7 films à voir ou à revoir sur le Cycle arthurien

Cycle Arthurien Mort Arthur 1981 Excalibur

7 films à voir ou à revoir sur le Cycle arthurien

Issu d’un ensemble de textes médiévaux autocentrés autour de la figure du roi Arthur, le Cycle arthurien compte parmi les plus merveilleuses gestes européennes. Loin de constituer un texte unique, la légende arthurienne s’est au contraire enrichie, à partir du IXème siècle, de divers apports issus des traditions orales bretonnes et, plus généralement celtiques, compilés par plusieurs générations d’écrivains.

C’est le poète du XIIème siècle Chré­tien de Troyes qui, le pre­mier, fixe par écrit la légende dans ses Romans de la Table Ronde et fait émer­ger la Quête du Graal, voyage ini­tia­tique par­se­mé d’embuches visant à la décou­verte du vase conte­nant le Sang du Christ. De la même manière, l’amour que se portent le che­va­lier Lan­ce­lot et Gue­nièvre pré­fi­gure-t-il les romans d’amour cour­tois qui dic­te­ront une part impor­tante de la lit­té­ra­ture médié­vale. Et la Quête de trans­cen­der très rapi­de­ment les fron­tières du monde celte pour s’internationaliser et for­mer la quin­tes­sence de l’aventure euro­péenne, jusque dans les mondes ger­ma­nique et slave qui conservent le sou­ve­nir de la Table Ronde dans le Royaume mythique de Bre­tagne, regrou­pant une majeure par­tie de l’Angleterre contem­po­raine et un ter­ri­toire non défi­ni de la Bre­tagne armo­ri­caine. L’unité de temps est éga­le­ment conser­vée quelque soit sa forme et les influences inter­na­tio­nales subies. Aus­si, le Cycle arthu­rien prend-il place après le départ des troupes romaines d’Angleterre à la fin du Vème et au début du VIème siècles. Trans­for­mée, réécrite, adap­tée, la lit­té­ra­ture arthu­rienne par­vient jusqu’à notre monde moderne, popu­la­ri­sée de nou­veau par les écrits de Xavier de Lan­glais ou Jean Mar­kale au XXème siècle. Et il ne sera pas exa­gé­ré d’indiquer, qu’avec Homère et Vir­gile, le Cycle arthu­rien est père de toute la lit­té­ra­ture de contes et légendes ini­tia­tiques ; Le Sei­gneur des anneaux de John Ronald Reuel Tol­kien demeu­rant la plus par­faite illus­tra­tion. Païen et chré­tien solaire, le Cycle arthu­rien a mas­si­ve­ment débor­dé le cadre de la lit­té­ra­ture pour être lar­ge­ment repris dans l’ensemble des autres arts, de la pein­ture au théâtre en pas­sant par le chant, et bien évi­dem­ment le ciné­ma. Plus ou moins ins­pi­rés, dans tous les sens du terme…, du Cycle arthu­rien, plus ou moins fidèles aux textes ini­tiaux ou, au contraire, en totale confron­ta­tion, on dénombre pas moins d’une soixan­taine de films, télé­films, des­sins ani­més et séries s’y rat­ta­chant. Et le phé­no­mène semble s’accélérer dans la seconde moi­tié du XXème siècle. Ren­tré de plein fouet dans notre ère désen­chan­tée et maté­ria­liste, le ciné­ma, majo­ri­tai­re­ment anglo-saxon , entre­prit de contri­buer au réen­chan­te­ment du monde. Le chef-d’œuvre en la matière est signé John Boor­man qui rend à la légende ses lettres de noblesse païenne, évo­lienne et elia­dienne pour­rait-on dire. Par ailleurs déjà auteur de Lan­ce­lot et la reine che­va­le­rie hyper­bo­réenne et fémi­ni­té, l’écrivain Nico­las Bon­nal, dans son der­nier ouvrage Le Paga­nisme au ciné­ma, indique qu’Excalibur “est une grande réus­site : la fin de cette che­va­le­rie arthu­rienne est une fin de notre monde. Bien­ve­nue après au centre com­mer­cial et à la salle de bains amé­ri­caine”. Plus qu’un film, Exca­li­bur est un cra­chat lan­cé à la figure hideuse de la médio­cri­té contem­po­raine. Exca­li­bur et quelques autres à décou­vrir main­te­nant ! Et la Quête ne fait que com­men­cer en réa­li­té. Le des­tin de l’Europe est à ce prix…

