La forêt de Mervent et Mélusine

La forêt de Mervent et Mélusine

La forêt de Mervent et Mélusine

« Et quant Remon­din l’ouy, si la regar­de, et per­çoit la grant beau­té qui estoit en la dame ; si s’en don­ne grant mer­veille, et ne lui sem­ble mie qu’il eust onc­ques mais veu si bel­le. »
Jean d’Arras, Le roman de Mélu­si­ne

La forêt de Mervent et Mélusine

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Pays : France
Région : Pays de la Loire
Modes de déplacement : Randonnées à pied, à cheval ou à bicyclette (VTT) sous réserves. Il est possible de visiter les sites en voiture en stationnant son véhicule à proximité selon les opportunités. Mais ceci ôte une part du charme de leur découverte.
Durée des parcours : Compter une « bonne » demi-journée pour le parcours 1, une « petite » pour le 2, avec possibilité de combiner ou de fractionner.
Difficulté des parcours : Ces promenades familiales s’effectuent dans la partie méridionale du massif Armoricain, avec son « relief en creux » : les thalwegs sont souvent encaissés, avec des pentes raides si on les traverse et des itinéraires parfois escarpés si on les suit.
Périodes : Bien que seul massif forestier d’importance ouvert au public du département de la Vendée (il est très majoritairement de statut domanial), celui de Mervent-Vouvant n’est pas surfréquenté. De juin à février, les lundis, jeudis et samedis sont jours de chasse à tir au grand gibier. Cela n’interdit pas pour autant l’ensemble de la forêt domaniale aux autres usagers.
En été, le promeneur appréciera les ombrages offerts ; en hiver, il profitera de vues plus larges, le massif, du type « forêt océanique » étant encore essentiellement composé de feuillus. Au printemps, le bocage est en fleurs et la forêt tapissée d’asphodèles ; en automne, elle prend des couleurs magnifiques. Par temps humide, il y aura intérêt à s’équiper en conséquence : les sentiers sont souvent boueux. Plusieurs abris existent près des voies goudronnées et sont mentionnés sur les cartes au 1 : 25 000.

Présentation géographique

Le mas­sif fores­tier au sous-sol essen­tiel­le­ment schis­teux de Mer­vent-Vou­vant s’étend sur plus de 5 000 hec­ta­res (par­tie pri­vée et forêt doma­nia­le confon­dues). Il est situé à une quin­zai­ne de kilo­mè­tres au nord de Fon­te­nay-le-Com­te. Culmi­nant à l’altitude modes­te de 122 m dans sa par­tie orien­ta­le, il des­cend à 39 m au niveau du bar­ra­ge de Mer­vent qui retient l’eau de la riviè­re Ven­dée dans sa par­tie méri­dio­na­le. L’essentiel des bois se trou­ve situé entre les vil­la­ges de Pis­sot­te au sud et Vou­vant au nord, entre les­quels ser­pen­tent la Ven­dée et son affluent la Mère (leur confluen­ce se fait à Mer­vent). La forêt a, depuis les temps les plus recu­lés, four­ni le com­bus­ti­ble néces­sai­re à la ver­re­rie. Gra­ve­ment mena­cée par la sur­ex­ploi­ta­tion, elle doit à Col­bert des mesu­res dra­co­nien­nes que les fores­tiers royaux appli­què­rent métho­di­que­ment pour fai­re ces­ser les abus et entre­pren­dre un reboi­se­ment de qua­li­té (chê­ne « Mari­nier »). Après la Secon­de Guer­re mon­dia­le, une série de bar­ra­ges a été éta­blie sur l’axe Mère-Ven­dée (Vou­vant, Pier­re-Bru­ne, Albert, Mer­vent) afin d’en régu­ler le cours et de consti­tuer des réser­ves d’eau. En contre­par­tie, des sites pit­to­res­ques ont été noyés. Ne sub­sis­tent que quel­ques points de fran­chis­se­ment des rete­nues qui consti­tuent autant de pas­sa­ges obli­gés.

