Enrico Mattei, artisan d’une politique énergétique moderne
Filippo Burla revient sur la trajectoire d’un patriote pragmatique, Enrico Mattei, capable de « forcer la main » aux équilibres internationaux.
« L’Europe centrale dévoile en s’éveillant la double personnalité de l’UE : un havre où perdurer et un projet auquel se soumettre, le “Docteur Jekyll” du visage unitaire du continent et le “Mister Hyde” du cosmopolitisme sans visage. »
Thibaud Gibelin
Pourquoi Viktor Orbán joue et gagne. Résurgence de l’Europe centrale, Fauves Éditions, 2020
Filippo Burla revient sur la trajectoire d’un patriote pragmatique, Enrico Mattei, capable de « forcer la main » aux équilibres internationaux.
La chevalerie économique d’Alfred Marshall : une éthique oubliée des affaires, fondée sur l’honneur, le devoir et le Bien commun.
L'écologie politique, actuellement perçue comme le domaine réservé de la gauche, pourrait conférer à la droite européenne une nouvelle dynamique.
Dans Extension du domaine du capital, Jean-Claude Michéa poursuit sa critique du libéralisme en l’analysant depuis la « France périphérique », où il vit désormais.
Le samedi 17 mai, le « Remigration Summit » a rassemblé un large panel de personnalités européennes autour de la question brûlante de la remigration.
Face à l’oubli qui menace l’Europe, Jean Montalte, auditeur de la promotion Léonidas, interroge l’histoire, la philosophie et la poésie pour éclairer le destin de notre civilisation.
Le discours du vice-président américain à la Conférence de Munich sur la sécurité a engendré une secousse politique et diplomatique majeure.
Romain Petitjean et ses invités se proposent ici d’examiner la place, l’utilité, et l’importance du travail pour les nouvelles générations d’Européens.
La politique européenne est aujourd’hui au cœur des débats publics, sans être réellement comprise. Elle est omniprésente dans les discours officiels, les décisions économiques, les normes juridiques et les orientations diplomatiques, mais largement absente de la conscience politique des peuples. Cette dissociation entre pouvoir réel et perception populaire constitue l’un des traits majeurs de l’Europe contemporaine.
La rubrique « Politique européenne » de l’Institut Iliade s’inscrit dans une démarche de clarification et de réenracinement intellectuel. Il ne s’agit ni de répéter les éléments de langage de la communication institutionnelle, ni de céder à un rejet simpliste de l’idée européenne. Il s’agit de comprendre, de nommer et d’évaluer les politiques européennes telles qu’elles existent réellement, afin de rouvrir la possibilité d’une autre voie.
« Je pars de cette constatation que les Européens sont vulnérables parce qu’ils n’ont pas conscience de ce qu’ils sont. Ils ne sont pas conscients de leur identité ni de leurs valeurs spécifiques. La tâche la plus urgente est donc de leur donner les fondements d’une structure mentale, d’une conscience de leur identité. »
Dominique Venner
Carnets rebelles – volume I, éditions La Nouvelle Librairie, 2021
La politique européenne désigne l’ensemble des orientations, décisions et mécanismes d’action mis en œuvre à l’échelle continentale, principalement dans le cadre de l’Union européenne. Elle recouvre des domaines aussi variés que l’économie, le commerce, l’environnement, la politique migratoire, la diplomatie, la défense, l’énergie ou encore la justice.
Contrairement à un État classique, la politique européenne ne repose pas sur un pouvoir politique unifié. Elle résulte d’un équilibre instable entre plusieurs institutions : la Commission, le Conseil, le Parlement, la Cour de justice. Cet empilement institutionnel produit un système hybride, à la fois supranational et intergouvernemental, où la responsabilité politique est souvent diluée.
La politique étrangère et de sécurité commune (PESC) illustre particulièrement cette ambiguïté : conçue pour permettre une action concertée des États membres sur la scène internationale, elle demeure largement tributaire des intérêts nationaux et des rapports de force internes.
Depuis la fin des années 2010, l’Union européenne a défini un ensemble de priorités stratégiques censées structurer son action :
Ces priorités sont portées principalement par la Commission européenne, qui joue un rôle moteur dans l’initiative législative et la définition des politiques communes. Toutefois, elles s’inscrivent dans une logique largement technocratique : objectifs chiffrés, mécanismes normatifs, conditionnalités financières.
Ce cadre tend à réduire la politique européenne à une gouvernance par indicateurs, éloignée des réalités historiques, culturelles et anthropologiques des nations européennes.
La politique européenne s’est construite historiquement comme un projet de paix et de coopération économique après la Seconde Guerre mondiale. Mais au fil des traités, elle s’est transformée en une superstructure normative autonome.
Le pouvoir réel se concentre aujourd’hui entre :
Ce système produit une asymétrie démocratique : les décisions structurantes sont souvent prises loin des peuples, dans des espaces institutionnels peu lisibles.
L’un des enjeux centraux de la politique européenne contemporaine est la question de la souveraineté. Les États membres ont progressivement transféré des compétences essentielles (monétaires, juridiques, commerciales) à l’échelon supranational, sans véritable débat civilisationnel.
