La forêt de Mervent et Mélusine

La forêt de Mervent et Mélusine

La forêt de Mervent et Mélusine

« Et quant Remon­din l’ouy, si la regarde, et per­çoit la grant beau­té qui estoit en la dame ; si s’en donne grant mer­veille, et ne lui semble mie qu’il eust oncques mais veu si belle. »
Jean d’Arras, Le roman de Mélu­sine

La forêt de Mervent et Mélusine

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Pays : France
Région : Pays de la Loire
Modes de déplacement : Randonnées à pied, à cheval ou à bicyclette (VTT) sous réserves. Il est possible de visiter les sites en voiture en stationnant son véhicule à proximité selon les opportunités. Mais ceci ôte une part du charme de leur découverte.
Durée des parcours : Compter une « bonne » demi-journée pour le parcours 1, une « petite » pour le 2, avec possibilité de combiner ou de fractionner.
Difficulté des parcours : Ces promenades familiales s’effectuent dans la partie méridionale du massif Armoricain, avec son « relief en creux » : les thalwegs sont souvent encaissés, avec des pentes raides si on les traverse et des itinéraires parfois escarpés si on les suit.
Périodes : Bien que seul massif forestier d’importance ouvert au public du département de la Vendée (il est très majoritairement de statut domanial), celui de Mervent-Vouvant n’est pas surfréquenté. De juin à février, les lundis, jeudis et samedis sont jours de chasse à tir au grand gibier. Cela n’interdit pas pour autant l’ensemble de la forêt domaniale aux autres usagers.
En été, le promeneur appréciera les ombrages offerts ; en hiver, il profitera de vues plus larges, le massif, du type « forêt océanique » étant encore essentiellement composé de feuillus. Au printemps, le bocage est en fleurs et la forêt tapissée d’asphodèles ; en automne, elle prend des couleurs magnifiques. Par temps humide, il y aura intérêt à s’équiper en conséquence : les sentiers sont souvent boueux. Plusieurs abris existent près des voies goudronnées et sont mentionnés sur les cartes au 1 : 25 000.

Présentation géographique

Le mas­sif fores­tier au sous-sol essen­tiel­le­ment schis­teux de Mervent-Vou­vant s’étend sur plus de 5 000 hec­tares (par­tie pri­vée et forêt doma­niale confon­dues). Il est situé à une quin­zaine de kilo­mètres au nord de Fon­te­nay-le-Comte. Culmi­nant à l’altitude modeste de 122 m dans sa par­tie orien­tale, il des­cend à 39 m au niveau du bar­rage de Mervent qui retient l’eau de la rivière Ven­dée dans sa par­tie méri­dio­nale. L’essentiel des bois se trouve situé entre les vil­lages de Pis­sotte au sud et Vou­vant au nord, entre les­quels ser­pentent la Ven­dée et son affluent la Mère (leur confluence se fait à Mervent). La forêt a, depuis les temps les plus recu­lés, four­ni le com­bus­tible néces­saire à la ver­re­rie. Gra­ve­ment mena­cée par la sur­ex­ploi­ta­tion, elle doit à Col­bert des mesures dra­co­niennes que les fores­tiers royaux appli­quèrent métho­di­que­ment pour faire ces­ser les abus et entre­prendre un reboi­se­ment de qua­li­té (chêne « Mari­nier »). Après la Seconde Guerre mon­diale, une série de bar­rages a été éta­blie sur l’axe Mère-Ven­dée (Vou­vant, Pierre-Brune, Albert, Mervent) afin d’en régu­ler le cours et de consti­tuer des réserves d’eau. En contre­par­tie, des sites pit­to­resques ont été noyés. Ne sub­sistent que quelques points de fran­chis­se­ment des rete­nues qui consti­tuent autant de pas­sages obli­gés.

Cadre historique et culturel

La topo­ny­mie laisse sup­po­ser l’existence de méga­lithes, dont l’un est même men­tion­né sur une carte ancienne mais n’a pu être retrou­vé sur le ter­rain, ce qui indi­que­rait une pré­sence humaine dès l’époque néo­li­thique. Ensuite, si l’on éli­mine les affir­ma­tions aven­tu­reuses d’érudits du XIXe siècle, les ves­tiges archéo­lo­giques de la forêt ne sont attri­buables avec cer­ti­tude qu’aux époques gal­lo-romaine (habi­tat à Mervent) et médié­vale (fours au lieu-dit les Vieilles-Ver­re­ries sur la com­mune de Vou­vant). Quant au retran­che­ment de terre dit « Fort-Chan­toi­seau », du nom de ce sei­gneur-bri­gand pour lequel il est dif­fi­cile de faire la part de l’histoire et celle de la légende, sa data­tion est aléa­toire.

