Aux origines de la civilisation mégalithique européenne
Avant les grandes civilisations historiques, avant les villes et les royaumes, l'Europe était le berceau d'une culture aussi ancienne qu'imposante : la culture mégalithique.
« Les scénarios qui se profilent à l’horizon, du reste, ne laissent aucune place à l’imagination : notre civilisation est un patrimoine à défendre et non un mythe à déconstruire. Le choix doit être clair : il faut à nouveau considérer l’Europe comme notre terre ancestrale, comme une source à laquelle puiser pour redécouvrir nos racines, nécessaires pour faire face aux défis décisifs qui nous attendent. »
Pietro Ciapponi
Les défis de l’Europe. Les racines d’une civilisation et les limites d’une bureaucratie, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Iliade, 2023
Le patrimoine culturel européen constitue l’un des fondements les plus durables de l’identité du continent. Il ne se limite ni aux monuments célèbres ni aux sites touristiques majeurs : il englobe un ensemble de biens matériels, immatériels et paysagers qui témoignent de l’histoire européenne, de ses ruptures, de ses continuités et de sa diversité. Le comprendre, c’est saisir ce qui relie les peuples d’Europe au-delà des frontières politiques, linguistiques ou nationales, dans une continuité de civilisation et de société.
Avant les grandes civilisations historiques, avant les villes et les royaumes, l'Europe était le berceau d'une culture aussi ancienne qu'imposante : la culture mégalithique.
La colonne Motodysseus a repris les routes de l'Europe, vers sa pointe la plus occidentale, au-delà même d’Ouessant et du Connemara, là où l’Empire romain faisait définitivement face à l’océan.
Jusqu’au 1er septembre 2025, le Palais des Beaux-Arts de Lille accueille certaines peintures des grands-maîtres flamands.
Présentation du tout nouvel Institut Énéide, un centre d'études, de recherche et de formation italien.
Sur les pas de saint Colomban, pérégrinations spirituelles au pays des Vosges saônoises, dans la région de Luxeuil-les-Bains.
Cette mystérieuse Lucie que les héritiers des Vikings honorent chaque année le 13 décembre par une fête de lumière doit avoir son origine dans le fond ancien des mythes germano-scandinaves.
Loin du soleil méditerranéen des précédentes aventures en Italie et en Grèce, le raid Motodysseus 2024 a choisi l’image de l’Edelweiss pour s’élancer sur les pentes enneigées des Alpes.
L'Alsace foisonne d’initiatives individuelles ou collectives qui révèlent un lien fort avec une tradition qui paraît renaître sous des formes inattendues.
Cette appellation désigne l’ensemble des héritages culturels partagés par les peuples d’Europe. Il s’agit d’un concept à la fois historique, culturel et politique. Il repose sur l’idée que certaines œuvres, traditions, paysages ou savoir-faire dépassent le cadre strictement national et participent d’une mémoire commune, transmise par des documents, des pratiques et des lieux.
Ce patrimoine se construit sur des strates successives : héritage antique grec et romain, christianisme médiéval, humanisme de la Renaissance, Lumières, révolutions industrielles, mouvements artistiques modernes. À cela s’ajoutent des apports régionaux et populaires qui donnent à l’Europe sa densité culturelle unique.
Le patrimoine culturel européen n’est donc pas figé. Il évolue, se redéfinit et se transmet à travers les générations, en intégrant à la fois la conservation du passé, l’innovation dans les usages et la recherche historique et scientifique.
Le patrimoine matériel regroupe les biens tangibles : monuments, édifices religieux, centres historiques, musées, châteaux, palais, sites archéologiques, œuvres d’art, archives et bibliothèques. L’Europe concentre une densité exceptionnelle de ce patrimoine, des cathédrales gothiques aux villes Renaissance, des vestiges romains aux architectures industrielles du XIXe siècle.
Des villes comme Paris, Rome, Prague ou Budapest illustrent cette continuité historique où les époques cohabitent dans l’espace urbain, tout comme de nombreuses cités de Belgique, de Hongrie, de Pologne, du Portugal ou d’Autriche, dont les centres anciens structurent encore la vie contemporaine.
Reconnu plus récemment, le patrimoine immatériel comprend les traditions orales, les langues régionales, les savoir-faire artisanaux, les pratiques festives, la gastronomie et les rituels sociaux. Il s’agit d’un patrimoine vivant, transmis par l’usage plutôt que par la pierre ou le document écrit.