Cadre historique et culturel

La topo­ny­mie lais­se sup­po­ser l’existence de méga­li­thes, dont l’un est même men­tion­né sur une car­te ancien­ne mais n’a pu être retrou­vé sur le ter­rain, ce qui indi­que­rait une pré­sen­ce humai­ne dès l’époque néo­li­thi­que. Ensui­te, si l’on éli­mi­ne les affir­ma­tions aven­tu­reu­ses d’érudits du XIXe siè­cle, les ves­ti­ges archéo­lo­gi­ques de la forêt ne sont attri­bua­bles avec cer­ti­tu­de qu’aux épo­ques gal­lo-romai­ne (habi­tat à Mer­vent) et médié­va­le (fours au lieu-dit les Vieilles-Ver­re­ries sur la com­mu­ne de Vou­vant). Quant au retran­che­ment de ter­re dit « Fort-Chan­toi­seau », du nom de ce sei­gneur-bri­gand pour lequel il est dif­fi­ci­le de fai­re la part de l’histoire et cel­le de la légen­de, sa data­tion est aléa­toi­re.

La pla­quet­te Vou­vant, cité médié­va­le for­ti­fiée et sa forêt affir­me pure­ment gra­tui­te­ment que « les pre­miers pro­prié­tai­res connus sont les Tem­pliers qui, dès le XIIe siè­cle, occu­pè­rent le châ­teau de Mer­vent », erreur qui figu­re enco­re sur des pan­neaux de l’Office Natio­nal des Forêts.

La forêt fut pro­prié­té de la sei­gneu­rie de Vou­vant qui lui don­na son nom ini­tial. En 1674, à la mort de l’abbé de Lon­gue­ville, elle était don­née par la famil­le au domai­ne royal, avant d’être attri­buée en 1778 en apa­na­ge au com­te d’Artois, futur Char­les X. La Révo­lu­tion la trans­fé­ra au domai­ne natio­nal, ce qui en a pro­ba­ble­ment per­mis la sau­ve­gar­de. Elle fut tra­ver­sée en mai 1793 par l’Armée catho­li­que et roya­le en mar­che sur « Fon­te­nay-le-Peu­ple » lors de la pre­miè­re guer­re de Ven­dée, ce que rap­pel­le une pla­que appo­sée par le Sou­ve­nir Ven­déen sur le mur de l’église Notre-Dame. Ensui­te la forêt per­mit le ras­sem­ble­ment de ceux que les auto­ri­tés répu­bli­cai­nes qua­li­fiaient de « bri­gands ». Ain­si un pro­cès-ver­bal de gen­dar­me­rie du 22 Prai­rial an VI signa­le des mes­ses clan­des­ti­nes à la grot­te du Père de Mont­fort. Ce site por­te le nom de ce reli­gieux ori­gi­nai­re de Bre­ta­gne que l’on qua­li­fie­rait aujourd’hui de « mar­gi­nal et squat­teur ». Un autre pro­cès-ver­bal fut éta­bli contre lui :

« L’an mil sept cent quin­ze, et le 28 octo­bre, sur les huit heu­res du matin, nous, Char­les Mori­ceau, écuyer, sei­gneur de Cheus­se, conseiller du roi et séné­chal civil et cri­mi­nel […] eu avis que le sieur Mont­fort prê­tre habi­tué de la mai­son de Saint-Sul­pi­ce de Paris, employé depuis plus de 25 ans aux mis­sions pour l’instruction des nou­veaux conver­tis […] s’était pra­ti­qué un lieu de soli­tu­de dans le bois de la mai­son de la Gri­gnon­niè­re situé sur la parois­se de Mer­vent ; mais que ne trou­vant pas cet endroit assez soli­tai­re […] s’était mar­qué un autre empla­ce­ment, qui est une peti­te grot­te de cir­cuit de deux toi­ses, creu­sée natu­rel­le­ment dans un rocher appe­lé : la roche au faon, dépen­dant de la forêt et appar­te­nant à Sa Majes­té », etc.

Le mis­sion­nai­re du Bas-Poi­tou fut seule­ment contraint de quit­ter les lieux, mais ceux-ci sont depuis une des­ti­na­tion de pèle­ri­na­ge, lequel sub­sis­te, même s’il n’attire plus les fou­les de jadis.

