Meudon, sur les pas de Wagner, de Rodin et de Céline

Meudon, sur les pas de Wagner, de Rodin et de Céline

Meudon, sur les pas de Wagner, de Rodin et de Céline

« La gran­de joie de Rodin est main­te­nant d’acheter des beaux anti­ques ; aus­si Meu­don est plein de cho­ses mer­veilleu­ses, de vieilles pier­res bri­sées, dans le jar­din, […] les ate­liers et les piè­ces de tra­vail. »
Rai­ner Maria Ril­ke, let­tre à Cla­ra Wes­thoff, 29 sep­tem­bre 1905

 

« Dans les der­niè­res lignes qu’il ait tra­cées avant sa mort, Céli­ne annon­ce l’arrivée des Chi­nois sur les coteaux de Meu­don. »
Lucien Reba­tet, in « D’un Céli­ne l’autre », Cahiers de l’Herne, 1972

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Pays : France
Région : Ile de France
Thématique générale du parcours : Itinéraire urbain, sur les pas de Rabelais, d’Armande Béjart, d’Auguste Rodin, de Richard Wagner et de Louis-Ferdinand Céline. Sans oublier le monde scientifique et technique avec l’Observatoire, la tour de Marcellin Berthelot et le hangar Y.
Mode de déplacement : A pied.
Durée du parcours : Une journée. Ne pas hésiter à revenir pour consacrer plus de temps à la visite des musées.
Difficulté du parcours : Facile, accessible en famille, avec de nombreux passages sans voiture : sentes, sentiers, ruelles et passages font tout le charme de Meudon. Montées et descentes fréquentes. Si vous ne parvenez pas à vous procurer un plan détaillé de la ville, vous activerez la géolocalisation de votre mobile.
Période possible : Toute l’année. Certains sites ne sont ouverts à la visite que lors des Journées du patrimoine.

Présentation géographique

La com­mu­ne de Meu­don s’étend d’un méan­dre en rive gau­che de la Sei­ne (23 m), aux hau­teurs boi­sées du pla­teau (179 m). Elle fait par­tie du dépar­te­ment des Hauts-de-Sei­ne. Son sous-sol a long­temps été exploi­té : du XVIIIe siè­cle aux années 1925, les car­riè­res de craie four­nis­saient le « blanc de Meu­don » entrant dans la com­po­si­tion de pein­tu­res, mas­tics ou pro­duits de net­toya­ge. De 1925 à 1973, les car­riè­res furent exploi­tées en cham­pi­gnon­niè­res. Elles sont clas­sées en site scien­ti­fi­que et artis­ti­que depuis 1986.

La forêt de Meu­don a été habi­tée dès le Paléo­li­thi­que avant d’être défri­chée par les hom­mes du Néo­li­thi­que puis exploi­tée par les Cel­tes et les Romains. Elle a appar­te­nu suc­ces­si­ve­ment à diver­ses sei­gneu­ries. Ses nom­breux étangs font par­tie d’un immen­se réseau hydrau­li­que qui ali­men­tait les châ­teaux et leurs jar­dins.

La com­mu­ne est com­po­sée de dif­fé­rents quar­tiers. Le cen­tre-vil­le et Bel­le­vue sont des quar­tiers bour­geois, où sub­sis­tent de nom­breu­ses vil­las en meu­liè­re et où l’on décou­vre de bel­les mai­sons d’architecte. Le Val-Fleu­ry est une ban­lieue pari­sien­ne typi­que, avec ses rues pavillon­nai­res et ses immeu­bles sans char­me des années 1960. Sur les hau­teurs, le vil­la­ge édu­ca­tif Saint-Phi­lip­pe (Fon­da­tion des appren­tis d’Auteuil) se regrou­pe autour d’une immen­se bâtis­se néo-gothi­que visi­ble de loin. Sur les bords de la Sei­ne, le Bas-Meu­don de Céli­ne, en plei­ne muta­tion, se nom­me main­te­nant Meu­don-sur-Sei­ne. Ce quar­tier, habi­té depuis l’Antiquité par les clas­ses labo­rieu­ses, a connu des bri­que­te­ries, des tui­le­ries et des usi­nes, dont les plus célè­bres sont les usi­nes Renault, sur l’île Seguin (Bou­lo­gne-Billan­court). La pres­sion immo­bi­liè­re a modi­fié tota­le­ment ce quar­tier, rebâ­ti de neuf. Enfin, sur les hau­teurs, Meu­don-la-Forêt a été urba­ni­sé dans les années 1960 ; ses « grands ensem­bles » ont été conçus pour accueillir notam­ment les pieds-noirs d’Algérie et les ouvriers des usi­nes Renault.

