Lettre S

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S

Sacré

Aucu­ne socié­té ne peut fai­re l’économie du sacré.”

Pier­re Chau­nu, La mémoi­re et le sacré, Cal­mann-Lévy, 1978

Tags : Pierre Chaunu, la mémoire et le sacré, sacré, société, économie du sacré
Sacré

Sau­va­ge est la proxi­mi­té du sacré.”

Frie­dri­ch Höl­der­lin, in Oeu­vres, NRF, La Pléia­de, 1967

Tags : Hölderlin, sacré, sauvage, nature, pléiade
Sacré

Le sacré chez les anciens Ger­mains, c’est tou­jours une épi­pha­nie. Mais une épi­pha­nie du des­tin, non une théo­pha­nie.”

Régis Boyer, L’Edda poé­ti­que, Fayard, 1992

Tags : Boyer, Edda, sacré, Germains, épiphanie, destin, théophanie, paganisme, religion
Sacré

Tout ter­ri­toi­re occu­pé dans le but d’y habi­ter ou de l’utiliser com­me « espa­ce vital » est préa­la­ble­ment trans­for­mé de « chaos » en « cos­mos » ; c’est-à-dire que, par l’effet du rituel, il lui est confé­ré une « for­me », qui le fait ain­si deve­nir réel […] le réel par excel­len­ce est le sacré ; car seul le sacré est d’une maniè­re abso­lue, agit effi­ca­ce­ment, crée, et fait durer les cho­ses.”

Mir­cea Elia­de, Le mythe de l’Eternel retour, Gallimard/Idées, 1969

Tags : Eliade, mythe de l’Eternel retour, éternel retour, sacré, indo-européens, chaos, cosmos, espace vital, territoire, peuple, civilisation, religion, tradition, réel, durable, efficace
Sacrifice

Le sacri­fi­ce de soi-même n’est pas dif­fi­ci­le lorsqu’on est brû­lé par la pas­sion d’une gran­de aven­tu­re. Et il n’y a pas d’aventure plus bel­le et plus dan­ge­reu­se que la réno­va­tion de l’homme moder­ne.”

Alexis Car­rel, L’Homme cet incon­nu, 1935

Tags : Alexis Carrel, l’homme cet inconnu, sacrifice, passion, grande aventure, rénovation, restauration, homme moderne
Sagesse

L’âge de la cultu­re géné­ra­le nous a mal­heu­reu­se­ment pri­vés d’une réser­ve consi­dé­ra­ble d’analphabètes — de même qu’aujourd’hui on peut faci­le­ment enten­dre mil­le per­son­nes astu­cieu­ses rai­son­ner sur l’Église, tan­dis qu’on cher­che en vain les vieux saints reti­rés dans la soli­tu­de de leur rochers et de leurs forêts.”

Ernst Jün­ger, Le Tra­vailleur (Der Arbei­ter), 1932

Tags : Jünger, Le Travailleur, der arbeiter, sagesse, analphabètes, retrait, Eglise, solitude, forêt, rochers, révolution conservatrice
« Sagesse de la terre »

Elle est une com­pli­ci­té tota­le entre l’homme et son envi­ron­ne­ment, une inti­mi­té constan­te entre l’individu qui vit dans un lieu don­né, et tou­tes les com­po­san­tes de ce lieu. C’est la vieille his­toi­re du pois­son dans l’eau. L’homme de la ter­re en arri­ve à connaî­tre si bien son milieu natu­rel qu’il évi­te autant que pos­si­ble de se trou­ver en conflit avec lui, qu’il en connaît tout ce que cet envi­ron­ne­ment com­por­te de leçons pour tou­tes les épo­ques et tou­tes les cir­cons­tan­ces de la vie. […] Il est faci­le d’être de son temps. La bel­le affai­re ! N’importe quel imbé­ci­le peut être de son temps ! Il suf­fit de sui­vre tout le mon­de et de bêler avec le trou­peau.