Aile du château de La Citardière
Ancienne borne entre l’allée du Douard et celle de la belle Cépée
« La Poterne » au bourg de Vouvant
Cernunnos et les Cinq Jumeaux - Sculptures de S. Kramp
Croix de mission au dessus de la grotte
Entrée du château de La Citardière

Description des itinéraires

Le mas­sif fores­tier est sillon­né d’un enche­vê­tre­ment de sen­tiers bali­sés par plu­sieurs orga­nis­mes publics ou pri­vés qui édi­tent divers gui­des. Par­mi ceux-ci Les Sen­tiers d’Emilie en Ven­dée ont l’avantage de la péren­ni­té et com­por­tent deux cir­cuits concer­nant le mas­sif fores­tier (nos 23 et 24). Ceux que nous pro­po­sons sont dif­fé­rents. Par ailleurs, les mai­ries et offi­ces de tou­ris­me four­nis­sent gra­tui­te­ment des fiches-iti­né­rai­res pour de petits par­cours. En outre, la forêt est tra­ver­sée par le GR 364 et un GR de Pays.

1 – De Vouvant à la Grotte du Père de Montfort (boucle de 16 km environ)

Vou­vant, « l’un des plus beaux vil­la­ges de Fran­ce », est situé à une quin­zai­ne de kilo­mè­tres au nord de Fon­te­nay-le-Com­te, à l’extrémité de la forêt. Il faut en visi­ter l’église dont les par­ties les plus ancien­nes remon­tent au XIe siè­cle (cryp­te et nef res­tau­rée) et les plus récen­tes au XIXe (clo­cher), la plus remar­qua­ble étant le por­che avec ses sculp­tu­res des XIIe et XIVe siè­cles. La « pla­ce du Bail » cor­res­pond à l’ancienne hau­te-cour du châ­teau féo­dal et la secon­de encein­te de celui-ci enser­re le vieux bourg. La « cour du Mira­cle » pro­che rap­pel­le le pas­sa­ge du Père de Mont­fort.

Feuillus en hiver
L’abbaye Saint Pierre de Maillezais
L’entrée de la grotte et la statue du saint
La Mélusine et l’Ouroboros de Kramp
La forêt de Mervent en hiver
La forêt de Mervent

Sta­tion­ner sur la pla­ce de l’Eglise ou aux envi­rons, et à par­tir de son che­vet des­cen­dre la rue de l’Escalier. Pren­dre deux fois à droi­te la rue de la Por­te aux Moi­nes, puis à gau­che pas­ser le pont pré­ten­du­ment « roman » mais cer­tai­ne­ment médié­val. Mon­ter la rue du Cal­vai­re, puis à droi­te sui­vre les mar­ques jau­ne-rou­ge du GR de Pays qui, en lon­geant le hameau de la Peti­te Rhée, amè­nent à la forêt. Au car­re­four où l’on ren­con­tre les mar­ques blanc-rou­ge du GR 364, aban­don­ner les unes et les autres pour pren­dre à droi­te jusqu’à rejoin­dre un che­min empier­ré que l’on emprun­te à gau­che. Quel­que 500 m plus loin, avant un petit ruis­seau inter­mit­tent, l’observateur atten­tif remar­que sur la gau­che la levée de ter­re du Fort Chan­toi­seau. Pas­ser le car­re­four avec un lar­ge che­min et au sui­vant (remar­qua­ble par un chê­ne à tri­ple tronc et le mar­qua­ge « 54 » sur un autre), emprun­ter le layon de droi­te qui mène à un arbre mar­qué 46. Pren­dre à gau­che jusqu’à un car­re­four où l’on emprun­te le sen­tier de droi­te jusqu’à tra­ver­ser une peti­te rou­te. Conti­nuer pres­que en face entre les par­cel­les 48 et 49 par un layon menant à une lar­ge allée « sablée » que l’on emprun­te sur la gau­che.

Nota : ceux qui vou­draient écour­ter la pro­me­na­de en renon­çant à la grot­te du Père de Mont­fort (qu’ils peu­vent visi­ter ulté­rieu­re­ment en adap­tant le cir­cuit ou en s’y ren­dant en voi­tu­re) pren­dront à droi­te jusqu’au car­re­four avec l’allée du Douard et sa bor­ne pour pour­sui­vre com­me indi­qué plus loin.

