Les « valeurs » de l’oligarchie contre l’être des patries

Les « valeurs » de l'oligarchie contre l'être des patries

Les « valeurs » de l’oligarchie contre l’être des patries

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Heidegger disait qu’invoquer les valeurs était l’attaque la pire qu’on puisse faire contre l’être. On invoque des valeurs pour justifier un projet de destruction. Par exemple, invoquer les valeurs pour justifier l’immigration illimitée est vouloir la mort d’un peuple tel qu’il est.

C’est au nom de valeurs com­me l’égalité qu’on a uti­li­sé la guillo­ti­ne ou qu’on a fait des pur­ges meur­triè­res. Les valeurs ser­vent de jus­ti­fi­ca­tion hypo­cri­te pour mas­quer la hai­ne à l’égard de l’être. C’est l’arme pré­fé­rée des Pha­ri­siens contre le Christ. Il est accu­sé d’avoir atta­qué les « valeurs » des prê­tres juifs de l’époque en se pré­ten­dant Dieu. C’est au nom des valeurs qu’on deman­de sa mort au pré­fet Pila­te.

Le dis­cours sur les valeurs sem­ble tou­jours dic­té par la mora­le alors qu’il est bien sou­vent un dis­cours cri­mi­nel. La sages­se popu­lai­re ne l’ignore pas en disant que l’Enfer est pavé de bon­nes inten­tions. Mer­kel bran­dit ses bon­nes inten­tions à l’égard des migrants et crée le chaos dans son pays. Les valeurs sont uti­li­sées contre l’être. Les Grecs anciens auraient dit qu’elles aident le chaos à vain­cre le Cos­mos, c’est à dire l’ordre du mon­de.

Hei­deg­ger ajou­te que celui qui par­le de valeurs pour sédui­re les hom­mes, soit ne sait pas ce qu’il fait, soit est un cri­mi­nel.

Dans Le Maî­tre et Mar­gue­ri­te, de Boul­ga­kov, le dia­ble a un œil vert pour sédui­re les hom­mes avec des « valeurs » et un œil noir pour les condui­re vers la mort. On tue l’être au nom des valeurs. La valeur est sub­jec­ti­ve et la phi­lo­so­phie des valeurs cor­res­pond au triom­phe de la sub­jec­ti­vi­té qui nous a valu entre autres deux guer­res mon­dia­les. Orban défend l’être de la Hon­grie, sa péren­ni­té et ses tra­di­tions contre les valeurs bran­dies par les oli­gar­ques de Bruxel­les. Sor­tir ses valeurs contre quelqu’un, c’est com­me sor­tir un revol­ver mais, au niveau moral et spi­ri­tuel, c’est une façon de vou­loir nier son être, d’abattre sa per­son­na­li­té.

C’est aus­si ce que vou­lait dire le pro­ver­be alle­mand : Si tu ne veux pas être mon frè­re, alors je t’enfonce un poi­gnard dans le corps (Wenn du will­st nicht mein Bru­der sein, so ste­ch ich dich den Dol­ch hinein). Bel­le fra­ter­ni­té que voi­là qui conduit au meur­tre !

Le res­pect de l’être de l’homme s’oppose au dis­cours sur les valeurs qui vise à calom­nier son être.

Par contre, le dis­cours sur les ver­tus fait l’éloge des qua­li­tés de l’être de quelqu’un : il est cou­ra­geux ! La pen­sée tra­di­tion­nel­le fait l’éloge des ver­tus et non des valeurs. On défen­dra, com­me dans Cor­neille, les ver­tus de son père, non ses « valeurs » ! Le cou­ra­ge, par exem­ple, n’est pas une valeur mais une ver­tu. Une ver­tu s’accompagne d’efforts pour la réa­li­ser. La sages­se, l’honneur, la fidé­li­té sont des ver­tus. Elles sont atta­chées à l’être et l’on peut les pos­sé­der. Cet hom­me a de l’honneur. Les valeurs sty­le éga­li­té, ou même liber­té ont un conte­nu à géo­mé­trie varia­ble et peu­vent incar­ner le meilleur com­me le pire. Mada­me Roland sur l’échafaud crie : « Liber­té, que de cri­mes on com­met en ton nom ! »

Il faut réha­bi­li­ter les ver­tus et se méfier des pré­ten­dues valeurs. Le cri­tè­re est : qu’en est-il de l’être ? Ce qui détruit l’être est à écar­ter. Ce qui ren­for­ce l’être est à culti­ver.

Ivan Blot — 15/09/2015
Cor­res­pon­dan­ce Polé­mia – 20/09/2015

Ima­ge : Au nom­bre de qua­tre, la Pru­den­ce, la Tem­pé­ran­ce, La For­ce et la Jus­ti­ce, les ver­tus car­di­na­les, iden­ti­fiées depuis Pla­ton (Athè­nes, -427 à -348) dans le cou­rant de la pen­sée de l’époque de Péri­clès (Athè­nes -495 -429), jouent un rôle char­niè­re (d’où leur nom de « car­di­na­les », du latin car­do, char­niè­re, pivot) pour notre exis­ten­ce et déter­mi­nent les autres ver­tus. (Sour­ce : « Les qua­tre ver­tus car­di­na­les » Jean Croi­ze-Pour­ce­let). Cré­dit pho­to : MOSSOT via Wiki­mé­dia (cc)