Le sentier cathare

Le sentier cathare

Le sentier cathare

« Les sen­tiers catha­res ne se lisent pas seule­ment sur les car­tes : ils sont ins­crits, aus­si, dans la géo­gra­phie du cœur. »
Michel Roque­bert

« Il est des lieux sur les­quels souf­fle l’esprit », écri­vait Mau­ri­ce Bar­rès à pro­pos de la col­li­ne de Sion qui se dres­se dans les plai­nes de sa chè­re Lor­rai­ne. On pour­rait ajou­ter qu’il est des che­mins de lumiè­re menant à la redé­cou­ver­te de soi. Des sen­tiers pro­pi­ces aux che­mi­ne­ments ini­tia­ti­ques, des par­cours qui sont des voya­ges dans le temps et dans l’espace. Le sen­tier catha­re est l’un d’eux. Peu impor­te que son tra­cé soit arti­fi­ciel et récent : qu’est-ce qui confè­re à un iti­né­rai­re sa valeur par­ti­cu­liè­re, sinon la com­po­si­tion des cœurs et des âmes qui l’empruntent et le char­gent de sens ? Sa pous­siè­re et ses cailloux atten­dent nos pas, ses gar­ri­gues et ses forêts nos bivouacs, ses hori­zons et ses châ­teaux nos regards. Le sen­tier catha­re nous invi­te à tou­tes les ren­con­tres — et d’abord avec nous-mêmes, grâ­ce à l’alchimie sub­ti­le de l’effort de la mar­che qui libè­re la pen­sée, des pay­sa­ges sans ces­se conquis et aban­don­nés, des vieilles pier­res, enfin, qui témoi­gnent, plan­tées sur les pogs, du pas­sa­ge du temps que l’on a su éton­ner et qui s’appelle l’Histoire.

Le sen­tier catha­re, incon­gru et ana­chro­ni­que, ser­pen­te sur la chair occi­ta­ne com­me une bala­fre, com­me le sym­bo­le du sort réser­vé par la moder­ni­té jaco­bi­ne aux par­ti­cu­la­ris­mes, régio­naux et phi­lo­so­phi­ques.

Le sen­tier catha­re, qui relie Port-la-Nou­vel­le à Foix, s’étire sur près de 240 kilo­mè­tres de la Médi­ter­ra­née au Pays de Foix, et offre au mar­cheur, des Cor­biè­res mari­ti­mes aux Pyré­nées arié­geoi­ses, l’occasion de s’émerveiller devant de nom­breux pay­sa­ges, et autant de châ­teaux qui ne sont d’ailleurs pas vrai­ment ni tous « catha­res » mais qui n’en évo­quent pas moins les dra­mes de l’histoire médié­va­le méri­dio­na­le.

Com­ment oublier la sil­houet­te mélan­co­li­que d’Aguilar, dont les rui­nes rap­pel­lent les tris­tes vers de Ner­val, la sil­houet­te altiè­re de Que­ri­bus, ulti­me refu­ge des Par­faits catha­res ? La sil­houet­te aérien­ne de Pey­re­per­tu­se, « peti­te Car­cas­son­ne céles­te » ? La sil­houet­te roman­ti­que de Pui­vert, ren­dez-vous des trou­ba­dours, à l’ombre de laquel­le on a envie de mur­mu­rer à l’oreille de sa com­pa­gne les mots de Guil­hem d’Aquitaine : « Totz lo joys del mon es nos­tre / Domp­na, s’amduy nos amam… » ? La sil­houet­te mys­ti­que de Mont­sé­gur, haut lieu de la résis­tan­ce des der­niers albi­geois contre le roi de Fran­ce, récep­ta­cle de tous les mys­tè­res ? La sil­houet­te enfin du châ­teau aux trois tours des com­tes de Foix, qui abri­ta au XIVe siè­cle le flam­boyant Gas­ton Phé­bus ?

Si l’altitude res­te moyen­ne, les reliefs sont heur­tés et les déni­ve­lés sur­pre­nants. De la mer aux hau­tes ter­res, des gar­ri­gues aux forêts immen­ses, les influen­ces du cli­mat s’entremêlent et s’entrechoquent, et la pluie et le brouillard cèdent sou­vent la pla­ce à de rudes séche­res­ses. Mais le sen­tier catha­re tra­ver­se sur­tout le domai­ne du soleil et du vent, de la cha­leur tor­ri­de et des hur­le­ments de la Tra­mon­ta­ne — com­me si les tra­gé­dies exi­geaient un décor à leur mesu­re, exal­té, hal­lu­ci­né.