Buste de François Rabelais
La terrasse de Meudon
Allée couverte de fantaisie sur la terrasse de Meudon
Albert-Charles Lebourg, Vue de la Seine au Bas-Meudon, 1893
Pierre-Denis Martin, Le château de Meudon, 1723
Charles Leopold Grevenbroeck, Le château de Meudon
François-Edme Ricois, vue prise de la terrasse de Bellevue, 1823
Le château de Meudon en 1871

Cadre historique et culturel

D’importants gise­ments pré­his­to­ri­ques trou­vés dans la forêt de Meu­don font remon­ter l’occupation du site au Paléo­li­thi­que. Le Mole-Dun des Gau­lois et le Mol­du­num des Romains est deve­nu, au Moyen-Âge, le vil­la­ge de Meu­don, éta­bli autour de l’abbaye de Saint-Ger­main et de ses vignes. Meu­don est aus­si un fief dont les sei­gneurs pos­sè­dent des char­ges à la Cour. De cas­tel en manoir, le châ­teau, situé sur le coteau, est agran­di une pre­miè­re fois à la Renais­san­ce pour Anne de Pise­leu, maî­tres­se de Fran­çois Ier.

Du XVIe au XIXe siè­cle, plu­sieurs châ­teaux suc­ces­sifs sont construits sur le site par des pro­prié­tai­res aus­si pres­ti­gieux que les Gui­se, Abel Ser­vien (sur­in­ten­dant des finan­ces de Maza­rin), Lou­vois et le Grand Dau­phin. Pro­che de Ver­sailles et de Saint-Cloud, le domai­ne était entou­ré de forêts giboyeu­ses et jouis­sait d’une très bel­le vue sur la Sei­ne et sur Paris.

Le châ­teau de Meu­don connait son apo­gée sous le règne de Louis XIV, quand le Grand Dau­phin cher­che à riva­li­ser avec le roi son frè­re. Au XVIIIe siè­cle, le châ­teau res­te pri­sé mais souf­fre de la Révo­lu­tion et de divers incen­dies, dont l’un rava­ge le châ­teau Vieux. Napo­léon fait du châ­teau Neuf le palais impé­rial du Roi de Rome. Le der­nier incen­die, cau­sé par les Prus­siens le 28 jan­vier 1871, est fatal au châ­teau. Les rui­nes en sont cédées à l’astronome Jans­sen qui fait éle­ver en 1877 l’observatoire d’astrophysique de Paris sur le rez-de-chaus­sée du châ­teau Neuf.

Un autre châ­teau, celui de Bel­le­vue, est construit au milieu du XVIIIe siè­cle pour Mada­me de Pom­pa­dour. Sous le règne de Louis XVI, il devient le domai­ne des filles de Louis XV, Mes­da­mes Adé­laï­de, Sophie et Vic­toi­re. Il est détruit pen­dant la Révo­lu­tion. Le parc est loti dès 1823 en cin­quan­te vas­tes par­cel­les, qui seront à leur tour sub­di­vi­sées. Il ne res­te donc rien de ce châ­teau et qua­si­ment rien du domai­ne.

Le Comi­té de salut public ins­tal­le dans les ate­liers de Cha­lais-Meu­don une com­pa­gnie d’aérostiers. Un de leurs bal­lons cap­tifs contri­bue à la vic­toi­re de Fleu­rus (1794). Ins­tal­la­tion éphé­mè­re, sup­pri­mée par le Direc­toi­re en 1794. L’école, deve­nue Éta­blis­se­ment cen­tral de l’aérostation mili­tai­re, rou­vre en 1876.

Le dra­ma­ti­que déraille­ment du train Ver­sailles-Paris dans la tran­chée de Bel­le­vue, le 8 mai 1842, avec ses 55 morts, n’a guè­re de réper­cus­sion sur le déve­lop­pe­ment du tra­fic fer­ro­viai­re. Meu­don, de vil­la­ge, devient une ban­lieue. Les ate­liers et les blan­chis­se­ries rem­pla­cent les vignes et les jar­dins maraî­chers. Les gran­des pro­prié­tés « de cam­pa­gne » sont loties, et leurs ter­rains se cou­vrent de vil­las, puis de pavillons et d’immeubles.

