La longue mémoire européenne : nos racines, notre héritage

La longue mémoire européenne : nos racines, notre héritage

La longue mémoire européenne : nos racines, notre héritage

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Philippe Ariès, Essais sur l’histoire de la mort en Occident (1975, Points Seuil, 2015). Acheter en ligne

L’évolution des atti­tu­des devant la mort de l’homme occi­den­tal. Du temps de la « mort appri­voi­sée », au Moyen Age, jusqu’au vas­te mou­ve­ment de refou­le­ment qui débu­te au tour­nant du XVIIIe et du XIXe siè­cle, et mène jusqu’à nous. Une appro­che nova­tri­ce de l’inconscient col­lec­tif euro­péen.

Robert Brasillach, Anthologie de la poésie grecque (1950, Le Livre de Poche, 1995)

Un recueil tou­jours jeu­ne et per­ti­nent.

François Chamoux, La civilisation grecque (1963, coll. Les grandes civilisations, Arthaud, 1983). Acheter en ligne

Un clas­si­que, ser­vi par une connais­san­ce à la fois savan­te et inti­me du mon­de grec. A lire dans la même col­lec­tion : La civi­li­sa­tion hel­lé­nis­ti­que (du même auteur, 1993), La civi­li­sa­tion de l’Occident médié­val (Jac­ques Le Goff, 1977, rééd. poche 2008), La civi­li­sa­tion de la Renais­san­ce (Jean Delu­meau, 1993), La civi­li­sa­tion de l’Europe clas­si­que et La civi­li­sa­tion des Lumiè­res (Pier­re Chau­nu, 1993).

La Chanson de Roland (texte intégral bilingue, Le Livre de poche, coll. Lettres gothiques, 1990). Acheter en ligne

De l’Histoire à la légen­de, les hauts faits des che­va­liers caro­lin­giens.

La Chanson des Niebelungen (Gallimard, 2001). Acheter en ligne

La pre­miè­re épo­pée alle­man­de, écri­te vers 1200. Sieg­fried, le tré­sor du dra­gon Faf­nir, les preux che­va­liers de Bur­gun­die et les châ­teaux forts du Nie­der­land… Une piè­ce essen­tiel­le du patri­moi­ne euro­péen, issue de la mytho­lo­gie ger­ma­ni­que et nor­di­que, magni­fiée par l’opéra de Wag­ner (Der Ring des Nibe­lun­gen, 1876). Le tex­te est ici sui­vi de La Plain­te assi­mi­lée à la qua­ran­tiè­me aven­tu­re de la Chan­son, une glo­ri­fi­ca­tion de la dynas­tie des Stau­fen, qui se consi­dé­raient com­me les des­cen­dants des Bur­gon­des.

Chrétien de Troyes, Romans de la Table Ronde (Folio, 1975). Acheter en ligne

Le Che­va­lier à la char­ret­te est l’un des pre­miers romans en lan­gue fran­çai­se (1170). Ce recueil pré­fa­cé et diri­gé par Jean-Pier­re Fou­cher consti­tue une excel­len­te intro­duc­tion à la « matiè­re de Bre­ta­gne » et au mer­veilleux cel­ti­que. Pour l’éditeur, « c’est tout le sym­bo­lis­me des vieux contes de Cel­tie ou de Rome qui revit à tra­vers les mil­le péri­pé­ties et mys­tè­res du cycle cour­tois. L’amour y est valeur suprê­me ».

Pierre Corneille, Le Cid (1637, J’ai Lu, Librio, 2014). Acheter en ligne

Tou­tes les qua­li­tés et les tour­ments du héros clas­si­que. Le dilem­me cor­né­lien à l’état pur, com­me un reflet de la for­ce, de la beau­té et de l’exigence éthi­que du Grand Siè­cle.

Dante, La Divine Comédie (Commedia, 1306–1321, traduction de Marc Scialom in Œuvres complètes, Le Livre de Poche, 1996). Acheter en ligne

« Lais­sez tou­te espé­ran­ce » (Enfer, III, 9)… L’un des chefs-d’œuvre de la lit­té­ra­tu­re euro­péen­ne, à l’architecture aus­si com­plexe que rigou­reu­se. Le poè­te décrit son che­mi­ne­ment ini­tia­ti­que, didac­ti­que, puri­fi­ca­teur et mys­ti­que à tra­vers les trois « royau­mes » du péché, du repen­tir et de la contem­pla­tion des éter­nel­les véri­tés.

