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Le sentier cathare

« Les sentiers cathares ne se lisent pas seulement sur les cartes : ils sont inscrits, aussi, dans la géographie du cœur. » Michel Roquebert

Le sentier cathare
Pays : France
Région : Aude et Ariège (Corbières et Pyrénées)
Thématique générale du parcours : Randonner dans quelques hauts lieux de l’hérésie cathare, du graal et des troubadours, sur un sentier qui relie les principaux châteaux de la frontière franco-aragonaise. C’est un itinéraire de méditation et d’émerveillement, de redécouverte d’une partie de l’histoire du XIIIe siècle qui consacra l’effacement durable de la civilisation d’oc face à celle d’oïl.
La présence de nombreux châteaux rend cet itinéraire particulièrement adapté à une marche en famille, avec des enfants en âge de tenir le rythme et de vibrer à l’évocation des chevaliers !
Mode de déplacement : A pied de préférence (l’intérêt principal de l’itinéraire étant de cheminer, de contempler, de découvrir, de méditer), mais aussi à cheval ou à vélo (VTT) (les portions d’itinéraire spécialement dédiées à ces modes de transport ne sont pas traitées dans ce document).
Durée du parcours : Douze jours environ – entre 5h et 9h de marche par jour.
Difficulté du parcours : Le sentier, long d’environ 240 km, est balisé de manière spécifique : marques bleu et orange dans l’Aude, jaune et rouge en Ariège + logo du Pays Cathare. Il traverse les Corbières du Sud puis longe le front nord-pyrénéen, restant à des altitudes raisonnables. Montségur -1200m- est le point culminant du parcours.
La météo est volontiers changeante. Pluie et brouillard peuvent s’inviter dans une journée de grand soleil. Il faut également prévoir d’emporter suffisamment d’eau pour la journée, les points de ravitaillement étant rares sur le parcours.
Ne pas oublier également de se munir d’une boussole, bien pratique en cas de brouillard (sur les plateaux des Hautes Corbières, par exemple !).
L’itinéraire est jalonné d’endroits pour dormir (gîtes, chambres d’hôte, hôtels), mais mieux vaut vérifier leur période d’ouverture et réserver à l’avance. Pour conserver le maximum de liberté, le bivouac reste la meilleure option. En ce cas, en raison des possibilités de ravitaillement ou d’hébergements, il faut prévoir de s’arrêter avant ou après les villages choisis comme fin d’étape dans le découpage.

« Il est des lieux sur lesquels souffle l’esprit », écrivait Maurice Barrès à propos de la colline de Sion qui se dresse dans les plaines de sa chère Lorraine. On pourrait ajouter qu’il est des chemins de lumière menant à la redécouverte de soi. Des sentiers propices aux cheminements initiatiques, des parcours qui sont des voyages dans le temps et dans l’espace. Le sentier cathare est l’un d’eux. Peu importe que son tracé soit artificiel et récent : qu’est-ce qui confère à un itinéraire sa valeur particulière, sinon la composition des cœurs et des âmes qui l’empruntent et le chargent de sens ? Sa poussière et ses cailloux attendent nos pas, ses garrigues et ses forêts nos bivouacs, ses horizons et ses châteaux nos regards. Le sentier cathare nous invite à toutes les rencontres — et d’abord avec nous-mêmes, grâce à l’alchimie subtile de l’effort de la marche qui libère la pensée, des paysages sans cesse conquis et abandonnés, des vieilles pierres, enfin, qui témoignent, plantées sur les pogs, du passage du temps que l’on a su étonner et qui s’appelle l’Histoire.

Le sentier cathare, incongru et anachronique, serpente sur la chair occitane comme une balafre, comme le symbole du sort réservé par la modernité jacobine aux particularismes, régionaux et philosophiques.

Le sentier cathare, qui relie Port-la-Nouvelle à Foix, s’étire sur près de 240 kilomètres de la Méditerranée au Pays de Foix, et offre au marcheur, des Corbières maritimes aux Pyrénées ariégeoises, l’occasion de s’émerveiller devant de nombreux paysages, et autant de châteaux qui ne sont d’ailleurs pas vraiment ni tous « cathares » mais qui n’en évoquent pas moins les drames de l’histoire médiévale méridionale.

Comment oublier la silhouette mélancolique d’Aguilar, dont les ruines rappellent les tristes vers de Nerval, la silhouette altière de Queribus, ultime refuge des Parfaits cathares ? La silhouette aérienne de Peyrepertuse, « petite Carcassonne céleste » ? La silhouette romantique de Puivert, rendez-vous des troubadours, à l’ombre de laquelle on a envie de murmurer à l’oreille de sa compagne les mots de Guilhem d’Aquitaine : « Totz lo joys del mon es nostre / Dompna, s’amduy nos amam… » ? La silhouette mystique de Montségur, haut lieu de la résistance des derniers albigeois contre le roi de France, réceptacle de tous les mystères ? La silhouette enfin du château aux trois tours des comtes de Foix, qui abrita au XIVe siècle le flamboyant Gaston Phébus ?

