Institut Iliade

Accueil | Métapolitique et formation | Formation métapolitique | Présentation de la Promotion Isabelle de Castille

Présentation de la Promotion Isabelle de Castille

Conquérir, reconquérir, persévérer : la XXIᵉ promotion de l'Institut Iliade choisit Isabelle de Castille comme figure tutélaire.

Promotion Roi Arthur

Une nouvelle fois, le temps de la Reconquête semble venu en Europe. Il nous faudra force, courage et détermination. Car les armées naissent souvent de l’obstination d’une poignée. L’Histoire n’est jamais écrite d’avance − l’exemple d’Isabelle de Castille nous le rappelle chaque jour − et ce qui a été perdu peut être reconquis. Sous le regard de cette inflexible souveraine, la XXIᵉ promotion de l’Institut Iliade en fait le serment.

La culture européenne fond comme neige au soleil tandis que notre continent est submergé par des populations venues essentiellement d’Afrique et du Moyen-Orient. Des populations qui gardent vives leur culture et leur religion : les mœurs, traditions et vêtements islamiques prospèrent en Europe sous l’œil complaisant (voire complice) de la Cour européenne des droits de l’homme. Cette islamisation progressive, tantôt discrète, tantôt violente, soutenue par une croissance démographique hors norme et une législation aussi démissionnaire qu’inadaptée, n’augure rien de bon pour les peuples européens. Alors en ce jour, nous puisons dans la longue histoire européenne pour y retrouver les figures qui, dans les heures décisives, ont su résister à des défis qui rappellent trop les nôtres, à commencer par l’expansion conquérante de l’Islam et le djihad qui l’accompagne toujours. La détermination sans faille de l’emblématique Isabelle de Castille doit nous inspirer aujourd’hui plus que jamais : voilà pourquoi nous, la XXIᵉ promotion de l’Institut Iliade, l’avons choisie comme figure tutélaire de notre promotion.

« Tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s’est fixé un but n’en change pas. » Isabelle aurait pu faire sienne cette maxime de Léonard de Vinci, car avant de reconquérir, elle a dû conquérir. Le trône de Castille lui était disputé par Jeanne, fille de son demi-frère Henri IV « l’Impotent », première dans l’ordre de succession. Déterminée à s’imposer, Isabelle épouse Ferdinand d’Aragon et scelle ainsi une alliance décisive. À la mort d’Henri IV, elle se proclame reine de Castille à la surprise générale et affronte une vaste coalition.

Voici donc la première démonstration de son caractère résolu et de son intelligence politique. Conquérir le pouvoir puis le conserver requiert de savoir nouer des alliances stratégiques, saisir les opportunités avec audace et tenir bon dans l’adversité. Car les ambitions les plus hautes suscitent aussi les plus vives résistances.

Et quelle plus haute ambition que de rendre à la péninsule ibérique sa cohérence civilisationnelle, son unité ethnique et sa liberté religieuse ? Isabelle de Castille poursuit l’œuvre de Don Pelayo le Conquérant qui, fort de quelques hommes retranchés dans les montagnes asturiennes, infligea aux Omeyyades leur premier revers sur le sol ibérique à Covadonga en 722. Le premier roi des Asturies et sa poignée de Wisigoths accrochés à leurs sommets incarnent aussi bien la résistance que Teutobourg, Alésia, le premier siège de Vienne ou plus récemment les maquisards. La Reconquista des terres occupées prendra 800 ans. Ce projet au long cours sert une triple fidélité exemplaire : la fidélité aux rois qui sont descendus de la montagne pour libérer la Galice, le Léon, la Navarre et la Catalogne ; la fidélité aux peuples asservis, soumis à une loi étrangère ; et enfin la fidélité à la foi chrétienne, pour que la Croix supplante le Croissant jusqu’aux colonnes d’Hercule.

David Engels a écrit : « Courage, persévérance, fidélité et espoir, voici les forces qui devront nous animer – envers et contre tous nos ennemis »[1]. Isabelle de Castille possède toutes ces forces. En mettant un terme à l’occupation maure en 1492, date de la chute de Grenade, elle réunifie une terre et, avec son peuple légitime, une entreprise nécessaire à la fondation du futur royaume d’Espagne. Mais c’est aussi la réunification d’un peuple, d’une foi et d’une loi. L’unité durable repose sur des principes et des valeurs communes, une leçon plus que jamais actuelle. La Reconquista a fait souffler un vent de liberté et de délivrance dans toute l’Europe de l’Ouest : les cloches ont sonné jusqu’à Londres ! On a célébré des mois durant la victoire de la Chrétienté dans la péninsule Ibérique, preuve s’il en était besoin de l’unité civilisationnelle de l’Europe.

Mais Isabelle de Castille ne s’est pas contentée de défendre le limes européen. Une fois la Reconquista achevée, elle porte son regard par-delà les mers et finance l’expédition la plus célèbre de l’Histoire moderne : celle de Christophe Colomb. On connaît la suite : la découverte des Amériques a ouvert à l’Europe des horizons jusque-là inexplorés et offert à la couronne de Castille un empire dont la richesse et le rayonnement ont marqué durablement l’histoire du monde.

Une fois le cap fixé, il ne faut pas en dévier. Cette constance caractérise le règne d’Isabelle de Castille. Rien ne lui a été donné. À chaque étape, elle s’est heurtée à des adversaires plus puissants qu’elle. Mais elle n’a jamais renoncé à l’objectif qu’elle s’était fixé. Cette capacité à penser le temps long et à subordonner les obstacles du présent à une ambition supérieure demeure sans doute sa plus grande leçon.

À bien des égards, l’époque d’Isabelle résonne avec la nôtre. Comme aujourd’hui, beaucoup considéraient alors que le mouvement de l’Histoire était irréversible. Comme aujourd’hui, les élites du moment s’accommodaient souvent de ce qu’elles croyaient inéluctable. Isabelle a fait le choix inverse : elle a refusé la résignation. Son exemple nous rappelle une vérité trop souvent oubliée : l’Histoire n’est jamais écrite d’avance. Ce qui a été perdu peut être reconquis.

Nous, XXIᵉ promotion de l’Institut Iliade, puisons dans cet héritage une confiance renouvelée. Comme Isabelle de Castille, nous savons que les œuvres qui comptent se construisent sur le temps long, contre les défaitismes. Les obstacles ne manquent pas, mais les plus grandes victoires ont toujours commencé par une minorité décidée à ne pas céder. Les plus déterminés l’emporteront.

Promotion Isabelle de Castille

[1] David Engels, Que faire ?, Éditions Blue Tiger Média, 2019