La pla­quette Vou­vant, cité médié­vale for­ti­fiée et sa forêt affirme pure­ment gra­tui­te­ment que « les pre­miers pro­prié­taires connus sont les Tem­pliers qui, dès le XIIe siècle, occu­pèrent le châ­teau de Mervent », erreur qui figure encore sur des pan­neaux de l’Office Natio­nal des Forêts.

La forêt fut pro­prié­té de la sei­gneu­rie de Vou­vant qui lui don­na son nom ini­tial. En 1674, à la mort de l’abbé de Lon­gue­ville, elle était don­née par la famille au domaine royal, avant d’être attri­buée en 1778 en apa­nage au comte d’Artois, futur Charles X. La Révo­lu­tion la trans­fé­ra au domaine natio­nal, ce qui en a pro­ba­ble­ment per­mis la sau­ve­garde. Elle fut tra­ver­sée en mai 1793 par l’Armée catho­lique et royale en marche sur « Fon­te­nay-le-Peuple » lors de la pre­mière guerre de Ven­dée, ce que rap­pelle une plaque appo­sée par le Sou­ve­nir Ven­déen sur le mur de l’église Notre-Dame. Ensuite la forêt per­mit le ras­sem­ble­ment de ceux que les auto­ri­tés répu­bli­caines qua­li­fiaient de « bri­gands ». Ain­si un pro­cès-ver­bal de gen­dar­me­rie du 22 Prai­rial an VI signale des messes clan­des­tines à la grotte du Père de Mont­fort. Ce site porte le nom de ce reli­gieux ori­gi­naire de Bre­tagne que l’on qua­li­fie­rait aujourd’hui de « mar­gi­nal et squat­teur ». Un autre pro­cès-ver­bal fut éta­bli contre lui :

« L’an mil sept cent quinze, et le 28 octobre, sur les huit heures du matin, nous, Charles Mori­ceau, écuyer, sei­gneur de Cheusse, conseiller du roi et séné­chal civil et cri­mi­nel […] eu avis que le sieur Mont­fort prêtre habi­tué de la mai­son de Saint-Sul­pice de Paris, employé depuis plus de 25 ans aux mis­sions pour l’instruction des nou­veaux conver­tis […] s’était pra­ti­qué un lieu de soli­tude dans le bois de la mai­son de la Gri­gnon­nière situé sur la paroisse de Mervent ; mais que ne trou­vant pas cet endroit assez soli­taire […] s’était mar­qué un autre empla­ce­ment, qui est une petite grotte de cir­cuit de deux toises, creu­sée natu­rel­le­ment dans un rocher appe­lé : la roche au faon, dépen­dant de la forêt et appar­te­nant à Sa Majes­té », etc.

Le mis­sion­naire du Bas-Poi­tou fut seule­ment contraint de quit­ter les lieux, mais ceux-ci sont depuis une des­ti­na­tion de pèle­ri­nage, lequel sub­siste, même s’il n’attire plus les foules de jadis.

Aile du château de La Citardière
Ancienne borne entre l’allée du Douard et celle de la belle Cépée
« La Poterne » au bourg de Vouvant
Cernunnos et les Cinq Jumeaux - Sculptures de S. Kramp
Croix de mission au dessus de la grotte
Entrée du château de La Citardière

Description des itinéraires

Le mas­sif fores­tier est sillon­né d’un enche­vê­tre­ment de sen­tiers bali­sés par plu­sieurs orga­nismes publics ou pri­vés qui éditent divers guides. Par­mi ceux-ci Les Sen­tiers d’Emilie en Ven­dée ont l’avantage de la péren­ni­té et com­portent deux cir­cuits concer­nant le mas­sif fores­tier (nos 23 et 24). Ceux que nous pro­po­sons sont dif­fé­rents. Par ailleurs, les mai­ries et offices de tou­risme four­nissent gra­tui­te­ment des fiches-iti­né­raires pour de petits par­cours. En outre, la forêt est tra­ver­sée par le GR 364 et un GR de Pays.