Cette dynamique s’accompagne d’un discours valorisant l’harmonisation, la convergence et la neutralité axiologique. Or, aucune politique n’est neutre. Toute norme porte une vision implicite de l’homme, de la société et du monde.
« Personne, sauf un monde qui aurait sombré dans la servitude, n’admettra jamais l’inhumaine et abstraite Europe des États. Seule l’Europe des peuples saura respecter, en les unissant, la diversité de toutes les nations, de toutes les communautés – populaires, petites ou grandes, qui la composent. La centralisation de l’État-nation a conduit la France où elle est. Le même esprit conduirait l’Europe à la stérilité. Il ne faut pas que l’Europe des États puisse un jour venir dire à la France que “pour l’unité linguistique de l’Europe la langue française doit disparaître”. La France doit reconnaître aujourd’hui qu’elle englobe plusieurs des plus vieilles nations d’Occident. Si elle doit continuer de les unir, il faut que ce soit dans le respect de leurs droits respectifs et de leurs libertés. Il n’y a que dans une Europe gouvernée par des principes du même genre que la France pourra sauver ce qui lui reste. Qui, sinon la France, pourrait montrer ce chemin à l’Europe puisqu’elle n’est elle-même qu’une Europe en petit ? »
Yann Fouéré
La Bretagne écartelée, 1962, Nouvelles Éditions Latines, 1976
Avant le traité de Lisbonne, l’Union européenne reposait sur trois piliers distincts :
Le traité de Lisbonne a fusionné cette architecture, renforçant l’intégration institutionnelle. Cette évolution a accru la cohérence formelle du système, mais aussi la distance entre les centres de décision et les citoyens.
Le Parlement européen est structuré autour de sept grands groupes politiques :
Malgré cette diversité apparente, une large majorité de ces groupes partage une vision fondamentalement européiste, favorable à l’approfondissement de l’intégration.
La politique étrangère européenne vise à coordonner l’action des États membres sur la scène internationale. Elle s’exprime à travers des positions communes, des sanctions, des missions civiles ou militaires, et une diplomatie multilatérale.
Dans les faits, cette politique reste marquée par des contradictions profondes : dépendance stratégique, alignement atlantique, divergences d’intérêts entre États membres. Les crises récentes (Ukraine, Moyen-Orient, Balkans) ont mis en évidence les limites de cette action collective.
La Communauté politique européenne (CPE) est une initiative lancée en 2022 visant à créer un cadre de dialogue politique réunissant les États membres de l’UE et plusieurs pays européens non membres.
Elle inclut notamment des pays comme l’Ukraine, les Balkans occidentaux, la Moldavie ou encore le Royaume-Uni. Son objectif affiché est de renforcer la coopération politique et sécuritaire à l’échelle continentale, sans passer par l’adhésion formelle.
Cette structure soulève néanmoins des interrogations : s’agit-il d’un espace de coopération souple, ou d’un instrument de projection normative de l’Union européenne ?
La politique européenne de voisinage (PEV) concerne les pays situés à l’est et au sud de l’Union. Elle vise officiellement à promouvoir la stabilité, la prospérité et la sécurité par des accords économiques, politiques et institutionnels.
Dans la pratique, cette politique crée souvent des relations asymétriques : les pays partenaires adoptent des normes européennes sans participer aux processus de décision. Cette dynamique peut renforcer leur dépendance plutôt que leur autonomie.
L’Union européenne n’est ni un État fédéral, ni une simple organisation internationale. Elle constitue un objet politique non identifié, combinant des éléments de souveraineté partagée, de gouvernance technocratique et de diplomatie interétatique.
Cette singularité rend la politique européenne difficilement lisible et alimente la défiance démocratique.
Penser la politique européenne aujourd’hui suppose de sortir des faux dilemmes : adhésion inconditionnelle ou rejet total. Il s’agit de réintroduire les notions de souveraineté, d’enracinement et de pluralité dans un cadre de coopération respectueux des peuples.
La politique européenne ne retrouvera sa légitimité que si elle cesse d’être un projet abstrait pour redevenir l’expression d’un destin historique partagé, assumé et incarné.
Informer sur la politique européenne, ce n’est pas seulement décrire des institutions ou des mécanismes. C’est permettre aux lecteurs de comprendre ce qui se joue réellement derrière les mots, les traités et les discours. C’est aussi rouvrir l’espace du politique, là où il a été confisqué par la norme et la procédure.
C’est dans cet esprit que s’inscrit la démarche de l’Institut Iliade : non abolir l’Europe, mais la réapprendre, la penser, et, peut-être, la refonder.
« Au bout de trente mille ans d’identité, d’histoire, l’Europe est endormie. Peut-on la réveiller ? Comment ? Par la lutte, la rébellion, toujours et encore ! Il faut lutter contre ce qui nous nie, contre ceux qui nous refusent le droit de préserver et de promouvoir notre identité. »
Lionel Rondouin
Dominique Venner. La flamme se maintient, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Cartouches, 2023