Bernard Delvaille, Mille et cent ans de poésie française (Robert Laffont, Bouquins, 1991). Acheter en ligne

La conti­nui­té de grands auteurs lyri­ques à tra­vers les siè­cles, des trou­ba­dours aux sur­réa­lis­tes. Pour redé­cou­vrir en par­ti­cu­lier Guillau­me d’Aquitaine et Chré­tien de Troyes, Thi­baud de Cham­pa­gne et Rute­beuf, Char­les d’Orléans et Fran­çois Vil­lon…

Georges Dumézil, Mythes et dieux des Indo-européens (Flammarion, Champs, 1992). Acheter en ligne

Recueil de tex­tes réunis et pré­sen­tés par Her­vé Cou­tau-Béga­rie. Une excel­len­te intro­duc­tion à une œuvre foi­son­nan­te et « révo­lu­tion­nai­re ».

Paul Fabre, Anthologie des troubadours, XIIe-XIVe siècle (Paradigme, 2010). Acheter en ligne

Antho­lo­gie de 143 poè­mes lyri­ques occi­tans, de Guil­hem de Pei­teus à Rai­mond de Cor­net, en pas­sant par Ber­nard de Ven­ta­dour, Ber­trand de Born, Pei­re Vidal, Gui d’Ussel, Pei­re Car­de­nal… En ver­sion bilin­gue, pour une plon­gée dans un uni­vers men­tal et esthé­ti­que sin­gu­lier, creu­set d’une civi­li­sa­tion à la fois viri­le et raf­fi­née.

Christian J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, La civilisation celtique (Editions Ouest-France Université, 1990). Acheter en ligne

Un soli­de manuel d’initiation à la connais­san­ce des Cel­tes, par les meilleurs connais­seurs fran­çais du sujet.

Pierre Hadot, Eloge de la philosophie antique (1982, Allia, 7e édition, 2012). Acheter en ligne

Cet­te « leçon inau­gu­ra­le au Col­lè­ge de Fran­ce » est un tex­te bref mais riche, abor­dant la dif­fé­ren­ce entre la phi­lo­so­phie anti­que (recher­che de la sages­se) et ce que l’on appel­le géné­ra­le­ment « phi­lo­so­phie » aujourd’hui (abs­trac­tions et sys­tè­mes sou­vent abs­cons).

Jean Haudry, Les Indo-Européens (1981, PUF, Que sais-je ?, 1992). Acheter en ligne

La meilleu­re syn­thè­se sur la matri­ce eth­no­cul­tu­rel­le de la Vieille Euro­pe. Epui­sé et volon­tai­re­ment non reti­ré depuis des années par les Puf, une édi­tion mise à jour et aug­men­tée est pro­po­sée par les Edi­tions de la Forêt (leseditionsdelaforet.com).

Théodore Hersart de La Villemarqué, Le Barzhaz Breizh (1839, Coop Breizh, 1997). Acheter en ligne

Un tré­sor impé­ris­sa­ble, recueil de la lit­té­ra­tu­re ora­le de Bre­ta­gne. Un exem­ple des valeurs et de la vision du mon­de véhi­cu­lées par les vieilles socié­tés rura­les en Euro­pe. Une œuvre fon­da­tri­ce, qui a per­mis aux Bre­tons d’entrer dans le XXe siè­cle avec une lan­gue et une nation.

Hésiode, Théogonie. La naissance des dieux (Rivages-Poche, 1993). Acheter en ligne

Le chant en l’honneur des dieux. Poé­sie et reli­gion mêlées. Un chef-d’œuvre de la lit­té­ra­tu­re anti­que, pré­cé­dé dans cet­te ver­sion d’un bref essai de Jean-Pier­re Ver­nant.

Homère, Iliade (traduction de Paul Mazon, préface de Pierre Vidal-Naquet, Folio classique, 1975). Acheter en ligne

L’incomparable poè­me de nos ori­gi­nes.

Homère, Odyssée (traduction de Philippe Jaccottet, La Découverte Poche, 2004). Acheter en ligne

La meilleu­re tra­duc­tion du poè­me de l’aventure et de la des­ti­née.

Lucien Jerphagnon, Julien, dit l’Apostat (Tallandier, 2008). Acheter en ligne

Par l’un des meilleurs connais­seurs du mon­de anti­que, qui est aus­si un phi­lo­so­phe, le récit le plus com­plet, le plus vivant et le plus hon­nê­te du des­tin tra­gi­que du jeu­ne empe­reur qui aurait pu res­tau­rer le paga­nis­me anti­que après Constan­tin. Pré­fa­ce de Paul Vey­ne.