Des Bas­ses Cor­biè­res fai­tes de col­li­nes ari­des cou­ver­tes de pier­res et de gar­ri­gue puis de vignes, de chê­nes verts enfin et de cades, aux vas­tes pla­teaux d’altitude semi-déser­ti­ques des Hau­tes Cor­biè­res domi­nées par le Pech de Buga­ra­ch, pas­sant par les gor­ges de Gala­mus où l’Agly invi­te à la bai­gna­de dans des « mar­mi­tes de géants » rem­plies d’une eau cou­leur tur­quoi­se, de la Hau­te Val­lée de l’Aude, pays de mon­ta­gne et de pâtu­ra­ges où le sapin et les hêtres rem­pla­cent peu à peu le chê­ne vert et l’olivier, jusqu’aux immen­ses futaies des forêts du pays de Sault sous les­quel­les se défient les cerfs à l’époque du bra­me, du pla­teau de Lan­gue­rail d’où l’on aper­çoit pour la pre­miè­re fois Mont­sé­gur sur son Pog, au riant pays d’Olmes, pas­sant par les impres­sion­nan­tes gor­ges de la Frau taillées dans le cal­cai­re, le sen­tier catha­re entraî­ne le ran­don­neur sur des ter­res sau­va­ges, enco­re bruis­san­tes du rêve d’une liber­té per­due.

Pays : France
Région : Aude et Ariège (Corbières et Pyrénées)
Thématique générale du parcours : Randonner dans quelques hauts lieux de l’hérésie cathare, du graal et des troubadours, sur un sentier qui relie les principaux châteaux de la frontière franco-aragonaise. C’est un itinéraire de méditation et d’émerveillement, de redécouverte d’une partie de l’histoire du XIIIe siècle qui consacra l’effacement durable de la civilisation d’oc face à celle d’oïl.
La présence de nombreux châteaux rend cet itinéraire particulièrement adapté à une marche en famille, avec des enfants en âge de tenir le rythme et de vibrer à l’évocation des chevaliers !
Mode de déplacement : A pied de préférence (l’intérêt principal de l’itinéraire étant de cheminer, de contempler, de découvrir, de méditer), mais aussi à cheval ou à vélo (VTT) (les portions d’itinéraire spécialement dédiées à ces modes de transport ne sont pas traitées dans ce document).
Durée du parcours : Douze jours environ — entre 5h et 9h de marche par jour.
Difficulté du parcours : Le sentier, long d’environ 240 km, est balisé de manière spécifique : marques bleu et orange dans l’Aude, jaune et rouge en Ariège + logo du Pays Cathare. Il traverse les Corbières du Sud puis longe le front nord-pyrénéen, restant à des altitudes raisonnables. Montségur -1200m- est le point culminant du parcours.
La météo est volontiers changeante. Pluie et brouillard peuvent s’inviter dans une journée de grand soleil. Il faut également prévoir d’emporter suffisamment d’eau pour la journée, les points de ravitaillement étant rares sur le parcours.
Ne pas oublier également de se munir d’une boussole, bien pratique en cas de brouillard (sur les plateaux des Hautes Corbières, par exemple !).
L’itinéraire est jalonné d’endroits pour dormir (gîtes, chambres d’hôte, hôtels), mais mieux vaut vérifier leur période d’ouverture et réserver à l’avance. Pour conserver le maximum de liberté, le bivouac reste la meilleure option. En ce cas, en raison des possibilités de ravitaillement ou d’hébergements, il faut prévoir de s’arrêter avant ou après les villages choisis comme fin d’étape dans le découpage.

Périodes possibles

Le prin­temps et l’automne sont les meilleu­res pério­des pour che­mi­ner sur le sen­tier. La cha­leur peut être ter­ri­ble l’été et la nei­ge tom­ber rela­ti­ve­ment tôt (dans la par­tie pyré­néen­ne) l’hiver.

