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Promenade historique dans la Montagne d’Auxois

« La forteresse d’Alésia se trouve au sommet d’une hauteur bien saillante. De cette hauteur, deux cours d’eau baignent les pieds de deux côtés. […] Des hauteurs de même élévation entourent la forteresse à une faible distance. »
Jules César, La Guerre des Gaules

Promenade historique dans la Montagne d’Auxois
Pays : France
Région : Bourgogne, Côte‑d’Or, Haut-Auxois
Thématique générale du parcours : Ce parcours relativement court permet de se promener dans plusieurs périodes de l’histoire de France. Une boucle autour du bourg médiéval de Flavigny-sur-Ozerain vous conduit à Alésia sur les traces de Vercingétorix et César, ainsi qu’au château de Bussy-Rabutin.
Mode de déplacement : À pied, en VTT.
Durée : 5 heures de marche, possibilité de réaliser les visites des sites dans la journée. Prévoir environ 1 heure pour Flavigny, 1 heure pour Bussy-Rabutin, 30 minutes pour les vestiges gallo-romains.
Difficulté : 20 kilomètres, beaucoup de dénivelés de faible difficulté.
Période : Il est préférable de parcourir l’itinéraire à la belle saison, le sol étant très gras en période de pluie. Le « centre d’interprétation » d’Alésia et les vestiges gallo-romains sont fermés entre décembre et février.

Présentation géographique

L’Auxois (pro­non­cé Aus­sois) recouvre la par­tie ouest du dépar­te­ment de la Côte‑d’Or. C’est un pays de col­lines douces, de terres argi­leuses et grasses, en grande par­tie recou­vert de prés et de bois.

Notre iti­né­raire nous emmène plus pré­ci­sé­ment dans le Haut-Auxois, au nord-est de la région. Les val­lées paral­lèles de la Brenne, de l’Oze et de l’Ozerain struc­turent le pay­sage en déli­mi­tant de grands « monts », plus proches du pla­teau en réa­li­té. Sur l’un d’entre eux se situe Fla­vi­gny, à quelque 400 mètres d’altitude. Sur le Mont-Auxois, à la même hau­teur, on retrouve le site d’Alésia. La tra­ver­sée de la val­lée de l’Oze conduit à Bus­sy-Rabu­tin – pla­teau du Des­sus du Parc. D’autres monts appa­raissent durant la balade, comme le Mont Drouot, où se situait le camp de César.

Cadre historique et culturel

L’histoire de la région est mar­quée par la bataille d’Alésia en 52 avant J.-C., une des pre­mières dates majeures de l’histoire de France. Dans le cadre de la conquête de la Gaule par César, les Gau­lois conduits par Ver­cin­gé­to­rix sont contraints de se replier dans l’oppidum d’Alésia. Cette ville for­ti­fiée est la capi­tale des Man­du­biens, petit peuple gau­lois ins­tal­lé entre les Éduens et les Lin­gons. Ver­cin­gé­to­rix décide de s’enfermer dans Alé­sia avec ses 80 000 fan­tas­sins et envoie sa cava­le­rie lever des troupes en masse dans toute la Gaule. Pen­dant ce temps, César, stra­tège hors-pair, fait bâtir deux lignes de défense : la contre­val­la­tion qui empêche les assié­gés de sor­tir ; la cir­con­val­la­tion qui pro­tège les dix légions romaines des troupes de ren­fort gau­loises. Ses 70 000 hommes font face aux assié­gés et aux 250 000 hommes de ren­fort lors de l’assaut final. Mais les Gau­lois assié­gés sont épui­sés et les ren­forts mal orga­ni­sés. Fin sep­tembre –52, Ver­cin­gé­to­rix se rend, la conquête des Gaules est ache­vée.

Napo­léon III remit à l’honneur le site d’Alésia, impor­tant dans l’affirmation de l’identité natio­nale, en y orga­ni­sant de grandes fouilles. Il fit éga­le­ment éri­ger une sta­tue monu­men­tale (6,5 mètres sur un socle de 7 mètres) en bronze repré­sen­tant Ver­cin­gé­to­rix, à qui il aurait don­né ses traits… Notons que le débat sur l’emplacement réel d’Alésia semble aujourd’hui tran­ché par les his­to­riens en faveur du site côte‑d’orien.

À l’époque médié­vale, la région se dis­tingue par la pré­sence de deux abbayes d’importance. Fon­te­nay, située hors de notre iti­né­raire, est une abbaye cis­ter­cienne fon­dée en 1130, aujourd’hui ins­crite au patri­moine mon­dial de l’Unesco. À Fla­vi­gny, l’abbaye béné­dic­tine Saint-Pierre, fon­dée en 722, n’est pas aus­si bien conser­vée puisqu’il n’en reste que la remar­quable crypte caro­lin­gienne et des bâti­ments construits à l’époque moderne. Elle jouis­sait cepen­dant d’un grand pres­tige durant le haut Moyen Âge. En effet, Alcuin, le grand arti­san de la renais­sance caro­lin­gienne, en a été l’abbé entre 796 et 803. En 864, l’abbaye reçoit les reliques de Sainte-Reine, vierge mar­ty­ri­sée à Alé­sia au IIIe siècle par un gou­ver­neur romain et sainte assez popu­laire à l’époque médié­vale. L’abbaye perd de son impor­tance durant le Moyen Âge clas­sique.