Lors de la Deuxiè­me Guer­re mon­dia­le, de nom­breux bâti­ments de Meu­don sont tou­chés par les bom­bar­de­ments qui visent les usi­nes Renault de Billan­court, notam­ment le 3 mars 1942 par la RAF, et le 4 avril 1943 par les Amé­ri­cains. Bom­bar­de­ments qui font des cen­tai­nes de vic­ti­mes civi­les, à Bou­lo­gne, Sèvres et Meu­don.

En 2013, la com­mu­ne comp­te 45 043 habi­tants – elle en comp­tait 2250 en 1793, date du pre­mier recen­se­ment connu.

Le hangar Y et les ballons captifs
Le hangar Y restauré
Le viaduc de Meudon en 1935
Louis-Ferdinand Céline
La maison de Céline en 2016
Plaque en mémoire de R. et M. Wagner

Description de l’itinéraire

L’itinéraire est cir­cu­lai­re.

Départ de la gare SNCF de Meu­don. Tra­ver­sez la rue A. Guil­mant et emprun­tez le sen­tier des Blancs. En bas des esca­liers, pre­nez à gau­che le bou­le­vard Ana­to­le-Fran­ce, puis la rou­te des Gar­des sur la gau­che. La mai­son de Céli­ne est située au fond du che­min pavé qui sur­plom­be la rou­te des Gar­des, au numé­ro 25 ter. En 2016, la mai­son, de plus en plus déla­brée, est enco­re habi­tée par Mada­me Des­tou­ches (née en 1912). Le cou­ple s’y était ins­tal­lé en octo­bre 1951. Le doc­teur Des­tou­ches y don­nait quel­ques consul­ta­tions, soi­gnant gra­tui­te­ment les pau­vres gens du Bas-Meu­don indus­trieux. Lucie, de son nom de scè­ne Lucet­te Alman­zor, don­nait des cours de dan­se dans le stu­dio ins­tal­lé à l’étage. L.-F. Céli­ne décè­de chez lui le 1er juillet 1961. Il est inhu­mé au cime­tiè­re des Longs Réages (voir plus loin). La grille est rare­ment fer­mée, plus de pla­que non plus, depuis long­temps volée… et plus de chiens pour aboyer fré­né­ti­que­ment. La dis­cré­tion est de mise, le pas­sa­ge étant pri­vé.

De l’autre côté de la rou­te des Gar­des, pres­que en face, la ruel­le aux Bœufs des­cend jusqu’à la Sei­ne ; vous pou­vez la par­cou­rir en aller et retour, les rives de la Sei­ne étant en tra­vaux. Cet­te ruel­le per­met­tait de mener les bovins boi­re dans le fleu­ve.

Remon­tez la rou­te des Gar­des et pre­nez à gau­che le che­min Scri­be, puis le sen­tier des Renaults (est-ce en sou­ve­nir des ouvriers des usi­nes auto­mo­bi­les de l’île Seguin ?). Tra­ver­sez la voie fer­rée, puis pre­nez à droi­te la rue Char­les-Des­ver­gnes et, dans le pro­lon­ge­ment, le sen­tier des Pier­res Blan­ches – le cal­cai­re des car­riè­res per­met­tait de fabri­quer le célè­bre « blanc de Meu­don ». Conti­nuez en pre­nant à droi­te vers la pla­ce du Maré­chal-Leclerc que vous tra­ver­sez. Vous pas­sez devant la gare de Bel­le­vue, très Art déco. Vous conti­nuez sur l’avenue du Géné­ral-Gal­lie­ni. Sur la pla­ce A.-Briand, vous ver­rez, à votre droi­te, le Bel­le­vue-Pala­ce, aujourd’hui occu­pé par des labo­ra­toi­res du CNRS. Le cen­tre d’hydrothérapie (1846) devint un grand hôtel-res­tau­rant, le Bel­le­vue-Pala­ce (de 1897 à 1913) : les Pari­siens s’y ren­daient en emprun­tant les bateaux-mou­ches qui reliaient alors les rives de la Sei­ne à Meu­don, puis un ascen­seur-funi­cu­lai­re. En 1913, l’Américain Eugè­ne Sin­ger le rache­ta pour Isa­do­ra Dun­can (1878–1927), qui y fon­da son éco­le de dan­se. La Pre­miè­re Guer­re mon­dia­le mit fin à cet­te acti­vi­té et l’hôtel fut tem­po­rai­re­ment trans­for­mé en hôpi­tal mili­tai­re. En 1919, Bel­le­vue devint un cen­tre de recher­ches, l’Office des Inven­tions. Les bâti­ments ont été réno­vés en 2013.

