La Péninsule de Dingle / Corca Dhuibhne

La Péninsule de Dingle / Corca Dhuibhne

La Péninsule de Dingle / Corca Dhuibhne

The most beau­ti­ful pla­ce on ear­th.” — « Le plus bel endroit sur ter­re. »
Natio­nal Geo­gra­phic

La Péninsule de Dingle / Corca Dhuibhne

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Pays : Irlande
Région : Comté de Kerry — Munster
Thématique générale du parcours : Dingle est le point occidental de l’Irlande. Symboliquement, le lieu est donc un finistère européen (hors Islande) et celte. C’est également un Gaeltacht (prononcez Gweltor), une région où l’irlandais est la langue usuelle à la maison, dans les écoles et commerces – néanmoins tout le monde parle aussi l’anglais. L’endroit est donc idéal pour découvrir la véritable âme irlandaise, de préférence le soir après une bonne marche, dans un pub afin de déguster des alcools locaux auprès d’un feu de tourbe, alors que des musiciens se sont réunis pour jouer quelques morceaux traditionnels.
De tout temps, l’océan a toujours présenté un attrait important pour les hommes. Lorsque les rivages signent l’extrémité du monde celte, le lieu est alors empreint d’une atmosphère de plénitude. Nul ne peut rester insensible au fait de prendre appui sur les pierres de notre terre, adossé aux étoiles et le regard fermement planté vers l’horizon. Dingle est à plus d’un titre l’une des frontières de notre royaume.

Mode de déplacement

En bus ou en voi­tu­re jusqu’à Din­gle, puis à pied, à bicy­clet­te, en bateau, en voi­tu­re…

Durée du parcours

Varia­ble en fonc­tion des inté­rêts, du point de départ et d’arrivée ain­si que du mode de dépla­ce­ment. En voi­tu­re, comp­tez deux jours pour décou­vrir la pénin­su­le en pas­sant la nuit à Din­gle. Plus vous pre­nez votre temps, plus vous décou­vrez de détails. La rou­te peut être étroi­te à cer­tains endroits mais sans ris­ques majeurs. Elle est géné­ra­le­ment emprun­tée dans le sens des aiguilles d’une mon­tre, ce qui per­met au pas­sa­ger d’avoir la vue sur la côte. Par­fait pour les pho­to­gra­phes !

A vélo en Irlande
Fort de Dún Beag
La plage de Slea Head
Slea Head
Péninsule de Dingle (1)
Péninsule de Dingle (2)

Difficulté du parcours

Sans dif­fi­cul­tés majeu­res, acces­si­ble à tous. Pré­voir de bon­nes chaus­su­res car pour pro­fi­ter au mieux de Slea Head et de la poin­te occi­den­ta­le de l’Europe, il vous fau­dra esca­la­der un muret, tra­ver­ser des champs et des­cen­dre des falai­ses un peu pen­tues. Dans le cas où les vents seraient forts, il vaut mieux res­ter éloi­gné des falai­ses car elles ne sont géné­ra­le­ment pas pro­té­gées (absen­ce de bar­riè­res de sécu­ri­té) et ne pas s’approcher trop près de l’océan, les pier­res pou­vant être glis­san­tes.

La rou­te menant à Din­gle est lon­gue (3 heu­res depuis Cork), mais la région, épar­gnée par le tou­ris­me de mas­se qui lui pré­fè­re le Ring of Ker­ry ou le Conne­ma­ra, vaut ample­ment les efforts. C’est géné­ra­le­ment l’endroit où les Irlan­dais emmè­nent leurs hôtes de pas­sa­ge.

Pour ceux qui choi­sis­sent la mar­che, la Din­gle Way est bien bali­sée, mais il convient de pré­voir une car­te (pou­vant être ache­tée à Cork, à Tra­lee ou à Din­gle même) et une bous­so­le. En cas de pluie ou de brouillard (fré­quent tout de même), les bor­nes peu­vent être dif­fi­ci­les à repé­rer. Pos­si­bi­li­té de plan­ter une ten­te dans les champs sans trop de pro­blè­me.

Période possible

Tou­te l’année. La pénin­su­le est loca­li­sée dans l’Atlantique nord et en consé­quen­ce, le temps chan­ge rapi­de­ment donc il vaut mieux avoir un cou­pe-vent imper­méa­ble en tou­te sai­son. Un fes­ti­val de la ran­don­née est orga­ni­sé en février. Com­me pour le res­te de l’Irlande, la meilleu­re pério­de va géné­ra­le­ment de mi-avril à fin juin avec un très beau mois de sep­tem­bre.

