La Chandeleur

La Chandeleur

La Chandeleur

Imprimer en PDF

Il faut sou­vent se repor­ter aux vieux dic­tons popu­lai­res pour com­pren­dre enco­re aujourd’hui cer­tai­nes cho­ses : « L’origine a fait irrup­tion dans notre ave­nir », rele­vait Hei­deg­ger. L’un des dic­tons qui se rap­por­tent à la Chan­de­leur est assez évo­ca­teur : « A la Chan­de­leur , l’hiver pas­se ou reprend vigueur »… Et la chu­te actuel­le des tem­pé­ra­tu­res vient l’illustrer par­fai­te­ment. La fin de l’hiver sera rude.

La ChandeleurLa vieille sages­se nous rap­pel­le qu’à la Chan­de­leur nous som­mes effec­ti­ve­ment au cœur de l’hiver, qui peut s’amenuiser ou se ren­for­cer. La Chan­de­leur , c’est la fête des chan­del­les. C’est un moment d’éclairement.

C’est au moment de cet­te Chan­de­leur – Can­de­la — que l’Eglise catho­li­que bénit ses chan­del­les.

Autre constan­te de la Chan­de­leur : c’est un sym­bo­le cir­cu­lai­re, de la lumiè­re ou de feu et du réchauf­fe­ment. Il faut pré­pa­rer le prin­temps. C’est d’ailleurs sou­vent à cet­te pério­de que l’ours sort de sa taniè­re pour voir si le temps devient clé­ment.

En fait, la Chan­de­leur ren­voie à la vieille fête cel­ti­que d’Imbolc. Fête de la fécon­di­té, de puri­fi­ca­tion au sor­tir de l’hiver, son nom vient de la mon­tée de lait des bre­bis qui annon­ce le retour à la vie. C’est aus­si le jour de Bri­git­te, dées­se de la créa­ti­vi­té qui a d’ailleurs été choi­sie com­me patron­ne par les for­ge­rons et les tis­seurs.

On retrou­ve cet­te même fête à Rome avec les Luper­ca­les qui se ter­mi­naient avec une gran­de pro­ces­sion aux flam­beaux, plus ou moins au moment de notre Saint-Valen­tin actuel­le.

Et à la Chan­de­leur on fait des crê­pes. Elles doi­vent rap­pe­ler une concep­tion essen­tiel­le : les qua­tre élé­ments qui consti­tuent l’univers, dans le sou­ve­nir d’un mon­de en ges­ta­tion, au cœur de l’hiver. La pâte ren­voie à la ter­re. L’élément liqui­de ren­tre dans sa com­po­si­tion. Elle pas­se au feu, troi­siè­me élé­ment. Rituel d’adresse avec la poê­le, on la fait sau­ter en l’air — qua­triè­me élé­ment — où on la retour­ne vers le ciel. La crê­pe est donc la com­mu­nion des qua­tre élé­ments qui devien­nent un sym­bo­le cir­cu­lai­re que l’on va par­ta­ger. Il est de plus de tra­di­tion de fai­re sau­ter la crê­pe avec une piè­ce d’or ou d’argent dans la main, en vœux de pros­pé­ri­té, par­cel­le des deux pre­mier Âges (d’Or et d’Argent) où l’humanité était dans un état de bon­heur et de fra­ter­ni­té.

Quand l’esprit se sou­vient, le peu­ple se main­tient !

Enre­gis­trer