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Présentation de la Promotion Friedrich Nietzsche

« Un peuple, écrit Nietzsche, ne vaut que par sa capacité à imprimer sur ses expériences le sceau de l’éternité. »

Promotion Roi Arthur

« Nous sommes inconnus à nous-mêmes […] Nous ne nous sommes jamais cherchés, — comment pourrait-il se faire que nous nous trouvions un jour ? […] Pour ce qui est de la vie, de ce que l’on appelle le « vécu », — qui de nous y a jamais mis assez de sérieux ? […] « Qu’est-ce qui a frappé là ? » Ainsi nous nous frottons parfois les oreilles après coup et nous demandons, tout étonnés, tout déconcertés : « Qu’avons-nous vécu là au juste ? » plus encore : « Qui sommes-nous au juste ? » »

Ces mots auraient été familiers à celui qui a inspiré la fondation de l’Institut Iliade, Dominique Venner, puisqu’ils introduisent la préface de Généalogie de la Morale, de Friedrich Nietzsche – précisément le livre que Venner emportait avec lui sur le front dans les montagnes d’Algérie. Formulées dans le style incisif caractéristique de Nietzsche, ces paroles mettent en lumière le lien intime qui unit la connaissance, l’identité et la mémoire, lien incarné par la devise de l’Institut Iliade : « Pour une longue mémoire européenne ». À propos de cette mémoire, Venner écrivait dans son livre testament, Samouraï d’Occident :

« Je m’insurge contre la négation de la mémoire française et européenne. Je dois à cette mémoire des exemples de tenue, de vaillance et de raffinement issus du passé le plus lointain, celui d’Hector et d’Andromaque, d’Ulysse et de Pénélope. Menacé comme tous mes frères européens de périr spirituellement et historiquement, cette mémoire est mon bien le plus précieux. Celle sur laquelle s’appuyer pour renaître. »

De plus, Venner estimait que Nietzsche avait ravivé et transmis un élément primitif de la mémoire européenne profonde lorsqu’il prononça « Nous autres Hyperboréens », écrit Nietzsche au début du fragment 167 de La Volonté de puissance. Ce que Venner avait salué : « Le souvenir s’était donc transmis ! »

Mais aujourd’hui, nous qui sommes réunis autour d’un institut qui honore et poursuit la mission de mémoire défendue par Venner, nous souvenons-nous de Nietzsche ? Nietzsche occupe-t-il une place dans notre mémoire ? Qu’a-t-il à nous dire pour que nous nous souvenions de lui ? Pour reprendre les mots de Guillaume Faye :

« Nietzsche l’avait déjà prophétisé : “L’homme de l’avenir est celui qui aura la plus longue mémoire.” »

Nietzsche fait partie de ces noms mémorables qui désignent plus qu’un homme ou une idée particulière − ils désignent un courant de pensée capital, une rupture d’un genre à part, un passage vers l’autre rive qui est un saut vers l’inconnu sans carte ni chemin tout tracé. Un autre nom de ce genre, Julius Evola, qui a théorisé la « rupture de niveau », a écrit :

« On a dit à juste titre que la personnalité et la pensée de Nietzsche ont également un caractère symbolique. »

Quant à l’homme, Friedrich Wilhelm Nietzsche est né à l’automne 1844 dans le village de Röcken, en Saxe prussienne, à quelques pas du lieu où s’est déroulée l’une des batailles les plus célèbres de la guerre de Trente Ans, qui a profondément bouleversé l’Europe. Son paysage natal se trouvait dans l’orbite de l’un des centres de l’art et de la pensée allemands, Leipzig − lieu de naissance du philosophe Leibniz et du compositeur Richard Wagner (avec lequel Nietzsche allait plus tard entrer dans une célèbre polémique). Excellant dans les disciplines chères au génie européen dont il était tout à fait imprégné − musique, langues classiques et modernes, théologie −, Nietzsche poursuivit ses études aux universités de Bonn et de Leipzig, devenant professeur de philologie classique à l’université de Bâle à l’âge de 24 ans (ce qui fit de lui l’un des plus jeunes professeurs titulaires de l’histoire). À deux reprises, Nietzsche mit de côté sa carrière universitaire pour devenir soldat : d’abord pour un service volontaire dans l’artillerie prussienne, puis comme aide-soignant pendant la guerre franco-prussienne, d’où il revint pour assister à la création de l’Empire allemand. Les années 1870 ont vu l’émergence progressive de l’œuvre résolument peu orthodoxe de Nietzsche (telle que ses célèbres Naissance de la tragédie, Considérations intempestives et Humain, trop humain), mais aussi la convergence dramatique de nombreux problèmes de santé qui finirent par le contraindre à démissionner du monde universitaire et firent pour lui de l’écriture une expérience psychosomatique particulièrement intense.