Lucien Jerphagnon, A l’école des Anciens (Perrin, 2014). Acheter en ligne

Un savoir péné­tré d’ironie et d’érudition, pui­sé aux meilleu­res sour­ces de notre lon­gue mémoi­re.

Camille Jullian, Vercingétorix (Tallandier, 1977). Acheter en ligne

Par l’un des maî­tres du sujet, « un récit his­to­ri­que qui res­te incom­pa­ra­ble de gran­deur, d’intelligence et de beau­té » (Domi­ni­que Ven­ner). Sur le même sujet, dans un sty­le roman­cé mais réus­si, voir Ver­cin­gé­to­rix. Le défi des drui­des, de Céci­le Gui­gnard-Vanuxem (Che­mi­ne­ments, 1997).

Venceslas Kruta, Les Celtes (Robert Laffont, Bouquins, 2000). Acheter en ligne

His­toi­re et dic­tion­nai­re des peu­ples cel­ti­ques des ori­gi­nes à la roma­ni­sa­tion et au chris­tia­nis­me.

La légende arthurienne (Robert Laffont, coll. Bouquins, 1989). Acheter en ligne

Les plus célè­bres romans de la Table ron­de.

Elias Lönnrot, Le Kalevala, épopée des Finnois (Gallimard, 1991). Acheter en ligne

Mythes, légen­des, récits héroï­ques et épi­ques, com­pi­lés au XIXe siè­cle par le folk­lo­ris­te Elias Lönn­rot. La pier­re angu­lai­re de l’identité natio­na­le fin­lan­dai­se.

Lucrèce, De la nature (De rerum natura, traduction de J. Kany-Turpin, Garnier-Flammarion, 1997). Acheter en ligne

Le grand poè­me d’invitation à la connais­san­ce des mys­tè­res de la natu­re, com­me affran­chie de tou­te fina­li­té. Le pro­lon­ge­ment, en latin, de l’épicurisme hel­lé­ni­que. Mais avec une autre tenue, et un autre ave­nir.

Jean Mabire, Les dieux maudits (Copernic, 1978)

Une intro­duc­tion tou­jours actuel­le aux récits de la mytho­lo­gie nor­di­que.

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même (GF Flammarion, 1999). Acheter en ligne

Dans un sty­le sim­ple et direct, une sui­te d’épigrammes et de cour­tes réflexions por­tant sur le devoir, la mort et la condui­te du sage face au tra­gi­que de la vie. La phi­lo­so­phie en action. L’essence d’une vision euro­péen­ne — « aris­to­cra­ti­que » — de l’existence.

Frédéric Mistral, Mireille ou Mirèio (1859, édition bilingue franco-provençal, Grasset, Les Cahiers Rouges, 2004). Acheter en ligne

Subli­me poè­me épi­que en dou­ze chants, qui est à la troi­siè­me fonc­tion « dumé­zi­lien­ne » ce que la Chan­son de Roland est à la deuxiè­me.

Blaise de Monluc, Commentaires, 1521–1576 (1592, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1964)

Pour le récit et les com­men­tai­res de l’un des épi­so­des les plus som­bres de l’histoire de Fran­ce – les Guer­res de reli­gion. Pour les valeurs de « l’homme d’épée » dont Mon­luc se vou­lait l’exemple brillant. Et « pour le fran­çais dru d’avant Mal­her­be » (Domi­ni­que Ven­ner).

Plutarque, Les vies des hommes illustres (traduction de Jacques Amyot, Nabu Press, 2012)

Les grands hom­mes de l’Antiquité vus par l’un des plus grands his­to­riens grecs. Un témoi­gna­ge capi­tal.

Jean Racine, Phèdre (1677–1687, Magnard, Classiques & Patrimoine, 2012). Acheter en ligne

« C’est Vénus tout entiè­re à sa proie atta­chée ». Euri­pi­de et la sages­se des Anciens tou­jours d’actualité. Une tra­gé­die incon­tour­na­ble.

Ernest Renan, Marc Aurèle (1882, in Histoire et Parole, Robert Laffont, 1992)

Le cré­pus­cu­le de l’empire romain et « la fin du mon­de anti­que ».

Le Roman de Tristan et Iseult, version de Joseph Bédier (Folio, 2009). Acheter en ligne

Le plus grand et le plus beau roman médié­val d’amour et de mort. L’un des fon­de­ments cel­ti­ques de l’imaginaire occi­den­tal.

Jacqueline de Romilly, Hector (1997, Livre de Poche, 1999). Acheter en ligne

Un excel­lent exem­ple d’une lec­tu­re tou­jours actuel­le d’Homère.