Présentation géographique

Deux pay­sa­ges essen­tiels se suc­cè­dent : la zone médi­ter­ra­néen­ne (Cor­biè­res, val­lée de l’Aude) avec ses chê­nes verts, ses pins et ses châ­tai­gniers, ses gar­ri­gues, ses maquis et ses pâtu­ra­ges caillou­teux ; la zone pyré­néen­ne, mon­ta­gneu­se, à par­tir du col du Cam­pé­rié et du pays de Sault, avec ses hêtraies et ses sapi­niè­res, ses buis et ses rho­do­den­drons.

Cadre historique et culturel

L’itinéraire suit les Mar­ches d’Espagne, ancien­ne fron­tiè­re entre les royau­mes de Fran­ce et d’Aragon. Il relie la mer à Foix en pas­sant par les châ­teaux qui gar­daient la fron­tiè­re et qui n’ont rien de catha­res, sinon qu’ils ont pu être occu­pés et uti­li­sés lors de la fameu­se croi­sa­de contre les Albi­geois. Il n’a d’ailleurs jamais exis­té de « sen­tier catha­re », c’est une appel­la­tion pra­ti­que, évo­ca­tri­ce.

L’itinéraire per­met la visi­te de châ­teaux médié­vaux super­bes et variés, mais aus­si par exem­ple de s’interroger à Mont­sé­gur sur le mys­tè­re du Graal, d’imaginer la pré­sen­ce des trou­ba­dours à Pui­vert, de sen­tir les ondes tel­lu­ri­ques de la mon­ta­gne de Buga­ra­ch ou enco­re de son­ger au Livre de chas­se de Gas­ton Phé­bus à Foix.

Livre de chasse de Gaston Phébus
Livre de chasse de Gaston Phébus
Montségur
Montségur
Puivert
Troubadour

Description de l’itinéraire

On peut bien sûr sui­vre l’itinéraire dans un sens (Port-la-Nou­vel­le / Foix) ou dans l’autre (Foix / Port-la Nou­vel­le), redé­cou­per le par­cours à sa maniè­re (atten­tion cepen­dant à l’eau et au ravi­taille­ment) ou enco­re choi­sir de n’en fai­re qu’une por­tion. Cet­te des­crip­tion inté­gra­le du par­cours cor­res­pond aux choix (et aux notes) du rédac­teur de la fiche…

De Port-la-Nou­vel­le à Dur­ban-Cor­biè­res (28 km) — Eta­pe dif­fi­ci­le, lon­gue, sans eau et sans ombre, sans véri­ta­ble inté­rêt sinon de per­met­tre d’atteindre un pre­mier châ­teau (châ­teau de Dur­ban, Xe-XVe), de se trou­ver à pied d’œuvre, de se met­tre en jam­be, de décou­vrir l’âpreté d’un pay­sa­ge, de côtoyer aus­si quel­ques ves­ti­ges gal­lo-romains (com­be de la Clot­te).

De Dur­ban-Cor­biè­res à Tuchan (26 km) — Subli­me pano­ra­ma depuis le som­met de la Récaou­fa (qui récom­pen­se une rude mon­tée !). Châ­teau (pri­vé) de Nou­vel­les. Le cas­trum appar­te­nait à l’abbaye de Lagras­se avant de deve­nir rési­den­ce sei­gneu­ria­le des Dur­ban — beau don­jon roman qua­dran­gu­lai­re. Châ­teau (en rui­ne) de Dom­neu­ve, construit vers l’an mil par les arche­vê­ques de Nar­bon­ne. Châ­teau d’Aguilar : s’il sur­veillait la fron­tiè­re, ce châ­teau pro­té­geait aus­si Car­cas­son­ne — pos­ses­sion des sei­gneurs de Ter­mes, jusqu’à leur confis­ca­tion par les Fran­çais — Ber­trand d’Aguilar sera l’un des réfu­giés à Mont­sé­gur — les ves­ti­ges res­tant datent de Phi­lip­pe III le Har­di. Du bourg de Tuchan, pas­sé des mains du sei­gneur de Ter­mes à cel­les de l’abbé de Font­froi­de, avant d’être rasé par les Espa­gnols au XVIe siè­cle, il ne res­te qu’une por­te for­ti­fiée au cen­tre du vil­la­ge.

