Le Système à tuer les peuples désormais disponible en anglais
Arktos publie pour la première fois en anglais Le Système à tuer les peuples (The Ethnocide System), l'œuvre fondatrice de Guillaume Faye. Dans sa préface, Romain Petitjean, de l'Institut Iliade, replace ce manuel de combat au cœur de notre présent : l'empire du même est toujours debout, les peuples végètent toujours dans sa mélasse et le diagnostic de Faye, cinquante ans après, reste le plus lucide qui soit. Avec l'auteur, Petitjean invite les Européens à vivre vraiment, seul moyen pour court-circuiter la machine.
Guillaume Faye ne cesse d’être redécouvert ces temps-ci. Cet esprit-fusée au visage solaire, a su, avec le livre que vous tenez entre vos mains, digérer et transmettre la substantifique moelle des grands penseurs de la tradition européenne (notamment ceux de la Révolution conservatrice allemande) et, avec la vivacité qui était la sienne, en faire un manuel de combat au service du réveil européen. Faye, que j’aimais écouter aux colloques du Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne (GRECE), vécut sa vie avec ferveur, et s’il continua à défricher et explorer de nombreuses voies intellectuelles plus ou moins périlleuses pendant les années qui suivirent l’écriture de ce livre, il nous reste les principes radicaux contenus dans ces quelques pages.
C’est pour cette raison qu’il est vital de faire connaître ce qui doit être considéré comme l’ouvrage fondamental de Guillaume Faye, acmé de sa pensée et de cette formidable école intellectuelle qu’est la Nouvelle Droite. Beaucoup d’admirateurs contemporains de Faye, des occidentalistes transhumanistes aux néoréactionnaires libéraux, ne semblent tout simplement pas avoir lu, ou compris, son œuvre majeure.
Le monde décrit par Faye est celui de « l’empire du même », où l’uniformisation planétaire abolit toute singularité porteuse d’histoire et donc de destin politique. Il faudrait d’ailleurs parler du « système du même », l’Empire étant une forme spirituelle, contrairement à la machine décrite par Guillaume Faye.
Cette homogénéisation des mœurs et des cultures, qui s’impose grâce au conformisme des individus, au rouleau compresseur publicitaire et au soft power hollywoodien, sera l’arme fatale utilisée contre les peuples. Cette arme n’est ni une bombe atomique qui réduit ce que nous sommes à sa portion la plus congrue, ni une bombe à fragmentation qui nous explose façon puzzle. Il s’agit d’une bombe thermobarique, qui aspire et supprime l’oxygène autour de nous, réduisant notre énergie vitale à néant. Cette arme se trouve entre les mains des assassins de peuples, des tueurs de dieux, des négateurs de couleurs, des trancheurs de langues… Sous couvert d’égalitarisme et de libération individuelle, elle coupe l’homme de ses attaches traditionnelles au profit d’une religion séculière des Droits de l’Homme et de l’injonction permanente à la consommation hédoniste, lui interdisant toute possibilité de transcendance ou de rapport sensible au monde.
C’est cette logique mortifère, plus que jamais à l’œuvre, qui est dénoncée avec talent par Faye, lui le païen qui chanta avec verve la pleine vie et la polyphonie du monde. L’auteur de L’Occident comme déclin met sur le banc des accusés « l’Amérique [qui] est en nous » et qui fait de nous des « morts-vivants ». Malheureusement, peu de personnes comprennent qu’il s’agit ici non pas de la « nation » américaine, ni même des Américains, mais d’un « système de valeurs » qui accompagnera une rupture anthropologique sans précédent.
Les années ont passé et peut-être pouvons-nous désormais poser une nouvelle question aux lecteurs américains de ce livre : souhaitent-ils retrouver « l’Europe qui est en eux » ? La critique de l’américanisme formulée par Faye ne doit pas rester stérile et, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, nous pouvons y trouver du sens.
Dans tous les cas, cinquante ans après le cri d’alerte lancé par Guillaume Faye, force est de constater que les peuples qui ne sont tout simplement pas morts, ceux qui restent, et au premier chef les Européens, végètent dans la mélasse du système de valeurs occidental. Pâles gardiens de musées de leur gloire passée, vidés de toute énergie vitale, ayant perdu le sens de la terre comme leur place dans le cosmos, les Européens sont le malade du monde.