Tra­ver­ser une peti­te rou­te pour « cou­per » sa cour­be via la pis­te cycla­ble en face et la sui­vre sur la gau­che jusqu’au pont de Diet après lequel on emprun­te à droi­te le che­min lon­geant le bord de la Mère. On arri­ve à la clô­tu­re du parc d’attractions de Pier­re-Bru­ne. Mon­ter à gau­che le che­min gou­dron­né jusqu’au car­re­four qui, par la droi­te, mène à une croix de Mis­sion datant de jan­vier 1870 (qua­ran­te jours d’indulgence en échan­ge d’un Pater et d’un Ave). Aire de sta­tion­ne­ment et tables de pique-nique à proxi­mi­té.

Des­cen­dre à la grot­te (abri pos­si­ble en cas d’intempéries) par l’escalier en bois et conti­nuer par celui en pier­res, plus aven­tu­reux. Pren­dre à gau­che pour fran­chir le bar­ra­ge ; moyen­nant quel­ques mar­ches de plus, on rejoint la cha­pel­le qui por­te sur sa faça­de des frag­ments de sta­tues ancien­nes. Un peu plus loin se trou­ve la fon­tai­ne où l’ermite s’abreuvait.

A gau­che après le bar­ra­ge, on lon­ge le plan d’eau et retrou­ve les mar­ques du GR de Pays que l’on suit en remon­tant à droi­te jusqu’au car­re­four où l’on décou­vre une des ancien­nes bor­nes limi­tant la forêt roya­le (cf. « nota » plus haut). Emprun­ter le sen­tier bor­dé de houx jus­te à gau­che de l’allée du Douard. Au pre­mier car­re­four, pren­dre à droi­te (mar­ques pein­tes en vert sur un arbre) : après quel­ques minu­tes de mar­che on atteint une clai­riè­re où les troncs des « cinq jumeaux » ont per­mis au « sculp­teur à la tron­çon­neu­se » d’origine alle­man­de S. Kramp d’illustrer son art par des motifs sym­bo­li­ques : Mélu­si­ne, bien sûr, sur­mon­tant un « ouro­bo­ros », écu­reuil, loup, cor­beau (faut-il y voir des motifs ins­pi­rés de l’Edda ?), chouet­te, etc. Il est aus­si pos­si­ble de fai­re ses dévo­tions à Cer­nun­nos tenant d’une main un ser­pent et de l’autre un tor­que.

Pour évi­ter quel­ques cen­tai­nes de mètres d’asphalte, reve­nir au car­re­four pour repren­dre la direc­tion ini­tia­le jusqu’à une peti­te rou­te ; sinon l’on conti­nue jusqu’à une pro­che aire de sta­tion­ne­ment d’où l’on aper­çoit le logis Renais­san­ce de la Gran­de Rhée avec son pin para­sol, plan­té tra­di­tion­nel­le­ment à la nais­san­ce du pre­mier gar­çon. Dans les deux cas, pren­dre à gau­che jusqu’au car­re­four de La Folie, et, pas­sé le hameau, à droi­te un che­min bor­dé de haies jusqu’à rejoin­dre l’itinéraire « aller » que l’on emprun­te en sens inver­se jusqu’à la rou­te.

La grotte du Père de Montfort
La retenue de Pierre-Brune sur la Mère
Le chêne « Le Marinier »
Le dragon sortant du château - Les Très Riches Heures du Duc de Berry
Le plan d’eau de Pierre Brune
Le pont du Déluge sur le ruisseau des Verreries

Sui­vre cel­le-ci par la gau­che jusqu’aux Gran­ges et là, enco­re à gau­che ; à la sor­tie du hameau, pren­dre le che­min creux qui des­cend à droi­te jusqu’au plan d’eau que l’on suit par la gau­che. Pas­ser le pont et fran­chir la Poter­ne par où la tra­di­tion fait entrer le roi Louis IX lors­que, en 1242, il est venu rame­ner mili­tai­re­ment à la rai­son le tur­bu­lent féo­dal qu’était Geof­froy II. En emprun­tant à gau­che la rue Bas­se des Rem­parts, on rejoint la pla­ce du Corps de Gar­de puis l’église Notre-Dame.

