Une lecture européenne du Trône de Fer (1/3)

Une lecture européenne du Trône de Fer (1/3)

Une lecture européenne du Trône de Fer (1/3)

Une lecture européenne du Trône de Fer ou “De la permanence et de la vitalité des représentations européennes dans un phénomène littéraire et télévisuel mondial”. Pourquoi s’intéresser, en tant qu’Européen, aux raisons du succès de George R.R. Martin ? Première partie.

Série télé­vi­sée désor­mais culte, « Game of Thrones » est ins­pi­rée d’une série lit­té­raire (tou­jours inache­vée à ce jour) ima­gi­née par l’Américain George R.R. Mar­tin, A Song of ice and fire – tra­duite en fran­çais sous le titre de Le Trône de fer.

La série télé­vi­sée (pro­duite par la chaîne de télé­vi­sion amé­ri­caine HBO) mérite à ce jour tous les super­la­tifs : série la plus télé­char­gée, série la plus récom­pen­sée [1] et la plus atten­due par les télé­spec­ta­teurs, deve­nue un réfé­rent incon­tour­nable pour le choix des pré­noms des nou­veaux-nés (les pré­noms des per­son­nages Arya et même Kha­lee­si sont don­nés aux enfants !), se décli­nant en nom­breux jeux (Mono­po­ly, Risk, jeux de rôle, jeux de cartes) et déri­vés (Les Cartes du monde, Les Ori­gines de la saga, les recettes de Game of Thrones, etc.).

La série lit­té­raire, com­men­cée en 1996, a été quant à elle tra­duite dans plus de qua­rante langues et ven­due à plus de soixante-huit mil­lions d’exemplaires (pour les cinq pre­miers tomes), avec des groupes d’admirateurs dans le monde entier [2].

Mais com­ment expli­quer ce véri­table phé­no­mène de socié­té ? Cer­tains s’y sont essayés, avec un suc­cès par­fois rela­tif, comme l’hebdomadaire Le Point fai­sant un paral­lèle entre le monde poli­tique fran­çais et les familles nobles de Wes­te­ros…

En revanche – et cet essai se fonde en par­tie sur celles-ci – des ana­lyses per­ti­nentes ont été réa­li­sées par Fré­dé­ric Lemaire (Com­ment Bour­dieu éclaire Game of Thrones — et vice-ver­sa), par Sté­phane Rolet dans le hors-série du maga­zine Lire du prin­temps 2015 (Le trône de fer décryp­té) ou par le maga­zine Slate sous le plume de Alix Bap­tiste Jou­bert. La page Wiki­pe­dia sur le Trône de Fer est aus­si par­ti­cu­liè­re­ment com­plète et inté­res­sante.

Plus qu’une ana­lyse pré­cise du monde du Trône de Fer ou un essai dres­sant hypo­thèses et expli­ca­tions aux nom­breuses zones d’ombres de la série, ce tra­vail est d’abord une lec­ture – enga­gée – de l’œuvre lit­té­raire de Mar­tin et de son adap­ta­tion télé­vi­sée.

Beau­coup ont ten­té d’expliquer le suc­cès de la série par la « pro­fon­deur » de l’œuvre, les élé­ments se rap­por­tant à l’histoire, la science poli­tique ou même les thèses de Bour­dieu – le lecteur/spectateur étant atti­ré et fas­ci­né par les mes­sages qua­si-sub­li­mi­naux. D’autres ont sou­li­gné le style « moderne » de l’auteur renou­ve­lant le genre de l’heroic–fan­ta­sy. Cer­tains enfin, cri­tiques voire cyniques, ont rame­né le suc­cès de la série à sa vio­lence, aux scènes de sexe, aux (trop) nom­breux revi­re­ments de situa­tion, à l’esthétique ciné­ma­to­gra­phique ser­vant de piètres valeurs mer­can­tiles et égoïstes…

Cepen­dant, comme le sou­ligne Alix Bap­tiste Jou­bert, « la fas­ci­na­tion géné­ra­li­sée pour cette série pour­tant basée sur un trip­tyque assez basique inceste/mains coupées/morts vivants est un mys­tère qui résiste à toutes les ten­ta­tives d’explication ».

