#ColloqueILIADE : Rendre les Européens à l’Europe, et l’Europe aux Européens !

#ColloqueILIADE : Rendre les Européens à l’Europe, et l’Europe aux Européens !

#ColloqueILIADE : Rendre les Européens à l’Europe, et l’Europe aux Européens !

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Ouverture du colloque « Face à l’assaut migratoire, le réveil de la conscience européenne » : Rendre les Européens à l’Europe, et l’Europe aux Européens ! Par Grégoire Gambier, porte-parole de l’Institut ILIADE.

Bien­ve­nue au 3e col­lo­que de l’Institut ILIADE pour la lon­gue mémoi­re euro­péen­ne !

Qu’est-ce que l’Institut ILIADE ? Un conser­va­toi­re, un « sanc­tuai­re »(1) des tra­di­tions et des ver­tus de la vieille Euro­pe ? Une répon­se au ris­que d’« iso­lats » décrits par le génial Jean Ras­pail(2) ? Une « tran­chée » au sens où l’entendait Jean Cau, à pro­pos de la Fran­ce(3), à savoir un espa­ce « capa­ble en même temps de nous abri­ter et de nous vomir vers l’assaut et le salut » ? Un peu tout cela à la fois…

Mais pas seule­ment : l’ILIADE, poè­me de nos ori­gi­nes, est aus­si le fer­ment de notre renou­veau. C’est l’arme « archéo­fu­tu­ris­te »(4) for­gée pour les com­bats à venir. Car aucu­ne vic­toi­re concrè­te, socia­le, poli­ti­que, n’est envi­sa­gea­ble sans vic­toi­re méta­po­li­ti­que préa­la­ble. Ou plus exac­te­ment sans une suc­ces­sion de vic­toi­res dans le champ des idées, de la cultu­re, des repré­sen­ta­tions.

Tel est le théâ­tre des opé­ra­tions de l’Institut ILIADE, tel­le est sa voca­tion.

Sachant que « le temps pré­sent est un temps qui pres­se »…(5)

Face au ris­que de « grand rem­pla­ce­ment », qui atteint la pos­si­bi­li­té même de notre deve­nir en tant que peu­ple, nation, civi­li­sa­tion, il faut être radi­cal.

C’est-à-dire, éty­mo­lo­gi­que­ment, reve­nir et s’attacher à la raci­ne du pro­blè­me(6) : le « grand effa­ce­ment » de notre mémoi­re et de notre iden­ti­té, notre culpa­bi­li­sa­tion, la som­ma­tion qui nous est fai­te de nous cou­ler dans le mou­le et le flot de « l’homme-masse », l’homo fes­ti­vus, indif­fé­ren­cié, décul­tu­ré, asexué(7).

Notre répon­se à cet­te mena­ce est une ripos­te : assu­rer le « grand res­sour­ce­ment » de nos peu­ples dans la mémoi­re vive de leurs iden­ti­tés pro­fon­des, tou­jours poten­tiel­le­ment fécon­des : « Quand l’esprit se sou­vient, le peu­ple se main­tient ! »

Former, convaincre, rassembler

Quel­les sont nos actions concrè­tes ? For­mer, convain­cre, ras­sem­bler.

For­mer, d’abord, de nou­vel­les géné­ra­tions d’acteurs du débat intel­lec­tuel, des mili­tants, des ani­ma­teurs capa­bles de don­ner à l’action civi­que, asso­cia­ti­ve ou poli­ti­que la dimen­sion cultu­rel­le et méta­po­li­ti­que indis­pen­sa­ble à son suc­cès.

Cha­que année, l’institut ILIADE ouvre deux ses­sions de vingt audi­teurs triés sur le volet.

La pre­miè­re pro­mo­tion « Domi­ni­que Ven­ner », lan­cée à l’automne 2014, achè­ve­ra sa for­ma­tion cet été ; la deuxiè­me, « Don Juan d’Autriche », se clô­tu­re­ra début 2017 et la troi­siè­me, « Patri­ck Pear­se », à l’été 2017.

Ces for­ma­tions ne sont pas une fin en soi : elles sont un creu­set, la matri­ce d’un réseau d’énergies et de com­pé­ten­ces mobi­li­sa­bles pour les com­bats à venir.