Si l’altitude reste moyenne, les reliefs sont heurtés et les dénivelés surprenants. De la mer aux hautes terres, des garrigues aux forêts immenses, les influences du climat s’entremêlent et s’entrechoquent, et la pluie et le brouillard cèdent souvent la place à de rudes sécheresses. Mais le sentier cathare traverse surtout le domaine du soleil et du vent, de la chaleur torride et des hurlements de la Tramontane — comme si les tragédies exigeaient un décor à leur mesure, exalté, halluciné.

Des Basses Corbières faites de collines arides couvertes de pierres et de garrigue puis de vignes, de chênes verts enfin et de cades, aux vastes plateaux d’altitude semi-désertiques des Hautes Corbières dominées par le Pech de Bugarach, passant par les gorges de Galamus où l’Agly invite à la baignade dans des « marmites de géants » remplies d’une eau couleur turquoise, de la Haute Vallée de l’Aude, pays de montagne et de pâturages où le sapin et les hêtres remplacent peu à peu le chêne vert et l’olivier, jusqu’aux immenses futaies des forêts du pays de Sault sous lesquelles se défient les cerfs à l’époque du brame, du plateau de Languerail d’où l’on aperçoit pour la première fois Montségur sur son Pog, au riant pays d’Olmes, passant par les impressionnantes gorges de la Frau taillées dans le calcaire, le sentier cathare entraîne le randonneur sur des terres sauvages, encore bruissantes du rêve d’une liberté perdue.

Périodes possibles

Le printemps et l’automne sont les meilleures périodes pour cheminer sur le sentier. La chaleur peut être terrible l’été et la neige tomber relativement tôt (dans la partie pyrénéenne) l’hiver.

Présentation géographique

Deux paysages essentiels se succèdent : la zone méditerranéenne (Corbières, vallée de l’Aude) avec ses chênes verts, ses pins et ses châtaigniers, ses garrigues, ses maquis et ses pâturages caillouteux ; la zone pyrénéenne, montagneuse, à partir du col du Campérié et du pays de Sault, avec ses hêtraies et ses sapinières, ses buis et ses rhododendrons.

Cadre historique et culturel

L’itinéraire suit les Marches d’Espagne, ancienne frontière entre les royaumes de France et d’Aragon. Il relie la mer à Foix en passant par les châteaux qui gardaient la frontière et qui n’ont rien de cathares, sinon qu’ils ont pu être occupés et utilisés lors de la fameuse croisade contre les Albigeois. Il n’a d’ailleurs jamais existé de « sentier cathare », c’est une appellation pratique, évocatrice.

L’itinéraire permet la visite de châteaux médiévaux superbes et variés, mais aussi par exemple de s’interroger à Montségur sur le mystère du Graal, d’imaginer la présence des troubadours à Puivert, de sentir les ondes telluriques de la montagne de Bugarach ou encore de songer au Livre de chasse de Gaston Phébus à Foix.

Description de l’itinéraire

On peut bien sûr suivre l’itinéraire dans un sens (Port-la-Nouvelle / Foix) ou dans l’autre (Foix / Port-la Nouvelle), redécouper le parcours à sa manière (attention cependant à l’eau et au ravitaillement) ou encore choisir de n’en faire qu’une portion. Cette description intégrale du parcours correspond aux choix (et aux notes) du rédacteur de la fiche…

De Port-la-Nouvelle à Durban-Corbières (28 km) – Etape difficile, longue, sans eau et sans ombre, sans véritable intérêt sinon de permettre d’atteindre un premier château (château de Durban, Xe-XVe), de se trouver à pied d’œuvre, de se mettre en jambe, de découvrir l’âpreté d’un paysage, de côtoyer aussi quelques vestiges gallo-romains (combe de la Clotte).

De Durban-Corbières à Tuchan (26 km) – Sublime panorama depuis le sommet de la Récaoufa (qui récompense une rude montée !). Château (privé) de Nouvelles. Le castrum appartenait à l’abbaye de Lagrasse avant de devenir résidence seigneuriale des Durban – beau donjon roman quadrangulaire. Château (en ruine) de Domneuve, construit vers l’an mil par les archevêques de Narbonne. Château d’Aguilar : s’il surveillait la frontière, ce château protégeait aussi Carcassonne – possession des seigneurs de Termes, jusqu’à leur confiscation par les Français – Bertrand d’Aguilar sera l’un des réfugiés à Montségur – les vestiges restant datent de Philippe III le Hardi. Du bourg de Tuchan, passé des mains du seigneur de Termes à celles de l’abbé de Fontfroide, avant d’être rasé par les Espagnols au XVIe siècle, il ne reste qu’une porte fortifiée au centre du village.

