Le double méandre d’Arcy-sur-Cure

Le double méandre d'Arcy-sur-Cure

Le double méandre d’Arcy-sur-Cure

« Là se tint un conseil où furent appe­lés ceux qui pas­saient pour mieux connaître le pays […] Les avis étaient par­ta­gés. Les uns vou­laient mar­cher par Arbor, les autres par Sede­lo­cus (Sau­lieu) et Cora (Cure). »
Ammien Mar­cel­lin, Res Ges­tae, 350 après J.-C.

Pays : France
Région : Nivernais
Thématique générale du parcours : Sites archéologiques
Mode de déplacement : À pied.
Durée du parcours : Environ 6 heures — Visite de la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure : 1h20
Difficulté du parcours : Accessible en famille. Dénivelé : +/- 300 m. Environ 15 km
Période possible : Toute l’année. Quelques passages boueux ou glissants par temps de pluie. Les vestiges du camp de Cora sont plus faciles à voir en hiver quand la végétation est moins vivace (ronces envahissantes sur les murailles).

Présentation géographique

La région de Véze­lay marque la fron­tière entre les gra­nites du Mor­van du sud et les pla­teaux mar­no-cal­caires du nord. Les pay­sages tra­ver­sés sont très variés : forêts, prai­ries humides, pelouses cal­caires à orchi­dées, rochers, falaises et grottes.

« Longue de 80 km et rejoi­gnant l’Yonne puis la Seine, la Cure prend sa source dans le haut Mor­van (Anost). De tous temps, elle fut un moyen de trans­port impor­tant : dès l’époque gal­lo-romaine, on y trans­por­tait du vin, phé­no­mène qui s’accentua pen­dant le Moyen Age […]. Entre le XVIe et le XIXe, on y fai­sait flot­ter le bois de chauf­fage ravi­taillant Paris. » (Table d’orientation de Véze­lay)

Ici, la Cure a creu­sé son lit en se heur­tant à une solide bar­rière de riches coral­liennes, avant d’atteindre un cal­caire plus friable. Cer­tains méandres ont ain­si fini par dis­pa­raître.

Le sentier sous les falaises de la rive droite
Grande Grotte d'Arcy
Grotte d'Arcy-sur-Cure, le mammouth
L'entrée de la grotte des fées
L'enceinte du camp de Cora
Le manoir de Chastenay

Cadre historique et culturel

Les grottes d’Arcy-sur-Cure doivent leur noto­rié­té pre­mière aux sta­lac­tites, sta­lag­mites, dra­pe­ries et autres concré­tions de cal­cite qui en recouvrent les parois. Cette célé­bri­té – les grottes ont été visi­tées par Buf­fon et Dau­ben­ton — n’a pas été sans cau­ser de grands dom­mages aux tré­sors pré­his­to­riques décou­verts au XXe siècle. En effet, les fouilles effec­tuées par André Leroi-Gou­rhan ont per­mis de mon­trer que ces grottes avaient ser­vi de refuge à l’homme il y a au moins 200 000 ans. En 1990, sont décou­vertes dans la Grande Grotte des pein­tures parié­tales datant d’environ 28 000 ans, ce qui en fait les plus anciennes connues après celles de la grotte Chau­vet. On estime que près de 80 % des pein­tures ont été détruites par un net­toyage désas­treux, de 1946 à 1990 ; les pro­duits chi­miques qui devaient net­toyer les parois des fumées pro­duites par les torches des visi­teurs ont aus­si déca­pé le film de cal­cite der­rière lequel ces pein­tures étaient qua­si­ment indé­ce­lables. Il en reste suf­fi­sam­ment pour nous émou­voir.

