Lectures aventureuses, féeries et romans

Lectures aventureuses, fééries et romans

Lectures aventureuses, féeries et romans

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Raymond Abellio, La fosse de Babel (Gallimard, 1962)

Ou com­ment for­mer des hom­mes enco­re capa­bles de mener le mon­de à un des­tin supé­rieur. Une œuvre qui res­te excep­tion­nel­le.

ADG, Pour venger Pépère (1981, Folio, 2000). Acheter en ligne

Petit chef-d’œuvre de l’anarchisme de droi­te, écrit dans l’autodérision. « Nous étions de Droi­te rien que pour emmer­der le mon­de qui d’ailleurs s’en fou­tait »… Une magni­fi­que his­toi­re d’homme et de ven­gean­ce.

Jean Anouilh, Antigone (1944, La Table Ronde, La petite vermillon, 2008). Acheter en ligne

L’adaptation du tex­te de Sopho­cle, deve­nue elle-même un clas­si­que. Le poids de la sou­ve­rai­ne­té, l’idéalisme de la jeu­nes­se et l’impossibilité de « désho­no­rer la loi qu’imposent les dieux ».

Muriel Barbery, L’Elégance du hérisson (2006, Folio, 2009). Acheter en ligne

« Autour de per­son­na­ges inat­ten­dus, avec un comi­que irré­sis­ti­ble, un roman ico­no­clas­te et jubi­la­toi­re (anti­bour­geois), que l’on dirait écrit par une peti­te sœur de Nietz­sche » (Domi­ni­que Ven­ner).

Jules Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques (1874, Flammarion, GF Etonnants classiques, 2008). Acheter en ligne

Recueil d’admirables nou­vel­les (Le bon­heur dans le cri­me, Le rideau cra­moi­si…). Un lan­ga­ge plein de sève au ser­vi­ce d’un ima­gi­nai­re épi­que qui pul­vé­ri­se les peti­tes­ses de la mora­le bour­geoi­se.

Pierre Bordage, L’Enjomineur (2004–2006, 3 tomes : 1792, 1793, 1794, J’ai lu). Acheter en ligne

Un conte fan­tas­ti­que et éton­ne­ment contre-révo­lu­tion­nai­re, com­me un vibrant hom­ma­ge à la région nata­le de l’auteur : la Ven­dée. Où Mélu­si­ne appa­raît en majes­té.

Philippe Cavalier, Le Siècle des chimères (2005–2007, 4 tomes, Le Livre de Poche). Acheter en ligne

Ancien élè­ve de l’Ecole pra­ti­que des hau­tes étu­des en scien­ces reli­gieu­ses et diplô­mé de Lan­gues O, Phi­lip­pe Cava­lier sait don­ner une épais­seur à cet­te som­bre tétra­lo­gie qui tra­ver­se le XXe siè­cle et prend une ampleur épi­que grâ­ce à ses talents de conteur.

Bruno de Cessole, L’Heure de la fermeture dans les jardins d’Occident (La Différence, 2008). Acheter en ligne

Une plu­me affû­tée, à l’ancienne, au pro­fit d’un récit ini­tia­ti­que où pla­ne l’ombre de Nietz­sche et de Cio­ran. Magni­fi­que.

Alain Damasio, La horde du contrevent (La Volte, 2004, Gallimard Folio SF, 2014). Acheter en ligne

Dans une écri­tu­re épi­que et poé­ti­que, un souf­fle ori­gi­nal, qui redon­ne dans un uni­vers de scien­ce-fic­tion sa pla­ce aux quê­tes che­va­le­res­ques, col­lec­ti­ves et vita­les.

Hélie Denoix de Saint Marc, Mémoires. Les champs de braises (Perrin, Tempus, 2002). Acheter en ligne

De Buchen­wald au put­sch d’Alger en pas­sant par la gran­de pas­sion indo­chi­noi­se, la plu­part des tumul­tes et des contra­dic­tions de la Fran­ce contem­po­rai­ne. Hélie de Saint Marc y racon­te sur­tout ce qu’il a appris de l’existence : le cou­ra­ge, l’engagement, la fidé­li­té, l’honneur, l’amour, la pri­son, « le sens d’une tra­ce humai­ne »… Une hau­teur de vue remar­qua­ble.