Com­ment expli­quer en effet la fas­ci­na­tion d’un monde médié­val-fan­tas­tique, de ses per­son­nages si éloi­gnés des « élites » actuelles, d’une intrigue épique, chez des lec­teurs et des spec­ta­teurs englués dans un monde maté­riel, se dés­in­té­res­sant de l’Histoire, mécon­nais­sant la civi­li­sa­tion euro­péenne, se détour­nant de la spi­ri­tua­li­té et se méfiant de l’identité – notion dépas­sée voire dan­ge­reuse ?

La réponse est peut-être tout sim­ple­ment cultu­relle, même civi­li­sa­tion­nelle, et les clefs d’explication, n’en déplaise sans doute à Mar­tin lui-même et aux réa­li­sa­teurs amé­ri­cains de la série, se trouvent dans la tra­di­tion telle que l’entend Domi­nique Ven­ner : « la tra­di­tion n’est pas le pas­sé, mais au contraire ce qui ne passe pas et qui revient sous des formes dif­fé­rentes. Elle désigne l’essence d’une civi­li­sa­tion d’une très longue durée ».

C’est de ce « mur­mure » que naît le suc­cès d’un Chant de glace et de feu.

En somme, la série nous parle parce qu’elle se réfère à notre his­toire, à nos mythes, à nos légendes. Par la puis­sance évo­ca­trice de la lit­té­ra­ture, d’une part, et celle du ciné­ma, d’autre part, les repré­sen­ta­tions de la civi­li­sa­tion euro­péenne plu­ri­mil­lé­naire retrouvent leur place dans une nou­velle dyna­mique de réen­chan­te­ment du monde.

Ain­si, dans notre lutte pour faire renaître chez nos com­pa­triotes endor­mis la conscience de leur culture char­nelle, atta­chée aux pierres, aux forêts et aux fleuves, de nos mythes et de notre si riche his­toire, retrou­ver dans le Trône de fer et dans Game of thrones des élé­ments authen­ti­que­ment euro­péens par­ti­cipe à une réap­pro­pria­tion de ses propres ori­gines et du sens de sa civi­li­sa­tion.

Ce tra­vail pré­sente ain­si deux niveaux de com­pré­hen­sion inti­me­ment liés pour expli­quer le suc­cès de la série en Occi­dent, mais montre aus­si (il est inté­res­sant de noter qu’au Cana­da, l’université de Colom­bie-Bri­tan­nique a ins­tau­ré un cours de lit­té­ra­ture inti­tu­lé : « Notre Moyen Âge moderne, un chant de glace et de feu » ! ) à quel point cette série prend racine dans l’univers euro­péen (au sens tem­po­rel, spa­tial mais aus­si méta­phy­sique) pour le ren­voyer, de manière forte et ori­gi­nale, à nous-mêmes.

Réa­li­sée dans le cadre de la « mis­sion » et des tra­vaux de l’Institut Iliade, cette lec­ture doit per­mettre de retrou­ver et de dévoi­ler, de mettre en lumière, des ensei­gne­ments allant du souffle épique d’Homère à la cri­tique du monde moderne de Julius Evo­la, et de por­ter un regard nou­veau sur la situa­tion que vit (ou subit) l’Europe aujourd’hui.

Médias à la fois facile d’accès et riche, les ver­sions télé et papier de Game of Thrones peuvent ain­si être uti­li­sés pour éveiller les lec­teurs et autres afi­cio­na­dos de ce « Chant de glace et de feu » à l’Histoire euro­péenne et à ses mythes enra­ci­nés, à des valeurs oubliées, gal­vau­dées ou moquées par notre époque.