2 – De Mervent à La Citardière (boucle de 10 km environ)

Mer­vent, situé sur un épe­ron rocheux au pied duquel confluent les riviè­res Mère et Ven­dée, dis­po­se d’une situa­tion pri­vi­lé­giée au milieu de la forêt. Son égli­se médié­va­le méri­te le détour, et si ce n’est que (très) tar­di­ve­ment que l’on s’est pré­oc­cu­pé de sau­ve­gar­der les der­niers ves­ti­ges du châ­teau féo­dal ; du moins son parc offre-t-il une vue impre­na­ble sur la val­lée.

Sta­tion­ner entre ces deux édi­fi­ces sur la pla­ce du Héraut. Des­cen­dre la rue de la Val­lée en lais­sant à droi­te cel­le des Juifs. Tra­ver­ser le pont et pren­dre à gau­che le che­min fores­tier du Por­tail, qui, en sui­vant le plan d’eau, mène à la stè­le dédiée « A la mémoi­re de Hen­ry de Fon­tai­nes 22 novem­bre 1906 ». Tra­ver­ser le ruis­seau des Ver­re­ries sur une pas­se­rel­le à gau­che et le remon­ter jusqu’au pont du Délu­ge (XIXe siè­cle).

Atten­tion : jusqu’ici l’itinéraire n’est pra­ti­ca­ble qu’aux pié­tons, et avec pré­cau­tion dans les pas­sa­ges dif­fi­ci­les.

Grim­per l’escalier et tra­ver­ser le pont puis pren­dre de sui­te le sen­tier mon­tant à gau­che (confir­ma­tion par mar­qua­ge « 57 » sur un arbre). Dans une peti­te clai­riè­re à gau­che s’élève le chê­ne « Mari­nier », ves­ti­ge des plan­ta­tions effec­tuées sous le règne de Louis XIV pour la futu­re mari­ne roya­le. Conti­nuer jusqu’à une four­che (mar­que jau­ne) et pren­dre à droi­te puis à gau­che au car­re­four sui­vant, enfin de nou­veau à droi­te à une autre four­che. L’on arri­ve à une rou­te que l’on emprun­te à droi­te jusqu’au châ­teau inache­vé de la Citar­diè­re.

On admi­re­ra la faça­de avec l’emplacement des flè­ches du pont levis et les ori­gi­na­les gar­gouilles en for­me de canons de cet­te étran­ge construc­tion du XVIIe siè­cle (crê­pe­rie ouver­te de temps à autre : tél. 02 51 00 27 04).

Conti­nuer jusqu’à fran­chir un car­re­four de rou­tes (abri­bus), pas­ser le sui­vant, et au troi­siè­me pren­dre à droi­te le che­min her­bu qui mène à une autre rou­te que l’on emprun­te sur la droi­te. Tra­ver­ser le car­re­four et des­cen­dre le che­min en face jusqu’à une rou­te qui, par la droi­te, ramè­ne à Mer­vent (jadis il était pos­si­ble de s’y ren­dre direc­te­ment par le pont du XVe siè­cle, désor­mais sous les eaux, et que l’on peut voir excep­tion­nel­le­ment lors­que la rete­nue est vidée).

