (Fatigue du sens, Langue fan­tôme, Eloge lit­té­raire d’Anders Brei­vik, De l’antiracisme comme ter­reur lit­té­raire…).

Yukio Mishima, Chevaux échappés (1969, Gallimard, 1980, Folio, 1991). Acheter en ligne

Le 2e tome de la grande « saga » de La mer de la fer­ti­li­té. L’une des plus belles évo­ca­tions du sep­pu­ku – le sui­cide rituel auquel s’est fina­le­ment livré lui-même Mishi­ma, le 25 novembre 1970, et où Mal­raux voyait éga­le­ment un moyen, pour l’homme, de « pos­sé­der sa mort ». Tout le tra­gique, l’idéalisme et la finesse du plus euro­péen des auteurs japo­nais.

Margaret Mitchell, Autant en emporte le vent (1936, Folio, 1993). Acheter en ligne

Arché­type du grand roman his­to­rique, tis­sé autour des amours contra­riés de Scar­let O’Hara dans le Vieux Sud de la guerre de Séces­sion. Où s’exaltent la noblesse et la témé­ri­té des hommes. Mais aus­si l’héroïque téna­ci­té des femmes, qui seules peuvent per­mettre à un monde détruit de renaître.

Henry de Montherlant, Le Cardinal d’Espagne (1960, Folio, 1974). Acheter en ligne

Une réflexion féconde sur la lutte du tem­po­rel et du spi­ri­tuel, de l’action et de la sagesse, de la gran­deur et des com­pro­mis qu’exige le ser­vice de l’Etat. Pas une ombre de com­plai­sance, les mots les plus nus, le tra­gique le plus dépouillé. Sans doute le chef-d’œuvre de Mon­ther­lant, même si peuvent être éga­le­ment lus, dans le même registre théâ­tral, mais tou­jours plein de sens et de signi­fi­ca­tions, La Reine morte (1942) et La Guerre civile (1965).

Hubert Monteilhet, Les Bouffons (2004, Fallois, Le Livre de Poche, 2006). Acheter en ligne

Toute la verve, l’humour et l’érudition sans faille de Mon­teil­het dans ce « Roman des temps révo­lu­tion­naires ». Pour mieux exé­cu­ter la Révo­lu­tion fran­çaise… Dans la même veine, voir éga­le­ment Au vent du bou­let (Roman des temps napo­léo­niens, 2008) ou Néro­po­lis (Roman des temps néro­niens, 1984).

Roger Nimier, Le hussard bleu (Gallimard, 1950, Folio, 1977). Acheter en ligne

Tout le charme du style hus­sard : poli­ti­que­ment incor­rect, bra­vache, faus­se­ment cynique, rapide et vif. Imper­ti­nent, mais tou­jours huma­niste – au sens non gal­vau­dé du terme. Le roman, lar­ge­ment auto­bio­gra­phique, qui contri­bue­ra à faire entrer Nimier dans le Pan­théon non offi­ciel des lettres fran­çaises de l’Après-Guerre.

Arto Paasilinna, Le Lièvre de Vatanen (1975, Folio, 2014). Acheter en ligne

Un uni­vers et des per­son­nages sin­gu­liers, où la nature consti­tue tou­jours elle-même un per­son­nage. Un récit bur­lesque et grin­çant, joyeu­se­ment « païen », consti­tuant une très bonne intro­duc­tion à l’œuvre du roman­cier fin­lan­dais le plus connu au monde.

Jacques Perret, Bande à part (Gallimard, 1951, Le Livre de Poche, 1963). Acheter en ligne

Tout le style, l’ironie et le réflexe d’insoumission de la France des pro­fon­deurs. Pour les amou­reux de la mer, lire Rôle de plai­sance (1957), « un petit trai­té de navi­ga­tion pué­rile et hon­nête, un mémoire sur l’art et la manière de conduire la plai­sance à ses fins par les moyens du bord » – comme un pied-de-nez à tous les confor­mismes.

Henri Pourrat, Gaspard des montagnes (1931, Le Livre de Poche, 1991). Acheter en ligne

L’un des clas­siques de la lit­té­ra­ture fran­çaise, cou­ron­né par le grand prix du roman de l’Académie fran­çaise. Une atmo­sphère fan­tas­tique, où les mythes et les légendes de l’Auvergne illus­trent la vita­li­té de nos ter­roirs et toute la richesse de notre his­toire pay­sanne.

Patrick Rambaud, La Bataille (1997, Le Livre de Poche, 1999). Acheter en ligne

Souffle épique et minu­tie de la recons­ti­tu­tion pour cette somp­tueuse évo­ca­tion de la bataille d’Essling (1809). Une allé­go­rie de l’homme en guerre et dans les tumultes de l’Histoire. Un ouvrage jus­te­ment remar­qué, qui obtint à la fois le prix Gon­court et le Grand Prix du Roman de l’Académie Fran­çaise en 1997.

Jean Raspail, Le Camp des Saints (1973, Robert Laffont, nouvelle édition précédée de Big Other, 2011). Acheter en ligne

Le roman pro­phé­tique qui a notam­ment fait connaître Ras­pail au grand public, per­met­tant le déve­lop­pe­ment d’une œuvre où affleure par­tout la nos­tal­gie de la beau­té et du sens de l’honneur. Lire aus­si Sep­ten­trion (1979), ou les hommes du refus face à la marée mon­tante de la masse indé­ter­mi­née…

Lucien Rebatet, Les Deux Etendards (1951, Gallimard, réédition 1991). Acheter en ligne

Un ouvrage qui « déchire tou­jours notre ciel » (Antoine Blon­din) et qui avait fait dire à Fran­çois Mit­ter­rand que « l’humanité se scinde en deux : ceux qui ont lu Les deux Eten­dards et ceux qui ne l’ont pas lu ».