Une plongée dans « la matière » de la fantasy, le renouveau de l’imaginaire européen et de ses mythes fondateurs

La fan­ta­sy est un vaste champ lit­té­raire déve­lop­pé à par­tir de la tra­di­tion légen­daire euro­péenne. A Song of ice and fire appar­tient plei­ne­ment à ce genre héri­té de la vaste tra­di­tion légen­daire euro­péenne, des épo­pées d’Homère à Beo­wulf, des Eddas aux Chan­sons de geste, de la saga arthu­rienne aux contes de fées. La fan­ta­sy est un moyen d’expression moderne de l’imagination popu­laire – le filtre du fan­tas­tique per­met­tant de mieux appré­hen­der cer­taines réa­li­tés. L’œuvre de Mar­tin n’y fait pas défaut.

Genre lit­té­raire aujourd’hui recon­nu, la fan­ta­sy a obte­nu ses quar­tiers de noblesse avec (notam­ment) Robert E. Howard (Conan, Kull le roi bar­bare, Solo­mon Kane), J.R.R. Tol­kien (Le Sil­ma­rillon, Le Hob­bit, Le Sei­gneur des anneaux) et compte aujourd’hui de nom­breux sous-genres et autant d’auteurs de renom. Mar­tin recon­naît d’ailleurs l’influence sur son œuvre de grands mes­sieurs comme Homère et Tol­kien bien sûr, mais aus­si de Love­craft, Roger Zelaz­ny, Jack Vance, aux côtés de Sha­kes­peare, Sir Wal­ter Scott et Mau­rice Druon (pour ses Rois mau­dits).

Ain­si, le lecteur/spectateur, ama­teur aver­ti ou néo­phyte du genre, se retrouve plon­gé dans un uni­vers qui lui parle d’une manière presque incons­ciente lorsqu’apparaissent dra­gons, morts-vivants, sor­ciers, elfes (le Peuple de la Forêt), géants et autres loups mons­trueux.

Mais l’originalité de Mar­tin tient sans doute à sa manière de jouer avec les règles du genre. Il par­vient en effet à rendre cré­dible son uni­vers, en le dotant d’une vraie géo­gra­phie et d’une his­toire fouillée, en don­nant par exemple forces détails sur les armées en dépla­ce­ment et leur logis­tique, sur les villes et les vil­lages, sur la vie quo­ti­dienne à Wes­te­ros, à Dorne, chez les Fer-Nés, sur le Mur, à Braa­vos, chez les Dotraa­kis, sur la côte des esclaves… Bien enten­du, la série lit­té­raire est plus pré­cise que la série télé­vi­sée, mais le spec­ta­teur reste mal­gré tout fas­ci­né par la réa­li­té de cet uni­vers.

Mar­tin se rap­proche en cela d’un Tol­kien et peut-être (et sur­tout) d’Homère chez qui le sur­na­tu­rel (les dieux et leurs actions), s’ils ne repré­sentent pas le cœur de l’action, font inti­me­ment par­tie à la fois du monde et de l’intrigue.

Par ailleurs, la pré­sence de la magie, ou plu­tôt sa réap­pa­ri­tion dans l’univers, per­met de le « réen­chan­ter » et en retour d’offrir une autre vision au lecteur/spectateur de ce qu’il est pos­sible d’imaginer.

La place de la mort, de la vio­lence et le refus de toute dicho­to­mie « bien/mal » est un autre point fon­da­men­tal chez Mar­tin.

Mar­tin joue ici avec l’une des normes de la fan­ta­sy moderne : le héros gagne à la fin. Or, chez Mar­tin, nul ne peut devi­ner qui sera le pro­chain roi (ou reine) sur le trône de fer et encore moins qui sur­vi­vra. Là aus­si il se rap­proche de Tol­kien (sur­tout dans le Sil­ma­rillon) et d’Homère (dans L’Iliade) : les Stark, alors qu’ils incarnent des héros arché­ty­paux, sont déci­més ; les Lan­nis­ter, mal­gré leur puis­sance, vacillent ; les Tyrell, qui repré­sentent une puis­sance mon­tante, tré­buchent ; ce qui reste des Tar­ga­ryen, mal­gré leurs dra­gons, ne sont assu­rés de rien…

Ensuite, aucun des per­son­nages n’est tota­le­ment bon ou tota­le­ment mau­vais. Mar­tin se rap­proche là aus­si de la tra­di­tion homé­rique, du Tol­kien du Sil­ma­rillon, des héros des mythes antiques comme Héra­clès, Per­sée, Jason, Thé­sée, qui pos­sèdent tous leur part sombre.