Michel Déon, Les poneys sauvages (Gallimard, 1970, Folio, édition revue et corrigée, 2013). Acheter en ligne

L’un des chefs-d’œuvre de Michel Déon, prix Inter­al­lié en 1970. Une his­toi­re d’hommes, de guer­re et de fidé­li­tés. Tou­te l’élégance du Hus­sard et la fines­se de ce « prin­ce du bon­heur » (Pol Van­dro­me), dont on pour­ra lire avec le même plai­sir Un taxi mau­ve (Grand Prix du roman de l’Académie fran­çai­se 1973), la série du Jeu­ne hom­me vert (1975 et 1977), ou enco­re La Mon­tée du soir (1987).

Fiodor Dostoïevski, Journal d’un écrivain (1873–1881, Charpentier, 1904). Acheter en ligne

Pas une ride dans cet écrit vision­nai­re, péné­tré jusqu’à l’âme de l’identité rus­se : « S’il est un pays qui soit igno­ré et mécon­nu de tous les autres pays loin­tains ou limi­tro­phes, c’est bien la Rus­sie. […] Quand il s’agit de la Rus­sie, une imbé­cil­li­té enfan­ti­ne s’empare de ces mêmes hom­mes qui ont inven­té la pou­dre et su comp­ter tant d’étoiles dans le ciel qu’ils croient vrai­ment pou­voir les tou­cher. Cela se mani­fes­te aus­si bien pour des vétilles qu’au cours de savants tra­vaux des­ti­nés à fai­re connaî­tre l’importance et l’avenir de notre patrie »

Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud, Prix Goncourt 2012). Acheter en ligne

Un titre en réso­nan­ce avec le ser­mon par lequel saint Augus­tin ten­ta, à Hip­po­ne, de conso­ler ses fidè­les de la fra­gi­li­té des royau­mes ter­res­tres. Un roman sur la fini­tu­de des hom­mes et la fra­gi­li­té des civi­li­sa­tions qu’ils s’évertuent à bâtir.

Jean-François Gautier, La Sente s’efface (Le Temps qu’il fait, 1998). Acheter en ligne

« La dic­tée des cho­ses et des hom­mes, l’équivoque de leur alté­ra­tion, leur dis­pa­ri­tion »… Un mani­fes­te pan­théis­te, à par­tir de l’observation vraie d’un ter­roir appa­rem­ment ordi­nai­re – la Cha­ren­te où vit l’auteur.

Stefan George, Poèmes (édition bilingue, Flammarion, 1969)

Une esthé­ti­que fon­da­men­ta­le et tel­lu­ri­que. La Révo­lu­tion conser­va­tri­ce com­me « conser­va­tis­me cultu­rel » diri­gé contre la civi­li­sa­tion moder­ne. Des poè­mes « où réson­nent les tam­bours voi­lés du temps et le pas des dieux » (Le Maga­zi­ne lit­té­rai­re, 22/11/2010).

Christopher Gérard, Le Songe d’Empédocle (L’Age d’Homme, 2003). Acheter en ligne

Davan­ta­ge qu’un roman : une erran­ce, un voya­ge ini­tia­ti­que. Le péri­ple du jeu­ne Ori­ba­se qui, lan­cé à la recher­che de la Phra­trie des Hel­lè­nes, trou­ve une mys­té­rieu­se socié­té secrè­te qui, depuis vingt-cinq siè­cles, trans­met les mythes et les rites de la Grè­ce des sages et des cha­ma­nes. « Bro­cé­lian­de, Mer­lin, Dada, l’Ordre teu­to­ni­que… Oui, voi­là le vrai savoir. Grâ­ce à vous, l’eau par­lan­te ne s’est point tarie », écrit à l’auteur le poè­te et hel­lé­nis­te Yves Bat­tis­ti­ni, tra­duc­teur des Pré­so­cra­ti­ques.

Jean Giono, Les récits de la demi-brigade (Le Livre de Poche, 1964, réédition Via Romana 2013). Acheter en ligne

Dans la Hau­te Pro­ven­ce post-1830, les esca­pa­des rebel­les d’un ancien cava­lier de la Gran­de Armée deve­nu un gen­dar­me très peu « gen­dar­mes­que ». Une ima­gi­na­tion per­cu­tan­te et un sty­le sec, den­se, aven­tu­reux et allè­gre. Dans la conti­nui­té du sidé­rant roman phi­lo­so­phi­que, post-apo­ca­lyp­ti­que, que consti­tue Le Hus­sard sur le toit (1951, Gal­li­mard, Folio, 1995)

Jean Giono, Les Vraies Richesses (1937, Grasset, 2002). Acheter en ligne

Tout à la fois récit et essai dénon­çant la vani­té de la vie cita­di­ne et de l’argent. Et célé­brant au contrai­re la gloi­re du soleil, de la ter­re, des col­li­nes, des ruis­seaux et des fleu­ves « qui m’irriguent plus vio­lem­ment que mes artè­res et mes vei­nes »… Un mani­fes­te éco­lo­gi­que par un vision­nai­re et un vir­tuo­se du sacré.