Reve­nez sur vos pas, et emprun­tez l’avenue du Châ­teau, tra­cée par André Le Nôtre pour le mar­quis de Lou­vois. Au numé­ro 27, la mai­son dont le cou­ple Richard et Min­na Wag­ner occu­pa un éta­ge de mai à novem­bre 1841 : « Nous par­tî­mes à la recher­che d’un loge­ment bon mar­ché, dans les envi­rons de Paris. On nous avait indi­qué Meu­don. […] C’était un saut de l’impossible dans l’inconcevable, car nous igno­rions abso­lu­ment de quoi nous allions vivre cet été » avoue Wag­ner dans ses mémoi­res. Le cou­ple y vécut dans « la gêne et les sou­cis » — des sou­cis allant jusqu’à man­quer de pain ou à en obte­nir à cré­dit chez le bou­lan­ger. C’est là que Richard Wag­ner com­po­sa, en sept semai­nes, Le Vais­seau Fan­tô­me, qui devait être créé à Dres­de le 2 jan­vier 1843.

Tra­ver­sez l’avenue du Châ­teau pour emprun­ter la rue de l’Abbaye. Son nom, com­me celui de la rue des Capu­cins, rap­pel­le qu’en 1572, le roi Hen­ri III offrit à des Capu­cins le domai­ne de Meu­don, dont il était le sei­gneur. Ce fut le pre­mier cou­vent des Capu­cins de Fran­ce.

Tra­ver­sez la rue des Capu­cins pour décou­vrir le parc Gil­bert-Gauer (pla­que en sou­ve­nir d’Antoine Bour­del­le et de Mau­ri­ce Denis) et sa peti­te aire de jeux pour enfants. Vous remon­te­rez la rue des Capu­cins. Sur votre droi­te, cachée dans les arbres, la tour de chi­mie végé­ta­le dans laquel­le Mar­ce­lin Ber­the­lot mena des expé­rien­ces sur la fixa­tion de l’azote par les plan­tes ; hau­te de 28 m, elle fut le point culmi­nant de l’Ile-de-France jusqu’à l’édification de la tour Eif­fel. Sur votre gau­che, une pla­que rap­pel­le le pas­sa­ge des com­po­si­teurs Stra­vins­ki et Debus­sy. Vous admi­re­rez la Por­te ver­te ou por­te Dau­phi­ne, l’une des entrées menant au domai­ne et reliant la forêt de Ver­sailles à Meu­don.

La rue des Capu­cins rejoint la pla­ce J.-Janssen, à l’entrée du domai­ne natio­nal de Meu­don. Les quel­ques ves­ti­ges ne per­met­tent guè­re de se fai­re une idée de la pres­tan­ce de Meu­don. Fran­chis­sez les dou­ves de l’avant-cour (Lou­vois) : sur votre gau­che, le dol­men n’est pas des plus authen­ti­ques. À l’extrémité de la ter­ras­se, l’Observatoire. En des­cen­dant sur le par­ter­re, vous accé­dez au nym­phée puis à l’orangerie, œuvre de Le Vau (milieu du XVIIe siè­cle). Res­tau­rée en 2012, elle abri­te enco­re en hiver les oran­gers de Meu­don, de Saint-Cloud et des Tui­le­ries. En été, elle accueille des spec­ta­cles et des expo­si­tions.

En contre­bas du parc, vous pou­vez aller visi­ter la mai­son d’Armande Béjart. Construi­te vers 1520, elle a été habi­tée par Ambroi­se Paré de 1550 à 1590, puis par la veu­ve de Moliè­re de 1676 à 1700. Plu­sieurs fois rema­niée, elle abri­te aujourd’hui le Musée d’art et d’histoire de Meu­don.