De Tuchan à Cucugnan (19 km) – De Tuchan à Padern, l’itinéraire emprunte la vieille route courant sur le flanc du ravin de Fourcat et surplombant les gorges de Verdouble (abris sous roche préhistoriques). Château de Padern (entièrement reconstruit au XVIIe). Ancien prieuré roman fortifié de Molhet. Points de vue superbes sur le Fenouillèdes et les Pyrénées depuis le roc de Molhet et la crête de l’Abeilla. Le château de Queribus, incontournable et aérien, est spectaculaire sur son piton. Grâce à sa situation stratégique majeure, ce sera le dernier îlot de résistance cathare – Chabert de Barbaira se rendra en 1255. Village médiéval de Cucugnan. Alphonse Daudet a rendu son curé célèbre dans les Lettres de mon moulin en s’appuyant sur une histoire locale écrite par Achille Mir.

De Cucugnan à Cubière-sur-Cinoble (23 km) – Château de Peyrepertuse, « petite Carcassonne céleste » (Michel Roquebert) ; c’est la plus vaste des forteresses de l’Aude, un lieu important de l’histoire cathare et un florilège d’architectures médiévales. Col de Corbasse qui permet un beau point de vue sur les Pyrénées. Gorges de Galamus, havre de fraîcheur grâce aux eaux et aux magnifiques vasques de l’Agly (un bain s’impose !). Ermitage médiéval et troglodyte de Saint-Antoine. Belle vue sur le Fenouillèdes depuis Pla de Moulis.

De Cubière-sur-Cinoble à Bugarach (14 km) – Cette étape (courte pour permettre l’ascension du Pech – aller / retour en 2h30 depuis le village de Bugarach) vaut surtout pour la beauté sauvage des vastes plateaux d’altitude semi-désertiques du massif des Hautes Corbières et pour le fameux Pech de Bugarach (célèbre grâce aux extra-terrestres et aux Mayas !) qui offre au sommet (1231 m) un vaste panorama, de l’Aquitaine à la Méditerranée et des Pyrénées aux Cévennes. Cette montagne dégage, en dehors de tout délire new age, une vraie magie et des sensations envoûtantes.

De Bugarach à Quillan (22 km) – Le chemin devient plus forestier, plus montagneux, plus frais grâce au retour des cours d’eau. Château d’Albedun ou de Tiplies, fief d’une famille cathare ; un neveu du pape Benoît XII y fut pris en flagrant délit de fabrication de fausse monnaie (XIVe siècle). La ville de Quillan est au carrefour du Capcir, du Fenouillèdes, de la Cerdagne, des Pyrénées ariégeoises et de l’Espagne ; elle commande l’accès au pays de Sault et au Roussillon. Ruines d’un château du XIIIe siècle ; nombreux vestiges intramuros du XVIIe. Quillan est la charnière du parcours. La présence d’une gare permet de commencer ou de terminer le sentier ici si on ne dispose, par exemple, que d’une petite semaine.

De Quillan à Puivert (20 km) – Région du Quercorb, ancienne marche du royaume du France face à l’Aragon. Trajet à dominante forestière. Anciens thermes antiques de Ginoles. Château de Puivert. La vue de la colline où il se dresse est superbe. En 1170 s’y serait tenue une mémorable rencontre poétique, consacrant l’endroit comme rendez-vous des troubadours. Pèire d’Alvèrnhe a composé pour l’occasion une chanson, Chantarai d’aquests trobadors, recensant les qualités et défauts des douze poètes présents ; il termine par ces vers : Lo vèrs fo faits als enflabots, A Puoch-Verd, tot jogant risent. « Ces vers furent faits au son des cornemuses, à Puivert, en jouant et en riant ». Mais Puivert est aussi un château cathare, celui de la famille des Congost. Gaillard défendit Montségur et sa sœur Saissa fut brûlée en 1244. Passé entre les mains françaises des Bruyères, son aspect actuel est dû à des embellissements de la première moitié du XIVe siècle.

De Puivert à Espezel (18 km) – On pénètre ici dans le pays de Sault, qui précède les hautes montagnes pyrénéennes. Pays de grandes forêts, peuplées de grands mammifères. La fameuse légende de Jean de l’Ours y trouve son origine, et de nombreux toponymes rappellent la présence au cours de l’histoire des grands prédateurs : Pas de la Louve pelée, colline de l’Ours, etc. Cette région forestière fut également un foyer de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale (maquis de Picaussel, non loin du hameau de Lescale).

