Présentation de la Promotion Achille
Plus qu’un modèle, Achille est un archétype. Il porte en lui tout le tragique de l’homme européen : il est à la fois le plus grand des guerriers et celui qui se retire du combat, quitte à perdre la guerre. Le choix qu’il incarne, combattre ou se contenter d'exister, est celui que chacun doit affronter. Fureur nécessaire, fidélité aux frères d'armes, dépassement final devant Priam : la XIXe promotion de l’Institut Iliade s'inscrit dans sa mémoire pour que jamais ne se rompe le fil de notre tradition.
« En parcourant le camp, Achille fait armer ses guerriers myrmidons. On croirait voir des loups carnassiers, le cœur plein d’une indicible ardeur, qui vont dans la montagne attaquer le grand cerf ramé, puis le dévorent – de tous, le sang rougit les bajoues ; en bande, ils vont laper l’eau noire d’une source avec leurs langues minces, tout en crachant le sang de la bête égorgée, car, si leur cœur reste intrépide en leur poitrine, leur ventre est oppressé : ainsi, les conducteurs et les chefs des Myrmidons accourent tous auprès du vaillant écuyer d’Achille aux pieds rapides. Au milieu d’eux se tient l’Eacide fougueux ; il stimule les chars et les hommes en armes. »
L’Iliade – Chant XVI
Prendre le héros de l’Iliade comme figure tutélaire de notre promotion, c’est rappeler que chacun doit, le moment venu, poser le choix qui déterminera le cours de sa vie : choisir de se battre quitte à en payer le prix ou jouir d’une existence sans accroc, sans engagement et se contenter d’exister.
Nous, membres de la XIXe promotion de l’Institut Iliade, avons choisi Achille parce que nous faisons le choix du combat : celui de la sauvegarde de notre héritage européen. Alors que nous voyons nos nations s’enfoncer dans l’endormissement, nous voulons contribuer à réveiller les consciences, « parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »[1].
Pour mener à bien notre combat, nous devons accepter de faire nôtre la fureur d’Achille lorsqu’elle est nécessaire. Comme lui, osons ! Osons vivre comme notre conscience nous le dicte. Osons faire ce qui doit être fait. Cette rage de vivre, c’est ce qui nous permet de tenir dans la tempête et d’exister aux yeux des générations passées, présentes et futures.
Cet esprit de révolte n’est pas un emportement, mais une discipline. Hommes et femmes, nous voulons une certaine tenue : le courage de nos idées, la constance de nos convictions. Achille incarne cela. Respecté de tous, même de ses ennemis, il affronte son destin le menton levé. Vaillance exemplaire jusque dans le rejet de tout compromis face à l’adversité parce que « du combat, seuls les lâches s’écartent »[2]. L’exemple, l’exigence et le dépassement de soi seront nos lances, nos casques et nos boucliers.
Suivre le Péléide, c’est aussi embrasser l’esprit de corps qui animait les Myrmidons. Comme eux, loyauté et camaraderie ne nous feront craindre ni le sang ni la mort. Achille nous rappelle la qualité première du combattant : la fidélité à nos frères d’armes. Tout comme nous admirons les phalanges grecques, nos héritiers nous observeront. Nous leur devons de ne faire qu’un car « même chez les moins bons, l’union fait la force »[3].
Achille n’est pas un modèle à imiter, il est l’archétype du tragique de l’homme européen. Il est à la fois le plus grand des guerriers et celui qui se retire du combat, quitte à perdre la guerre. Sa colère le perd, mais elle révèle aussi son exigence de justice. Après la mort de Patrocle, il ne reprend pas seulement les armes par vengeance : il est fidélité. Et lorsqu’il rend enfin le corps d’Hector à Priam, il atteint une forme de dépassement qui fait de lui autre chose qu’un simple guerrier. Achille nous parle car il nous montre de quoi nous, Européens, avons été capables et sommes encore capables face aux défis qui se dressent devant nous.
Nous avons derrière nous des siècles d’histoire, des contes et des légendes, racines de notre culture, des traditions ancestrales, un savoir-faire, un savoir-vivre et un savoir-être qui rendent nos peuples fiers d’eux-mêmes. Cette fierté animait déjà nos pères et leurs pères avant eux, transmise d’Achille jusqu’à eux puis à nous. Ce caractère est profondément gravé en nous. Il est intrinsèquement lié à notre identité. « Ainsi l’avenir prend-il racine dans la mémoire du passé »[4]. Alors, nous aussi, nous voulons nous lever. Nous voulons préserver, défendre et faire vivre ce trésor qu’est notre civilisation, sa culture et son histoire pour que jamais « le fil secret de notre tradition »[5] ne soit rompu.
Et d’une seule voix, nous nous écrions : « Alala » !
Promotion Achille
Notes
[1] Maréchal Foch
[2] Homère, L’Iliade, Chant XI
[3] Id., Chant XIII
[4] Dominique Venner
[5] Idem