Bibliographie

  • Jean d’Arras, Mélu­si­ne, édi­tion du Roman de Mélu­si­ne ou l’histoire des Lusi­gnan, mis en fran­çais moder­ne. Pré­fa­ce de Jac­ques Le Goff, 1991
  • Louis Bro­chet, La forêt de Vou­vent son his­toi­re et ses sites, 1893
  • Abbé Ernest Can­do­li­ve, La forêt de Mer­vent et la grot­te du Père de Mont­fort – La fée Mélu­si­ne, 1924
  • Th. Lan­dré, prê­tre de l’Oratoire, Vou­vant, son Egli­se his­to­ri­que, Son Châ­teau et la Tour Mélu­si­ne, Ses Sei­gneurs, 1953
  • Col­lec­tif, Vou­vant, cité médié­va­le for­ti­fiée et sa forêt, 1986
  • Roger Eraud, Les Airaud et Cha­bot de la baron­nie de Vou­vant. Tex­te dac­ty­lo­gra­phié dont un exem­plai­re dépo­sé aux AD-85., 1987
  • J.-M. Gan­driau, Vou­vant, His­toi­re et légen­de – Its his­to­ry and legends, 1987
  • Louis-Chris­tian Gau­tier, Les Sen­tiers d’Emilie en Ven­dée, Ran­do Edi­tions, 2003
Licorne de S. Kramp
Mélusine - Heinrich Vogeler (1872-1942)
Mélusine surprise au bain
Mélusine
Sculpture de S. Kramp
Sirène, voussure du portail roman de l’église de Vouvant
Stèle à la mémoire d’Henry de Fontaines
Un layon en hiver
Vers « les cinq jumeaux » sous la neige

Accès et données GPS

La forêt de Mer­vent-Vou­vant est située entre La Châ­tai­gne­raie au nord et Fon­te­nay-le-Com­te au sud, com­mu­nes reliées par la D 938­ter. Cet­te der­niè­re agglo­mé­ra­tion peut être attein­te par cars SNCF à par­tir des gares de La Rochel­le (17) au sud, Niort (79) à l’est, et Luçon (85) à l’ouest. De Fon­te­nay, le GR du « Pays de Mélu­si­ne » part de l’ancien pont fer­ro­viai­re qui enjam­be la Ven­dée au nord de l’agglomération (bou­le­vard du maré­chal de Lat­tre de Tas­si­gny) pour rejoin­dre le cir­cuit 1 au Pont de Diet puis le 2 au Pont du Délu­ge. Comp­ter une dizai­ne de kilo­mè­tres.

Matériel spécifique, équipement

Des chaus­su­res de mar­che, de pré­fé­ren­ce à tige mon­tan­te, voi­re des bot­tes de caou­tchouc en fonc­tion de la sai­son et des condi­tions atmo­sphé­ri­ques. Selon cel­les-ci, on se muni­ra de vête­ments imper­méa­bles ou/et chauds, dans tous les cas peu fra­gi­les. Lors­que le soleil brille, un cou­vre-chef est recom­man­dé pour les par­ties hors-forêt. Pré­voir de la bois­son et éven­tuel­le­ment de quoi « gri­gno­ter éner­gé­ti­que ».

Art de vivre

Cha­que sai­son a ses char­mes mais l’amateur de soli­tu­de évi­te­ra les « ponts », sur­tout par temps enso­leillé. En autom­ne et hiver, l’on peut avoir le plai­sir de ren­con­trer une chas­se à cour­re, et plus par­ti­cu­liè­re­ment en sep­tem­bre et dans l’ouest du mas­sif fores­tier enten­dre bra­mer les cerfs. Les pro­me­neurs dis­crets ren­con­tre­ront peut-être des che­vreuils sous bois et le boca­ge, qui a (un peu) moins qu’ailleurs souf­fert du remem­bre­ment et conser­ve des haies, refu­ge d’une avi­fau­ne diver­si­fiée. Le musée de Fon­te­nay-le-Com­te, situé auprès de l’église médié­va­le Notre-Dame, pré­sen­te des col­lec­tions inté­res­san­tes, en par­ti­cu­lier sur le plan archéo­lo­gi­que.

Cartographie

  • Car­te IGN au 1 :25000 Fon­te­nay-le-Com­te (N° 1427 E)
  • Topo gui­des : outre celui Les Sen­tiers d’Emilie en Ven­dée (Ran­do-édi­tions), ceux qui seront dis­po­ni­bles.

Liens

Le site de l’Office de Tou­ris­me de Fon­te­nay-le-Com­te (www.tourisme-sudvendee.com) don­ne tou­tes indi­ca­tions uti­les y com­pris la pos­si­bi­li­té de télé­char­ger des cir­cuits de ran­don­née.

A Mer­vent (hameau de La Jamo­niè­re) éco­mu­sée des « Amis de la forêt ». Visi­tes payan­tes d’une heu­re (avril à la mi-novem­bre) : se ren­sei­gner au 02 51 00 00 87.