Jean Giono, Triomphe de la vie (1941, Livre de poche, 1992)

La vie des pay­sans dans une peti­te com­mu­nau­té des Alpes de Hau­te-Pro­ven­ce, témoi­gna­ge d’une Pro­ven­ce anti­que, rude et sau­va­ge. Le pays des croyan­ces, des oli­ves et de la lavan­de. Un roman pan­théis­te et enivrant.

Julien Gracq, Un balcon en forêt (1958, José Corti Editions, 1989). Acheter en ligne

Gracq au som­met de son art. « Den­se, ner­veux, tra­gi­que, aven­tu­reux et allè­gre. Tout ce que j’aime » (Domi­ni­que Ven­ner). Pour les âmes plus poé­ti­ques, lire aus­si Le Riva­ge des Syr­tes (1951).

Wilhelm et Jacob Grimm, Contes (édition intégrale en 2 tomes, Flammarion, réédition Le Seuil, 2003). Acheter en ligne

Le tré­sor des contes de la vieille Alle­ma­gne.

Pierre Gripari, Critique et autocritique (L’Age d’Homme, 1981)

Recueil d’articles sur les grands noms et les gran­des œuvres de la lit­té­ra­tu­re depuis le XIXe siè­cle. « Ce que l’anarchisme de droi­te a sécré­té de plus ori­gi­nal et de plus brillant » (D. Ven­ner).

Kleber Haedens, Une histoire de la littérature française (Grasset). Acheter en ligne

« Un sur­vol pro­fond et péné­trant » (Domi­ni­que Ven­ner).

Ernst Jünger, Eumeswil (1977, Folio, 1981)

Le roman du déta­che­ment et de la luci­di­té. La figu­re (Ges­talt) de l’anar­que, l’homme du « recours aux forêts » et du refus des pou­voirs tem­po­rels, de tou­tes les impos­tu­res du moment.

Ernst Jünger, Traité du Rebelle ou le recours aux forêts (1951, Points Seuil, 1986)

Dans le haut Moyen Age scan­di­na­ve, le pros­crit nor­vé­gien, le Waldgän­ger, avait « recours aux forêts » : il s’y réfu­giait et y vivait libre­ment, mais pou­vait être abat­tu par qui­con­que le ren­con­trait. Une figu­re qui sert de pré­tex­te à un for­mi­da­ble trai­té d’insoumission, contre tous les pou­voirs illé­gi­ti­mes.

Ernst Jünger, Sur les Falaises de marbre (1939, Gallimard, 1979). Acheter en ligne

Un pay­sa­ge figé face à la mer, des figu­res sym­bo­li­ques, la mena­ce tou­jours pré­sen­te de la bar­ba­rie. La néces­si­té per­ma­nen­te du com­bat, quel­les que soient ses for­mes. « Car c’est dans les cœurs nobles que la souf­fran­ce du peu­ple trou­ve son écho le plus puis­sant »

Rudyard Kipling, L’homme qui voulut être roi (1888, Folio, 1973). Acheter en ligne

La réunion de neuf nou­vel­les qui don­nent une ima­ge sai­sis­san­te des divers talents de Kipling pour fai­re revi­vre, dans le sty­le des grands repor­ters moder­nes dont s’inspirera notam­ment Heming­way, une façon altiè­re de sup­por­ter « le far­deau de l’homme blanc ». Com­me une nos­tal­gie de la gran­deur, avant l’abandon par les peu­ples euro­péens de tou­te vision impé­ria­le.

Jacques Laurent, Histoire égoïste (La Table Ronde, 1976, Folio, 1978). Acheter en ligne

Plu­sieurs écri­vains en un seul hom­me : le Cecil Saint-Lau­rent de Caro­li­ne ché­rie, le Jac­ques Lau­rent prix Gon­court avec Les Bêti­ses… L’« iti­né­rai­re sans fau­te et sans hypo­cri­sie d’un écri­vain qui n’a pas peur des mots » (Domi­ni­que Ven­ner).