De Tuchan à Cucu­gnan (19 km) — De Tuchan à Padern, l’itinéraire emprun­te la vieille rou­te cou­rant sur le flanc du ravin de Four­cat et sur­plom­bant les gor­ges de Ver­dou­ble (abris sous roche pré­his­to­ri­ques). Châ­teau de Padern (entiè­re­ment recons­truit au XVIIe). Ancien prieu­ré roman for­ti­fié de Mol­het. Points de vue super­bes sur le Fenouillè­des et les Pyré­nées depuis le roc de Mol­het et la crê­te de l’Abeilla. Le châ­teau de Que­ri­bus, incon­tour­na­ble et aérien, est spec­ta­cu­lai­re sur son piton. Grâ­ce à sa situa­tion stra­té­gi­que majeu­re, ce sera le der­nier îlot de résis­tan­ce catha­re — Cha­bert de Bar­bai­ra se ren­dra en 1255. Vil­la­ge médié­val de Cucu­gnan. Alphon­se Dau­det a ren­du son curé célè­bre dans les Let­tres de mon mou­lin en s’appuyant sur une his­toi­re loca­le écri­te par Achil­le Mir.

Château de Queribus
Château de Queribus
Château de Queribus

De Cucu­gnan à Cubiè­re-sur-Cino­ble (23 km) — Châ­teau de Pey­re­per­tu­se, « peti­te Car­cas­son­ne céles­te » (Michel Roque­bert) ; c’est la plus vas­te des for­te­res­ses de l’Aude, un lieu impor­tant de l’histoire catha­re et un flo­ri­lè­ge d’architectures médié­va­les. Col de Cor­bas­se qui per­met un beau point de vue sur les Pyré­nées. Gor­ges de Gala­mus, havre de fraî­cheur grâ­ce aux eaux et aux magni­fi­ques vas­ques de l’Agly (un bain s’impose !). Ermi­ta­ge médié­val et tro­glo­dy­te de Saint-Antoi­ne. Bel­le vue sur le Fenouillè­des depuis Pla de Mou­lis.

Le Pech de Bugarach
Le moulin de Cucugnan
Peyrepertuse
Peyrepertuse
Peyrepertuse
Puivert

De Cubiè­re-sur-Cino­ble à Buga­ra­ch (14 km) — Cet­te éta­pe (cour­te pour per­met­tre l’ascension du Pech — aller / retour en 2h30 depuis le vil­la­ge de Buga­ra­ch) vaut sur­tout pour la beau­té sau­va­ge des vas­tes pla­teaux d’altitude semi-déser­ti­ques du mas­sif des Hau­tes Cor­biè­res et pour le fameux Pech de Buga­ra­ch (célè­bre grâ­ce aux extra-ter­res­tres et aux Mayas !) qui offre au som­met (1231 m) un vas­te pano­ra­ma, de l’Aquitaine à la Médi­ter­ra­née et des Pyré­nées aux Céven­nes. Cet­te mon­ta­gne déga­ge, en dehors de tout déli­re new age, une vraie magie et des sen­sa­tions envoû­tan­tes.

De Buga­ra­ch à Quillan (22 km) — Le che­min devient plus fores­tier, plus mon­ta­gneux, plus frais grâ­ce au retour des cours d’eau. Châ­teau d’Albedun ou de Tiplies, fief d’une famil­le catha­re ; un neveu du pape Benoît XII y fut pris en fla­grant délit de fabri­ca­tion de faus­se mon­naie (XIVe siè­cle). La vil­le de Quillan est au car­re­four du Cap­cir, du Fenouillè­des, de la Cer­da­gne, des Pyré­nées arié­geoi­ses et de l’Espagne ; elle com­man­de l’accès au pays de Sault et au Rous­sillon. Rui­nes d’un châ­teau du XIIIe siè­cle ; nom­breux ves­ti­ges intra­mu­ros du XVIIe. Quillan est la char­niè­re du par­cours. La pré­sen­ce d’une gare per­met de com­men­cer ou de ter­mi­ner le sen­tier ici si on ne dis­po­se, par exem­ple, que d’une peti­te semai­ne.