Jacqueline de Romilly, Homère (1985, PUF, Que Sais-je ?, réédition 2014). Acheter en ligne

Bon­ne syn­thè­se intro­dui­sant à la connais­san­ce d’Homère et des ques­tions posées par les poè­mes fon­da­teurs de l’identité euro­péen­ne.

Paul Sébillot, Croyances, mythes et légendes des pays de France (Omnibus, 2002, réédition 2010). Acheter en ligne

Tou­tes les légen­des, les évé­ne­ments fan­tas­ti­ques et les récits extra­or­di­nai­res recen­sés dans le moin­dre de nos vil­la­ges, du Moyen Age au début du XXe siè­cle. Une som­me d’une valeur eth­no­gra­phi­que incom­pa­ra­ble, reflet de cet­te for­me « d’unité dans la diver­si­té » si carac­té­ris­ti­que de la Fran­ce, et d’un affron­te­ment tou­jours actif entre « pen­sée mythi­que » et « pen­sée ratio­na­lis­te ». Pour les lec­teurs inté­res­sés, appro­fon­dir avec la gran­de syn­thè­se entre­pri­se par Arnold Van Gen­nep sur Le folk­lo­re fran­çais (3 tomes chez Robert Laf­font, coll. Bou­quins, 1998–1999).

Snorri Sturluson, L’Edda : Récits de mythologie nordique (traduction de François-Xavuer Dillmann, Gallimard, 1991). Acheter en ligne

Uni­que récit de la mytho­lo­gie nor­di­que, la seule œuvre qui per­met­te d’appréhender les croyan­ces scan­di­na­ves d’avant la chris­tia­ni­sa­tion.

Tacite, Germanie (Arléa, 2011). Acheter en ligne

Le tex­te anti­que de réfé­ren­ce sur les anciens Ger­mains. Taci­te s’y mon­tre tour à tour effrayé et fas­ci­né par les mœurs des Ger­mains qu’il oppo­se à la déca­den­ce romai­ne de son temps.

Dominique Venner, Histoire et tradition des Européens (Le Rocher, 2002, réédition modifiée, 2004). Acheter en ligne

Un ouvra­ge de méta­phy­si­que de l’histoire qui a renou­ve­lé le socle concep­tuel de l’identité euro­péen­ne, d’Homère aux grands tex­tes médié­vaux (che­va­le­rie et amour cour­tois).

Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? (1983, Points Seuil, 2014). Acheter en ligne

Un essai déci­sif sur « l’imagination consti­tuan­te », en fait sur la notion de croyan­ce dans l’antiquité hel­lé­ni­que, avant l’irruption des mono­théis­mes.

Virgile, L’Enéide (Albin Michel/Les Belles Lettres, 2012). Acheter en ligne

L’épopée lati­ne par excel­len­ce. Une nou­vel­le tra­duc­tion plei­ne de souf­fle pro­po­sée par Paul Vey­ne.

Philippe Walter, Arthur, l’Ours et le Roi (Imago, 2002). Acheter en ligne

Quand le roi Arthur reprend sa véri­ta­ble sta­tu­re. Éma­nant de la tra­di­tion ora­le et de la mémoi­re popu­lai­re pré­chré­tien­ne, le sou­ve­rain mythi­que « héri­te par bien des aspects d’une anti­que créa­tu­re de la mytho­lo­gie cel­ti­que, cel­le de l’ours sacré des cultes cos­mi­ques ». Par un spé­cia­lis­te de la lit­té­ra­tu­re fran­çai­se du Moyen Age et en par­ti­cu­lier du cycle du Graal – cf. éga­le­ment ses ouvra­ges sur Yvain (1995), Per­ce­val (2004), Galaad (2004), Gau­vain (2013), Mer­lin ou le Savoir du mon­de (2014 pour la 3e édi­tion revue et cor­ri­gée).

Philippe Walter, Mythologie chrétienne. Rites et mythes du Moyen Age (éditions Entente, 1992)

Des élé­ments essen­tiels de com­pré­hen­sion de cet­te mytho­lo­gie chré­tien­ne du Moyen Age, « qui lais­se enco­re autour de nous tant de rites incom­pris (des feux de la Saint-Jean au sapin de Noël) et tant de saints si bizar­res et si peu catho­li­ques »… Une étu­de nova­tri­ce sur les voies et moyens d’adaptation du chris­tia­nis­me au vieux socle des croyan­ces « pri­mi­ti­ves » des peu­ples euro­péens.