Pourtant, bien qu’il passât sans cesse d’une côte à l’autre, entre les côtes italiennes et françaises en hiver et les Alpes suisses en été, les années 1880 marquèrent l’apogée de l’œuvre littéraire de Nietzsche, donnant naissance à des ouvrages tels que Le Gai Savoir, Ainsi parlait Zarathoustra, Par-delà bien et mal et La Généalogie de la Morale, ainsi qu’aux notes qui seraient plus tard rassemblées dans La Volonté de puissance. L’année 1888 restera à la fois comme l’année la plus extraordinaire de la production littéraire de Nietzsche − avec Le Crépuscule des idoles, Ecce Homo et L’Antéchrist − et la dernière année de sa « carrière » et de sa vie indépendante. Après avoir poussé sa critique de l’époque moderne jusqu’à son point de rupture, Nietzsche s’effondra lui-même : à la suite d’un épisode soudain de dépression nerveuse en 1889, il fut déclaré inapte et placé sous la garde de sa famille, condamné à de grandes souffrances (notamment la perte de la parole et de la marche) jusqu’à sa mort en 1900. Bien que l’état physique de Nietzsche durant les dernières années de sa vie fût sans aucun doute déplorable et le résultat de maladies de longue date, certains sont tentés de voir dans sa « psychose » soudaine un archétype de la « folie », de la « manie » ou de la « gnose folle » connues des anciennes traditions européennes, y compris la philosophie grecque antique − ou comme un exemple de la fuite du génie qui ne peut plus supporter le monde matériel contemporain d’un ordre inférieur. Pour mémoire, Nietzsche signait nombre de ses dernières lettres (connues sous le nom de « Notes de l’illusion ») du nom du dieu grec antique de la métamorphose et de la folie, « Dionysos ».

Quoi qu’il en soit, le passage de Nietzsche d’une production académique et philosophique à un état de folie tourmenté fait symboliquement écho à la rupture qu’il incarne et qu’il inscrit dans l’histoire des idées européennes. Nietzsche n’était pas un bâtisseur de systèmes comme ses coreligionnaires, mais un démolisseur, à l’image du « marteau philosophique » qu’il brandissait contre les « idoles ». Le marteau de Nietzsche déclenche une « généalogie des valeurs » : il déconstruit et expose l’absurdité de l’impasse de la philosophie européenne, discernant comment celle-ci a détourné l’expérience de la vie, de la volonté et du pouvoir au profit de concepts, d’abstractions et d’universalismes. Pour Nietzsche, l’homme européen est devenu prisonnier d’une « morale d’esclaves » animée par le ressentiment, cherchant constamment la « réalité » de la « vérité » et du « bien » ailleurs plutôt que dans l’entreprise propre à l’homme de maîtriser et de surmonter le champ de bataille des volontés. Comme nous le rappelle Faye : « Pour façonner l’histoire, il est nécessaire de déclencher des tempêtes idéologiques en attaquant – comme Nietzsche l’a correctement observé – les valeurs qui forment le cadre et le squelette du système. » Giorgio Locchi et Antoine Dresse interprètent eux aussi ce qui est en jeu dans « l’histoire active » de Nietzsche : « Le surhomme nietzschéen est celui qui assume le temps sans promesse de rédemption, qui accepte que le passé ne soit pas aboli, mais puisse, en un instant, être réapproprié et réorienté. Le fait même de devenir devient ainsi un acte de création : il ne s’agit plus de subir l’histoire, mais de la façonner en s’y exposant pleinement. »