Mais être de son lieu, ce n’est pas don­né à tout le mon­de. Etre de son lieu, c’est jus­te­ment éta­blir entre l’endroit où l’on vit, où l’on a ses occu­pa­tions, où l’on mène son exis­ten­ce tout entiè­re, entre l’endroit où l’on vit, donc, et soi-même, cet­te espè­ce d’entente qui fait qu’on finit par appro­cher de ce qu’on appel­le la sages­se.”

Pier­re-Jakez Hélias, La sages­se de la ter­re (avec Jean Mar­ka­le), Peti­te Biblio­thè­que Payot, 1978

Tags : Pierre-Jakez Hélias, Jean Markale, la sagesse de la terre, sagesse, sagesse de la terre, homme, environnement, lieu, temps, troupeau, milieu naturel, homme de la terre, terre, liens, identité, vie, être de son temps
Samouraï

Ils avaient appris à mépri­ser ceux qui par­lent au lieu d’agir. Ils pen­saient qu’un seul acte en dit bien plus long que le plus long dis­cours, car le dis­cours peut men­tir.”

Domi­ni­que Ven­ner, Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viai­re des insou­mis, édi­tions Pier­re-Guillau­me de Roux, 2013

Tags : Venner, samouraï, occident, acte, discours, menir, agir, bréviaire, insoumis
Samouraï

De même que la fleur de ceri­sier est la fleur par excel­len­ce, de même par­mi les hom­mes, le samou­raï est l’homme par excel­len­ce.”

Jean Mabi­re, Les Samou­raï, édi­tions Bal­land, 1972

Tags : Jean Mabire, samouraï, Japon, seppuku, savoir mourir
Avoir du sang

« Avoir du sang ! C’était la gran­de ambi­tion de tout le mon­de, le rêve des pères pour leur fils et des beaux-pères pour leur futur gen­dre, la fier­té du tra­vailleur, l’honneur du com­mis, le désir secret des gamins. »

Hen­ri Vin­ce­not, La Bille­bau­de, édi­tions Denoël, 1978

Tags : Henri Vincenot, Billebaude, avoir du sang, sang
Sanglier

Résis­te et mords.”

Devi­se des Chas­seurs arden­nais, corps d’élite de l’armée roya­le de Bel­gi­que

Tags : sanglier, résiste, mords, résistance, combat, chasseurs ardennais, Belgique, armée, royale
Santé

Je vou­drais voir des armes aux mains de tous les Irlan­dais. Ce serait un signe de san­té.”

Patri­ck Pear­se cité par Jean Mabi­re, Patri­ck Pear­se, une vie pour l’Irlande, édi­tions Ter­re et Peu­ple, 1998

Tags : Mabire, Pearse, IRA, armes, mains, irlandais, santé, Irlande, révolution, signe de santé
Santé (morale et spirituelle)

« Le sens esthé­ti­que et le sens moral sont mani­fes­te­ment étroi­te­ment liés. […] La beau­té de la natu­re et la beau­té de l’environnement cultu­rel, créé par l’homme, sont cha­cu­ne néces­sai­re à la san­té mora­le et spi­ri­tuel­le de l’être humain. Cet aveu­gle­ment total de l’âme pour tout ce qui est beau, que l’on voit se pro­pa­ger par­tout de nos jours, avec une tel­le rapi­di­té, est une mala­die men­ta­le qu’il faut pren­dre au sérieux, ne serait-ce que par­ce qu’elle va de pair avec l’insensibilité envers ce qui est le plus répré­hen­si­ble mora­le­ment. »

Kon­rad Lorenz, Les huit péchés capi­taux de notre civi­li­sa­tion, 1974

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Sauver (notre monde)

Notre mon­de ne sera pas sau­vé par des savants aveu­gles ou des éru­dits bla­sés. Il sera sau­vé par des poè­tes et des com­bat­tants, par ceux qui auront for­gé l’« épée magi­que » dont par­lait Ernst Jün­ger, l’épée spi­ri­tuel­le qui fait pâlir les mons­tres et les tyrans. Notre mon­de sera sau­vé par les veilleurs pos­tés aux fron­tiè­res du royau­me et du temps.”