Deuxiè­me action : convain­cre nos com­pa­trio­tes de la néces­si­té de redé­cou­vrir et de se réap­pro­prier leur patri­moi­ne – la valeur de la patrie, de la ter­re de nos pères.

Cet­te com­mu­ni­ca­tion grand public, appuyée sur un puis­sant site inter­net et une pré­sen­ce très acti­ve sur les réseaux sociaux, et bien­tôt par des ouvra­ges ori­gi­naux, vise à affir­mer la sin­gu­la­ri­té et la riches­se de notre patri­moi­ne. Non par nos­tal­gie, mais pour y pui­ser la sour­ce et les res­sour­ces d’une affir­ma­tion serei­ne, mais déter­mi­née, de notre iden­ti­té fran­çai­se et euro­péen­ne.

Et cet­te affir­ma­tion ren­con­tre un écho réel, puis­sant : notre 1ere vidéo, « Ni Bruxel­les, ni Lam­pe­du­sa, être euro­péen » a été vision­née plus de 2 mil­lions de fois sur You­Tu­be. Enco­re ne s’agit-il que de sa ver­sion fran­çai­se !

Troi­siè­me action : ras­sem­bler une com­mu­nau­té d’esprit et de com­bat, apte à affron­ter les for­mi­da­bles défis qui atten­dent les peu­ples et les nations d’Europe dans les années à venir. C’est l’objet de notre réunion de ce jour.

Cha­que année, au Prin­temps, à l’occasion de l’anniversaire du sacri­fi­ce volon­tai­re de Domi­ni­que Ven­ner, nous avons déci­dé d’organiser un grand col­lo­que, pré­tex­te à réflé­chir et échan­ger sur un sujet d’actualité, en le met­tant en pers­pec­ti­ve, dans la lon­gue durée qui est la nôtre.

Pour une nouvelle Renaissance européenne

Que vou­lons-nous, fina­le­ment ?

Nous vou­lons une Révo­lu­tion cultu­rel­le, la seule à même d’enrayer puis d’inverser la pul­sion du nihi­lis­me, la hai­ne de soi, l’acceptation de notre dis­pa­ri­tion, qui n’est une fata­li­té que pour ceux qui ont déjà renon­cé — et en par­ti­cu­lier pour nos pseu­dos « éli­tes ». Pour cela, il nous faut donc refor­ger nos âmes, mais aus­si, très concrè­te­ment, chan­ger d’élites !

Il faut fai­re de l’opinion majo­ri­tai­re, de l’opinion popu­lai­re — cel­le de l’instinct de sur­vie — la nou­vel­le « idéo­lo­gie domi­nan­te »(8) – c’est-à-dire l’horizon intel­lec­tuel de nou­vel­les éli­tes libé­rées du car­can de la pen­sée confor­me, et de tou­te ten­ta­tion de Sou­mis­sion(9)

Ce que nous vou­lons, c’est une nou­vel­le Renais­san­ce euro­péen­ne.

C’est assu­rer le réveil de la conscien­ce, de l’âme et de la fier­té des Euro­péens sur le sol de leurs ancê­tres, dans la fidé­li­té à leur ave­nir !

Et ce n’est pas une option, mais un impé­ra­tif vital. Com­me l’affirme José Orte­ga y Gas­set, « un peu­ple ne peut pas choi­sir entre dif­fé­rents sty­les de vie. Ou il vit confor­mé­ment au sien, ou il ne vit pas. »(10) Pour para­phra­ser une jeu­ne et talen­tueu­se dépu­tée, dans un entre­tien à Fran­ce­le­Mag(11), il nous faut réar­mer psy­cho­lo­gi­que­ment les peu­ples euro­péens : il nous faut leur rap­pe­ler d’où ils vien­nent, ce qu’ils ont à défen­dre, et pour­quoi ils doi­vent le défen­dre.

En ce cen­te­nai­re des « Pâques san­glan­tes », je vou­drais pour conclu­re vous rap­pe­ler ce que Phi­lip­pe Conrad, dans le der­nier numé­ro de La Nou­vel­le Revue d’Histoire (12), nom­me « l’exemple irlan­dais ».