L’Irlande étant pro­té­gée par le Gulf Stream, il fait rare­ment en des­sous de 0 °C en hiver dans le sud et les tem­pé­ra­tu­res en été dépas­sent rare­ment les 25 °C.

La tra­di­tion per­du­re ici, puis­que le prin­temps com­men­ce selon l’ancien calen­drier, le 1er février, l’été le 1er mai, l’automne le 1er aout et l’hiver, le 1er novem­bre.

Présentation géographique

La pénin­su­le de Din­gle, ou Cor­ca Dhuibh­ne en gaé­li­que irlan­dais, est for­mée d’une suc­ces­sion de pla­ges et de falai­ses déchi­que­tées autour de la chaî­ne des Sliabh Mish dont le point culmi­nant, le mont Bran­don, atteint 951 m. Elle s’avance de 48 km dans l’Atlantique nord. Au lar­ge occi­den­tal, les iles Blas­ket sont inha­bi­tées depuis une soixan­tai­ne d’années seule­ment.

Cadre historique et culturel

La pénin­su­le est habi­tée depuis près de 6 000 ans. Sa situa­tion excen­trée et la per­ma­nen­ce d’un mon­de rural peu indus­tria­li­sé ont per­mis la conser­va­tion de plus de 2 000 monu­ments dont plu­sieurs forts pré­his­to­ri­ques.

Les fouilles effec­tuées à Ferriter’s Cove ont révé­lé des tra­ces d’implantation humai­ne remon­tant au méso­li­thi­que (8000 — 4000 av. J.-C.). On y a trou­vé les plus ancien­nes tra­ces de bétail en Irlan­de.

La pénin­su­le de Din­gle abri­te la plus gran­de concen­tra­tion de pier­re Ogha­mi­ques (près de 70) et nom­breu­ses sont cel­les qui por­tent le nom d’un hom­me acco­lé au nom du père et du grand-père sans que l’on soit cer­tain de leur uti­li­té. Le nom de Dovi­nia ou Duibh­ne (com­me dans Cor­ca Dhuibh­ne, « la des­cen­dan­ce ou la tri­bu de Duibh­ne ») est pré­sent sur plu­sieurs pier­res éga­le­ment. Duibh­ne est une dées­se cel­te asso­ciée à la fer­ti­li­té et à la pro­tec­tion.

De par son iso­le­ment, la lan­gue gaé­li­que a sur­vé­cu jusqu’à nos jours alors qu’elle a dis­pa­ru de nom­breu­ses autres régions d’Irlande, en gran­de par­tie sous l’impulsion des lois bri­tan­ni­ques ayant encou­ra­gé le géno­ci­de cultu­rel (et phy­si­que) irlan­dais.

Château Minard
Pierre oghamique
Le gué de Slea Head
La harpe, symbole de l'Irlande
Guiness
Le musée préhistorique et celtique

Description de l’itinéraire

Il exis­te plu­sieurs iti­né­rai­res, aus­si il faut fai­re des choix. Le plus inté­res­sant va mêler la natu­re à l’histoire, lit­té­ra­le­ment. Avant Din­gle, arri­vez par la lon­gue pla­ge d’Inch, acces­si­ble en voi­tu­re. Entre Inch et Din­gle, sur la gau­che, coin­cé entre la rou­te et l’océan, vous trou­ve­rez les rui­nes du châ­teau Minard datant de la moi­tié du XVIe siè­cle. Une fois arri­vé à Din­gle, tra­ver­sez la vil­le, pre­nez la rou­te vers l’ouest en direc­tion de Slea Head et pas­sez le pont. En fonc­tion des heu­res, vous y trou­ve­rez une riviè­re ou un lit atten­dant le retour de la marée. Lon­gez la côte et arrê­tez-vous au musée pré­his­to­ri­que et cel­ti­que qui se trou­ve avant le fort pré­his­to­ri­que. Repre­nez la rou­te vers le fort de Dún Beag. Garez-vous puis tra­ver­sez la rou­te en regar­dant du bon côté et pas­sez la gué­ri­te. Des­cen­dez le petit che­min en direc­tion de l’océan. Voi­là plus de 2 500 ans que ce fort a été construit, acco­lé au vide et pro­té­gé côté ter­re par une série de talus et de fos­sés. C’est un des nom­breux forts d’Irlande et l’on voit tout de sui­te le coté défen­sif du lieu choi­si par les ingé­nieux ancê­tres des gens vivant enco­re dans la cam­pa­gne aux alen­tours. Vous avez sous les yeux l’exemple par­fait de ce que l’homme peut accom­plir lorsqu’il tra­vaille avec la natu­re. Une par­tie exté­rieu­re des for­ti­fi­ca­tions du fort a récem­ment déci­dé de plon­ger dans l’océan mais le site est sécu­ri­sé et vous pou­vez vous y pro­me­ner sans ris­ques. L’Irlande regor­ge de sour­ces et de riviè­res et si vous obser­vez sur votre gau­che en des­cen­dant vers le fort, vous ver­rez cou­ler une peti­te riviè­re qui finit en cas­ca­de dans l’océan.