La maison d’Armande Béjart, aujourd’hui Musée d’art et d’histoire de Meudon
La porte Dauphine
La Druidesse, dans le Potager du Dauphin
La folie Huvé
La tombe de Louis-Ferdinand Céline au cimetière des Longs Réages
La sépulture de la famille Piketty, sous son dolmen importé de Bretagne en 1896
La villa des Brillants, musée Rodin
L’atelier des moulages, musée Rodin
Villa des Brillants, atelier et tombe de Rodin

De la pla­ce Jans­sen, des­cen­dez l’avenue du Châ­teau sur votre droi­te, jusqu’à la rue Oboeuf. La peti­te por­te qui per­met d’accéder au pota­ger du Dau­phin ouvre à gau­che du grand por­tail. Créé en 1681 par Lou­vois, ce pota­ger com­por­tait aus­si un ver­ger, des figuiers et des ceri­siers. En 1946, une des ser­res a été trans­for­mée en cha­pel­le byzan­ti­ne à l’usage des jeu­nes Rus­ses élè­ves de l’internat Saint-Geor­ges qui occu­pait les lieux. Dans le parc, sta­tue XIXe d’une « drui­des­se » aux bel­les mains.

Emprun­tez la sor­tie du Pota­ger située rue de Por­to-Riche, et pre­nez à votre droi­te. Après avoir tra­ver­sé l’avenue Jac­que­mi­not, vous arri­vez au squa­re Rabe­lais. Il est fort pro­ba­ble que Fran­çois Rabe­lais (mort en 1553), qui avait obte­nu en 1551 les béné­fi­ces de la cure de Meu­don, n’en fut jamais le « bon curé ». Néan­moins, le « vigno­ble » meu­don­nais, riche de 250 pieds de Caber­net Franc et 200 pieds de Caber­net Sau­vi­gnon plan­tés dans le jar­din du musée d’art et d’histoire, pro­duit depuis 1995 un « Clos Rabe­lais » fêté com­me il se doit en octo­bre. Dans le squa­re, le bus­te de Rabe­lais est une nou­vel­le fon­te d’un bus­te de 1885, fon­du en 1942 (loi de 1941 sur la récu­pé­ra­tion des allia­ges cui­vreux).

Sui­vez les pan­neaux indi­ca­teurs pour rejoin­dre le cime­tiè­re des Longs Réages. Il abri­te la tom­be, très dis­crè­te, de L.-F. Céli­ne. Pour la trou­ver, diri­gez-vous, sur la gau­che, vers la cha­pel­le. De là, à main droi­te, dépas­sez la ran­gée B et pre­nez une allée à droi­te. La tom­be de Céli­ne est la 11e. Elle por­te aus­si le nom de Lucie Alman­sor, dite Lucet­te Alman­zor, qui avait fait gra­ver son nom et lais­sé l’année à com­plé­ter – sans ima­gi­ner qu’elle vivrait au-delà du XXe siè­cle. En sor­tant, vous ver­rez aus­si un dol­men qui abri­te la sépul­tu­re de la famil­le Piket­ty. En 1896, l’aïeul, Jean-Bap­tis­te, car­rier de pro­fes­sion et archéo­lo­gue ama­teur, avait ache­té, en tou­te léga­li­té, un des dol­mens de Ker-Han en Saint-Phi­li­bert, près de Loc­ma­ria­quer ; démon­té, trans­por­té en train, ce méga­li­the fut remon­té à Meu­don.

En sor­tant du cime­tiè­re, après envi­ron 50 m dans l’avenue de la Paix, pre­nez à main gau­che le sen­tier de la Poin­te, qui se conti­nue en sen­tier des Bas­ses Poin­tes. Il débou­che sur la rue de Paris. Après quel­ques mètres sur votre droi­te, vous emprun­tez la rue Mai­sant, puis, à gau­che, l’avenue Jean-Jau­rès. C’est ici que s’élevait, au début du XIXe siè­cle, une manu­fac­tu­re de faïen­ce.

Le pont Hélè­ne qui sur­plom­be le val­lon est le pre­mier ouvra­ge d’art fer­ro­viai­re construit en Fran­ce. Long de 145 m et haut de 32 m, il per­met le pas­sa­ge des trains de la ligne Paris-Ver­sailles Rive Gau­che ; cet­te deuxiè­me ligne construi­te en Fran­ce fut inau­gu­rée en 1840. 50 m avant le via­duc, sur votre droi­te, pre­nez la rue du Val : vous pas­sez sous la voie fer­rée du RER, remon­tez dans le vieux vil­la­ge, puis pas­sez sous le via­duc de la ligne SNCF. Igno­rez les pan­neaux « Musée Rodin, pié­tons » et, jus­te à la sor­tie de ce pas­sa­ge, pre­nez à droi­te le sen­tier des Mau­duits, puis, une fois le long de la pro­prié­té de Rodin, le sen­tier des Brillants. L’entrée du musée est à votre gau­che. Cet­te vil­la assez bana­le fut ache­tée par Augus­te Rodin (1840–1917) en 1895. En 1903, celui-ci fit remon­ter dans le jar­din des frag­ments du châ­teau d’Issy, incen­dié en 1871 : un fron­ton et des colon­nes ornent aujourd’hui l’extérieur du hall des mou­la­ges. Construit en 1932, celui-ci abri­te les plâ­tres des œuvres majeu­res, dont celui de la Por­te de l’Enfer. Augus­te Rodin et Rose Beu­ret, son épou­se, repo­sent dans le parc, sous la sta­tue du Pen­seur.