1 – De Vouvant à la Grotte du Père de Montfort (boucle de 16 km environ)

Vou­vant, « l’un des plus beaux vil­lages de France », est situé à une quin­zaine de kilo­mètres au nord de Fon­te­nay-le-Comte, à l’extrémité de la forêt. Il faut en visi­ter l’église dont les par­ties les plus anciennes remontent au XIe siècle (crypte et nef res­tau­rée) et les plus récentes au XIXe (clo­cher), la plus remar­quable étant le porche avec ses sculp­tures des XIIe et XIVe siècles. La « place du Bail » cor­res­pond à l’ancienne haute-cour du châ­teau féo­dal et la seconde enceinte de celui-ci enserre le vieux bourg. La « cour du Miracle » proche rap­pelle le pas­sage du Père de Mont­fort.

Feuillus en hiver
L’abbaye Saint Pierre de Maillezais
L’entrée de la grotte et la statue du saint
La Mélusine et l’Ouroboros de Kramp
La forêt de Mervent en hiver
La forêt de Mervent

Sta­tion­ner sur la place de l’Eglise ou aux envi­rons, et à par­tir de son che­vet des­cendre la rue de l’Escalier. Prendre deux fois à droite la rue de la Porte aux Moines, puis à gauche pas­ser le pont pré­ten­du­ment « roman » mais cer­tai­ne­ment médié­val. Mon­ter la rue du Cal­vaire, puis à droite suivre les marques jaune-rouge du GR de Pays qui, en lon­geant le hameau de la Petite Rhée, amènent à la forêt. Au car­re­four où l’on ren­contre les marques blanc-rouge du GR 364, aban­don­ner les unes et les autres pour prendre à droite jusqu’à rejoindre un che­min empier­ré que l’on emprunte à gauche. Quelque 500 m plus loin, avant un petit ruis­seau inter­mit­tent, l’observateur atten­tif remarque sur la gauche la levée de terre du Fort Chan­toi­seau. Pas­ser le car­re­four avec un large che­min et au sui­vant (remar­quable par un chêne à triple tronc et le mar­quage « 54 » sur un autre), emprun­ter le layon de droite qui mène à un arbre mar­qué 46. Prendre à gauche jusqu’à un car­re­four où l’on emprunte le sen­tier de droite jusqu’à tra­ver­ser une petite route. Conti­nuer presque en face entre les par­celles 48 et 49 par un layon menant à une large allée « sablée » que l’on emprunte sur la gauche.

Nota : ceux qui vou­draient écour­ter la pro­me­nade en renon­çant à la grotte du Père de Mont­fort (qu’ils peuvent visi­ter ulté­rieu­re­ment en adap­tant le cir­cuit ou en s’y ren­dant en voi­ture) pren­dront à droite jusqu’au car­re­four avec l’allée du Douard et sa borne pour pour­suivre comme indi­qué plus loin.

Tra­ver­ser une petite route pour « cou­per » sa courbe via la piste cyclable en face et la suivre sur la gauche jusqu’au pont de Diet après lequel on emprunte à droite le che­min lon­geant le bord de la Mère. On arrive à la clô­ture du parc d’attractions de Pierre-Brune. Mon­ter à gauche le che­min gou­dron­né jusqu’au car­re­four qui, par la droite, mène à une croix de Mis­sion datant de jan­vier 1870 (qua­rante jours d’indulgence en échange d’un Pater et d’un Ave). Aire de sta­tion­ne­ment et tables de pique-nique à proxi­mi­té.

Des­cendre à la grotte (abri pos­sible en cas d’intempéries) par l’escalier en bois et conti­nuer par celui en pierres, plus aven­tu­reux. Prendre à gauche pour fran­chir le bar­rage ; moyen­nant quelques marches de plus, on rejoint la cha­pelle qui porte sur sa façade des frag­ments de sta­tues anciennes. Un peu plus loin se trouve la fon­taine où l’ermite s’abreuvait.

A gauche après le bar­rage, on longe le plan d’eau et retrouve les marques du GR de Pays que l’on suit en remon­tant à droite jusqu’au car­re­four où l’on découvre une des anciennes bornes limi­tant la forêt royale (cf. « nota » plus haut). Emprun­ter le sen­tier bor­dé de houx juste à gauche de l’allée du Douard. Au pre­mier car­re­four, prendre à droite (marques peintes en vert sur un arbre) : après quelques minutes de marche on atteint une clai­rière où les troncs des « cinq jumeaux » ont per­mis au « sculp­teur à la tron­çon­neuse » d’origine alle­mande S. Kramp d’illustrer son art par des motifs sym­bo­liques : Mélu­sine, bien sûr, sur­mon­tant un « ouro­bo­ros », écu­reuil, loup, cor­beau (faut-il y voir des motifs ins­pi­rés de l’Edda ?), chouette, etc. Il est aus­si pos­sible de faire ses dévo­tions à Cer­nun­nos tenant d’une main un ser­pent et de l’autre un torque.