De Quillan à Pui­vert (20 km) — Région du Quer­corb, ancien­ne mar­che du royau­me du Fran­ce face à l’Aragon. Tra­jet à domi­nan­te fores­tiè­re. Anciens ther­mes anti­ques de Gino­les. Châ­teau de Pui­vert. La vue de la col­li­ne où il se dres­se est super­be. En 1170 s’y serait tenue une mémo­ra­ble ren­con­tre poé­ti­que, consa­crant l’endroit com­me ren­dez-vous des trou­ba­dours. Pèi­re d’Alvèrnhe a com­po­sé pour l’occasion une chan­son, Chan­ta­rai d’aquests tro­ba­dors, recen­sant les qua­li­tés et défauts des dou­ze poè­tes pré­sents ; il ter­mi­ne par ces vers : Lo vèrs fo faits als enfla­bots, A Puo­ch-Verd, tot jogant risent. « Ces vers furent faits au son des cor­ne­mu­ses, à Pui­vert, en jouant et en riant ». Mais Pui­vert est aus­si un châ­teau catha­re, celui de la famil­le des Congost. Gaillard défen­dit Mont­sé­gur et sa sœur Sais­sa fut brû­lée en 1244. Pas­sé entre les mains fran­çai­ses des Bruyè­res, son aspect actuel est dû à des embel­lis­se­ments de la pre­miè­re moi­tié du XIVe siè­cle.

De Pui­vert à Espe­zel (18 km) — On pénè­tre ici dans le pays de Sault, qui pré­cè­de les hau­tes mon­ta­gnes pyré­néen­nes. Pays de gran­des forêts, peu­plées de grands mam­mi­fè­res. La fameu­se légen­de de Jean de l’Ours y trou­ve son ori­gi­ne, et de nom­breux topo­ny­mes rap­pel­lent la pré­sen­ce au cours de l’histoire des grands pré­da­teurs : Pas de la Lou­ve pelée, col­li­ne de l’Ours, etc. Cet­te région fores­tiè­re fut éga­le­ment un foyer de résis­tan­ce pen­dant la Secon­de Guer­re mon­dia­le (maquis de Picaus­sel, non loin du hameau de Les­ca­le).

D’Espezel à Comus (20 km) — Le prin­ci­pal inté­rêt de l’étape rési­de dans ces pay­sa­ges typi­ques de la forêt de Sault dont on ne se las­se pas après les jours de mar­che dans les Cor­biè­res ari­des, dans le pano­ra­ma super­be dévoi­lé par le Pas de l’Ours, et dans la proxi­mi­té du vieux vil­la­ge occi­tan de Mon­taillou, ren­du célè­bre par l’historien Leroy-Ladu­rie et ses tra­vaux sur la vie quo­ti­dien­ne des pay­sans à par­tir du regis­tre d’inquisition de Jac­ques Four­nier, évê­que de Pamiers au début du XIVe siè­cle.

De Comus à Mont­sé­gur (16 km) — L’itinéraire conduit à tra­vers les spec­ta­cu­lai­res gor­ges de la Frau, avant de grim­per à l’assaut du pog de Mont­sé­gur. Châ­teau mythi­que, sym­bo­le de la résis­tan­ce catha­re face à l’église de Rome et des sei­gneurs du sud face aux barons du nord, objet de tou­tes les légen­des. Com­me c’est le cas pour pres­que tous les châ­teaux du par­cours, les rui­nes actuel­les sont pos­té­rieu­res à la croi­sa­de albi­geoi­se. Lié de maniè­re plus roman­ti­que qu’historique au mythe du Graal, le lieu a aus­si fas­ci­né les écri­vains (Saint-Loup, Otto Rahn). Une nuit entre ses murs est une expé­rien­ce inou­blia­ble.

Le château d'Aguilar
Roquefixade
Château de Durban-Corbières
Sur le plateau de Languerail
Sur le sentier cathare
Vignoble en coteaux

De Mont­sé­gur à Roque­fixa­de (18 km) — L’itinéraire tra­ver­se le vert pays d’Olmes, tra­di­tion­nel­le région d’élevage. Les ves­ti­ges du châ­teau de Roque­fixa­de, confis­qué après avoir sou­te­nu les Catha­res contre Louis IX et le com­te de Foix contre Phi­lip­pe III, puis déman­te­lé sous Louis XIII, sont émou­vants et splen­di­des.