A l’inverse, les Lan­nis­ter, que l’on pour­rait a prio­ri aisé­ment qua­li­fier de méchants, ne per­son­ni­fient en aucun cas le Mal : Tawin, le chef de sa mai­son, prône la fidé­li­té des siens à leur sang et leur rang ; Jaime, vani­teux et détes­table au début de l’intrigue, connaît une évo­lu­tion, presqu’une ini­tia­tion, après avoir eu la main cou­pée. Le lecteur/spectateur peut se retrou­ver en eux parce qu’ils sont suf­fi­sam­ment com­plexes et capables de bon comme de mau­vais.

Cer­tains autres per­son­nages sont com­plè­te­ment abjects, comme Ram­say Bol­ton ou Jof­frey Bara­theon qui incarnent une hybris mala­dive et dégé­né­rée.

La place de la vio­lence (à laquelle on peut ajou­ter celle du sexe) choque et fas­cine à la fois chez Mar­tin. La série de HBO va même encore plus loin – la puis­sance des images et des scènes fil­mées étant dans ce domaine supé­rieure aux mots et à l’imagination. Mar­tin explique qu’il uti­lise la vio­lence pour se rap­pro­cher de la réa­li­té des guerres, don­nant moult détails sur les cadavres puants, les vil­lages détruits, les tor­tures, les viols… La scène des « Noces pourpres » reste sans doute l’une des scènes les plus dures de la série, voire de l’histoire des séries télé­vi­sées ! Mais Mar­tin ne fait que renouer avec, par exemple, les des­crip­tions d’Homère, fort pro­lixe pour décrire la mort des guer­riers troyens ou grecs. Et com­ment ne pas son­ger à « Barbe Bleue » quand on découvre les agis­se­ments de Ram­say Bol­ton, à « Vlad Tepès » lorsqu’on nous décrit la ban­nière de son père lord Bol­ton dit « l’Ecorcheur »…

La réfé­rence à des temps légen­daires, la puis­sance évo­ca­trice du mythe agite éga­le­ment l’univers de Game of Thrones. Mar­tin a doté son monde d’une his­toire qui lui donne cohé­rence et pro­fon­deur. Et qui fait à nou­veau écho à nos propres mythes. Ain­si, l’histoire de Wes­te­ros remonte à plus de 10.000 ans, le conti­nent se for­geant au gré de diverses migra­tions de peuples venant « de l’autre côté du détroit ». Le pre­mier âge se nomme l’Age de l’Aube et voit les Pre­miers Hommes débar­quer sur Wes­te­ros. Cette pre­mière migra­tion fait clai­re­ment écho aux pre­mières grandes migra­tions indo-euro­péennes, les Pre­miers Hommes arbo­rant des armes et armures en cuivre dont la des­crip­tion rap­pelle celle des pre­miers peuples celtes.

Entrant en lutte avec les Enfants de la Forêt, le Petit Peuple autoch­tone, les Pre­miers Hommes finissent après plu­sieurs siècles de com­bat par signer un pacte et adop­ter leurs dieux, fon­dant leurs sanc­tuaires au cœur des forêts autour d’arbres sécu­laires, les bar­rals. Puis vient l’Age des Héros, qui couvre 4.000 ans, période tout aus­si mythique (la connais­sance ne passe pas encore par l’écriture), qui voit les dieux se mêler aux hommes pour façon­ner le conti­nent, créer les pre­miers royaumes et bâtir le Mur. C’est durant cette période que se déroulent les pre­miers affron­te­ments avec les Autres, les Mar­cheurs blancs, des reve­nants qui apportent mort et des­truc­tion – ils seront vain­cus une pre­mière fois grâce à l’aide des Enfants de la Forêt, lors d’une bataille mar­quant la fin de l’Age des Héros.