Les brumes d’Avalon. Titre original : The Mists of Avalon

Film américano-germano-tchèque d’Uli Edel (2001)

Les brumes d'Avalon. Titre original : The Mists of AvalonUne inva­sion bar­bare se pré­cise sur les côtes anglaises. Les hommes de Came­lot se pré­parent à défendre le Royaume d’Avalon dont Viviane est la grande prê­tresse de ce monde invi­sible aux impies. Elle est la Dame du Lac char­gée de la pré­ser­va­tion des tra­di­tions et mythes païens du royaume. Même pour les fidèles, Ava­lon devient un lieu mys­té­rieux de plus en plus introu­vable tant sont nom­breux ceux qui se détournent de la Déesse-Mère. Il faut un roi à la Bre­tagne ! Et c’est aux femmes qu’il revient de le trou­ver. Viviane est rejointe dans sa quête par Mor­gaine, dési­gnée à sa suc­ces­sion un jour, et sa sœur Mor­gause, femme du Roi Lot qui, au prix de nom­breuses infa­mies, intrigue en vue de cap­ter l’héritage du trône à son pro­fit. L’irréversible com­bat que vont se mener ces trois femmes va chan­ger à jamais la des­ti­née du Royaume d’Arthur Pen­dra­gon et de ses che­va­liers…

Réa­li­sée pour la télé­vi­sion, cette mini-série de deux télé­films est bien évi­dem­ment tirée de deux romans du Cycle d’Avalon de l’écrivaine amé­ri­caine Marion Zim­mer Brad­ley qui assume une réécri­ture de fond en comble des mythes arthu­riens. Sacri­lège !, ne man­que­rons pas de hur­ler cer­tains d’entre nous. Fidèle au roman, Edel filme son his­toire à l’aune de ses per­son­nages fémi­nins nar­rant l’histoire d’Arthur au cours de trois heures de télé­film à grand spec­tacle qui contiennent cepen­dant de nom­breuses lon­gueurs. Et c’est peu dire… Le réa­li­sa­teur filme, en revanche, magni­fi­que­ment cer­taines scènes, à l’instar des feux de Bel­taine. On pour­rait croire au pre­mier abord à un film de contes et légendes pour enfants. Les têtes blondes feront pour­tant bien de ne pas regar­der cer­taines scènes de mœurs assez… “païennes”.

Camelot

Film américain de Joshua Logan (1967)

CamelotRoi du pays paci­fié de Came­lot, ceint par une mer­veilleuse forêt enchan­tée, Arthur épouse Gue­nièvre et fonde la confré­rie des che­va­liers de la Table Ronde. Ce mariage arran­gé deve­nu romance pro­cure au royaume une forte période de sta­bi­li­té, de liber­té et de jus­tice, dont les che­va­liers doivent consti­tuer le fer de lance. Arrive de France Lan­ce­lot du Lac qui for­mule le vœu de rejoindre l’ordre che­va­le­resque. Arthur voit en celui-ci un fils mais le che­va­lier tra­hit son roi en tom­bant éper­du­ment amou­reux de la reine Gue­nièvre dont il devient bien­tôt l’amant. Cet amour inter­dit pré­ci­pite la fin de la confré­rie…

Le Cycle arthu­rien se décline à toutes les sauces. Aus­si en 1960, Alan Jay Ler­ner et Fre­de­rick Loewe pro­duisent-ils une comé­die musi­cale à Broad­way, adap­tée d’un roman de Terence Han­bu­ry White, dont la réa­li­sa­tion de Logan consti­tue l’adaptation ciné­ma­to­gra­phique revi­si­tée. A titre d’exemple, sont man­quants les per­son­nages de Viviane et la fée Mor­gane. Idem, la Quête du Graal. Came­lot est l’anti-Excalibur de Boor­man et déve­loppe un curieux uni­vers Flo­wer Power, il est vrai bien contem­po­rain en 1967. Une plai­sante mise en scène, des décors et cos­tumes soi­gnés, et pour­tant, Came­lot laisse un goût amer. La faute peut-être à une théâ­tra­li­sa­tion trop aca­dé­mique qui peine à convaincre. A plus forte rai­son, le film dure trois heures… De même, la qua­li­té des chan­sons mises en scène laisse à dési­rer. Pour une came­lote musi­cale, c’est un comble !