Pour évi­ter quelques cen­taines de mètres d’asphalte, reve­nir au car­re­four pour reprendre la direc­tion ini­tiale jusqu’à une petite route ; sinon l’on conti­nue jusqu’à une proche aire de sta­tion­ne­ment d’où l’on aper­çoit le logis Renais­sance de la Grande Rhée avec son pin para­sol, plan­té tra­di­tion­nel­le­ment à la nais­sance du pre­mier gar­çon. Dans les deux cas, prendre à gauche jusqu’au car­re­four de La Folie, et, pas­sé le hameau, à droite un che­min bor­dé de haies jusqu’à rejoindre l’itinéraire « aller » que l’on emprunte en sens inverse jusqu’à la route.

La grotte du Père de Montfort
La retenue de Pierre-Brune sur la Mère
Le chêne « Le Marinier »
Le dragon sortant du château - Les Très Riches Heures du Duc de Berry
Le plan d’eau de Pierre Brune
Le pont du Déluge sur le ruisseau des Verreries

Suivre celle-ci par la gauche jusqu’aux Granges et là, encore à gauche ; à la sor­tie du hameau, prendre le che­min creux qui des­cend à droite jusqu’au plan d’eau que l’on suit par la gauche. Pas­ser le pont et fran­chir la Poterne par où la tra­di­tion fait entrer le roi Louis IX lorsque, en 1242, il est venu rame­ner mili­tai­re­ment à la rai­son le tur­bu­lent féo­dal qu’était Geof­froy II. En emprun­tant à gauche la rue Basse des Rem­parts, on rejoint la place du Corps de Garde puis l’église Notre-Dame.

2 – De Mervent à La Citardière (boucle de 10 km environ)

Mervent, situé sur un épe­ron rocheux au pied duquel confluent les rivières Mère et Ven­dée, dis­pose d’une situa­tion pri­vi­lé­giée au milieu de la forêt. Son église médié­vale mérite le détour, et si ce n’est que (très) tar­di­ve­ment que l’on s’est pré­oc­cu­pé de sau­ve­gar­der les der­niers ves­tiges du châ­teau féo­dal ; du moins son parc offre-t-il une vue impre­nable sur la val­lée.

Sta­tion­ner entre ces deux édi­fices sur la place du Héraut. Des­cendre la rue de la Val­lée en lais­sant à droite celle des Juifs. Tra­ver­ser le pont et prendre à gauche le che­min fores­tier du Por­tail, qui, en sui­vant le plan d’eau, mène à la stèle dédiée « A la mémoire de Hen­ry de Fon­taines 22 novembre 1906 ». Tra­ver­ser le ruis­seau des Ver­re­ries sur une pas­se­relle à gauche et le remon­ter jusqu’au pont du Déluge (XIXe siècle).

Atten­tion : jusqu’ici l’itinéraire n’est pra­ti­cable qu’aux pié­tons, et avec pré­cau­tion dans les pas­sages dif­fi­ciles.

Grim­per l’escalier et tra­ver­ser le pont puis prendre de suite le sen­tier mon­tant à gauche (confir­ma­tion par mar­quage « 57 » sur un arbre). Dans une petite clai­rière à gauche s’élève le chêne « Mari­nier », ves­tige des plan­ta­tions effec­tuées sous le règne de Louis XIV pour la future marine royale. Conti­nuer jusqu’à une fourche (marque jaune) et prendre à droite puis à gauche au car­re­four sui­vant, enfin de nou­veau à droite à une autre fourche. L’on arrive à une route que l’on emprunte à droite jusqu’au châ­teau inache­vé de la Citar­dière.

On admi­re­ra la façade avec l’emplacement des flèches du pont levis et les ori­gi­nales gar­gouilles en forme de canons de cette étrange construc­tion du XVIIe siècle (crê­pe­rie ouverte de temps à autre : tél. 02 51 00 27 04).