À travers un mélange tumultueux d’analyses philosophiques, d’aphorismes et d’éclairs mythopoétiques, Nietzsche met au jour la coquille vide de la modernité occidentale : « Dieu est mort », c’est-à-dire que le fondement sur lequel reposaient jusqu’alors les valeurs humaines s’est effondré et a été balayé, laissant derrière lui un abîme de nihilisme et une lassitude de vivre. Nietzsche n’appelle pas à la reconstruction de l’ancienne fondation, elle-même problématique, mais à l’action : à franchir l’abîme par une « transmutation des valeurs ». Ce saut est la mission ouverte de l’Übermensch, l’homme qui devient plus qu’un homme, celui qui va au-delà de l’homme, précisément en assumant la responsabilité radicale et l’audace de forger des valeurs auparavant reléguées à des récits historiques éculés ou à un Dieu aliéné. Suite à cet impératif, il n’existe pas d’« école » de « philosophie nietzschéenne », comme le souligne Locchi :

« Nietzsche n’est pas un philosophe comme les autres… Nietzsche annonce la fin de l’ancienne philosophie. Il annonce la naissance d’une pensée enfin libre… Ils ne peuvent l’empêcher de parler. L’œuvre de Nietzsche est là, provocante. »

Pour les Européens d’aujourd’hui, Nietzsche est un symbole d’indépendance radicale − l’audace de devenir son propre maître, de repenser l’histoire et les valeurs non pas comme des concepts figés, mais comme des projets dynamiques. Nietzsche incarne une Europe capable de se confronter à elle-même sans illusion. Il n’offre aucun refuge, seulement une exigence : redevenir créatif et fougueux − dans la pensée, dans l’art, dans l’action. La tâche de la mémoire européenne − ou de « se souvenir », voire de « se remémorer », de « se reconstituer » − est aujourd’hui, au plus profond d’elle-même, nietzschéenne : il est grand temps de renverser les vieilles idoles et de raviver la volonté créatrice qui est à l’origine de toute culture vivante. « Un peuple, écrit Nietzsche, ne vaut que par sa capacité à imprimer sur ses expériences le sceau de l’éternité. »

Tout au long des œuvres de Nietzsche, on retrouve le thème symbolique récurrent de l’homme qui est « arrivé trop tôt », dont les prises de conscience et les visions sont « inopportunes ». Il ne s’agit sans aucun doute pas seulement de Nietzsche lui-même, mais de nous : nous qui, au XXIᵉ siècle, nous trouvons confrontés à la tâche de rappeler et d’affirmer la potentialité de notre avenir au-delà du fossé de la « fin de l’histoire ».

Cette tâche propre au “surhomme” a été assumée à l’Institut Iliade en avril dernier, lorsque des participants venus de 13 pays ont suivi le séminaire international de formation « Awakening Europe », le premier du genre organisé par l’Institut Iliade, et ont choisi Friedrich Nietzsche comme figure tutélaire, dont la pensée doit servir de rappel critique pour nos réflexions − et nos actions. En nous souvenant de Nietzsche, nous savons que l’Europe n’est pas derrière nous, mais devant nous, et qu’elle doit naître de notre « dépassement » d’aujourd’hui.

Dr. Jafe Arnold
Rédacteur en chef,
Arktos ; PRAV Publishing
Auditeur du séminaire de formation « Awakening Europe » de l’Institut Iliade, avril 2026

Institut Iliade Promotion: Friedrich Nietzsche

“We are unknown to ourselves […] We have never sought ourselves — how could it happen that we should ever find ourselves? […] Present experience has, I am afraid, always found us ‘absent-minded’ […] ‘What really was that which just struck?’ so we sometimes rub our ears afterward and ask, utterly surprised and disconcerted, ‘what really was that which we just have experienced?’ and moreover: ‘who are we really?’”[1]

These words would have been familiar to the godfather of the Institut Iliade, Dominique Venner, for they open Friedrich Nietzsche’s preface to the Genealogy of Morality — the very book that Venner carried with him to war in the mountains of Algeria. Uttered in Nietzsche’s typically incisive questioning, these words thrust forth the intimate relationship between knowledge, identity and memory, which is enshrined in the Institut Iliade’s maxim, “For a Long European Memory.” With respect to this memory, Venner wrote in his final testimony, Samurai of the West:

