#ColloqueILIADE 2018 : Se réapproprier les hauts lieux de la civilisation européenne

Se réapproprier les hauts lieux de la civilisation européenne

#ColloqueILIADE 2018 : Se réapproprier les hauts lieux de la civilisation européenne

Intervention d’Adrien, auditeur de la deuxième promotion de l’Institut ILIADE “Don Juan d’Autriche”, au colloque « Fiers d’être Européens » le 7 avril 2018.

Sur une carte de l’Europe, les hauts-lieux de la spi­ri­tua­li­té ne sont que des points minus­cules, mais ils rayonnent. Enra­ci­nés dans notre ter­ri­toire, la plu­part s’inscrivent dans des cadres gran­dioses. Dres­sés devant nous, ils se comptent par mil­liers et il fau­drait cer­tai­ne­ment plu­sieurs ency­clo­pé­dies pour les réper­to­rier tous. Que diriez-vous alors de les regrou­per et de les clas­ser sur une seule carte ? C’est le défi que s’est pro­po­sé le pré­sent pro­jet, en éta­blis­sant une car­to­gra­phie numé­rique des lieux sacrés d’Europe.

Un haut lieu, c’est un lieu où souffle l’esprit, un lieu qui relie la terre et le ciel, un lieu où les hommes ont été et sont trans­cen­dés par une mani­fes­ta­tion qui les dépasse.

Sept caté­go­ries de sites ont été défi­nies : ceux se réfé­rant à l’eau, à la mon­tagne, à la forêt, à la pierre et au monde sou­ter­rain, puis les monu­ments reli­gieux chré­tiens et les temples antiques.

Afin de poser les pre­mières pierres de l’édifice, nous avons com­men­cé à com­plé­ter et enri­chir notre carte numé­rique. Vous pour­rez y retrou­ver les cathé­drales et les églises remar­quables, les sources sacrées, les monts mys­té­rieux, les bois et les forêts divins, les sites méga­li­thiques et les temples doriques. Le tout, accom­pa­gné de quelques expli­ca­tions pour cha­cun des lieux.

Cette carte a donc pour voca­tion de réper­to­rier et de faire connaître les hauts-lieux de notre His­toire, les rendre plus fré­quen­tables et plus fré­quen­tés que les super­mar­chés… mais aus­si, par leur cadre impres­sion­nant, faire rêver et fina­le­ment don­ner l’envie d’aller les décou­vrir char­nel­le­ment au cours de périples euro­péens. Et mieux qu’un dis­cours, jugez par vous-même en images…

Pour Mau­rice Bar­rès, « il est des lieux qui tirent l’âme de sa léthar­gie, des lieux enve­lop­pés, bai­gnés de mys­tère, élus de toute éter­ni­té pour être le siège de l’émotion reli­gieuse. »

La cathé­drale Notre-Dame de Chartres, un monu­ment emblé­ma­tique de l’art gothique. Elle incarne la puis­sance divine et le talent des hommes.

La forêt de Bro­cé­liande, emplie d’arbres majes­tueux et de sources, elle est un immense temple à ciel ouvert qui abrite les légendes d’Arthur et de l’enchanteur Mer­lin.

Mont­ser­rat, la mon­tagne en dent de scies. Haut-lieux dédié à la Vierge, elle ins­pi­ra Ignace de Loyo­la lors d’un pèle­ri­nage et Richard Wag­ner au cours de la com­po­si­tion de Par­si­fal.

La Val­lée des Temples d’Agrigente, cinq temples per­chés face à la mer au milieu des oli­viers cen­te­naires. Ils sont le témoi­gnage vivant du pas­sé glo­rieux de la Grande Grèce.

Le mont Olympe, où rési­daient les grands dieux et déesses de la Grèce ; c’est ici qu’a été fon­dé l’institut Iliade, à la veille du sol­stice d’été 2014.

Les Nymphes et le dieu Pan, divi­ni­té de la Nature étaient hono­rés dans l’Antre cory­cien, un des plus anciens lieux de culte euro­péen.

L’église en bois de la Trans­fi­gu­ra­tion, semble sur­gir des eaux. Selon la légende, elle fut construite au moyen d’une seule hache.

Tous ces lieux écri­vaient Bar­rès « sont les temples du plein air. Ici nous éprou­vons, sou­dain, le besoin de bri­ser de ché­tives entraves pour nous épa­nouir à plus de lumière. Une émo­tion nous sou­lève ; notre éner­gie se déploie toute, et sur deux ailes de prière et de poé­sie s’élance à de grandes affir­ma­tions ».

Conclusion

Incar­ner géo­gra­phi­que­ment et spi­ri­tuel­le­ment l’Europe, mettre en ligne du conte­nu de qua­li­té, tels sont les objec­tifs de ce pro­jet. Cette carte ne réfé­rence pour l’instant que quelques sites, mais elle a pour voca­tion d’être enri­chie au fil des jours, dans le but d’établir une car­to­gra­phie plus dense des hauts-lieux en Europe. Pour cela, nous aurons besoin de vous tous. Les hauts-lieux de la spi­ri­tua­li­té sont nom­breux et variés et il ne s’agit pas de réper­to­rier uni­que­ment les plus tou­ris­tiques. Le lien vers la carte sera pro­chai­ne­ment dis­po­nible sur le site de l’institut ILIADE et vous pour­rez venir la consul­ter et la faire évo­luer.

A l’heure des temples de la consom­ma­tion et du nihi­lisme ambiant, il est grand temps de retrou­ver les fon­de­ments de la spi­ri­tua­li­té euro­péenne sur les lieux mêmes où elle fut vécue inten­sé­ment. A l’ère des pro­grammes sco­laires contri­buant à notre dés­in­té­gra­tion, il est grand temps de se réap­pro­prier notre his­toire et notre géo­gra­phie sacrée afin de la faire connaître à nos enfants. Car on ne se coupe pas impu­né­ment de ses racines et l’avenir ne peut s’édifier que sur le pas­sé. Car nous sommes rede­vables de cet héri­tage plu­ri­mil­lé­naire et nous avons la res­pon­sa­bi­li­té de le conser­ver et de le trans­mettre. Abreu­vons-nous, res­sour­çons-nous à l’eau sacrée d’Europe ! Car nous sommes fiers d’être Euro­péens !