Jean de La Varende, Les Manants du Roi (1938, Flammarion, GF Etonnants classiques, 2008). Acheter en ligne

Des nou­vel­les qui sont autant de contes de che­va­le­rie de notre temps. Le chef-d’œuvre du grand écri­vain nor­mand.

T.E. Lawrence, Les sept piliers de la sagesse (1926, Robert Laffont, Bouquins, 1993). Acheter en ligne

Un récit auto­bio­gra­phi­que mais aus­si un roman d’aventure, d’espionnage et d’initiation… « L’esthétisme de l’action por­té à sa per­fec­tion sans jamais man­quer à l’humour » (Domi­ni­que Ven­ner).

Philippe Le Guillou, Livres des guerriers d’or (1996, Folio, 2005). Acheter en ligne

Col­la­bo­ra­teur com­pli­ce du Cen­tre de l’Imaginaire Arthu­rien, l’auteur rêvait « de che­va­liers en man­teaux de sel et de feuille, de riva­ges chao­ti­ques, de châ­teaux et de cha­pel­les, d’épée et de cou­pe d’émeraude. Com­me dans le mon­de enlu­mi­né des romans bre­tons, com­me dans les son­ges de Tol­kien, de Gracq et de Boor­man ». La trans­crip­tion est à la hau­teur de ce son­ge. Un super­be roman, prix de l’Académie fran­çai­se 1996, sur les tra­ces de Luin Gor, « le roi des eaux, des vents, des riva­ges et des îles ».

Patrick Leigh Fermor, Dans la nuit et le vent (1965, Nevicata, 2014). Acheter en ligne

Un « éco­lier iti­né­rant » de dix-huit ans quit­te l’Angleterre un jour de décem­bre 1933 avec l’idée de tra­ver­ser l’Europe à pied, depuis la bor­ne de Hol­lan­de jusqu’au Bos­pho­re. Un tex­te magi­que, qui reprend Le Temps des offran­des et Entre fleu­ve et forêt (tous deux chez Payot, 1991 et 1992), com­plé­té de La Rou­te inter­rom­pue, laquel­le mène jusqu’au Mont Athos en Grè­ce. Des chefs-d’œuvre de récits de voya­ge à la bri­tan­ni­que.

Erik L’Homme, Des pas dans la neige (Gallimard, Scripto, 2010). Acheter en ligne

Connu pour le suc­cès phé­no­mé­nal de ses livres pour la jeu­nes­se, Erik L’Homme livre ici un récit de voya­ge auto­bio­gra­phi­que sur les tra­ces du Bar­ma­nou, l’homme sau­va­ge des hau­tes mon­ta­gnes de l’Hindou Kou­ch. Tou­te la beau­té et la rigueur de la natu­re, et l’aventure com­me une quê­te inté­rieu­re : « Je me croyais jus­que-là fort inté­rieu­re­ment et fai­ble exté­rieu­re­ment, mais j’eus régu­liè­re­ment la preu­ve de l’inverse ! » Voir éga­le­ment Le regard des prin­ces à minuit (Gal­li­mard Jeu­nes­se, 2014), ou la pré­sen­ce tou­jours pos­si­ble de l’esprit et des valeurs de la che­va­le­rie dans des expé­rien­ces ado­les­cen­tes contem­po­rai­nes.

Jack London, Martin Eden (1909, 10–18, 1999). Acheter en ligne

Le chef-d’œuvre de Jack Lon­don qui pas­se pour son auto­bio­gra­phie roman­cée. Une ode aux âmes nobles, éner­gi­ques et « aris­to­cra­ti­ques ».

Jean Mabire, Drieu parmi nous (La Table Ronde, 1963)

Ren­dre la paro­le à Drieu près de vingt ans après sa mort. Une bio­gra­phie sen­si­ble et péné­tran­te, qui pro­lon­ge l’auteur au-delà du temps et des vicis­si­tu­des d’une épo­que som­bre. Un essai lumi­neux !

Jean Mabire, Que Lire ? (7 volumes disponibles, éditions National Hebdo puis Irminsul et Dualpha, 1994–2003)

Magni­fi­ques por­traits d’écrivains contem­po­rains, où les talents lit­té­rai­res et la réflexion méta­po­li­ti­que de Jean Mabi­re font mer­veille.