À l’époque moderne, la figure du comte Roger de Bus­sy-Rabu­tin domine la région. Cet offi­cier brillant né en 1618 achève de rema­nier avec habi­le­té l’ancien châ­teau médié­val dans un style Renais­sance fran­çaise. La déco­ra­tion inté­rieure réa­li­sée par le comte lui-même est frap­pée du sceau de sa propre his­toire et de son ori­gi­na­li­té : pan­neaux peints assor­tis de devises de l’auteur, por­traits de femmes célèbres dans sa chambre… Contraint par Louis XIV à deux retraites dans son châ­teau pour diverses frasques amou­reuses et lit­té­raires, il y rédige notam­ment la fameuse « His­toire Amou­reuse des Gaules », tableau sati­rique des fêtes et pra­tiques de la Cour du Roi-Soleil.

C’est au XVIIe siècle éga­le­ment que les célèbres anis de Fla­vi­gny, consti­tués d’une graine d’anis enro­bée de sucre aro­ma­ti­sé, sont ima­gi­nés par des Ursu­lines ins­tal­lées dans le bourg.

La région conserve une cer­taine pros­pé­ri­té à l’époque contem­po­raine puisqu’elle béné­fi­cie du pas­sage du canal de Bour­gogne et du che­min de fer, ain­si que d’une indus­trie sidé­rur­gique de grande qua­li­té, héri­tière de la forge de l’abbaye de Fon­te­nay et de la Grande Forge de Buf­fon à côté de Mont­bard.

Description de l’itinéraire

En guise d’échauffement, vous pou­vez flâ­ner dans la bour­gade de Fla­vi­gny. Visi­tez l’ancienne abbaye Saint-Pierre (crypte et fabrique d’anis), l’église gothique Saint-Genest et ses stalles, pas­sez devant l’abbaye Saint-Joseph de Clair­val et le sémi­naire du Saint-Curé d’Ars (où les futurs prêtres de la Fra­ter­ni­té sacer­do­tale Saint-Pie X reçoivent leur pre­mière année d’enseignement). On constate que la cité est encore net­te­ment mar­quée par la spi­ri­tua­li­té et la tra­di­tion catho­lique. Le calme et la situa­tion géo­gra­phique du bourg ain­si que la sobrié­té de ses bâti­ments médié­vaux et Renais­sance incitent à une forme de recueille­ment.

Démar­rez réel­le­ment la ran­don­née de la porte du Bourg. Ce tron­çon condui­sant à Alé­sia ne pose aucun pro­blème d’orientation, car il suit le che­min Bibracte – Alé­sia, fort bien bali­sé en bleu et jaune. Après avoir tra­ver­sé la val­lée de l’Ozerain, admi­ré le Mont Drouot sur votre gauche, vous gra­vi­rez le Mont-Auxois. Sur le pla­teau, avant d’atteindre le site archéo­lo­gique, notons la pré­sence de quelques sculp­tures contem­po­raines évo­quant l’époque antique : Déesse Séqua­na, Fibu­la Roma­na…

Vous pou­vez ensuite saluer Ver­cin­gé­to­rix et vous recueillir devant la plaine des Laumes. C’est à cet endroit, sur les pentes du Mont-Auxois, que s’est dérou­lé l’assaut final du siège d’Alésia. Cette défaite de « nos ancêtres les Gau­lois », durant laquelle plu­sieurs dizaines de mil­liers d’entre eux périrent, chan­gea radi­ca­le­ment le des­tin de la Gaule en la fai­sant ren­trer dans l’orbite romaine. C’est à cet endroit pré­cis que naît la civi­li­sa­tion gal­lo-romaine dont nous sommes les des­cen­dants.

Vous vous ren­drez à Bus­sy-Rabu­tin en tra­ver­sant la val­lée de l’Oze puis en mon­tant sur le pla­teau domi­nant le châ­teau. Pour ce faire, plon­gez à gauche (en regar­dant de face la sta­tue de Ver­cin­gé­to­rix) dans un petit sen­tier bor­dé par des arbres et une croix. Des­cen­dez jusqu’à un pré que vous tra­ver­sez au moyen d’une bar­rière-tour­ni­quet. Pre­nez après cela le che­min allant vers la droite et des­cen­dez jusqu’à la route. Tour­nez à droite sur la route, lon­gez-la sur quelques cen­taines de mètres (pas­sage sur un pont fran­chis­sant l’Oze et la voie fer­rée) jusqu’au vil­lage de Gré­si­gny. Pas­sé deux mai­sons, tour­nez à droite sur le che­min qui monte vers la col­line. Au cal­vaire, pre­nez la voie de gauche, bitu­mée, et ser­pen­tez jusqu’au som­met du pla­teau où appa­raît le mur arrière du parc du châ­teau. Conti­nuez en lon­geant ce mur ; vous attein­drez l’entrée du châ­teau située dans le vil­lage de Bus­sy-le-Grand. L’endroit est beau­coup plus empreint de légè­re­té que le site pré­cé­dent. La plume de Bus­sy-Rabu­tin, l’esprit sati­rique fran­çais et la vie de la cour de Louis XIV nous viennent à l’esprit lorsque l’on songe que L’Histoire Amou­reuse des Gaules a été écrite ici, dans cet élé­gant châ­teau.