Domi­ni­que Ven­ner, His­toi­re et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

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Savoir

Pour la déci­sion, le savoir est un adju­vant, il n’est pas son élé­ment consti­tu­tif.”

Julien Freund, “Que veut dire : pren­dre une déci­sion ?”, Nou­vel­le Eco­le, autom­ne 1984

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Sens

Même si l’on admet, pour le plai­sir d’argumenter, que la vie n’a pas de « sens » en tant que signi­fi­ca­tion, la ques­tion se pose­rait enco­re de savoir si nous pou­vons nous pas­ser d’un « sens » en tant que direc­tion. Un tel sens, nous ne le com­pre­nons pas en nous élan­çant plus haut que les réa­li­tés concrè­tes, mais au contrai­re en nous insé­rant nous-mêmes dans leur cou­rant ou, pour emprun­ter une ima­ge à Plo­tin, en dan­sant à leur ryth­me.”

Rémi Bra­gue, Modé­ré­ment moder­ne, Flam­ma­rion, 2014

Tags : Rémi Brague, Modérément moderne, Flammarion, sens, vie, Plotin, réalités concrètes, courant, rythme
Sens — voir aussi : Cohésion

Tou­te idéo­lo­gie orga­ni­que don­ne un sens au mon­de, et le mon­de fait sens, plus ou moins éla­bo­ré, pour tou­te socié­té humai­ne. Or, il n’y a pas de cohé­sion des grou­pes par­ce que le mon­de a un sens ; il y a du sens dans le mon­de par­ce qu’il faut de la cohé­sion dans les grou­pes.”

Régis Debray, Cri­ti­que de la rai­son poli­ti­que, Gal­li­mard, 1981

Tags : Régis Debray, critique de la raison politique, Gallimard, cohésion, sens, groupe, sens au monde, société humaine
Sens à la vie

Ne com­pre­nez-vous pas que le don de soi, le ris­que, la fidé­li­té jusqu’à la mort, voi­là des exer­ci­ces qui ont lar­ge­ment contri­bué à fon­der la nobles­se de l’homme ? Quand vous cher­chez un modè­le à pro­po­ser, vous le décou­vrez chez le pilo­te qui se sacri­fie pour son cour­rier, chez le méde­cin qui suc­com­be sur le front des épi­dé­mies, ou chez le méha­ris­te qui, à la tête de son pelo­ton mau­re, s’enfonce vers le dénue­ment et la soli­tu­de. Quel­ques-uns meu­rent cha­que année. Si même leur sacri­fi­ce est en appa­ren­ce inuti­le, croyez-vous qu’ils n’ont point ser­vi ? Ils ont frap­pé la bel­le pâte vier­ge que nous som­mes d’abord une bel­le ima­ge, ils ont ense­men­cé jusqu’à la conscien­ce du petit enfant, ber­cé par des contes nés de leurs ges­tes. Rien ne se perd et le monas­tè­re clos de murs, lui-même, rayon­ne.”

Antoi­ne de Saint-Exu­pé­ry, Un sens à la vie, 1938

Tags : Saint-Exupéry, sens à la vie, exemple, destinée, modèle, virtus, monastère, murs, contes
Sens du devoir

C’est que le vrai prin­ci­pe, Athé­niens, le voi­ci. Qui­con­que occu­pe un pos­te, — qu’il l’ait choi­si lui-même com­me le plus hono­ra­ble, ou qu’il y ait été pla­cé par un chef, — a pour devoir d’y demeu­rer fer­me, quel qu’en soit le ris­que, sans tenir comp­te ni de la mort pos­si­ble, ni d’aucun dan­ger, plu­tôt que de sacri­fier l’honneur.”

