Heimbach, Mariawald et la Ruhr. Chevaliers, moines, ingénieurs et chats sauvages

Heimbach, Mariawald et la Rur. Chevaliers, moines, ingénieurs et chats sauvages

Heimbach, Mariawald et la Ruhr. Chevaliers, moines, ingénieurs et chats sauvages

Vas­tes Forêts, Forêts magni­fi­ques et for­tes,
Quel infailli­ble ins­tinct nous ramè­ne tou­jours
Vers vos vieux troncs dra­pés de mous­ses de velours
Et vos étroits sen­tiers feu­trés de feuilles mor­tes ?
Albert Samain, Sym­pho­nie héroï­que, 1896

Heimbach, Mariawald et la Ruhr. Chevaliers, moines, ingénieurs et chats sauvages

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Pays : Allemagne.
Région : Rhénanie du Nord – Westphalie — Parc national de l’Eifel.
Thématique générale du parcours : Cette randonnée entre lac et forêts offre trois haltes culturelles : un château, une abbaye et une centrale hydro-électrique Jugenstil. Dans ces collines souvent malmenées par l’histoire, demeure le témoignage de la tripartition indo-européenne : au château d’Hengenbach, les bellatores – ceux qui guerroient ; à l’abbaye de Mariawald, les oratores – ceux qui prient. Enfin, honorés par l’architecture élégante de la centrale, les laboratores – ceux qui travaillent.
Mode de déplacement : A pied.
Durée du parcours : Environ 4 heures.
Difficulté du parcours : Facile, accessible en famille.
Période possible : Toutes saisons. En hiver, la région est parfois enneigée.

Présentation géographique

L’Eifel est un mas­sif vol­ca­ni­que ancien, très éro­dé qui appar­tient au mas­sif schis­teux rhé­nan. Ses col­li­nes s’étendent de la Mosel­le au sud au Rhin à l’est, entre les Hau­tes Fagnes et l’Ardenne.

La riviè­re de la Ruhr a entaillé les grès rou­ges dont les élé­ments les plus soli­des don­nent au pay­sa­ge sa tona­li­té roman­ti­que. Le bar­ra­ge d’Heimbach fait par­tie d’un impor­tant réseau hydro­élec­tri­que. La plus gran­de rete­nue, le Rur­see, atti­re les spor­tifs : ran­don­née, bicy­clet­te, canoë, voi­le, etc. Très rami­fié, le lac est bor­dé de nom­breu­ses ins­tal­la­tions spor­ti­ves, mais aus­si de cam­pings et de cara­va­nings un peu enva­his­sants dans le pay­sa­ge.

Le parc natio­nal l’Eifel, créé en 2004, cou­vre une super­fi­cie de 110 km2. Il est com­po­sé de forêts mix­tes, de lan­des et de lacs. Il abri­te notam­ment des chats sau­va­ges, des cigo­gnes noi­res et des lézards des murailles. Il comp­te plus de 240 km de sen­tiers de ran­don­née pédes­tre, 104 km de pis­tes cycla­bles et 65 km d’allées cava­liè­res. Le cir­cuit pro­po­sé, dans le mas­sif du Ker­me­ter, est sans dan­ger. Il n’en est pas de même si l’on ran­don­ne dans les envi­rons de l’ancienne base bel­ge de l’OTAN ins­tal­lée sur le site de Vogel­sang (Ordens­burg de 1934 à 1939), où sub­sis­tent des mines non explo­sées. Bien res­pec­ter les pan­neaux indi­ca­teurs (Lebens­ge­fahr).

Grès rouges ruiniformes de la vallée de la Rur
Environ 50 chats sauvages vivent dans le massif de l’Eifel
Dans la forêt de Kermeter
Affut en forêt
Un balisage pour les enfants
Le château d’Hengenbach sur son piton