Après la visi­te, reve­nez sur vos pas jusqu’à la rue du Val et pre­nez à droi­te la rue du Dr Vuillè­me. Tra­ver­sez le rond-point pour remon­ter la rue des Galons jusqu’à votre point de départ, la gare SNCF de Meu­don.

L’Observatoire de Meudon, élevé sur les vestiges du château Neuf
La coupole de l’Observatoire de Meudon
Meudon, sentier des Renaults
La ruelle aux boeufs

A voir aussi

L’abreuvoir, rue de la Répu­bli­que. Il fut éta­bli par Lou­vois à la fin du XVIIe siè­cle. Après avoir abreu­vé le bétail, il ser­vit aux blan­chis­seu­ses au XIXe siè­cle, avant l’arrivée de l’eau cou­ran­te.

La « folie » de Jean-Jac­ques Huvé, 13, rou­te de Vau­gi­rard. C’est un remar­qua­ble exem­ple de peti­te mai­son néo­clas­si­que de la fin du XVIIIe siè­cle.

Le han­gar Y est l’un des ves­ti­ges de l’établissement cen­tral de l’aérostation mili­tai­re créé en 1877 par le capi­tai­ne Char­les Renard. C’est là que fut mis au point « Le Fran­ce », diri­gea­ble qui réa­li­sa en 1884 le pre­mier vol en cir­cuit fer­mé. Clas­sé monu­ment his­to­ri­que en 2000, en très mau­vais état, le han­gar est en cours de res­tau­ra­tion. Il ne se visi­te pas, mais est visi­ble de l’extérieur.

Activités connexes

Visi­te du musée Rodin, vil­la des Brillants, les ven­dre­dis, same­dis et diman­ches de 13h à 18h : musee-rodin.fr

Musée d’art et d’histoire de la vil­le de Meu­don : meudon.fr

Ran­don­née dans les bois de Meu­don : dol­mens, crom­lechs et men­hirs (faux ou venus d’ailleurs), étangs et arbres remar­qua­bles.

Cartographie

Plans de la vil­le et car­te de la forêt sont dis­po­ni­bles sur Inter­net ou à la mai­rie. Un GPS de télé­pho­ne peut aus­si fai­re l’affaire.

Deux sen­tiers de peti­te ran­don­née (PR, bali­sés en jau­ne) tra­ver­sent Meu­don : le PR 8 « sen­tier des coteaux » et le PR 7 « sen­tier des trois val­lées ». Voir ici : http://www.rando92.fr/randonner/itin%C3%A9raires/

Bibliographie

  • Albert Gre­go et Sabi­ne Poclet, Meu­don, Edi­tions Alan Sut­ton, coll. « Mémoi­re en ima­ges », 2005, 128 p.
  • David Alliot, Céli­ne à Meu­don : ima­ges inti­mes, 1951–1961, Ram­say, 2006, 157 p.
  • Audouin Doll­fus, La gran­de lunet­te de Meu­don, CNRS, 2006, 185 p.

Accès et données GPS

En voi­tu­re, par le train (2 gares SNCF), le RER ou le tram (ligne 2).

Matériel spécifique, équipement

Chaus­su­res de ran­don­née légè­res ; plan de la vil­le ou smart­pho­ne équi­pé d’un sys­tè­me de géo­lo­ca­li­sa­tion.

Art de vivre

Pos­si­bi­li­té de pique-niquer en forêt ou dans l’un des parcs. Quel­ques res­tau­rants.

Liens

Sur le cime­tiè­re des Longs Réages et la tom­be de Céli­ne : louisferdinandceline.free.fr

Plus de détails sur 63 élé­ments du patri­moi­ne de Meu­don : fr.topic-topos.com/patrimoine-meudon

Pho­tos des pas­sa­ges et sen­tes de Meu­don : blogarchiphoto.com

Année où cet itinéraire a été parcouru

2016.

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