Pla­ton, Apo­lo­gie de Socra­te, 28d, IVe siè­cle av. notre ère

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Se reposer

Citoyens, il faut choi­sir, se repo­ser ou être libre.”

Péri­clès cité par Thu­cy­di­de, His­toi­re de la guer­re du Pélo­pon­nè­se, 431–411 avant notre ère

Tags : Thucydide, guerre du Péloponnèse, choisir, se reposer, être libre, liberté, combat
Servir

« Il des­cen­dait d’une lignée d’hommes qui avaient mis tou­te leur gloi­re à ser­vir ; « être libre » leur appa­rais­sait com­me un idéal d’esclave. »

Vla­di­mir Vol­koff, Le mon­ta­ge, Jul­liard / L’Age d’Homme, 1982

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Servitude

« La déca­den­ce géné­ra­le est un moyen au ser­vi­ce de l’empire de la ser­vi­tu­de ; et c’est seule­ment en tant qu’elle est ce moyen qu’il lui est per­mis de se fai­re appe­ler pro­grès. »

Guy Debord, Pané­gy­ri­que, Gal­li­mard, 1993–1997

Tags : Guy Debord, Panégyrique, gallimard, servitude, empire de la servitude, décadence, moyen, progrès
Etre seul

« Quand on est seul, on est libre d’imaginer tout ce qu’on veut, on rêve à sa gui­se, on se sent bien, sans dou­te par­ce que la pen­sée n’est pas pol­luée par cel­le des autres, car la pol­lu­tion com­men­ce là. »

Hen­ri Vin­ce­not, La Bille­bau­de, édi­tions Denoël, 1978

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Sexualité

« Ce n’est que par les mys­tè­res dio­ny­siens, par la psy­cho­lo­gie de l’état dio­ny­sien que s’exprime la réa­li­té fon­da­men­ta­le de l’instinct hel­lé­ni­que — sa « volon­té de vie ». Qu’est- ce que l’Hellène se garan­tis­sait par ces mys­tè­res ? La vie éter­nel­le, l’éternel retour de la vie ; l’avenir pro­mis et sanc­ti­fié dans le pas­sé ; l’affirmation triom­phan­te de la vie au-des­sus de la mort et du chan­ge­ment ; la vie véri­ta­ble com­me pro­lon­ge­ment col­lec­tif par la pro­créa­tion, par les mys­tè­res de la sexua­li­té. C’est pour­quoi le sym­bo­le sexuel était pour les Grecs le sym­bo­le véné­ra­ble par excel­len­ce, le véri­ta­ble sens pro­fond dans tou­te la pié­té anti­que. Tou­tes les par­ti­cu­la­ri­tés de l’acte de la géné­ra­tion, de la gros­ses­se, de la nais­san­ce éveillent les sen­ti­ments les plus éle­vés et les plus solen­nels. Dans la scien­ce des mys­tè­res la dou­leur est sanc­ti­fiée : le « tra­vail d’enfantement » ren­dant la dou­leur sacrée, — tout ce qui est deve­nir et crois­san­ce, tout ce qui garan­tit l’avenir néces­si­te la dou­leur… Pour qu’il y ait la joie éter­nel­le de la créa­tion, pour que la volon­té de vie s’affirme éter­nel­le­ment par elle-même il faut aus­si qu’il y ait les « dou­leurs de l’enfantement »… Le mot Dio­ny­sos signi­fie tout cela : je ne connais pas de sym­bo­lis­me plus éle­vé que ce sym­bo­lis­me grec, celui des fêtes dio­ny­sien­nes. Par lui le plus pro­fond ins­tinct de la vie, celui de la vie à venir, de la vie éter­nel­le est tra­duit d’une façon reli­gieu­se, — la voie même de la vie, la pro­créa­tion, com­me la voie sacrée… »

Frie­dri­ch Nietz­sche, Cré­pus­cu­le des ido­les (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888

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Signes extérieurs de richesse

Et s’ils étaient autres, ceux qui vivent dans la joie, le plai­sir, la satis­fac­tion, dans le dénue­ment de ces biens qui nous pos­sè­dent, si bien nom­més « signes exté­rieurs de riches­se » pour ne pas dire « signes inté­rieurs de pau­vre­té »”.