André Malraux, Les conquérants (1928, Le Livre de Poche, 1976). Acheter en ligne

Pour les ama­teurs de sen­sa­tions for­tes, « le seul vrai roman fas­cis­te de lan­gue fran­çai­se » (Domi­ni­que Ven­ner).

Olivier Maulin, En attendant le roi du monde (L’Esprit des Péninsules, Pocket, 2006)

Le pre­mier roman, et pas le moins ins­pi­ré, d’un auteur qui fait revi­vre la tra­di­tion de la far­ce rabe­lai­sien­ne. Une ver­ve sati­ri­que et humo­ris­ti­que au ser­vi­ce d’un ima­gi­nai­re féé­ri­que, qui explo­se en par­ti­cu­lier dans Les Evan­gi­les du Lac (L’Esprit des Pénin­su­les, 2008).

Richard Millet, La confession négative (Gallimard, NRF, 2009). Acheter en ligne

Chant d’amour et de hai­ne : la guer­re civi­le com­me expé­rien­ce ini­tia­ti­que. Le roman auto­bio­gra­phi­que qui per­met de mieux com­pren­dre les essais flam­boyants, exi­geants et « métal­li­ques » que l’ancien mem­bre du comi­té de lec­tu­re de Gal­li­mard réser­ve aujourd’hui aux très cou­ra­geu­ses édi­tions Pier­re-Guillau­me de Roux (Fati­gue du sens, Lan­gue fan­tô­me, Elo­ge lit­té­rai­re d’Anders Brei­vik, De l’antiracisme com­me ter­reur lit­té­rai­re…).

Yukio Mishima, Chevaux échappés (1969, Gallimard, 1980, Folio, 1991). Acheter en ligne

Le 2e tome de la gran­de « saga » de La mer de la fer­ti­li­té. L’une des plus bel­les évo­ca­tions du sep­pu­ku – le sui­ci­de rituel auquel s’est fina­le­ment livré lui-même Mishi­ma, le 25 novem­bre 1970, et où Mal­raux voyait éga­le­ment un moyen, pour l’homme, de « pos­sé­der sa mort ». Tout le tra­gi­que, l’idéalisme et la fines­se du plus euro­péen des auteurs japo­nais.

Margaret Mitchell, Autant en emporte le vent (1936, Folio, 1993). Acheter en ligne

Arché­ty­pe du grand roman his­to­ri­que, tis­sé autour des amours contra­riés de Scar­let O’Hara dans le Vieux Sud de la guer­re de Séces­sion. Où s’exaltent la nobles­se et la témé­ri­té des hom­mes. Mais aus­si l’héroïque téna­ci­té des fem­mes, qui seules peu­vent per­met­tre à un mon­de détruit de renaî­tre.

Henry de Montherlant, Le Cardinal d’Espagne (1960, Folio, 1974). Acheter en ligne

Une réflexion fécon­de sur la lut­te du tem­po­rel et du spi­ri­tuel, de l’action et de la sages­se, de la gran­deur et des com­pro­mis qu’exige le ser­vi­ce de l’Etat. Pas une ombre de com­plai­san­ce, les mots les plus nus, le tra­gi­que le plus dépouillé. Sans dou­te le chef-d’œuvre de Mon­ther­lant, même si peu­vent être éga­le­ment lus, dans le même regis­tre théâ­tral, mais tou­jours plein de sens et de signi­fi­ca­tions, La Rei­ne mor­te (1942) et La Guer­re civi­le (1965).

Hubert Monteilhet, Les Bouffons (2004, Fallois, Le Livre de Poche, 2006). Acheter en ligne

Tou­te la ver­ve, l’humour et l’érudition sans faille de Mon­teil­het dans ce « Roman des temps révo­lu­tion­nai­res ». Pour mieux exé­cu­ter la Révo­lu­tion fran­çai­se… Dans la même vei­ne, voir éga­le­ment Au vent du bou­let (Roman des temps napo­léo­niens, 2008) ou Néro­po­lis (Roman des temps néro­niens, 1984).

Roger Nimier, Le hussard bleu (Gallimard, 1950, Folio, 1977). Acheter en ligne

Tout le char­me du sty­le hus­sard : poli­ti­que­ment incor­rect, bra­va­che, faus­se­ment cyni­que, rapi­de et vif. Imper­ti­nent, mais tou­jours huma­nis­te – au sens non gal­vau­dé du ter­me. Le roman, lar­ge­ment auto­bio­gra­phi­que, qui contri­bue­ra à fai­re entrer Nimier dans le Pan­théon non offi­ciel des let­tres fran­çai­ses de l’Après-Guerre.

