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Remigration : remettre les peuples au centre. Entretien avec Jean-Yves Le Gallou

Jean-Yves Le Gallou défend une rupture stratégique dans l’approche migratoire. Un projet présenté comme historique, politique et civilisationnel.

Remigration : remettre les peuples au centre. Entretien avec Jean-Yves Le Gallou

Dans son dernier ouvrage consacré à la remigration, Jean-Yves Le Gallou propose ce qu’il appelle un « renversement copernicien » du regard porté sur l’immigration. Il ne s’agit plus, selon lui, de penser prioritairement la situation du migrant, mais celle du peuple d’accueil, de sa continuité historique et de sa souveraineté. De la notion de « mythe mobilisateur » à la critique du « gouvernement des juges », en passant par la référence aux longues strates du peuplement européen, il expose une vision cohérente et structurée d’un projet qu’il inscrit dans l’histoire longue des peuples. Entretien.

Vous définissez la remigration comme un « renversement copernicien » de la question migratoire. En quoi consiste précisément ce changement de perspective ? Pourquoi estimez-vous que le débat public reste encore structuré quasi exclusivement du point de vue des migrants plutôt que de celui des peuples d’accueil ?

C’est simple : il faut cesser de considérer l’immigration uniquement du point de vue de celui qui arrive, mais se placer du côté de la société qui reçoit, bon gré mal gré. Pendant des décennies, le débat public a été structuré autour des droits individuels du migrant, de sa situation personnelle, de son intégration (problématique !), de ses souffrances. Dans ce livre je remets au centre la continuité historique, culturelle et démographique du peuple d’accueil. Et la tranquillité de ses habitants. Les nôtres avant les autres.

Ce déplacement du centre de gravité n’est pas une négation de l’individu, mais une réaffirmation du politique : une communauté historique a le droit de penser sa survie et son avenir.

Vous assumez explicitement la dimension de « mythe mobilisateur ». Pourquoi revendiquer ce terme, souvent perçu négativement ? Comment distinguer, selon vous, un mythe mobilisateur d’une simple utopie ou d’un slogan politique ?

Un mythe, en philosophie politique, n’est pas un mensonge mais une représentation capable de structurer l’action collective. Toute grande transformation historique repose sur un récit fondateur.

Le mythe n’est pas une utopie. L’utopie est détachée du réel ; le mythe mobilisateur s’appuie sur des constats concrets : démographie, tensions culturelles, transformations visibles du paysage social.

Le mythe n’est pas non plus un simple slogan. Le slogan est un outil de communication ; le mythe mobilisateur repose sur une vision globale, articulée à une doctrine, à une analyse historique et à un projet institutionnel. C’est un horizon stratégique, pas une formule.

Vous consacrez un chapitre à montrer que la remigration serait « une constante de l’histoire du monde ». Quels exemples historiques vous paraissent les plus éclairants ? En quoi ces précédents rendent-ils, selon vous, la remigration contemporaine non seulement pensable mais légitime ?

Les remigrations sont des phénomènes récurrents de l’histoire. On peut citer la Reconquista, certaines phases de décolonisation, les retours des Allemands de la Volga après l’effondrement de l’URSS, ou encore l’Alya juive.

La remigration n’est pas pas une invention contemporaine, mais une forme particulière d’un mouvement plus ancien : la dynamique des peuples cherchant à retrouver une cohérence politique, culturelle ou démographique lorsqu’ils estimaient celle-ci menacée.

Vous fondez votre argumentation sur la continuité historique des peuples européens sur leur sol. Comment articulez-vous cette idée avec les dynamiques historiques de migrations internes à l’Europe elle-même ? À partir de quels critères définit-on un « peuple premier » ?

La durée. Le peuple européen tel qu’il est aujourd’hui (jusqu’en 1960 en tout cas, début de l’immigration extra-européenne) remonte à plus de 5000 ans à partir de la fusion de trois souches : les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire (Lascaux, la grotte Chauvet), les agriculteurs anatoliens de la protohistoire (les mégalithes) et les Indo-Européens eux-mêmes (eux-mêmes issus des chasseurs-cueilleurs), aux sources de l’histoire et de nos langues.

Telles sont les grandes strates du peuplement européen. Telle est notre ethnogenèse. Un grand invariant jusqu’à l’invasion migratoire de la fin du XXᵉ siècle.

En ce sens les Européens sont bien le peuple premier d’Europe (les indigènes si l’on préfère).

Non pas par une pureté abstraite mais par la continuité historique majoritaire sur un territoire donné, par la transmission culturelle et civilisationnelle et par la conscience d’appartenance collective.

Vous détaillez plusieurs instruments : arrêt de l’immigration, renvoi des clandestins, déchéance de nationalité, encouragement au retour. Selon vous, quelles seraient les priorités opérationnelles dans les cinq premières années d’une politique de remigration ? Comment garantir la conformité juridique et éviter un chaos administratif ou social ?

Graduons les choses

  • Acte 1 : l’arrêt immédiat de toute nouvelle immigration comme préalable indispensable, afin de stabiliser la situation.
  • Acte 2 : priorité donnée aux situations juridiquement les plus claires, clandestins, délinquants étrangers, titres de séjour devenus caducs.
  • Acte 3 : réexamen de la situation de ceux des binationaux qui sont à la fois inassimilés et hostiles.
  • Acte 4 : encouragement au retour volontaire, des binationaux inassimilés sans être hostiles avec incitations financières ou administratives.

Et les bi nationaux assimilés ?

Ils sont évidemment hors du champ de la remigration.

Vous développez l’idée d’un « JUGEXIT », critique radicale du « gouvernement des juges ». En quoi ce pouvoir judiciaire constitue-t-il un obstacle structurel aux politiques migratoires décidées démocratiquement ? Quelles réformes institutionnelles concrètes préconisez-vous ?

Le regroupement familial ? Ce sont les juges du Conseil d’État qui décident. Le droit d’asile ? Ce sont les juges de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) qui l’accordent. Le contenu des lois sur l’immigration, c’est le Conseil constitutionnel qui tranche en dernier ressort. Les députés ? Le peuple ? C’est peanuts et c’est pareil dans tous les pays européens !

D’où la nécessité d’un JUGEXIT : réaffirmation de la primauté constitutionnelle nationale, redéfinition du rôle des cours suprêmes, primat de la loi sur la surinterprétation idéologique de textes généraux, révision de certains engagements internationaux (Convention européenne des droits de l’homme, convention de Genève sur l’asile, etc.).

Vous situez la remigration dans une dynamique européenne plus large. Peut-elle être menée dans un seul pays, ou suppose-t-elle une coordination continentale ? Faut-il, selon vous, réviser les traités européens pour la rendre possible ?

Un pays – même hors Union européenne comme la Suisse ou la Norvège ou désormais la Grande-Bretagne – ne peut s’en sortir seul. Ce qu’il faut, c’est une prise de conscience globale. Un mouvement de révolte populaire contre les oligarchies médiatiques et judiciaires. Identitaires européens, unissez-vous !

Propos recueillis par Yves Lejeune

À propos

Remigration. Pour l’Europe de nos enfants (Jean-Yves Le Gallou), La Nouvelle Librairie Éditions (hors collection), parution le 10 mars 2026. En prévente sur boutique.institut-iliade.com