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Métapolitique et formation

La métapolitique est un mot souvent utilisé, rarement défini avec précision, et presque toujours chargé d’implicites idéologiques. Elle se situe en amont de la politique conventionnelle, là où se forment les représentations du monde, les cadres intellectuels, les valeurs, les mots et les évidences collectives. Comprendre la métapolitique, ce n’est pas apprendre à gouverner ou à militer ; c’est comprendre comment se constitue, dans la durée, le terrain sur lequel la politique devient possible. Ce concept, longtemps cantonné aux marges intellectuelles, occupe aujourd’hui une place centrale dans les débats sur l’influence culturelle, la formation des élites, la guerre des idées et l’avenir des peuples européens. Il mérite donc une explication rigoureuse, débarrassée des slogans et des caricatures.

Qu’est-ce que l’infrapolitique

Est-ce que ce sont les idées qui mènent le monde ? Suffit-il de construire une contre-hégémonie culturelle pour renverser les structures de domination et conquérir le pouvoir étatique ?

L’infrapolitique

Lecture dissidente : Ce que nous sommes

Face aux lubies qui menacent les peuples européens, la rectitude politique, la réécriture de leur l’histoire, la repentance et le Grand remplacement, il se devait d’y avoir riposte. C’est chose faite avec « Ce que nous sommes », mi-manifeste, mi-manuel.

Lecture dissidente : Ce que nous sommes

Qu’est-ce que la métapolitique ?

Une définition simple

La métapolitique désigne l’ensemble des actions, réflexions et stratégies visant à influencer les idées, les valeurs, les normes culturelles et les représentations collectives avant toute traduction électorale ou institutionnelle. Elle agit sur le long terme, dans le champ culturel, intellectuel et symbolique.

Là où la politique classique cherche à conquérir le pouvoir, la métapolitique cherche à façonner le cadre mental dans lequel le pouvoir sera pensé comme légitime ou illégitime.

Une politique « au-dessus » de la politique

Le préfixe méta- indique un niveau supérieur ou antérieur. La métapolitique ne gouverne pas ; elle prépare. Elle ne légifère pas ; elle influence. Elle ne promet pas ; elle installe des évidences.

Cela inclut :

  • le langage et les mots employés,
  • les récits historiques dominants,
  • les normes morales implicites,
  • les modèles anthropologiques sous-jacents,
  • les références culturelles valorisées ou disqualifiées.

Origines intellectuelles du concept

Racines philosophiques anciennes

Bien avant l’apparition du terme, la logique métapolitique est déjà à l’œuvre chez Platon, Aristote ou dans la tradition médiévale : la cité dépend toujours d’une certaine idée de l’homme, du bien et du juste. Toute politique repose sur une métaphysique implicite.

Au tournant de la modernité, cette intuition se prolonge chez Joseph de Maistre, pour qui les institutions politiques ne sont jamais que l’expression visible de croyances profondes, religieuses ou anthropologiques.

La formulation moderne

Le terme « métapolitique » apparaît de manière plus explicite au XXᵉ siècle. Il est notamment associé aux réflexions sur l’influence culturelle, le rôle des intellectuels et la longue durée historique.

Un moment décisif est la pensée de Antonio Gramsci, théoricien italien qui développe le concept d’hégémonie culturelle. Selon lui, le pouvoir politique durable repose d’abord sur la domination culturelle : école, presse, intellectuels, langage, morale.

La métapolitique, au sens contemporain, est largement une réponse, parfois assumée, parfois critique, à ce diagnostic gramscien.

Métapolitique et politique conventionnelle

Deux temporalités différentes

La politique électorale fonctionne sur le court terme : campagnes, sondages, programmes, coalitions. La métapolitique travaille sur des décennies.

Un changement métapolitique peut précéder de très loin toute victoire politique ; inversement, une victoire électorale sans base métapolitique solide reste fragile et réversible.

Deux types d’acteurs

La politique mobilise des partis, des élus, des institutions.

La métapolitique mobilise des revues, des cercles de réflexion, des écoles de pensée, des universités, des médias culturels, des réseaux intellectuels.

Elle s’incarne dans des formations, des publications, des conférences, des corpus théoriques, et parfois dans des styles de vie ou des esthétiques.

Métapolitique de gauche et de droite

L’héritage gramscien à gauche

À gauche, la métapolitique s’est souvent exprimée à travers :

  • la critique des structures de domination,
  • l’analyse des discours,
  • le travail sur les normes sociales,
  • l’université et la production intellectuelle.

Des penseurs contemporains comme Dardot et Laval, ou certains courants issus de la sociologie critique, s’inscrivent dans cette logique, même sans employer le terme.

La réappropriation à droite

À partir des années 1970, certains courants de la droite intellectuelle européenne reprennent l’idée d’un combat culturel préalable au combat politique. En France, cette démarche est notamment associée à Alain de Benoist et à la réflexion sur la longue durée civilisationnelle.

La métapolitique devient alors un travail sur :

  • l’identité européenne,
  • la critique du libéralisme culturel,
  • la transmission,
  • l’anthropologie politique,
  • la mémoire historique.

« Je m’intéresse moins à la politique quotidienne qu’à la métapolitique. C’est-à-dire aux influences sur la sensibilité générale, le climat moral et culturel. La métapolitique est peut-être, d’ailleurs, le vrai chemin du pouvoir dans les sociétés avancées. Elle est, en tout cas, le lieu de sourdes et grandes batailles. Cette guerre est la mienne. Il faut de la guerre dans une vie. Et si la misère est de n’avoir qu’une vie, mettons‑y du moins plusieurs existences. »

Louis Pauwels

Comment devient-on ce que l’on est ?, éditions Stock, 1978

Métapolitique et guerre culturelle

Le langage comme champ de bataille

La métapolitique agit d’abord sur les mots. Modifier le vocabulaire, c’est modifier le réel perçu. Certains termes deviennent imprononçables, d’autres s’imposent comme neutres alors qu’ils sont chargés idéologiquement.