Arto Paasilinna, Le Lièvre de Vatanen (1975, Folio, 2014). Acheter en ligne

Un uni­vers et des per­son­na­ges sin­gu­liers, où la natu­re consti­tue tou­jours elle-même un per­son­na­ge. Un récit bur­les­que et grin­çant, joyeu­se­ment « païen », consti­tuant une très bon­ne intro­duc­tion à l’œuvre du roman­cier fin­lan­dais le plus connu au mon­de.

Jacques Perret, Bande à part (Gallimard, 1951, Le Livre de Poche, 1963). Acheter en ligne

Tout le sty­le, l’ironie et le réflexe d’insoumission de la Fran­ce des pro­fon­deurs. Pour les amou­reux de la mer, lire Rôle de plai­san­ce (1957), « un petit trai­té de navi­ga­tion pué­ri­le et hon­nê­te, un mémoi­re sur l’art et la maniè­re de condui­re la plai­san­ce à ses fins par les moyens du bord » – com­me un pied-de-nez à tous les confor­mis­mes.

Henri Pourrat, Gaspard des montagnes (1931, Le Livre de Poche, 1991). Acheter en ligne

L’un des clas­si­ques de la lit­té­ra­tu­re fran­çai­se, cou­ron­né par le grand prix du roman de l’Académie fran­çai­se. Une atmo­sphè­re fan­tas­ti­que, où les mythes et les légen­des de l’Auvergne illus­trent la vita­li­té de nos ter­roirs et tou­te la riches­se de notre his­toi­re pay­san­ne.

Patrick Rambaud, La Bataille (1997, Le Livre de Poche, 1999). Acheter en ligne

Souf­fle épi­que et minu­tie de la recons­ti­tu­tion pour cet­te somp­tueu­se évo­ca­tion de la bataille d’Essling (1809). Une allé­go­rie de l’homme en guer­re et dans les tumul­tes de l’Histoire. Un ouvra­ge jus­te­ment remar­qué, qui obtint à la fois le prix Gon­court et le Grand Prix du Roman de l’Académie Fran­çai­se en 1997.

Jean Raspail, Le Camp des Saints (1973, Robert Laffont, nouvelle édition précédée de Big Other, 2011). Acheter en ligne

Le roman pro­phé­ti­que qui a notam­ment fait connaî­tre Ras­pail au grand public, per­met­tant le déve­lop­pe­ment d’une œuvre où affleu­re par­tout la nos­tal­gie de la beau­té et du sens de l’honneur. Lire aus­si Sep­ten­trion (1979), ou les hom­mes du refus face à la marée mon­tan­te de la mas­se indé­ter­mi­née…

Lucien Rebatet, Les Deux Etendards (1951, Gallimard, réédition 1991). Acheter en ligne

Un ouvra­ge qui « déchi­re tou­jours notre ciel » (Antoi­ne Blon­din) et qui avait fait dire à Fran­çois Mit­ter­rand que « l’humanité se scin­de en deux : ceux qui ont lu Les deux Eten­dards et ceux qui ne l’ont pas lu ».

Saint-Loup, Face Nord (Arthaud, 1950, rééd. Art et Histoire d’Europe, 1986)

L’alpinisme com­me un défi pro­mé­théen, un effort pro­pre­ment tita­nes­que. Une ouver­tu­re à l’œuvre roma­nes­que de Marc Augier, en com­men­çant par l’essentiel : le dépas­se­ment de se pro­pre volon­té. « Ils n’avaient plus de sou­ve­nir, de crain­tes, ou de hai­ne, car la ter­re ne les por­tait plus, ou si peu ! Pas à pas, mètre par mètre, souf­fle à souf­fle, ils fran­chis­saient les por­tes de la lumiè­re… »

Guy Sajer, Le soldat oublié (Robert Laffont, 1967, Le Livre de Poche, 1976). Acheter en ligne

Un récit pro­pre­ment stu­pé­fiant. « Le plus grand livre sur­gi de la Secon­de Guer­re mon­dia­le » (Domi­ni­que Ven­ner).