Les chevaliers de la table ronde. Titre original : The Knights of the Round Table

Film anglais de Richard Thorpe (1953)

The Knights of the Round TableAu VIème siècle, au sein d’un royaume miné par les dis­sen­sions internes, le Roi Arthur s’appuie sur Mer­lin l’Enchanteur et le che­va­lier Lan­ce­lot pour rame­ner la paix sur l’ensemble de ses terres. L’ordre des Che­va­liers de la Table Ronde qu’Arthur fonde doit pour­voir à ce but. A la cour, l’intrépidité et l’élégance du che­va­lier Lan­ce­lot font l’unanimité auprès de tous. Presque tous…, car Mor­dred, un des chefs de clan rebelle jalouse le pres­tige dont jouit le che­va­lier et cherche par tous les moyens à our­dir contre lui. La reine Gue­nièvre est son talon d’Achille ; Lan­ce­lot et la reine éprou­vant de forts sen­ti­ments aux­quels leur loyau­té empêche de se livrer. La fée Mor­gane, mère de Mor­dred, dif­fuse la calom­nie dans tout le royaume. Afin de faire taire les médi­sances, Lan­ce­lot épouse dame Elaine et fuit la cour pour guer­royer. Les périls pointent à l’horizon. Lan­ce­lot absent, la malé­dic­tion s’abat sur le royaume sans pro­tec­tion face à l’appétit saxon, affai­bli qu’il est par les ten­sions au sein de l’ordre de che­va­le­rie…

Une année après Ivan­hoé, la socié­té de pro­duc­tion hol­ly­woo­dienne Metro-Goldwyn-Mayer réci­dive en confiant à Thorpe une adap­ta­tion du Cycle du Graal. Et la M.G.M. met le paquet dans cette super­pro­duc­tion à très haut bud­get pour l’époque. Pour qui n’est pas un héraut fana­tique de l’imaginaire arthu­rien, le résul­tat est à la hau­teur grâce à un sub­til mélange de romance dra­ma­tique et de guerre che­va­le­resque, accom­pa­gné d’une sublime musique de Mik­los Róz­sa. Il est une curieuse tra­di­tion pour chaque réa­li­sa­teur s’essayant au ciné­ma arthu­rien : gom­mer cer­tains per­son­nages et par­ties de l’intrigue. Ici, c’est à Viviane d’en faire les frais tan­dis que Mer­lin et la Quête du Graal ne sont qua­si­ment pas évo­qués. Une fois n’est pas cou­tume, Ava Gard­ner peine à convaincre, à la dif­fé­rence de Robert Tay­lor, grande figure de la geste ciné­ma­to­gra­phique médié­vale anglo-amé­ri­caine. Un petit bijou.

Excalibur

Film américain de John Boorman (1981)

ExcaliburDe Mer­lin l’Enchanteur, Uther Pen­dra­gon reçoit l’épée Exca­li­bur sor­tie des eaux par la Dame du Lac. A Uther revient la mis­sion d’unir et de paci­fier le Royaume de Bre­tagne. Mais les espoirs de Mer­lin sont bien­tôt rui­nés par les amours du Roi qui convoite la belle Ygraine, épouse du duc de Cor­nouaille. Afin qu’Uther séduise Ygraine, Mer­lin use de sa magie et offre les traits du duc à Uther. Du lit illé­gi­time nait Arthur qu’enlève Mer­lin à son père en échange de l’utilisation de ses pou­voirs. A la mort d’Uther, Exca­li­bur demeure scel­lée dans une stèle de gra­nit. Il est dit que seul celui qui par­vien­dra à reti­rer l’Epée devien­dra Roi. Seul Arthur par­vient à extraire le métal de la pierre et le bran­dir. Quelques années plus tard, le nou­veau Roi épouse Gue­nièvre en même temps qu’il fonde la Table Ronde. Sa demi-soeur, la fée Mor­gane intrigue et par­vient à enfan­ter un bâtard d’Arthur. L’enfant va pro­vo­quer la perte du Roi…