Conti­nuer jusqu’à fran­chir un car­re­four de routes (abri­bus), pas­ser le sui­vant, et au troi­sième prendre à droite le che­min her­bu qui mène à une autre route que l’on emprunte sur la droite. Tra­ver­ser le car­re­four et des­cendre le che­min en face jusqu’à une route qui, par la droite, ramène à Mervent (jadis il était pos­sible de s’y rendre direc­te­ment par le pont du XVe siècle, désor­mais sous les eaux, et que l’on peut voir excep­tion­nel­le­ment lorsque la rete­nue est vidée).

Bibliographie

  • Jean d’Arras, Mélu­sine, édi­tion du Roman de Mélu­sine ou l’histoire des Lusi­gnan, mis en fran­çais moderne. Pré­face de Jacques Le Goff, 1991
  • Louis Bro­chet, La forêt de Vouvent son his­toire et ses sites, 1893
  • Abbé Ernest Can­do­live, La forêt de Mervent et la grotte du Père de Mont­fort – La fée Mélu­sine, 1924
  • Th. Lan­dré, prêtre de l’Oratoire, Vou­vant, son Eglise his­to­rique, Son Châ­teau et la Tour Mélu­sine, Ses Sei­gneurs, 1953
  • Col­lec­tif, Vou­vant, cité médié­vale for­ti­fiée et sa forêt, 1986
  • Roger Eraud, Les Airaud et Cha­bot de la baron­nie de Vou­vant. Texte dac­ty­lo­gra­phié dont un exem­plaire dépo­sé aux AD-85., 1987
  • J.-M. Gan­driau, Vou­vant, His­toire et légende – Its his­to­ry and legends, 1987
  • Louis-Chris­tian Gau­tier, Les Sen­tiers d’Emilie en Ven­dée, Ran­do Edi­tions, 2003
Licorne de S. Kramp
Mélusine - Heinrich Vogeler (1872-1942)
Mélusine surprise au bain
Mélusine
Sculpture de S. Kramp
Sirène, voussure du portail roman de l’église de Vouvant
Stèle à la mémoire d’Henry de Fontaines
Un layon en hiver
Vers « les cinq jumeaux » sous la neige

Accès et données GPS

La forêt de Mervent-Vou­vant est située entre La Châ­tai­gne­raie au nord et Fon­te­nay-le-Comte au sud, com­munes reliées par la D 938­ter. Cette der­nière agglo­mé­ra­tion peut être atteinte par cars SNCF à par­tir des gares de La Rochelle (17) au sud, Niort (79) à l’est, et Luçon (85) à l’ouest. De Fon­te­nay, le GR du « Pays de Mélu­sine » part de l’ancien pont fer­ro­viaire qui enjambe la Ven­dée au nord de l’agglomération (bou­le­vard du maré­chal de Lattre de Tas­si­gny) pour rejoindre le cir­cuit 1 au Pont de Diet puis le 2 au Pont du Déluge. Comp­ter une dizaine de kilo­mètres.

Matériel spécifique, équipement

Des chaus­sures de marche, de pré­fé­rence à tige mon­tante, voire des bottes de caou­tchouc en fonc­tion de la sai­son et des condi­tions atmo­sphé­riques. Selon celles-ci, on se muni­ra de vête­ments imper­méables ou/et chauds, dans tous les cas peu fra­giles. Lorsque le soleil brille, un couvre-chef est recom­man­dé pour les par­ties hors-forêt. Pré­voir de la bois­son et éven­tuel­le­ment de quoi « gri­gno­ter éner­gé­tique ».

Art de vivre

Chaque sai­son a ses charmes mais l’amateur de soli­tude évi­te­ra les « ponts », sur­tout par temps enso­leillé. En automne et hiver, l’on peut avoir le plai­sir de ren­con­trer une chasse à courre, et plus par­ti­cu­liè­re­ment en sep­tembre et dans l’ouest du mas­sif fores­tier entendre bra­mer les cerfs. Les pro­me­neurs dis­crets ren­con­tre­ront peut-être des che­vreuils sous bois et le bocage, qui a (un peu) moins qu’ailleurs souf­fert du remem­bre­ment et conserve des haies, refuge d’une avi­faune diver­si­fiée. Le musée de Fon­te­nay-le-Comte, situé auprès de l’église médié­vale Notre-Dame, pré­sente des col­lec­tions inté­res­santes, en par­ti­cu­lier sur le plan archéo­lo­gique.

