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Déchirer les ombres, d’Erik L’Homme

Car ce livre est un chant d’amour et de mort(s), où le lecteur embarque avec Scrofa, ancien officier des forces spéciales, et Anastasia, jeune fille qui se croit déjà grande.

Déchirer les ombres, d'Erik L’Homme

Vous connaissez Erik L’Homme ? Phaenomen, Le Livre des étoiles, A comme Association, Nouvelle Sparte… Et bien là, rien à voir. Vous voulez un livre pour lire quelques pages le soir avant de vous endormir ou passer le temps entre deux stations dans le métro ? Un livre qui se termine lorsque vous le refermez et le reposez dans votre bibliothèque ? Alors ce livre n’est pas pour vous.

Déchirer les ombres Car il faut se lancer dans la lecture de Déchirer les Ombres comme on se lance dans une course à pied un froid matin d’hiver, comme on part en randonnée à ski dans l’air vif et coupant d’une montagne enneigée : difficile au début – on peut même être tenté d’abandonner – et puis la volonté s’appuie sur le rythme du cœur et on continue avec le goût du sang dans la bouche…

Car ce livre est un chant d’amour et de mort(s), où le lecteur embarque avec Scrofa, ancien officier des forces spéciales, et Anastasia, jeune fille qui se croit déjà grande, et qui, sans trop savoir pourquoi, suit cet être extraordinaire pour emprunter une autre vision du monde, une autre voie que celle choisie par ses contemporains.

Vocabulaire parfois très (trop ?) cru, scènes frappantes tels des coups de poing, messages fulgurants comme un tir de 12,7 dans la nuit, ce livre parlera a priori sans doute davantage aux lecteurs masculins. Pourtant la femme « flambeau » de l’homme, comme le reconnait Scrofa lui-même, y occupe une place centrale et la lectrice trouvera dans Déchirer les ombres bien des choses qui lui parleront…

Premier roman pour adultes d’Erik L’Homme, ce livre n’est pas comme les autres. L’écrivain ne s’embarrasse pas de description autre que celles « dialoguées » entre les protagonistes, il ne dévoile qu’à petites touches la « psychologie » de ses héros. Pourtant, l’écriture est trempée comme une lame de sabre japonais.

Un livre à lire d’une traite, sans s’arrêter. Et si vous accrochez… il ne vous lâchera plus ! En terminant Déchirer les Ombres, je me suis revu plus jeune finissant Les Sept Cavaliers de Raspail, repensant à cette aventure à peine les derniers mots lus, repartant en arrière pour essayer d’en faire partie, en savoir plus et imaginer une autre fin ou une suite à écrire…

Il faut aborder ce livre comme une quête. Une quête menée non pas par un chevalier de la Table ronde mais par un de ces chamanes inspirés et fous à la fois. Une quête terrible, dangereuse et magique…

Harald S.

Déchirer les Ombres, Erik L’Homme, 170 pages, Calmann-Lévy, 2018.

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