Saint-Loup, Face Nord (Arthaud, 1950, rééd. Art et Histoire d’Europe, 1986)

L’alpinisme comme un défi pro­mé­théen, un effort pro­pre­ment tita­nesque. Une ouver­ture à l’œuvre roma­nesque de Marc Augier, en com­men­çant par l’essentiel : le dépas­se­ment de se propre volon­té. « Ils n’avaient plus de sou­ve­nir, de craintes, ou de haine, car la terre ne les por­tait plus, ou si peu ! Pas à pas, mètre par mètre, souffle à souffle, ils fran­chis­saient les portes de la lumière… »

Guy Sajer, Le soldat oublié (Robert Laffont, 1967, Le Livre de Poche, 1976). Acheter en ligne

Un récit pro­pre­ment stu­pé­fiant. « Le plus grand livre sur­gi de la Seconde Guerre mon­diale » (Domi­nique Ven­ner).

Pierre Schoendoerffer, L’Adieu au Roi (1969, Grasset, 2013). Acheter en ligne

Livre de guerre, de gran­deur et d’hommes. De rêves inas­sou­vis et de des­tins bri­sés. Toute l’œuvre de « Schoen », écri­vain « à la vaine épique et cos­mique », comme conden­sée dans un seul roman. Le goût du large et des embruns, la soif d’honneur et d’aventures, la nos­tal­gie des « peuples nus » et la bles­sure d’obéir à d’autres lois que les siennes… La mort, enfin, comme ultime panache.

Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde (2005, Pocket, 2008). Acheter en ligne

Une intro­duc­tion à l’œuvre d’un véri­table aven­tu­rier, rebelle aux faci­li­tés maté­rielles mais éga­le­ment intel­lec­tuelles d’un Occi­dent deve­nu triste et vieux. Une lec­ture rafraî­chis­sante, qui donne envie de prendre la route, sac au dos.

Ernst von Salomon, Les Réprouvés (Die Geächteten, 1930, Omnia, 2011). Acheter en ligne

La fureur de vivre d’une jeune acti­viste alle­mand dans les années vingt. Un chef-d’œuvre du roman­tisme aven­tu­reux, très supé­rieur aux romans de Mal­raux. Pour sai­sir plei­ne­ment le contexte his­to­rique, lire en paral­lèle : Domi­nique Ven­ner, His­toire d’un fas­cisme alle­mand. Les corps-francs du Bal­ti­kum (Pyg­ma­lion, 1997, rééd. 2002).

JRR Tolkien, Le seigneur des anneaux (The Lord of the Rings, 1954–1955, nouvelle traduction chez Christian Bourgeois, 2014). Acheter en ligne

Gigan­tesque fresque ima­gi­naire pui­sant dans les mytho­lo­gies euro­péennes. Indis­pen­sable à connaître, ne serait-ce que pour com­prendre les réfé­rences de nom­breux lec­teurs d’aujourd’hui !

Léon Tolstoï, Anna Karénine (1877, Le Livre de Poche, 1997). Acheter en ligne

L’antithèse d’une Bova­ry. Tout le mépris à l’égard des hypo­crites. L’entrée toni­truante et triom­phale de la lit­té­ra­ture russe dans la culture euro­péenne.

Guiseppe Tomasi di Lampedusa, Le professeur et la sirène (1962, Points Seuil, 2002). Acheter en ligne

Par l’auteur du Gué­pard, une nou­velle comme une ode païenne à la pré­sence du mer­veilleux.

Dominique Venner, Le Cœur rebelle (Belles Lettres, 1994, réédition Pierre-Guillaume de Roux, 2013). Acheter en ligne

Sou­ve­nirs et réflexions sur une jeu­nesse mili­taire et mili­tante. L’époque de l’aventure poli­tique, les com­plots, la pri­son (OAS), le mou­ve­ment Europe Action, les ori­gines de la Nou­velle Droite… L’ouvrage le plus per­son­nel et sans doute le plus éclai­rant de l’œuvre de Domi­nique Ven­ner.

Henri Vincenot, La Billebaude (1978, Gallimard, Folio, 1982). Acheter en ligne

La longue mémoire de la grande culture pay­sanne et vil­la­geoise fran­çaise. Lire aus­si de ce « vieux Gau­lois du pays Eduen » qu’était Vin­ce­not, dans la même col­lec­tion de poche, Le pape des escar­gots (1983) et son pro­lon­ge­ment « cos­mique » : Les Etoiles de Com­pos­telle (1987).

Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien (Gallimard, Folio, 1977). Acheter en ligne

Pour Flau­bert, « les dieux n’étant plus, et le Christ n’étant pas encore, il y a eu, de Cicé­ron à Marc Aurèle, un moment unique où l’homme seul a été ». Mais c’était l’homme romain ! L’un des pre­miers et des meilleurs romans his­to­riques, magni­fi­que­ment écrit, où l’empereur Hadrien reprend lit­té­ra­le­ment vie sous les traits de l’un des der­niers libres esprits de l’Antiquité.

Illus­tra­tion : John Bauer, Bland Tom­tar och Troll, 1907