“I rebel against the negation of French and European memory. I owe to this memory examples of bearing, valour, and refinement hailing from the most distant past, that of Hector and Andromache, of Odysseus and Penelope. Threatened like all my European brothers with perishing spiritually and historically, this memory is my most precious possession. The one on which to rely in order to be reborn.”[2]

Furthermore, Venner believed that Nietzsche had rekindled and transmitted a primal element of deep European memory when he uttered “We Hyperboreans” in an aphorism incorporated into The Will to Power — to which Venner applauded: “The memory had thus been transmitted!”[3]

But do we today — gathered around an institute that honours and carries on the task of memory championed by Venner — remember Nietzsche? Does Nietzsche figure in our memory? What does he have to say for us to recall? To invoke the words of Guillaume Faye:

“Nietzsche already prophesied, ‘The man of the future is he who will have the longest memory.’”[4]

Nietzsche is one of those memorable names designating more than a man or a particular idea — they name a momentous train of thought, a special kind of rupture, or a crossing from which the way to the other side is a leap that has not been mapped or bridged. Another such name, Julius Evola, who theorized the “rupture of level,” wrote:

“It has been rightly said that Nietzsche’s personality and thought also have a symbolic character.”[5]

As for the person, Friedrich Wilhelm Nietzsche was born in the autumn of 1844 in the village of Röcken, in the Prussian Province of Saxony, a short stroll away from the site of one of the most famous battles of the Thirty Years’ War that drastically altered Europe. His native landscape was in the orbit of one of the centres of German art and thought, Leipzig — the birthplace of the philosopher Leibniz and the composer Richard Wagner (with whom Nietzsche would later enter into a famous polemic). Immersed and excelling in the precious faculties of European genius —music, classical and modern languages, theology — Nietzsche went on to study at the universities of Bonn and Leipzig, becoming a professor of classical philology at the University of Basel at the age of 24 (thus one of the youngest tenured professors in history). Twice Nietzsche put aside his academic career to be a soldier: once for voluntary service in the Prussian artillery, and then as a medical orderly during the Franco-Prussian War, from which he returned to witness the establishment of the German Empire. The 1870s saw the steady emergence of Nietzsche’s decidedly unorthodox oeuvre (such as his famous The Birth of Tragedy, Untimely Meditations, and Human, All Too Human), but also the drastic confluence of numerous health issues that would eventually force him to resign from academia and made writing a particularly intense psychosomatic experience. Nevertheless, constantly moving with the weather between the Italian and French coasts in the winters and the Swiss Alps in the summers, the 1880s were the peak of Nietzsche’s writing, yielding works like The Gay Science, Thus Spoke Zarathustra, Beyond Good and Evil, and The Genealogy of Morality, as well as the notes that would later be assembled into The Will to Power. The year 1888 would go down as at once the most extraordinary year of Nietzsche’s writing — including Twilight of the Idols, Ecce Homo, and The Antichrist, — and the final year of his “career” and independent living. Having pushed his critique of the modern age to its breaking point, Nietzsche himself collapsed: following a sudden episode of mental breakdown in 1889 Nietzsche was diagnosed as incapacitated and placed in the care of his family, fated to suffer much (including the loss of the ability to speak and walk) until his death in 1900. Although Nietzsche’s physical condition in the last years of his life was undoubtedly deplorable and the result of long-standing illnesses, some are tempted to see in his sudden “psychosis” an archetype of the “madness,” “mania,” or “crazy gnosis” known to ancient European traditions, including ancient Greek philosophy — or as an instance of the flight of genius that can no longer handle the contemporary material world of lesser order. For the record, Nietzsche signed many of his final letters (known as the “Delusion Notes”) as none other than the ancient Greek god of metamorphosis and madness, “Dionysus.”