Dans cet ouvrage, Faye évoque bien la possibilité de l’arrivée d’un César qui renverserait la table, mais le roi qui empoignera de nouveau Excalibur, et qui réunira terre et peuple, ne semble pas encore né.
Alors, comment en sommes-nous arrivés là ? Comment fonctionne le système à tuer les peuples ?
Faye, qui refuse de tomber dans la logique du bouc émissaire, analyse parfaitement les rouages de ce qu’il appelle « le système », ou bien encore « la machinerie » ou « la pieuvre ».
Sans territoire fixe, mais omniprésente, fondée sur l’organisation techno-économique supranationale, l’idéologie universaliste marchande (soutenue paradoxalement par une bureaucratie puissante) et la sous-culture de masse américano-occidentale s’imposent au monde entier. Cette société libérale, qui se pare des vertus de prospérité, de progrès et de libération de l’homme, est en réalité anorganique et morte. Le seul horizon proposé par le système reste celui de l’aliénation consumériste et de la gestion technique de nos problèmes, afin de ne pas contrarier notre marche quasi eschatologique vers le bonheur individuel.
Or Faye, qui est un vitaliste, montre tout son dégoût aristocratique pour la médiocrité quotidienne enfantée par cette société, exacte opposée de la puissante dynamique archéo-futuriste qu’il conceptualisera un peu plus tard dans son œuvre, et qui participa d’ailleurs à le faire passer à la postérité.
Faye rejette surtout le fatalisme technocratique froid, sous couvert de discours moralisant, qui permet au système d’imposer sa loi. Présentée comme anti-autoritaire et fondée sur la raison, la société libérale occidentale a en fait accouché d’une société totalement dépolitisée et supposément régulée par le « doux commerce ».
Cette société, où la technique imprègne tout, fait de chaque institution, de chaque corps intermédiaire, de la justice, de l’école ou de l’armée, de simples « rouages techniques » d’une macro-administration pilotée par une classe technocratique managériale qui s’impose via régulation et autorégulation. Même les rythmes de vie traditionnels, nos fêtes saisonnières, nos rites familiaux sont absorbés par cette logique technique devenue partie intégrante de nous. L’avènement de cet ensemble « métahumain » a lancé à ceux qui restent des peuples enracinés un défi existentiel comparable à la révolution néolithique. Pour le moment, personne, ni homme ni peuple, n’a sérieusement entrepris de ramasser le gant et de décider de chevaucher le tigre.
Alors, face à l’effacement du principe politico-territorial, face à la grande machine qui nie notre profondeur historique, comment la « vraie vie », portée par les peuples, chacun détenteur d’un univers et de structures mentales propres, peut-elle reprendre ses droits ? Face à la machinerie marchande qui nie la poésie et la beauté du monde autant que notre réelle capacité de création, comment refaire un peuple capable à la fois de valoriser la tradition dans le présent et d’embrasser une vision aventureuse de l’avenir au lieu du confort progressiste ?
Plus de cinquante ans après, nous disons avec Guillaume Faye que le salut ne résidera jamais dans une humanité abstraite, mais dans la vitalité des peuples, dont la cause doit être première. Et à ceux qui pensent que la logique libérale serait finalement le logiciel créé par et pour les peuples européens, nous répondons qu’ils commettent une erreur gravissime. La machine détruit tout, les Européens en premier. Faye n’a même pas vu l’explosion du remplacement afro-asiatique sur la terre d’Europe, la chute de la fertilité, l’avènement de l’intelligence artificielle et la baisse généralisée du QI dont les Européens sont victimes aujourd’hui.
À chacun de rentrer en lui-même, d’observer sincèrement le monde et de voir tous les endroits où le vernis de la modernité occidentale peut se craqueler, laissant apparaître un peu de vérité, celle de notre germen, celle de nos archaïsmes, de notre tradition. À chacun de cultiver son regard sensible sur le monde, de réaffirmer le code d’honneur de nos anciens. Que chacun vive vraiment et, tels des pirates, court-circuite les rouages de la grande machinerie.
Romain Petitjean – Institut Iliade
Mars 2026
The Ethnocide System, Guillaume Faye, Arktos Media, 2026. Disponible sur Amazon.