Années où ces itinéraires ont été parcourus

Hiver 2015.

La forêt de Mervent, domaine de la fée Mélusine

La pré­sen­ce de la fée Mélu­si­ne est appuyée par les ouvra­ges de Jean d’Arras et de Coul­dret­te, publiés à la char­niè­re des XIVe et XVe siè­cles.

Ray­mon­din, neveu du com­te de Poi­tiers, ayant tué acci­den­tel­le­ment celui-ci lors d’une chas­se, errait déses­pé­ré dans une forêt lorsqu’il ren­con­tra une mer­veilleu­se jeu­ne fille auprès d’une fon­tai­ne. Cel­le-ci, qui se nom­mait Mélu­si­ne, lui pro­po­sa de l’épouser en lui pro­met­tant qu’elle lui appor­te­rait une incroya­ble pros­pé­ri­té. Mais elle fixait une condi­tion : son époux devrait s’abstenir de la voir cha­que same­di. Ray­mon­din accep­ta, et elle lui bâtit nui­tam­ment de nom­breux châ­teaux, com­me par enchan­te­ment. Elle lui don­na aus­si des enfants dont l’un fut sur­nom­mé Geof­froy la Grand’Dent, car cel­le-ci « issait » de sa bou­che tel­le la défen­se d’un san­glier. Sui­vit un autre fils, Fro­mont, beau, et pieux au point de se fai­re moi­ne à l’abbaye voi­si­ne de Maille­zais. Ce que Geof­froy, pour­tant croi­sé, ne put sup­por­ter : « On ne pour­ra pas me repro­cher d’avoir un moi­ne pour frè­re ! » Et sous le coup de la colè­re, il brû­la Maille­zais avec ses reli­gieux dont son frè­re. Quant à Mélu­si­ne, son mari conseillé par un parent jaloux la sur­prit un same­di dans son bain : « Jusqu’au nom­bril elle avait l’apparence d’une fem­me, et elle pei­gnait ses che­veux ; à par­tir du nom­bril, elle avait une énor­me queue de ser­pent… » La fée dut quit­ter son époux mor­tel et s’envola de la tour qu’elle avait bâtie : cel­le de Mer­vent selon Jean d’Arras, de Vou­vant d’après Coul­dret­te. Mais elle reve­nait nui­tam­ment pour s’occuper de ses enfants, et depuis elle han­te­rait la forêt après avoir annon­cé par ses cris la mort d’un mem­bre de la famil­le des Lusi­gnan.

Or la légen­de et l’histoire se mêlent : la fée Mélu­si­ne se confon­drait avec Eus­ta­che Cha­bot, décé­dée en 1229 (ou 1202), fem­me très savan­te pour l’époque, et épou­se d’un Lusi­gnan auquel elle appor­ta en dot Vou­vant et Mer­vent. Son fils Geof­froy II de Lusi­gnan incen­dia bien l’abbaye de Maille­zais, ce qui lui valut d’être excom­mu­nié en 1229. Repen­ti, il est cen­sé avoir été inhu­mé à Vou­vant, prieu­ré de cel­le-ci, en 1248 : la « preu­ve » étant un frag­ment de sa pier­re tom­ba­le que l’on peut voir dans le mur de l’absidiole N-W de l’église… sauf que l’analyse de son écri­tu­re la fait dater du milieu du XIe siè­cle.

Le sujet est inépui­sa­ble : un auteur contem­po­rain, Roger Eraud, envi­sa­geant même l’existence d’une « base de Nor­mands » dans le lieu, voit en Mélu­si­ne « une hav­frue (sirè­ne) pei­gnant sa blon­de che­ve­lu­re » et dans ses fils la repré­sen­ta­tion du pan­théon nor­di­que. Le même sup­po­se l’existence d’une « immen­se forêt… peut-être vouée à une dées­se d’origine ger­ma­ni­que, Ermen ou Her­min, dis­si­mu­lée sous la for­me de St. Her­mi­ne et peut-être dans l’Hermenault » (loca­li­tés situées à l’ouest du mas­sif fores­tier).