« L’histoire écrite » de Wes­te­ros débute avec une nou­velle migra­tion, celle des Andals, peuple au teint clair, maî­tri­sant le fer et appor­tant de nou­veaux dieux (les Sept). Les Andals entrent en conflit avec les Pre­miers Hommes mais finissent par se mêler avec eux pour ne for­mer plus qu’un seul peuple – le Nord res­tant tou­te­fois consti­tué majo­ri­tai­re­ment par les des­cen­dants des Pre­miers Hommes.

Enfin, der­nière migra­tion légen­daire, celle du peuple des Roy­nars qui s’établissent dans le sud, à Dorne. Menés par leur reine qui brûle ses vais­seaux en accos­tant, ils se mêlent aux autoch­tones et leurs chefs fondent une nou­velle dynas­tie débou­chant sur une civi­li­sa­tion à part entière qui rap­pelle celle de l’Espagne des Omeyades.

Paral­lè­le­ment à la construc­tion des royaumes de Wes­te­ros, s’érige de l’autre côté du Détroit, sur le conti­nent d’Essos (qui rap­pelle la Perse antique) l’empire de Valy­ria, dont la puis­sance repose sur des dra­gons. Domi­nant toutes les nations voi­sines, dont cer­taines vieilles civi­li­sa­tions, les Valy­riens chutent à la manière de l’Atlantide à cause du Fléau de Valy­ria, qui, si sa nature exacte est incon­nue, ne laisse qu’une seule famille échap­per à l’anéantissement : la mai­son Tar­ga­ryen. Ce sont ses héri­tiers, à la beau­té légen­daire, aux yeux clairs et aux che­veux d’argent ou d’or, qui se lan­ce­ront sur leurs dra­gons à la conquête de Wes­te­ros.

Il est inté­res­sant de noter que si les familles nobles de Wes­te­ros se mélangent, au gré des alliances, à l’image des familles royales euro­péennes, le conti­nent est avant tout façon­né par le peuple qui reste atta­ché char­nel­le­ment à ses terres, ses vil­lages et ses villes. Les seuls moments où l’on assiste à des « migra­tions », ce sont les périodes de troubles qui jettent sur les routes aus­si bien des armées de pay­sans que des réfu­giés fuyant les des­truc­tions et les com­bats. A nou­veau, un paral­lèle peut se faire avec les peuples euro­péens, assez peu tou­chés (même en France) par les migra­tions extra-euro­péennes jusqu’à l’ère indus­trielle.

Jouant avec les codes du genre de la fan­ta­sy, s’inspirant plus ou moins libre­ment des mythes et légendes euro­péens, alliant des­crip­tions détaillées et réfé­rences plus géné­rales, Mar­tin assoit son monde sur une matrice qui ne peut que par­ler à tout Euro­péen — voire à tout Occi­den­tal.

A suivre.

Notes

[1] Game of Thrones a obte­nu 12 prix en sep­tembre 2015 lors de la 67e édi­tion des Emmy Awards, céré­mo­nie qui récom­pense les meilleurs pro­grammes de l’industrie télé­vi­suelle amé­ri­caine, après avoir été nomi­né 24 fois aux Crea­tive Emmy Awards de la même année. Record à nou­veau dépas­sé en sep­tembre 2016…

[2] Telle « La Garde de nuit » (voir leur site www.lagardedenuit.com), asso­cia­tion de fans fran­çais, dont l’expertise et les ana­lyses de l’œuvre de Mar­tin sont régu­liè­re­ment saluées par l’auteur.

Cré­dit pho­to : Glo­bal Pano­ra­ma via Fli­ckr (cc)