Pierre Schoendoerffer, L’Adieu au Roi (1969, Grasset, 2013). Acheter en ligne

Livre de guer­re, de gran­deur et d’hommes. De rêves inas­sou­vis et de des­tins bri­sés. Tou­te l’œuvre de « Schoen », écri­vain « à la vai­ne épi­que et cos­mi­que », com­me conden­sée dans un seul roman. Le goût du lar­ge et des embruns, la soif d’honneur et d’aventures, la nos­tal­gie des « peu­ples nus » et la bles­su­re d’obéir à d’autres lois que les sien­nes… La mort, enfin, com­me ulti­me pana­che.

Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde (2005, Pocket, 2008). Acheter en ligne

Une intro­duc­tion à l’œuvre d’un véri­ta­ble aven­tu­rier, rebel­le aux faci­li­tés maté­riel­les mais éga­le­ment intel­lec­tuel­les d’un Occi­dent deve­nu tris­te et vieux. Une lec­tu­re rafraî­chis­san­te, qui don­ne envie de pren­dre la rou­te, sac au dos.

Ernst von Salomon, Les Réprouvés (Die Geächteten, 1930, Omnia, 2011). Acheter en ligne

La fureur de vivre d’une jeu­ne acti­vis­te alle­mand dans les années vingt. Un chef-d’œuvre du roman­tis­me aven­tu­reux, très supé­rieur aux romans de Mal­raux. Pour sai­sir plei­ne­ment le contex­te his­to­ri­que, lire en paral­lè­le : Domi­ni­que Ven­ner, His­toi­re d’un fas­cis­me alle­mand. Les corps-francs du Bal­ti­kum (Pyg­ma­lion, 1997, rééd. 2002).

JRR Tolkien, Le seigneur des anneaux (The Lord of the Rings, 1954–1955, nouvelle traduction chez Christian Bourgeois, 2014). Acheter en ligne

Gigan­tes­que fres­que ima­gi­nai­re pui­sant dans les mytho­lo­gies euro­péen­nes. Indis­pen­sa­ble à connaî­tre, ne serait-ce que pour com­pren­dre les réfé­ren­ces de nom­breux lec­teurs d’aujourd’hui !

Léon Tolstoï, Anna Karénine (1877, Le Livre de Poche, 1997). Acheter en ligne

L’antithèse d’une Bova­ry. Tout le mépris à l’égard des hypo­cri­tes. L’entrée toni­truan­te et triom­pha­le de la lit­té­ra­tu­re rus­se dans la cultu­re euro­péen­ne.

Guiseppe Tomasi di Lampedusa, Le professeur et la sirène (1962, Points Seuil, 2002). Acheter en ligne

Par l’auteur du Gué­pard, une nou­vel­le com­me une ode païen­ne à la pré­sen­ce du mer­veilleux.

Dominique Venner, Le Cœur rebelle (Belles Lettres, 1994, réédition Pierre-Guillaume de Roux, 2013). Acheter en ligne

Sou­ve­nirs et réflexions sur une jeu­nes­se mili­tai­re et mili­tan­te. L’époque de l’aventure poli­ti­que, les com­plots, la pri­son (OAS), le mou­ve­ment Euro­pe Action, les ori­gi­nes de la Nou­vel­le Droi­te… L’ouvrage le plus per­son­nel et sans dou­te le plus éclai­rant de l’œuvre de Domi­ni­que Ven­ner.

Henri Vincenot, La Billebaude (1978, Gallimard, Folio, 1982). Acheter en ligne

La lon­gue mémoi­re de la gran­de cultu­re pay­san­ne et vil­la­geoi­se fran­çai­se. Lire aus­si de ce « vieux Gau­lois du pays Eduen » qu’était Vin­ce­not, dans la même col­lec­tion de poche, Le pape des escar­gots (1983) et son pro­lon­ge­ment « cos­mi­que » : Les Etoi­les de Com­pos­tel­le (1987).

Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien (Gallimard, Folio, 1977). Acheter en ligne

Pour Flau­bert, « les dieux n’étant plus, et le Christ n’étant pas enco­re, il y a eu, de Cicé­ron à Marc Aurè­le, un moment uni­que où l’homme seul a été ». Mais c’était l’homme romain ! L’un des pre­miers et des meilleurs romans his­to­ri­ques, magni­fi­que­ment écrit, où l’empereur Hadrien reprend lit­té­ra­le­ment vie sous les traits de l’un des der­niers libres esprits de l’Antiquité.

Illus­tra­tion : John Bauer, Bland Tom­tar och Troll, 1907