Be that as it may, Nietzsche’s passage from academic and philosophical productivity to an uneasy state of madness symbolically parallels the rupture that he represents and registers in European ideational history. Nietzsche was not a system-builder like his compatriots, but a demolisher, as represented by the « philosophical hammer” he raised against “idols.” Nietzsche’s hammer unleashes a “genealogy of values”: he deconstructs and exposes the absurdity of the dead-end of European philosophy, discerning how the latter has detracted from the experience of life, will, and power in favour of concepts, abstractions, and universalisms. For Nietzsche, European man has become beholden to a “slave morality” driven by ressentiment, constantly seeking the “reality” of “truth” and “good” elsewhere rather than in man’s own undertaking to master and overcome the battlefield of wills. As Faye reminds us: “In order to shape history it is necessary to unleash ideological storms by attacking – as Nietzsche correctly observed – the values that form the framework and skeleton of the system.”[6] Giorgio Locchi and Antoine Dresse likewise read what is at stake in Nietzsche’s “active history”: “The Nietzschean superman is one who assumes time without promise of redemption, who accepts that the past is not abolished, but can, in an instant, be taken up anew and reoriented. Becoming thus becomes an act of creation: it is no longer about enduring history, but about engendering it by fully exposing oneself to it.”[7]

Through a stormy convergence of philosophical analyses, aphorisms, and mythopoetic flashes, Nietzsche diagnoses the hollow shell of Western Modernity: “God is dead,” that is to say the hitherto constructed foundation of man’s valuations has crumbled and been swept away, leaving an abyss of nihilism and a weariness of life. Nietzsche calls not for rebuilding the old, problematic foundation, but for action: for leaping over the abyss through a “transvaluation of values.” This leap is the open-ended mission of the Übermensch, the man who becomes more than man, the one who goes beyond man, precisely by assuming the radical responsibility and daring for forging values previously offset to stale narratives of history or an alienated God. Through this imperative, there is no “school” of “Nietzschean philosophy” to be had, as Locchi highlights:

“Nietzsche is not a philosopher like any other… Nietzsche announces the end of the old philosophy. He announces the birth of a thought free, at last… [T]hey cannot keep him from speaking. Nietzsche’s work is there, provoking.”[8]

For Europeans today, Nietzsche is a symbol of radical independence — daring to become sovereign, to reconsider history and values not as fixed concepts, but as proactive projects. Nietzsche embodies a Europe capable of confronting itself without illusion. He offers no refuge, only a demand: to become creative and fiery once more — in thought, in art, in deed. The task of European memory — or “remembering”, even “re-membering”, “re-constituting” — today is, in an innermost way, Nietzschean: it is high time to topple old idols and relight the creative will that is at the origin of any living culture. “A people,” Nietzsche writes, “is worth only as much as its ability to impress on its experiences the seal of eternity.”[9]

Throughout Nietzsche’s works, we find the recurring symbolic theme of the man who has “come too early,” whose recognitions and visions are “untimely.” Without a doubt, this is not only about Nietzsche himself, but about us: we who, in the 21st century, find ourselves faced with the task of re-calling and asserting the potentiality of our future beyond the ditch of the “end of history.”

This “superhuman” task was acknowledged at the Institut Iliade this April, when participants from 13 countries completed the international educational seminar “Awakening Europe,” the first of its kind organised by the Institut Iliade, and selected Friedrich Nietzsche as the promotional figure who serves as a critical reminder for our meditations — and actions. Remembering Nietzsche, we know that Europe is not behind us, but ahead of us, to be born out of our “overcoming” today.

Dr. Jafe Arnold
Editor-in-Chief,
Arktos ; PRAV Publishing
Graduate of the Institut Iliade’s Awakening Europe Formation Seminar, April 2026

Notes

[1] Friedrich Nietzsche, On the Genealogy of Morals, trans. Walter Kaufmann and R. J. Hollingdale, Vintage Books, 1967, p. 15.
[2] Dominique Venner, Samurai of the West, trans. Alexander Raynor, Arktos, 2025, p. 178.
[3] Ibid., p. 114.
[4] Guillaume Faye, Archeofuturism, trans. Sergio Knipe, Arktos, 2025, p. 9.
[5] Julius Evola, Ride the Tiger, trans. Joscelyn Godwin and Constance Fontana, Inner Traditions, 2003, p. 16.
[6] Faye, Archeofuturism, p. 48.
[7] Antoine Dresse (“Ego Non”), “The Superhumanist Myth,” trans. Alexander Raynor, Arktos Journal, 2025 [from Éléments n. 214, June-July 2025].
[8] Giorgio Locchi, Definitions, trans. F. C., Arktos, 2024, pp. 138, 142.
[9] Nietzsche, The Birth of Tragedy, §23.