D’Espezel à Comus (20 km) – Le principal intérêt de l’étape réside dans ces paysages typiques de la forêt de Sault dont on ne se lasse pas après les jours de marche dans les Corbières arides, dans le panorama superbe dévoilé par le Pas de l’Ours, et dans la proximité du vieux village occitan de Montaillou, rendu célèbre par l’historien Leroy-Ladurie et ses travaux sur la vie quotidienne des paysans à partir du registre d’inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers au début du XIVe siècle.

De Comus à Montségur (16 km) – L’itinéraire conduit à travers les spectaculaires gorges de la Frau, avant de grimper à l’assaut du pog de Montségur. Château mythique, symbole de la résistance cathare face à l’église de Rome et des seigneurs du sud face aux barons du nord, objet de toutes les légendes. Comme c’est le cas pour presque tous les châteaux du parcours, les ruines actuelles sont postérieures à la croisade albigeoise. Lié de manière plus romantique qu’historique au mythe du Graal, le lieu a aussi fasciné les écrivains (Saint-Loup, Otto Rahn). Une nuit entre ses murs est une expérience inoubliable.

De Montségur à Roquefixade (18 km) – L’itinéraire traverse le vert pays d’Olmes, traditionnelle région d’élevage. Les vestiges du château de Roquefixade, confisqué après avoir soutenu les Cathares contre Louis IX et le comte de Foix contre Philippe III, puis démantelé sous Louis XIII, sont émouvants et splendides.

De Roquefixade à Foix (19 km) – Raimon-Roger de Foix tint valeureusement tête au chef des croisés, Simon de Montfort, qui ne parvint jamais à prendre le château. Foix connaît son apogée au XIVe siècle avec Gaston Phébus, auteur du plus célèbre traité de chasse du Moyen-Age. Il ne reste rien du château primitif. Les deux tours carrées et le corps de logis sont du XIIIe, la tour ronde du XVe.

Cartographie

  • Carte générale au 1/55.000 IGN-Rando éditions, intitulée “Le Sentier cathare”.
  • Cartes IGN 1/25.000 série Top 25 : 2546 OT – 2547 OT – 2347 OT – 2348 ET – 2248 ET – 2247 OT – 2148 ET – 2147 ET
  • Un topoguide : Le Sentier cathare – De la Méditerranée aux Pyrénées, Rando éditions.

Bibliographie

A propos des Cathares, de la croisade albigeoise et des châteaux du pays cathare :

  • Michel Roquebert, Histoire des Cathares, Paris, Perrin, coll. Tempus, 1999
  • Michel Roquebert, Christian Soula, Citadelles du vertige, Privat Editeur, Toulouse, 1972
  • Anne Brenon, Les Cathares, Albin Michel, Coll. Spiritualité vivante Poche, Paris, 2007

Autour de Montségur :

  • Otto Rahn, Croisade contre le Graal
  • Saint-Loup, Nouveaux Cathares pour Montségur
  • Zoé Oldenbourg, Le bûcher de Montségur, Folio Histoire, 1989

A propos des troubadours :

  • Michel Zink, Les troubadours : une histoire poétique, Librairie Académique Perrin, 2013
  • Ezra Pound, Sur les pas des troubadours en pays d’Oc, Paris, éditions du Rocher, 2005
  • Paul Fabre, Anthologie des troubadours – XIIe-XIVe siècle, Orléans, Paradigme, 2010

Divers :

  • Gaston Phébus, Livre de chasse, édité avec introduction, glossaire et reproduction des 87 miniatures du manuscrit 616 de la Bibliothèque nationale de Paris par Gunnar Tilander, Karlshamn, Johansson (Cynegetica,18), 1971 [réimpr: 1976; Graz, Akad. Druck, 1994], 453p.

Accès

On accède au début du sentier, soit par Port-la-Nouvelle (ligne SNCF depuis Perpignan), soit par Foix (liaison SNCF avec Toulouse). On peut quitter ou rejoindre le sentier à mi-parcours, à Quillan (trains vers Carcassonne). Des lignes de bus mises en place par les Conseils Généraux relient la plupart des villages de chaque département.

Matériel

Tout dépend de l’esprit avec lequel on aborde le sentier, randonnée à la journée avec couchage en dur à chaque étape ou bien bivouac. Dans tous les cas, prévoir suffisamment d’eau, de quoi se protéger du soleil, du froid et de la pluie.

Renseignements pratiques

Le département de l’Aude édite un carnet contenant des informations exhaustives datant de 2013 sur les transports, hébergements, ravitaillement, etc., en libre téléchargement à l’adresse suivante : lesentiercathare.com

Le site www.lesentiercathare.com contient toutes sortes de renseignements utiles pour le parcours.

Liens divers

Année où cet itinéraire a été parcouru

1999 – mis à jour en mai 2014.

Photos : © Institut Iliade pour la longue mémoire européenne.