Un exem­ple de résis­tan­ce popu­lai­re et de réveil natio­nal qui a été per­mis par la conjonc­tion de deux élé­ments moteurs :

  • La trans­mis­sion et l’actualisation, mal­gré le silen­ce impo­sé par l’oppresseur, de l’héritage d’un pas­sé seul à même de for­mu­ler le pro­jet d’un ave­nir com­mun ;
  • Mais aus­si le prix du sang ver­sé, le cou­ra­ge de ceux qui, tels Patri­ck Pear­se, Michael Col­lins ou Bob­by Sands, ont tout sacri­fié à la cau­se qui com­man­dait leur exis­ten­ce.

En hom­ma­ge aux insur­gés irlan­dais, notre com­bat, qui est aus­si une insur­rec­tion, même si elle est de natu­re intel­lec­tuel­le, mora­le, spi­ri­tuel­le, peut donc se résu­mer en une for­mu­le :

« Ren­dre les Euro­péens à l’Europe, et l’Europe aux Euro­péens ! »

Bon­ne jour­née au sein de notre com­mu­nau­té retrou­vée !

Gré­goi­re Gam­bier

Notes

  1. Julien Roche­dy, « Une volon­té de sanc­tuai­res », rochedy.fr et polemia.com, 25 novem­bre 2015
  2. Jean Ras­pail, entre­tien à Valeurs actuel­les, 2013
  3. Jean Cau, Pour­quoi la Fran­ce, La Table Ron­de, 1975
  4. Guillau­me Faye, L’Archéofuturisme, L’AEncre, 1998
  5. Julien Roche­dy, « A quoi peut ser­vir la poli­ti­que dans le mon­de nou­veau ? », billet du 22 décem­bre 2015, rochedy.fr
  6. Alain de Benoist : « La radi­ca­li­té […] impli­que de cher­cher tou­jours à com­pren­dre plus loin, en remon­tant à la raci­ne (radix) – à la cho­se même (zur Sache selbst, disait Hei­deg­ger en se réfé­rant à Hus­serl) – et à en tirer les consé­quen­ces. Etre radi­cal, ce n’est pas seule­ment refu­ser le com­pro­mis, c’est s’intéresser aux cau­ses loin­tai­nes plus qu’aux effets immé­diats, dédui­re d’une posi­tion quel­con­que les conclu­sions logi­ques qui en déri­vent (si l’on sou­tient tel­le posi­tion, alors on ne peut pas sou­te­nir tel­le autre, mais on doit en revan­che admet­tre une troi­siè­me dans tel autre domai­ne), cher­cher à connaî­tre la natu­re d’une thé­ma­ti­que en éta­blis­sant sa généa­lo­gie, c’est-à-dire en remon­tant à ses ori­gi­nes. Don­ner aux cho­ses une dimen­sion de pro­fon­deur qui est consti­tu­ti­ve de la pen­sée. La recher­che des prin­ci­pes pre­miers, la médi­ta­tion sur les cho­ses ulti­mes font par­tie de la radi­ca­li­té. Ce qui exi­ge d’être intel­lec­tuel­le­ment struc­tu­ré. » (Mémoi­re vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012)
  7. Phi­lip­pe Muray, Fes­ti­vus, Fes­ti­vus, conver­sa­tions avec Eli­sa­be­th Lévy, Flam­ma­rion, 2008
  8. Pier­re Bour­dieu et Luc Bol­tans­ki, La pro­duc­tion de l’idéologie domi­nan­te, Edi­tions Rai­sons d’agir / Demo­po­lis, 2008
  9. Michel Houel­le­becq, Sou­mis­sion, Flam­ma­rion, 2015
  10. José Orte­ga y Gas­set, Espa­na Inver­te­bra­da, Alian­za, Madrid, 2004
  11. Maga­zi­ne Fran­ce, n°1, mars 2016, francelemagazine.fr
  12. Phi­lip­pe Conrad, édi­to­rial de La NRH n°83, mars-avril 2016, dos­sier « Irlan­de rebel­le», la-nrh.fr