Après la visite du châ­teau, vous enta­mez le troi­sième tiers de l’itinéraire qui vous ramène à Fla­vi­gny. Repar­tez sur vos pas jusqu’à l’angle du mur du parc. Quatre che­mins partent de là. Sui­vez le deuxième en par­tant de la droite (le pre­mier étant celui lon­geant le mur arrière par lequel vous êtes arri­vé). Après quelques kilo­mètres légè­re­ment des­cen­dants, emprun­tez le che­min de droite à la pre­mière fourche. En bas du che­min, il vous fau­dra tra­ver­ser une route et une voie fer­rée. La pru­dence reste de mise. Juste après les rails, conti­nuez tout droit en fran­chis­sant l’Oze par le pont des Romains, qui ne semble plus rien avoir d’antique. Emprun­tez un che­min de terre qui monte jusqu’à une route. Tour­nez à droite sur cette route, lon­gez-la pen­dant 30 mètres et pre­nez à gauche sur un che­min blanc direc­tion Som­ber­non. Bifur­quez sur la droite après une cen­taine de mètres sur un che­min entre deux prés. On aper­çoit Fla­vi­gny au loin sur la droite, ain­si que de la vigne sur cer­tains pans des col­lines envi­ron­nantes. La vigne fait sa réap­pa­ri­tion dans la région sous l’appellation « Coteaux de l’Auxois » (elle avait dis­pa­ru à cause du phyl­loxé­ra en 1890). Lais­sez une grande ferme à votre droite et choi­sis­sez la voie de droite à la pre­mière fourche après cette ferme ; vous pas­sez sur un pont fran­chis­sant l’Ozerain. Vous êtes en contre­bas de Fla­vi­gny où vous remon­te­rez par un che­min très raide, la Pis­sotte, que vous trou­vez après avoir cou­pé la route. Un der­nier effort vous conduit sous les rem­parts du bourg, en pre­nant soin de choi­sir la voie la plus raide à cha­cune des deux inter­sec­tions res­tantes. Vous ache­vez l’itinéraire en pas­sant à côté de la porte du Val, et sous les fenêtres de l’abbaye Saint-Joseph.

Activités connexes

En dehors de l’itinéraire qui occupe la jour­née avec les visites, on dénombre trois sites à visi­ter en prio­ri­té.

Le centre d’interprétation du Muséo­Parc d’Alésia, situé dans le vil­lage d’Alise-Sainte-Reine en contre­bas du Mont-Auxois, retrace de manière vivante et envi­ron trois heures l’histoire de la bataille d’Alésia. Ani­ma­tions pour les enfants.

L’abbaye de Fon­te­nay, située à une ving­taine de kilo­mètres de Fla­vi­gny est ouverte toute l’année.

Semur-en-Auxois, capi­tale his­to­rique de l’Auxois, est située à une quin­zaine de kilo­mètres à l’ouest de Fla­vi­gny. La vieille ville médié­vale et les pro­me­nades au bord de l’Armançon s’avèrent par­ti­cu­liè­re­ment agréables.

Cartographie

Carte IGN Ran­don­née 2921 SB Mont­bard — Bai­gneux-les-Juifs — Alé­sia.

Bibliographie

  • Jules César, La Guerre des Gaules
  • Roger de Bus­sy-Rabu­tin, His­toire Amou­reuse des Gaules
  • Jean-Fran­çois Bazin, His­toire du dépar­te­ment de la Côte‑d’Or (Édi­tions Gis­se­rot).

Accès et données GPS

  • Fla­vi­gny-sur-Oze­rain 47° 30’ 46’’nord 4° 31’ 55’’ est
  • Par le train, TER en gare des Laumes (à 8 km) sur la ligne Dijon-Paris.
  • En voi­ture, sor­tie de l’autoroute A6 à Bierre-lès-Semur à 25 km.

Art de vivre

La Grange, à Fla­vi­gny. Cette ferme auberge regroupe les pro­duc­tions de quinze agri­cul­teurs des alen­tours, trans­for­mées chaque jour dans un menu dif­fé­rent. Pro­pose aus­si des « quatre heures sou­pa­toires ». Réser­va­tion obli­ga­toire.

Liens

Office de tou­risme de l’intercommunalité : alesia-tourisme.net
Site du Muséo­Parc gérant l’ensemble du site d’Alésia : sta­tue, site antique, centre d’interprétation : alesia.com
Châ­teau de Bus­sy-Rabu­tin : chateau-bussy-rabutin.fr
Abbaye de Fon­te­nay : abbayedefontenay.com

Iti­né­raire par­cou­ru en avril 2019.