Le deuxième site de ce cir­cuit est celte, puis romain : le camp de Cora est un « épe­ron bar­ré » ins­tal­lé sur une col­line aux flancs escar­pés, sur­plom­bant la Cure et le gué de Saint-Moré. Les fouilles ont livré des ves­tiges néo­li­thiques, puis de l’âge du bronze et du fer, enfin, de la période gal­lo-romaine. Ce camp retran­ché était situé sur la Via Agrip­pa, route majeure qui reliait Bou­logne-sur-Mer à Lyon (on en voit quelques tron­çons sur la carte au 1 :25 000). Après avoir été affec­té à une gar­ni­son sar­mate vers l’an 400, le camp a été détruit lors de l’arrivée des Francs au Ve siècle. Les dif­fé­rents ves­tiges – murailles, demi-tours, fos­sés – ont été déga­gés lors de diverses cam­pagnes de fouilles (voir pho­to de cou­ver­ture de 2014) mais sont sou­vent enva­his par la végé­ta­tion.

Les grottes de Saint-Moré, sur la rive droite de la Cure, ont livré des restes archéo­lo­giques de diverses époques.

La carrière de sarcophages
La vouivre
La source de Saint Moré
Le pont de Saint-Moré
Le chêne de Saint-Moré
Les grottes de la côte de Char

Description de l’itinéraire

Lais­sez votre véhi­cule dans le vil­lage d’Arcy-sur-Cure. Au-des­sus de la mai­rie, pre­nez le GR13 en direc­tion de Vou­te­nay. Vous pas­sez sous les murs de sou­tè­ne­ment du châ­teau de Vieux Champs, demeure clas­sique du XVIIIe siècle. Il avait conser­vé, jusqu’au début du XXe siècle, une enceinte flan­quée de quatre tours cir­cu­laires, aujourd’hui en ruines.

Vous pas­sez ensuite devant le manoir de Chas­te­nay, ou châ­teau des Lys – dont on dit qu’il serait han­té. Recons­truit en 1549, au sein d’une enceinte for­ti­fiée plus ancienne, il pré­sente une élé­gante façade avec tou­relle et tour d’escalier hexa­go­nale.

Sui­vez le sen­tier qui monte dans les champs puis pre­nez à gauche (croix), vers les bois ; lais­sez un sen­tier à main gauche, conti­nuez dans la forêt, et repé­rez un bali­sage à gauche vers la Roche Taillée (atten­tion, la carte IGN n’est pas assez pré­cise, le sen­tier n’y est pas mar­qué). Ce bon sen­tier des­cend en pente douce jusqu’à une car­rière de sar­co­phages méro­vin­giens. On dis­tingue bien le front de taille (85 mètres de long sur 25 mètres de haut) ain­si que des blocs à demi-déga­gés. Les sar­co­phages étaient des­cen­dus jusqu’à la Cure puis trans­por­tés par voie d’eau jusqu’au Bas­sin Pari­sien.

Sur un des blocs, cher­chez le pro­fil de la Vouivre, mys­té­rieuse sculp­ture récente.

Emprun­tez la des­cente, très raide, qui mène à la source mira­cu­leuse de Saint-Moré, qui abrite des sala­mandres. Selon les éru­dits locaux, la source aurait été un lieu de culte celte. Puis on y véné­ra Bor­vo, le dieu gal­lo-romain des sources jaillis­santes. Dans la source, un sar­co­phage de réem­ploi. Au XIXe siècle, en cas de séche­resse, les habi­tants venaient en pro­ces­sion invo­quer saint Moré, « ce grand saint de l’eau pour les biens de la terre ».

Le sen­tier des­cend tou­jours aus­si raide, jusqu’à la Cure, où vous pre­nez à gauche. Vous pou­vez entrer dans cer­taines grottes dont la grotte des Fées (au fond, réserve de chauves-sou­ris). Si la visite en est pos­sible (horaires et sai­sons), ne man­quez pas d’aller visi­ter la Grande Grotte (ou reve­nez-y en voi­ture par la route).