Her­vé Juvin, La gran­de sépa­ra­tion, Gal­li­mard, 2013

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Simplicité

« Les théo­ri­ciens de l’écologie prô­nent la décrois­san­ce. Puis­que nous ne pou­vons pas conti­nuer à vivre une crois­san­ce infi­nie dans un mon­de aux res­sour­ces raré­fiées, nous devrions ralen­tir nos ryth­mes, sim­pli­fier nos exis­ten­ces, revoir à la bais­se nos exi­gen­ces. On peut accep­ter ces chan­ge­ments de plein gré. Demain, les cri­ses éco­no­mi­ques nous les impo­se­ront. »

Syl­vain Tes­son, Dans les forêts de Sibé­rie, Gal­li­mard, 2010

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Société

Tou­te socié­té com­men­ce par être une socié­té des amis du défunt, par­ce que tou­te socié­té a besoin de croi­re à une trans­cen­dan­ce qui la clô­tu­re et qui la fon­de.”

Régis Debray, Cri­ti­que de la rai­son poli­ti­que, Gal­li­mard, 1981

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Société envahie

Une socié­té qui ne peut plus déter­mi­ner elle-même les règles d’appartenance est une socié­té enva­hie, et une socié­té qui ne peut plus trans­met­tre les règles, les moeurs et les lois qui sont les sien­nes est mor­te.”

Her­vé Juvin, La gran­de sépa­ra­tion, Gal­li­mard, 2013

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Société heureuse

Le fon­de­ment de l’organisation socia­le et de la paix civi­le est l’unité eth­ni­que de la cité et le res­pect des lois, garan­tis par les Anciens et par la for­ce. Les hom­mes sont heu­reux dans une socié­té heu­reu­se, cel­le qui res­sem­ble tou­jours à elle-même, où l’on se marie, com­me les aïeux se sont mariés, où l’on labou­re et on mois­son­ne com­me on a tou­jours labou­ré et mois­son­né. Les indi­vi­dus pas­sent mais la cité demeu­re.”

Domi­ni­que Ven­ner, Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viai­re des insou­mis, édi­tions Pier­re-Guillau­me de Roux, 2013

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Société libérale ou marchande

Nous dirons qu’une socié­té et un peu­ple sont en for­me quand : 1) ils res­tent conscients de leurs ori­gi­nes cultu­rel­les et his­to­ri­ques ; 2) ils peu­vent se ras­sem­bler autour d’un média­teur, indi­vi­duel ou sym­bo­li­que, capa­ble de ras­sem­bler les éner­gies et de cata­ly­ser la volon­té de des­tin ; 3) ils conser­vent le cou­ra­ge de dési­gner leur enne­mi. Or, aucun de ces condi­tions n’est réa­li­sée dans la socié­té libé­ra­le mar­chan­de, qui : 1) dis­sout les mémoi­res ; 2) éteint le subli­me et effri­te les pas­sions ; 3) ne veut pas avoir d’ennemi et croit qu’il est pos­si­ble de ne pas en avoir.”

Alain de Benoist, Orien­ta­tions pour des années déci­si­ves, Le Laby­rin­the, 1982