De Roque­fixa­de à Foix (19 km) — Rai­mon-Roger de Foix tint valeu­reu­se­ment tête au chef des croi­sés, Simon de Mont­fort, qui ne par­vint jamais à pren­dre le châ­teau. Foix connaît son apo­gée au XIVe siè­cle avec Gas­ton Phé­bus, auteur du plus célè­bre trai­té de chas­se du Moyen-Age. Il ne res­te rien du châ­teau pri­mi­tif. Les deux tours car­rées et le corps de logis sont du XIIIe, la tour ron­de du XVe.

Albi
Balisage
Gorges de Galamus

Cartographie

  • Car­te géné­ra­le au 1/55.000 IGN-Ran­do édi­tions, inti­tu­lée “Le Sen­tier catha­re”.
  • Car­tes IGN 1/25.000 série Top 25 : 2546 OT — 2547 OT — 2347 OT — 2348 ET — 2248 ET — 2247 OT — 2148 ET — 2147 ET
  • Un topo­gui­de : Le Sen­tier catha­re — De la Médi­ter­ra­née aux Pyré­nées, Ran­do édi­tions.

Bibliographie

A pro­pos des Catha­res, de la croi­sa­de albi­geoi­se et des châ­teaux du pays catha­re :

  • Michel Roque­bert, His­toi­re des Catha­res, Paris, Per­rin, coll. Tem­pus, 1999
  • Michel Roque­bert, Chris­tian Sou­la, Cita­del­les du ver­ti­ge, Pri­vat Edi­teur, Tou­lou­se, 1972
  • Anne Bre­non, Les Catha­res, Albin Michel, Coll. Spi­ri­tua­li­té vivan­te Poche, Paris, 2007

Autour de Mont­sé­gur :

  • Otto Rahn, Croi­sa­de contre le Graal
  • Saint-Loup, Nou­veaux Catha­res pour Mont­sé­gur
  • Zoé Olden­bourg, Le bûcher de Mont­sé­gur, Folio His­toi­re, 1989

A pro­pos des trou­ba­dours :

  • Michel Zink, Les trou­ba­dours : une his­toi­re poé­ti­que, Librai­rie Aca­dé­mi­que Per­rin, 2013
  • Ezra Pound, Sur les pas des trou­ba­dours en pays d’Oc, Paris, édi­tions du Rocher, 2005
  • Paul Fabre, Antho­lo­gie des trou­ba­dours — XIIe-XIVe siè­cle, Orléans, Para­dig­me, 2010

Divers :

Gas­ton Phé­bus, Livre de chas­se, édi­té avec intro­duc­tion, glos­sai­re et repro­duc­tion des 87 minia­tu­res du manus­crit 616 de la Biblio­thè­que natio­na­le de Paris par Gun­nar Tilan­der, Karl­shamn, Johans­son (Cynegetica,18), 1971 [réim­pr : 1976 ; Graz, Akad. Dru­ck, 1994], 453p.

Accès

On accè­de au début du sen­tier, soit par Port-la-Nou­vel­le (ligne SNCF depuis Per­pi­gnan), soit par Foix (liai­son SNCF avec Tou­lou­se). On peut quit­ter ou rejoin­dre le sen­tier à mi-par­cours, à Quillan (trains vers Car­cas­son­ne). Des lignes de bus mises en pla­ce par les Conseils Géné­raux relient la plu­part des vil­la­ges de cha­que dépar­te­ment.

Matériel

Tout dépend de l’esprit avec lequel on abor­de le sen­tier, ran­don­née à la jour­née avec cou­cha­ge en dur à cha­que éta­pe ou bien bivouac. Dans tous les cas, pré­voir suf­fi­sam­ment d’eau, de quoi se pro­té­ger du soleil, du froid et de la pluie.

Renseignements pratiques

Le dépar­te­ment de l’Aude édi­te un car­net conte­nant des infor­ma­tions exhaus­ti­ves datant de 2013 sur les trans­ports, héber­ge­ments, ravi­taille­ment, etc., en libre télé­char­ge­ment à l’adresse sui­van­te : lesentiercathare.com

Le site www.lesentiercathare.com contient tou­tes sor­tes de ren­sei­gne­ments uti­les pour le par­cours.

Liens divers

Année où cet itinéraire a été parcouru

1999 — mis à jour en mai 2014.

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Pho­tos : © Ins­ti­tut Ilia­de pour la lon­gue mémoi­re euro­péen­ne.