Repre­nez la voi­tu­re et conti­nuez vers l’ouest. Au détour d’une falai­se, vous allez arri­ver au gué de Slea Head. Ralen­tis­sez et pro­fi­tez du lieu, posé entre deux cas­ca­des, les yeux vers les cieux sur votre droi­te et plon­geant vers l’océan sur votre gau­che.

Vous ne pou­vez mal­heu­reu­se­ment pas vous arrê­ter ici alors repar­tez et conti­nuez à lon­ger la côte. Arri­vé à Slea Head, tour­nez à gau­che et garez la voi­tu­re, le vélo, la moto, le che­val,…

Vous pou­vez des­cen­dre vers la pla­ge sur laquel­le les Irlan­dais allu­ment un feu face à l’horizon pour la Saint-Jean, ver­sion chris­tia­ni­sée du Sol­sti­ce d’été pra­ti­qué par les anciens Cel­tes. Vous êtes ici sur une des pla­ges les plus occi­den­ta­les d’Europe et en face de vous, se trou­ve le Nou­veau Mon­de. Il aurait été décou­vert par (saint) Bren­dan, un Irlan­dais, par­ti d’une pla­ge pas très éloi­gnée de l’endroit où vous êtes, à bord d’un cur­ra­ch, un bateau tra­di­tion­nel, un peu avant 530.

Remon­tez vers le par­king mais, avant d’y arri­ver, pre­nez sur votre gau­che et allez enjam­ber le petit muret. Tra­ver­sez les champs entre les mou­tons et les trous de lapins puis diri­gez-vous vers le petit cer­cle de pier­res en haut de la col­li­ne. Au sud-ouest, la poin­te de Slea Head des­cend vers l’océan. En fonc­tion du temps et du vent, vous pour­rez des­cen­dre plus ou moins. C’est un peu escar­pé mais la vue en vaut ample­ment le coup. Abri­tez-vous du vent à l’aide des rochers et posez-vous face à l’océan. Si vous avez appor­té un pique-nique, c’est le moment de le sor­tir et de contem­pler l’une des plus bel­les vues d’Europe.

Retour­nez à la voi­tu­re et sui­vez la côte. En fonc­tion de vos choix, vous pour­rez rejoin­dre Din­gle par plu­sieurs iti­né­rai­res emprun­tant un cer­tain nom­bre de rou­tes côtiè­res. Si vous déci­dez de mon­ter à Tra­lee pour la nuit, une fois à Din­gle, allez-y via Conor Pass qui est le col le plus haut d’Irlande. Vous pou­vez lais­ser la voi­tu­re et vous pro­me­ner dans les envi­rons mais fai­tes cepen­dant atten­tion au temps car les rou­tes sont trom­peu­ses et il vous fau­dra bien une heu­re pour cou­vrir les 50 km qui sépa­rent Din­gle de Tra­lee.

Ruines sur l'île de Blasket
La fille de Ryan
Pierre Joannon, Histoire de l'Irlande
Slea Head (1)
Slea Head (2)
Un embarcadère
Un pub à Dingle
Vue de la côte en descendant sur Dún Beag

Activités connexes

La pénin­su­le offre plu­sieurs musées – dont un pré­his­to­ri­que et cel­ti­que, un sur la gran­de fami­ne et plu­sieurs forts pré­his­to­ri­ques.