Les danses populaires, les chants traditionnels, les fêtes saisonnières ou les métiers d’art participent pleinement de l’identité culturelle européenne.
Le patrimoine européen inclut également des paysages façonnés par l’homme : vignobles, bocages, canaux, terrasses agricoles, routes historiques. Ces paysages culturels témoignent d’un rapport ancien entre l’homme et son environnement, aujourd’hui confronté à des enjeux climatiques nouveaux.
On distingue généralement sept grandes catégories de patrimoine culturel :
Cette typologie permet d’appréhender la richesse et la complexité du patrimoine européen, bien au-delà des seuls monuments emblématiques.
Contrairement à une idée répandue, la protection du patrimoine relève d’abord des États. Toutefois, l’Union européenne joue un rôle croissant de coordination, de financement et de labellisation.
À travers des programmes comme Horizon Europe ou Europe Créative, et sous l’impulsion de la Commission européenne, des projets de recherche, d’innovation et d’action patrimoniale sont soutenus, en lien avec des institutions nationales, notamment françaises.
L’objectif est double : préserver le patrimoine face aux menaces contemporaines – urbanisation, tourisme de masse, pressions économiques, évolutions climatiques – et en faire un levier de transmission culturelle et éducative.
Le label « Patrimoine européen » distingue des sites labellisés ayant joué un rôle majeur dans l’histoire et la construction de l’Europe. Contrairement au classement UNESCO, il ne repose pas uniquement sur la valeur esthétique ou architecturale, mais sur la signification symbolique et historique à l’échelle continentale.
Chaque site retenu s’inscrit dans une thématique précise et fait l’objet d’une candidature évaluée selon des critères historiques, culturels et pédagogiques.
Le label offre une visibilité accrue, un soutien institutionnel et une intégration dans des réseaux culturels européens. Il favorise également des actions de médiation auprès du public, notamment des jeunes, en mettant l’accent sur la compréhension du passé commun.
L’Europe est le continent qui compte le plus grand nombre de sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces sites illustrent la diversité culturelle et historique du continent : centres historiques, paysages culturels, monuments religieux, œuvres d’ingénierie.
L’Italie, l’Espagne, la France et l’Allemagne figurent parmi les pays les plus représentés, aux côtés d’États d’Europe centrale et orientale comme la Pologne, la Hongrie ou l’Autriche, dont le patrimoine urbain et architectural demeure particulièrement cohérent.
Les itinéraires culturels constituent une manière concrète de découvrir le patrimoine européen à travers le voyage. Soutenus par le Conseil de l’Europe, ils relient des sites, des villes et des régions autour d’un thème commun.
Parmi les itinéraires emblématiques figurent les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, la route des villes thermales, les itinéraires de l’art roman ou ceux dédiés à l’Art nouveau et à l’Art déco, visibles notamment en Belgique et en Autriche.
Les Journées Européennes du Patrimoine constituent l’un des événements culturels les plus populaires en Europe. Lancées en France, elles ont été étendues à l’ensemble du continent.
Chaque année, des milliers de sites ouvrent leurs portes, permettant au public d’accéder à des musées, châteaux et palais habituellement fermés.
La participation est libre et ouverte à tous. Les programmes sont publiés par les institutions culturelles nationales et locales.
Le patrimoine culturel européen joue un rôle structurant dans la transmission des valeurs, de la mémoire et de l’identité. Il favorise la cohésion entre citoyens en rappelant des références communes, sans nier les spécificités nationales.
Il constitue également un outil éducatif majeur, un levier de développement local et un repère durable dans un monde marqué par l’accélération et l’oubli.
« Aux Européens, le poète fondateur [Homère] rappelle qu’ils ne sont pas nés d’hier. Il leur lègue le socle de leur identité, la première expression parfaite d’un patrimoine éthique et esthétique qu’il tenait lui-même en héritage et qu’il a sublimé de façon que l’on dirait divine. Les principes qu’il a fait vivre par ses personnages n’ont pas cessé de renaître jusqu’à nous, montrant que le fil secret de notre tradition ne pouvait être rompu. Ainsi l’avenir prend-il racine dans la mémoire du passé. »
Dominique Venner
Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2013