Si le film de Boor­man peut sem­bler avoir vieilli sous cer­tains aspects, quel chef-d’œuvre il demeure ! Le réa­li­sa­teur livre l’adaptation ciné­ma­to­gra­phique la plus fidèle au Cycle arthu­rien dans sa chro­no­lo­gie mal­gré quelques entorses impo­sées par la néces­si­té de ne pas pro­duire une œuvre trop longue. Elle est éga­le­ment la trans­po­si­tion la plus païenne de la légende au ciné­ma tant un grand soin est appor­té aux rap­ports de l’homme à Dame Nature et aux apports pro­di­gués par celle-ci. Boor­man fait éga­le­ment la part belle à la Quête du Graal en oppo­si­tion avec les autres réa­li­sa­tions arthu­riennes. Cet Exca­li­bur résonne, en outre, comme une tra­gé­die grecque dans laquelle le des­tin de cha­cun est alié­né, empê­chant toute pos­si­bi­li­té d’échappatoire. Quant aux mélo­manes, ils appré­cie­ront, à n’en pas dou­ter, l’immixtion pré­cieuse d’œuvres de Richard Wag­ner et Carl Orff. A voir et à revoir !

Lancelot du lac

Film franco-italien de Robert Bresson (1974)

Lancelot du lacLa Quête du Graal se solde par un échec et a déci­mé les che­va­liers de la Table Ronde l’un après l’autre au cours de furieux com­bats. Par­mi les der­niers sur­vi­vants contraints au déses­poir main­te­nant que l’ordre che­va­le­resque est sur le point de dis­pa­raître, le che­va­lier Lan­ce­lot regagne la cour du Roi Artus. Il y retrouve Gue­nièvre qui, bien que Reine entre­tient une rela­tion adul­té­rine avec le noble che­va­lier. Lan­ce­lot se per­suade que l’échec de sa Quête est une puni­tion divine exi­gée par Dieu pour que le che­va­lier expie sa rela­tion cachée. Hum­ble­ment, Lan­ce­lot demande à son amante de le déli­vrer de son ser­ment de l’aimer ; ce que la Reine refuse. Gau­vain exhorte à la pour­suite de la Quête tan­dis que Mor­dred, souf­frant du pres­tige du che­va­lier, entend user de tous les stra­ta­gèmes pour le désho­no­rer. Plus que tout autre, il devine la pas­sion adul­tère qui unit les amants et en apporte la preuve irré­fu­table à Artus…

Spé­cia­liste de l’adaptation au ciné­ma des œuvres de Georges Ber­na­nos, mais encore de Léon Tol­stoï et Fio­dor Dos­toïevs­ki, Bres­son prend le risque de s’attaquer au mythe arthu­rien. Le film n’est pas le meilleur du genre mais conserve un inté­rêt cer­tain dans l’”identité” ciné­ma­to­gra­phique fran­çaise de l’œuvre. A la dif­fé­rence des adap­ta­tions amé­ri­caines ou anglaises, le pré­sent film offre une trans­crip­tion plus aus­tère et plus dépouillée, plus céré­brale et plus théâ­trale éga­le­ment. Cela manque cer­tai­ne­ment de panache mais l’intention est louable. Bres­son ne conserve qu’un seul per­son­nage fémi­nin en la per­sonne de Gue­nièvre. Exit les autres ! Mais on ne res­te­ra pas insen­sible à la scène lors de laquelle elle prend un bain. Moins spec­ta­cu­laire que les autres, il n’en est pas moins à voir. Le Lan­ce­lot de Bres­son est lar­ge­ment supé­rieur en tout cas à celui de Jer­ry Zucker réa­li­sé deux décen­nies plus tard.

Monty Python : Sacré Graal ! Titre original : Monty Python and the Holy Grail

Film anglais de Terry Gilliam et Terry Jones (1974)

