La légende par-dessus les siècles. Le grand poème identitaire européen

Les vivants flambeaux de notre civilisation : introduction au Chant des alouettes, par Thibaud Cassel

La légende par-dessus les siècles. Le grand poème identitaire européen

Le chant des alouettes

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Le Chant des alouettes, par Thi­baud Cas­sel, pré­face de Chris­to­pher Gérard, édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2017, 175 p.

Prix (frais de port inclus)



À l’occasion du colloque de l’Institut Iliade « Européens : transmettre ou disparaître », Thibaud Cassel a réuni une anthologie poétique, Le chant des alouettes, publiée par les éditions Pierre-Guillaume de Roux. Un condensé de la civilisation européenne. Par François Bousquet (Eléments n°166, juin-juillet 2017).

Com­ment défi­nir une civi­li­sa­tion d’un trait, et d’un trait qui n’ait ni l’approximation d’une for­mule alchi­mique ni l’aridité d’une équa­tion mathé­ma­tique ? Rien de tel que la poé­sie. Et quel conti­nent a tout jeté dans ses vers, dans sa lit­té­ra­ture – son âme, son élan vital, sa phy­sio­no­mie ? L’Europe. Depuis Homère. Les livres en sont le dépôt vivant. Le grand John Cow­per Powys disait d’eux qu’ils ren­ferment « la parole de l’homme oppo­sée au silence de la nature et au mutisme cos­mique ; ils repré­sentent la vie de l’homme face à la mort pla­né­taire, la révé­la­tion faite à l’homme par le dieu qui l’habite, et la réponse de l’homme au dieu exté­rieur. Qui­conque touche un livre, ne touche pas seule­ment “un homme”, mais touche l’Homme avec une majus­cule. L’homme est l’animal qui pleure, qui rit, et qui écrit. Si le pre­mier Pro­mé­thée a volé le feu du ciel dans une tige de fenouil, le der­nier l’y rap­por­te­ra dans un livre ». C’est plus vrai encore de l’homme euro­péen. Thi­baut Cas­sel s’en est sou­ve­nu. Il a enfer­mé l’Europe dans un écrin de papier : une antho­lo­gie poé­tique, une soixan­taine de textes reliés les uns aux autres par un même patri­moine, his­to­rique ou géné­tique, qu’importe, pour l’essentiel fran­çais. Pari auda­cieux, pari tenu.

Ils tracent le limes cultu­rel de l’Europe. Un « vaste poème iden­ti­taire », résume l’auteur dans une intro­duc­tion lim­pide dont il fau­drait tout citer. « L’Europe, c’est l’expression de nos peuples à la clar­té des astres parents et suc­ces­sifs de la Grèce, de Rome, de la chré­tien­té puis des nations. » Elle doit ce qu’elle est au génie grec, à la roma­ni­tas et à la Respu­bli­ca chris­tia­na qui, à tra­vers les Uni­ver­si­tés médié­vales, dif­fu­sa sur le conti­nent une langue et une phi­lo­so­phie com­munes, le latin et l’aristotélisme. Les cités, l’empire, les nations, longue chaîne inin­ter­rom­pue. (…)

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