Cadre historique et culturel

Le châ­teau d’Hengenbach a été construit au XIe siè­cle, et comp­te par­mi les plus anciens de l’Eifel. Son pre­mier pro­prié­tai­re fut Godi­zo von Aspel-Heim­ba­ch. Dès le XIIIe siè­cle, le ter­ri­toi­re pas­se sous le contrô­le des com­tes de Jüli­ch (Juliers, en fran­çais). Un incen­die détruit le châ­teau, l’église et le vil­la­ge en 1687. Un siè­cle plus tard, en 1794, les trou­pes révo­lu­tion­nai­res fran­çai­ses occu­pent la rive gau­che du Rhin : le châ­teau devient pos­ses­sion fran­çai­se, jusqu’en 1804 où il est ven­du à la famil­le Frai­kin, qui exploi­te les rui­nes com­me car­riè­re. Après diver­ses ten­ta­ti­ves pour fai­re revi­vre le châ­teau, un bras­seur com­men­ce à le rebâ­tir. Les tra­vaux réa­li­sés à la fin du XXe siè­cle redon­nent vie au châ­teau, qui héber­ge un res­tau­rant et un cen­tre artis­ti­que inter­na­tio­nal.

L’abbaye de Maria­wald a connu elle aus­si une his­toi­re mou­ve­men­tée. Fon­dée au XVe siè­cle, elle accueille les pèle­rins atti­rés par une Pié­tà mira­cu­leu­se – d’abord pro­té­gée dans un arbre creux et aujourd’hui dans l’église parois­sia­le d’Heimbach. Après la guer­re de Tren­te Ans et une cour­te pério­de de cal­me, l’abbaye est sécu­la­ri­sée en 1795 par la Fran­ce. Un abbé venu d’Alsace ten­te de refon­der l’abbaye, qui pâtit néan­moins de la guer­re de 1870 et du Kul­tur­kampf. Nou­vel essor en 1891, avec de nou­veaux bâti­ments néo-gothi­ques. Fer­mée par le régi­me natio­nal-socia­lis­te en 1941, l’abbaye devient un hôpi­tal mili­tai­re en 1944 – ce qui ne l’empêche pas d’être bom­bar­dée pen­dant l’offensive des Arden­nes. La recons­truc­tion, com­men­cée dès 1945, est ache­vée en 1961.

Rare exem­ple d’harmonie entre les exi­gen­ces de l’ingénierie élec­tri­que et l’élégance de l’architecture Jugend­stil, la cen­tra­le d’Heimbach, édi­fiée en 1904, est le troi­siè­me bâti­ment inté­res­sant de la ran­don­née. Il s’agit en effet d’une des plus gran­des cen­tra­les hydro-élec­tri­ques euro­péen­nes de son temps. Elle four­nis­sait à l’époque 12 000 kWh. Trans­for­mée en 1975, elle pro­duit aujourd’hui 25 mil­lions de kWh pour 7 800 foyers. Son archi­tec­tu­re et ses décors « Jugend­stil » — entre Art nou­veau et Art Déco — sont dus à l’architecte Georg Frent­zen (1854–1923). Il est pos­si­ble de visi­ter la cen­tra­le (voir les liens).

Description de l’itinéraire

Sta­tion­ner dans le vil­la­ge d’Heimbach, à proxi­mi­té du châ­teau. Avant de ran­don­ner, mon­tez jusqu’au châ­teau d’Hengenbach, qui domi­ne le vil­la­ge sur son épe­ron rocheux. Si son exis­ten­ce est avé­rée depuis le XIe siè­cle, il est aujourd’hui entiè­re­ment recons­truit, avec des par­ties plus ou moins dis­crè­te­ment rema­niées. L’accès de la cour, du che­min de ron­de et de la tour est libre. Du som­met de la tour, bel­le vue sur la val­lée de la Rur.

Le porche du château
Château d’Hengenbach, aile reconstruite à la fin du XXe siècle
L’abbaye de Mariawald et les collines de l’Eifel
L’abbaye de Mariawald
Deux combattants, dont un inconnu, honorés dans le cimetière militaire
Le chemin de croix montant à l’abbaye

A la sor­tie du châ­teau, emprun­tez le sen­tier pié­ton à votre droi­te, tra­ver­sez la rou­te puis le jar­din public. Après le kios­que à musi­que, conti­nuez sur la peti­te rou­te qui lon­ge la riviè­re. Sui­vez le bali­sa­ge T5. A 1,2 km envi­ron, un sen­tier part sur votre gau­che, en direc­tion de l’abbaye de Maria­wald. Les sta­tions d’un che­min de croix se suc­cè­dent sur 1,4 km, en remon­tant un val­lon dans la forêt. L’imposant mur blanc abri­te un monas­tè­re de moi­nes cis­ter­ciens de rite tri­den­tin. Pos­si­bi­li­té de res­tau­ra­tion.