Vous trou­ve­rez aus­si un aqua­rium à la sor­tie de Din­gle alors que vous fai­tes rou­te vers Slea Head.

Il est éga­le­ment pos­si­ble de fai­re une sor­tie en mer depuis le port de Din­gle afin d’apercevoir des dau­phins ain­si que des balei­nes et des pho­ques pour les plus chan­ceux.

La pénin­su­le abri­te plu­sieurs pla­ges, notam­ment cel­le d’Inch, à l’est de Din­gle. Il est pos­si­ble d’y nager, de pra­ti­quer la pêche en mer ain­si que des sports nau­ti­ques (voi­le, surf). Pos­si­bi­li­té éga­le­ment de pra­ti­quer la pêche en riviè­re.

Enfin, l’Irlande ne serait pas l’Irlande sans les nom­breux golfs que vous trou­ve­rez sur pla­ce, y com­pris sur la pénin­su­le.

Cartographie

  • Kerry/Ciarrai, 1:50000, Dis­co­ve­ry Series #70, Ord­nan­ce Sur­vey Ire­land
  • Dis­po­ni­ble sur shop.osi.ie/shop/

Bibliographie et filmographie

  • Col­lec­tif, Gui­de du Rou­tard Irlan­de 2015, Hachet­te Tou­ris­me coll. Le Rou­tard, 2014
  • Helen Fair­bairn, Ireland’s Best Walks : A Wal­king Gui­de, The Col­lins Press, 2014 (en anglais)
  • Et pour l’histoire de l’Irlande, l’excellent livre de Pier­re Joan­non, His­toi­re de l’Irlande, Per­rin, coll. Tem­pus, 2009

Cer­tains films ont été tour­nés dans la pénin­su­le :

  • La Fille de Ryan (Ryan’s Daugh­ter) de David Lean, sor­ti en 1970.
  • Hori­zons loin­tains (Far and Away) de Ron Howard, sor­ti en 1992.

Accès et données GPS

De Fran­ce, avion pour Dublin, Cork ou Limerick/Shannon. Puis loca­tion de voi­tu­re ou trans­ports publics. Atten­tion : la condui­te en Irlan­de se fait à gau­che, avec le volant à droi­te, tout com­me en Gran­de Bre­ta­gne.

De Fran­ce, bateau pour Ross­la­re ou Cork. Ega­le­ment pos­si­ble pour Dublin via la Gran­de-Bre­ta­gne.

Coor­don­nées de la vil­le de Din­gle : 52.139915°Nord 10.27153°Ouest

Le 112, numé­ro d’urgence euro­péen, peut être com­po­sé en cas de dif­fi­cul­té. Pas de pro­blè­me de cou­ver­tu­re sur la zone.

Matériel spécifique, équipement

Bon­nes chaus­su­res de mar­che, cou­pe-vent ou ves­te imper­méa­ble, car­te et bous­so­le.

Crè­me solai­re for­te­ment conseillée en été car le soleil, même caché, peut fai­re mal.

Un vio­lon, une flu­te, une gui­ta­re… Un pro­ver­be irlan­dais dit que si vous jetez une pier­re dans un pub, vous tou­che­rez un poè­te, un musi­cien et un révo­lu­tion­nai­re ; et par­fois, cela sera la même per­son­ne.

Art de vivre

Le pub, rac­cour­ci de Public Hou­se, est le cen­tre de la vie publi­que en Irlan­de et on peut géné­ra­le­ment y déjeu­ne­ret y dîner pour une som­me rai­son­na­ble.

Depuis une décen­nie, l’Irlande tra­vaille à déve­lop­per une gas­tro­no­mie de qua­li­té et comp­te de nom­breux res­tau­rants. Din­gle comp­te notam­ment un excel­lent res­tau­rant de pois­sons et fruits de mer, Out of the blue, fer­mé en hiver : outoftheblue.ie

Bon à savoir, ce res­tau­rant n’ouvre pas si les pro­prié­tai­res ne sont pas satis­faits par la pêche du jour.

Vous trou­ve­rez de nom­breu­ses bou­ti­ques de sou­ve­nirs ain­si que des petits maga­sins ali­men­tai­res. Donc aucun pro­blè­me pour ache­ter de l’eau ou de la nour­ri­tu­re pour ceux qui pré­fè­rent pique-niquer sur les falai­ses.

Liens

Années où cet itinéraire a été parcouru

2006, 2009 et 2014.