Cartographie

  • Carte IGN au 1 :25000 Fon­te­nay-le-Comte (N° 1427 E)
  • Topo guides : outre celui Les Sen­tiers d’Emilie en Ven­dée (Ran­do-édi­tions), ceux qui seront dis­po­nibles.

Liens

Le site de l’Office de Tou­risme de Fon­te­nay-le-Comte (www.tourisme-sudvendee.com) donne toutes indi­ca­tions utiles y com­pris la pos­si­bi­li­té de télé­char­ger des cir­cuits de ran­don­née.

A Mervent (hameau de La Jamo­nière) éco­mu­sée des « Amis de la forêt ». Visites payantes d’une heure (avril à la mi-novembre) : se ren­sei­gner au 02 51 00 00 87.

Années où ces itinéraires ont été parcourus

Hiver 2015.

La forêt de Mervent, domaine de la fée Mélusine

La pré­sence de la fée Mélu­sine est appuyée par les ouvrages de Jean d’Arras et de Coul­drette, publiés à la char­nière des XIVe et XVe siècles.

Ray­mon­din, neveu du comte de Poi­tiers, ayant tué acci­den­tel­le­ment celui-ci lors d’une chasse, errait déses­pé­ré dans une forêt lorsqu’il ren­con­tra une mer­veilleuse jeune fille auprès d’une fon­taine. Celle-ci, qui se nom­mait Mélu­sine, lui pro­po­sa de l’épouser en lui pro­met­tant qu’elle lui appor­te­rait une incroyable pros­pé­ri­té. Mais elle fixait une condi­tion : son époux devrait s’abstenir de la voir chaque same­di. Ray­mon­din accep­ta, et elle lui bâtit nui­tam­ment de nom­breux châ­teaux, comme par enchan­te­ment. Elle lui don­na aus­si des enfants dont l’un fut sur­nom­mé Geof­froy la Grand’Dent, car celle-ci « issait » de sa bouche telle la défense d’un san­glier. Sui­vit un autre fils, Fro­mont, beau, et pieux au point de se faire moine à l’abbaye voi­sine de Maille­zais. Ce que Geof­froy, pour­tant croi­sé, ne put sup­por­ter : « On ne pour­ra pas me repro­cher d’avoir un moine pour frère ! » Et sous le coup de la colère, il brû­la Maille­zais avec ses reli­gieux dont son frère. Quant à Mélu­sine, son mari conseillé par un parent jaloux la sur­prit un same­di dans son bain : « Jusqu’au nom­bril elle avait l’apparence d’une femme, et elle pei­gnait ses che­veux ; à par­tir du nom­bril, elle avait une énorme queue de ser­pent… » La fée dut quit­ter son époux mor­tel et s’envola de la tour qu’elle avait bâtie : celle de Mervent selon Jean d’Arras, de Vou­vant d’après Coul­drette. Mais elle reve­nait nui­tam­ment pour s’occuper de ses enfants, et depuis elle han­te­rait la forêt après avoir annon­cé par ses cris la mort d’un membre de la famille des Lusi­gnan.

Or la légende et l’histoire se mêlent : la fée Mélu­sine se confon­drait avec Eus­tache Cha­bot, décé­dée en 1229 (ou 1202), femme très savante pour l’époque, et épouse d’un Lusi­gnan auquel elle appor­ta en dot Vou­vant et Mervent. Son fils Geof­froy II de Lusi­gnan incen­dia bien l’abbaye de Maille­zais, ce qui lui valut d’être excom­mu­nié en 1229. Repen­ti, il est cen­sé avoir été inhu­mé à Vou­vant, prieu­ré de celle-ci, en 1248 : la « preuve » étant un frag­ment de sa pierre tom­bale que l’on peut voir dans le mur de l’absidiole N-W de l’église… sauf que l’analyse de son écri­ture la fait dater du milieu du XIe siècle.

Le sujet est inépui­sable : un auteur contem­po­rain, Roger Eraud, envi­sa­geant même l’existence d’une « base de Nor­mands » dans le lieu, voit en Mélu­sine « une hav­frue (sirène) pei­gnant sa blonde che­ve­lure » et dans ses fils la repré­sen­ta­tion du pan­théon nor­dique. Le même sup­pose l’existence d’une « immense forêt… peut-être vouée à une déesse d’origine ger­ma­nique, Ermen ou Her­min, dis­si­mu­lée sous la forme de St. Her­mine et peut-être dans l’Hermenault » (loca­li­tés situées à l’ouest du mas­sif fores­tier).