Le sen­tier T5 (autre­ment bali­sé ici « cir­cuit 49 ») part du fond du par­king de l’abbaye. Il per­met d’accéder à un cime­tiè­re mili­tai­re qui abri­te 414 tom­bes, par­mi les­quel­les cel­les de jeu­nes fem­mes et d’enfants, décé­dés pour la plu­part en novem­bre et décem­bre 1944 ain­si qu’en février 1945. Tra­ver­sez le cime­tiè­re. A la sor­tie, pre­nez à votre droi­te un sen­tier des­cen­dant bali­sé T5, qui vous conduit à tra­vers la forêt en 6,6 km envi­ron à une rou­te gou­dron­née.

Deux solutions
  1. Des­cen­dez jusqu’au bar­ra­ge (Stau­damm) sur la Ruhr, pour admi­rer la vue sur le lac (Rur­see). Puis reve­nez sur vos pas, et sui­vez le bali­sa­ge T5, qui part à droi­te d’un com­plexe hôte­lier. La rou­te des­cend jusqu’au bord de la peti­te rete­nue infé­rieu­re. Pre­nez alors à votre droi­te pour rejoin­dre la cen­tra­le hydro-élec­tri­que.
  2. Tra­ver­sez le bar­ra­ge. Sui­vez alors le bali­sa­ge 10 (Krö­nung­sweg) qui lon­ge une plus peti­te rete­nue. Fran­chis­sez le pont sui­vant, qui arri­ve au droit de la cen­tra­le hydro-élec­tri­que de Heim­ba­ch (atten­tion, il ne s’agit donc pas des ins­tal­la­tions moder­nes situées jus­te sous le grand bar­ra­ge).

Après avoir admi­ré la cen­tra­le, vous pou­vez sui­vre, en rive droi­te, la rou­te (cir­cu­la­tion limi­tée) qui part de l’extrémité du petit par­king, et rejoin­dre le vil­la­ge d’Heimbach. Vous pou­vez éga­le­ment pas­ser sur la rive gau­che en tra­ver­sant le pont, et sui­vre le che­min qui lon­ge la rive gau­che de la Ruhr. Ce che­min pas­se au plus près de l’eau. Dans ce cas, vous retra­ver­sez la riviè­re au niveau du jar­din public, au pied du châ­teau.

Activités connexes

Visi­te de la cen­tra­le d’Heimbach : cel­le-ci est pos­si­ble de mars à octo­bre, sur ins­crip­tion, selon cer­tai­nes condi­tions. Se ren­sei­gner au préa­la­ble ici : besucher.rwepower@rwe.com ou felica.sigglow@rwe.com ou au 0800/8833830

Au nord d’Heimbach, vous pour­rez visi­ter le châ­teau et la peti­te cité de Nideg­gen. Dans la por­te­rie du châ­teau, le refu­ge du club alpin de Düren pro­po­se un héber­ge­ment en ges­tion libre (pas de gar­dien ni de repas). Pos­si­bi­li­tés d’escalade à Nideg­gen.

L'éveil du printemps
L’une des portes de la centrale
La centrale hydro-électrique d’Heimbach
Le long de la Ruhr
Le Rursee vu du barrage
Une roue dentée, symbole solaire Art Déco
Vallon au printemps

Cartographie

Pour ce cir­cuit, les pan­neaux de bali­sa­ge peu­vent suf­fi­re.

Car­te au 1:25 000 : Rurei­fel n° 2 – Eifel­ve­rein

Car­te au 1:50 000 : Natio­nal­park Eifel, Geo Map

Car­te inter­ac­ti­ve : eifel.info/wandertourenplaner-eifel.htm

Accès et données GPS

Le vil­la­ge de Heim­ba­ch est acces­si­ble par la rou­te ou par le train. Il se situe à 65 km au sud-ouest de Colo­gne. Bus depuis Düren.

Matériel spécifique, équipement

Chaus­su­res de mar­che légè­res, et si pos­si­ble étan­ches. Vête­ments confor­ta­bles, selon la sai­son.

Art de vivre

Com­me par­tout en Alle­ma­gne, vous trou­ve­rez de bon­nes biè­res. Les spé­cia­li­tés de l’abbaye de Maria­wald sont une liqueur et une sou­pe de pois.

Liens

Année où cet itinéraire a été parcouru

Prin­temps 2015.