Repre­nez le même sen­tier le long de la Cure vers l’amont. À la voie fer­rée, pre­nez le GR 13 à droite, remon­tez-le sur 400 m envi­ron, puis quit­tez-le et conti­nuez sur la piste. Quand celle-ci rejoint la route, pre­nez à droite, jusqu’à un bali­sage bien visible à gauche vers le camp de Cora (sur la carte au 1:25000, « site archéo­lo­gique »). La visite du camp de Cora est faci­li­tée par des pan­neaux expli­ca­tifs. Les ves­tiges sont pour cer­tains enfouis dans les ron­ciers, mais on dis­tingue bien les murailles, une ou deux demi-tours et le fos­sé. Après avoir fran­chi la « porte » du camp, le sen­tier le tra­verse ; en uti­li­sant au mieux les sen­tiers, vous pou­vez atteindre le point de vue indi­qué sur la carte (point 236).

Emprun­tez le GR13 pour des­cendre vers le vil­lage de Saint-Moré, que vous tra­ver­sez. Diverses cam­pagnes de fouilles ont per­mis de décou­vrir une vil­la romaine et un vil­lage gal­lo-romain. La Cure se fran­chis­sait par trois gués. Vous pas­sez devant le châ­teau du Crot (XVIIe) avant de tra­ver­ser la Cure sur un joli pont. Lon­gez la route sur votre gauche (30 m envi­ron), puis repé­rez, à main droite, le bali­sage com­mun « sen­tiers des boucles de la Cure », puis le bali­sage « Grottes et falaises ». Le ter­rain étant très mou­ve­men­té, la carte au 1 :25 000 n’est pas d’un usage évident. Autant la rive gauche de la Cure était humide et mous­sue, autant la rive droite est sèche et enso­leillée.

Le sen­tier monte puis longe la falaise, dite « côte de Char », ou « côte de Chair ». Il rejoint le chêne de Saint-Moré ou chêne de la Male­pierre. Ce chêne rouvre mul­ti­sé­cu­laire pousse dans un sol cal­caire par­ti­cu­liè­re­ment aride, ce qui explique ses dimen­sions modestes.

La boucle tra­verse le pla­teau, la forêt, puis redes­cend pour pas­ser au pied des grottes et reve­nir au chêne. Ces grottes ont été fouillées au XIXe siècle ; on y a trou­vé des objets du Paléo­li­thique au Moyen Age. Aujourd’hui, elles abritent des colo­nies de chauves-sou­ris. Nom­breux pan­neaux didac­tiques.

Du chêne, retour­nez sur vos pas, jusqu’à la table d’orientation. Pre­nez à main gauche une piste fores­tière qui tra­verse le pla­teau (arbustes, pelouses sèches) et rejoint le GR 13A que vous pre­nez à gauche. À une croix peu visible, pre­nez le sen­tier qui des­cend à gauche, tra­verse la voie fer­rée et ramène à Arcy-sur-Cure. Le pont, en dos d’âne, date du XVIIIe siècle.

L'abbaye de Reigny
Une salamandre sur la croix de pélerinage
Camp antique de Cora, rempart et tour depuis le fossé
La Cure
Champ de lin
Les joutes nautiques, tradition vivante

Activités connexes

Cartographie

  • IGN 2721 SB Ver­men­ton Joux-la-Ville, 1 :25 0000
  • Tho­mas Retts­tatt : Bour­gogne, de la Loire à la Saône, les 50 plus belles ran­don­nées, Guide Rother

Accès

  • Accès pos­sible en train : gare d’Arcy-sur-Cure.
  • La val­lée est à moins de 30 minutes de l’autoroute A6 (sor­tie Nitry).

Matériel spécifique, équipement

Chaus­sures de ran­don­née. Carte et bous­sole. Lampe de poche ou lampe fron­tale pour entrer dans les grottes. Pique-nique et bois­son.

Art de vivre

« Toi aus­si… tu iras »… à l’eau ! Assis­tez, fin août, aux joutes nau­tiques du vil­lage d’Accolay.

Année où cet itinéraire a été parcouru

Mai 2017