Ce phénomène est central dans les conflits contemporains : identité, peuple, nation, Europe, culture, tradition, progrès.

Institutions culturelles et formation

La métapolitique investit les lieux de formation :

  • écoles,
  • universités,
  • médias,
  • revues,
  • associations culturelles.

Elle vise à former des individus capables de penser par eux-mêmes, de transmettre et de durer. C’est dans cette logique que s’inscrivent des dispositifs comme la

<a href= »https://institut-iliade.com/iliade/metapolitique/formation-metapolitique » title= »Formation politique »>Formation politique</a>, conçue comme un travail de fond plutôt qu’un militantisme immédiat.

Métapolitique, peuple et identité

La question des peuples

Toute métapolitique suppose une réponse, explicite ou implicite, à la question : qu’est-ce qu’un peuple ? Est-ce une construction juridique, une addition d’individus, une communauté historique, culturelle, symbolique ?

La métapolitique s’intéresse moins aux frontières administratives qu’aux continuités profondes : langue, mythes, héritage, mémoire collective.

« Demain, une Europe sans Européens ? »

Cette question, souvent provocatrice, relève pleinement de la métapolitique. Elle interroge les conséquences culturelles, démographiques et symboliques de choix politiques présentés comme purement techniques ou économiques.

La métapolitique ne donne pas de réponses toutes faites, mais elle refuse l’amnésie et le court-termisme.

Infrapolitique et métapolitique

Il convient de distinguer la métapolitique de l’infrapolitique.

L’infrapolitique désigne les formes diffuses de résistance ou d’adhésion non institutionnelles : comportements, habitudes, pratiques quotidiennes.

La métapolitique, elle, structure le cadre intellectuel dans lequel ces pratiques prennent sens. Elle est plus consciente, plus organisée, plus théorisée.

Applications contemporaines

Dans les mouvements sociaux

De nombreux mouvements actuels, à droite comme à gauche, sont d’abord métapolitiques :

  • critique des médias,
  • remise en cause des récits dominants,
  • production de contre-discours,
  • création de réseaux parallèles.

Ils cherchent moins à gagner une élection qu’à déplacer ce qui est pensable ou dicible.

Dans la formation et la transmission

La métapolitique se prolonge dans des démarches éducatives alternatives, par exemple via

<a href= »https://institut-iliade.com/iliade/metapolitique/education-alternative » title= »Éducation Alternative »>l’éducation Alternative</a>, ou <a href= »https://institut-iliade.com/iliade/metapolitique/formation-politique » title= »Talents et incubateurs »> dans des logiques d’incubation de talents et de responsabilités</a>.

Éthique, style et cohérence

La métapolitique ne se réduit pas à des idées abstraites. Elle implique une cohérence entre pensée, parole et comportement. D’où l’importance accordée à une

<a href= »https://institut-iliade.com/pour-une-ethique-europeenne-de-la-tenue/ » title= »Ethique de la tenue »>éthique de la tenue</a>, entendue comme discipline personnelle, exemplarité et sens du long terme.

Elle suppose également un engagement réfléchi, non impulsif, que l’on peut approfondir à travers la notion d’

<a href= »https://institut-iliade.com/iliade/metapolitique/engagement-politique » title= »Engagement politique »>engagement politique</a>.

Métapolitique et sens critique

La métapolitique ne vise pas l’endoctrinement. Elle suppose au contraire une capacité de distance, de débat et de dissidence intellectuelle. Le travail sur le

<a href= »https://institut-iliade.com/iliade/metapolitique/sens-critique-dissidence » title= »Sens critique et Dissidence »>sens critique et la dissidence</a> est central : sans esprit critique, la métapolitique devient propagande.

FAQ – Questions fréquentes

  • La métapolitique est-elle manipulatrice ? Elle peut l’être, comme toute action sur les idées. Mais elle peut aussi être un outil de clarification et de transmission honnête. Tout dépend de l’intention et des méthodes.
  • Est-elle réservée à une idéologie ? La métapolitique existe à gauche, à droite et au centre. Elle est une méthode, pas un contenu.
  • Est-ce une alternative à l’action politique ? Elle en est le complément. Sans métapolitique, l’action politique est instable. Sans action politique, la métapolitique reste inachevée.

La métapolitique est une clé de lecture essentielle pour comprendre les conflits contemporains. Elle éclaire pourquoi certaines idées triomphent sans vote, pourquoi d’autres disparaissent sans interdiction, et pourquoi les batailles décisives se jouent souvent loin des urnes.

Elle rappelle une évidence trop souvent oubliée : avant de changer les lois, il faut comprendre ce qui façonne les esprits.

« Dans une société qui déclare subversive toute véritable idée, qui cherche à décourager l’imagination idéologique, qui entend abolir la pensée au profit du spectacle, l’objectif principal doit être de réveiller les consciences, de poser les questions traumatisantes, de créer des électrochocs idéologiques, des idéo-chocs. »
Guillaume Faye
L’Archéofuturisme. Techno-science et retour aux valeurs ancestrales, éditions L’Æncre, 2011/La Nouvelle Librairie, coll. Agora, 2023