Monty Python and the Holy GrailRecru­ter des che­va­liers de la Table Ronde, tel est le défi qui anime le Roi Arthur. L’entreprise n’est pas sans dif­fi­cul­tés et les ten­ta­tives d’approches du che­va­lier noir ou de pay­sans anar­cho-syn­di­ca­listes s’avèrent vaines. Au cours du pro­cès d’une sor­cière, Sir Bede­vere le Sage accepte de se joindre au Roi, bien­tôt rejoints par d’autres che­va­liers sans mon­tures. Che­mi­nant vers Came­lot, la petite troupe part en Quête du Graal à la suite d’une divine ren­contre. Un châ­teau ren­fer­mant des sol­dats fran­çais serait déten­teur d’un Graal. Qu’à cela ne tienne, nos cou­ra­geux che­va­liers entre­prennent la construc­tion d’un lapin de Troie afin de péné­trer à l’intérieur des lieux. Mais le sort s’acharne contre les che­va­liers qui oublient de se cacher à l’intérieur de la struc­ture. Les hommes d’Arthur sont contraints d’abandonner toute vel­léi­té de tenir plus long­temps le siège car les Fran­çais se battent vaillam­ment en lan­çant des vaches domes­tiques depuis la muraille. Et encore ne sont-ils pas au bout de leur dan­ge­reuses aven­tures. Heu­reu­se­ment, la police moto­ri­sée veille…

Hila­rant que cette paro­die du mythe arthu­rien, la plus mon­ty­py­tho­nesque qui soit ! Ça n’est que suc­ces­sion de gags tous plus lou­foques les uns que les autres, ana­chro­nismes sur­réa­listes, danses absurdes, redon­dances abru­tis­santes ; le tout appa­rais­sant dès la pre­mière seconde du géné­rique. Il paraît que les lou­fiats Gil­liam, Jones et consorts ne pou­vaient pro­duire que des navets. Alors l’industrie ciné­ma­to­gra­phique anglaise refu­sa d’y mettre le moindre pen­ny. Le film put quand même être pro­duit grâce aux lar­gesses de Led Zep­pe­lin, Pink Floyd ou encore des Rol­ling Stones. Comme quoi l’Angleterre a quand même pu léguer à l’humanité quelques bonnes choses. En cher­chant bien… Même Hen­ri Béraud eut pu esquis­ser un sou­rire à la vision de ce film irré­sis­tible ! A côté de Mon­ty Python, la série, quoique réus­sie, de Kaa­me­lott, fait figure de thèse d’histoire médié­vale !

Perceval Le Gallois

Film français d’Eric Rohmer (1978)

Perceval Le GalloisPer­ce­val est un jeune valet édu­qué par sa mère loin de toute pré­sence mas­cu­line. Aus­si­tôt qu’il croise par hasard des che­va­liers, Per­ce­val rêve d’en épou­ser le code et ses dan­gers. Mal­gré la farouche oppo­si­tion de sa mère qui a vu mou­rir au com­bat son mari et ses deux autres fils, Per­ce­val quitte le châ­teau mater­nel afin de gagner la cour du Roi Arthur et être adou­bé à son tour. Il y appren­dra le manie­ment des armes et aura à ven­ger une offense faite à une damoi­selle dont l’honneur a été bafoué par un triste per­son­nage que Lan­ce­lot tue sans sour­ciller. Il est désor­mais temps pour le preux che­va­lier de par­tir en Quête mais aupa­ra­vant de saluer sa mère. Se dresse alors sur son che­min un étrange châ­teau où le che­va­lier est invi­té à demeu­rer le temps d’un étrange fes­tin…

A l’instar de Bres­son, Roh­mer fait une brève incur­sion dans l’imaginaire médié­val avec cette curieuse adap­ta­tion du Per­ce­val de Chré­tien de Troyes. Curieuse mais réus­sie ! Curieux décors en papier mâché en effet qui ne sont pas sans rap­pe­ler l’art de l’enluminure médié­vale, en ce qui concerne la dis­pro­por­tion des pers­pec­tives, mélan­gés à des décors de séries ani­mées pour enfants des années 1970 et en contraste total avec le grand soin appor­té aux cos­tumes. D’aucuns seront effa­rés de cette har­diesse mais le style esthé­tique est inté­res­sant. A plus forte rai­son, si Roh­mer tra­duit en langue moderne le roman cour­tois du XIIème siècle, il en conserve la ver­si­fi­ca­tion. La musique est com­po­sée de chœurs s’inspirant d’airs médié­vaux. Loin de l’argot céli­nien, Fabrice Luchi­ni dans l’un de ses tous pre­miers grands rôles. Ce film est un bijou majes­tueu­se­ment conser­vé dans son écrin !

Auteur : Vir­gile / Source : Cercle Non Conforme