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Société post-traditionnelle

Vin­cent Peillon, ancien minis­tre de l’Education natio­na­le, esti­mait qu’il était du rôle de l’école d’ « arra­cher les enfants à tous les déter­mi­nis­mes sociaux et cultu­rels ». Par cet­te décla­ra­tion il sou­hai­tait pro­mou­voir l’idée d’une socié­té post-tra­di­tion­nel­le, en par­tie par­ce que lui, et ceux qui l’ont pré­cé­dé, n’ont pas su régler le pro­blè­me d’une socié­té fran­çai­se qui voit coha­bi­ter une mul­ti­pli­ci­té de tra­di­tions cultu­rel­les et reli­gieu­ses (aux raci­nes par­fois fort éloi­gnées) depuis désor­mais qua­ran­te ans. Le grand effa­ce­ment de notre cultu­re tra­di­tion­nel­le doit faci­li­ter l’intégration de plu­sieurs peu­ples à qui l’on deman­de­ra plus tard le même effort. Le « vivre-ensem­ble » à la maniè­re post-moder­ne est d’abord un « vivre avec », puis un « revi­vre » sous une autre for­me fon­ciè­re­ment dif­fé­ren­te de cel­le qui fut aupa­ra­vant ; il n’y a pas de volon­té d’assimiler des peu­ples à notre cultu­re mais bien plu­tôt le pro­jet de tous nous assi­mi­ler, à mar­che for­cée, à une vision du mon­de par­tiel­le­ment incon­nue fon­dée sur une uto­pie concep­tuel­le dont on ne peut mesu­rer les consé­quen­ces. Il faut se poser une ques­tion se situant au-delà de la pas­sion que pour­rait géné­rer un tel débat : ce pro­jet est-il réa­li­sa­ble et, le cas échéant, est-il sou­hai­ta­ble ? Non.”

Gabriel Robin, “Les Tra­di­tions vivan­tes”, inter­ven­tion à la 7ème jour­née de réin­for­ma­tion de Pole­mia, Paris, 18 octo­bre 2014

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Société universelle

Ce que pro­duit la socié­té uni­ver­sel­le : un ensem­ble flou où la règle rem­pla­ce la rela­tion et où l’obéissance rem­pla­ce l’identité.”

Her­vé Juvin, La gran­de sépa­ra­tion, Gal­li­mard, 2013

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Soir de solstice

«… Il remar­qua que le soleil se cou­chait loin dans le nord. Il lui revint à l’esprit qu’on appro­chait du sol­sti­ce et, voyez com­me vont les cho­ses, il pen­sa tout à coup aux feux de la Saint Jean qu’il aurait aimé sau­ter en tenant Eve par la main. »

Hen­ri Vin­ce­not, Le pape des escar­gots, édi­tions Denoël, 1972

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Soldat

On peut deman­der beau­coup à un sol­dat, en par­ti­cu­lier de mou­rir, c’est son métier. On ne peut lui deman­der de tri­cher, de se dédi­re, de se contre­di­re, de men­tir, de se renier, de se par­ju­rer.”

Hélie Denoix de Saint Marc, Décla­ra­tion devant le haut tri­bu­nal mili­tai­re, 5 juin 1961

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Soleil

Glüh, Son­ne, Son­ne glüh !
Die Welt braucht so viel Glanz !”

(Res­plen­dis, ô Soleil, ô Soleil, res­plen­dis ! Le mon­de a bien besoin d’autant d’éclat.)

Wal­ter Flex, Le Pèle­rin entre deux mon­des, 1916

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Soleil du Nord

« Je fixe l’étrange clar­té en son­geant aux peu­ples de la lumiè­re nor­di­que dont le soleil, renais­sant cha­que été, aiman­te les yeux déla­vés, cou­leur de gla­ce mor­te. »

Syl­vain Tes­son, L’axe du loup, édi­tions Robert Laf­font, 2004

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Solitaires

Je consi­dè­re que c’est le devoir de tous ceux qui, soli­tai­res, vont leur pro­pre che­min de fai­re part à la socié­té de ce qu’ils ont décou­vert au cours de leur voya­ge d’exploration. Que ce soit une fon­tai­ne fraî­che pour ceux que tour­men­tent la soif ou l’aride désert de l’erreur sté­ri­le.”

Carl Gus­tav Jung, L’Âme et la Vie, recueil de tex­tes, Le Livre de Poche, 1995

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Solitude

Et com­me tout haut exem­ple nous convie à le sui­vre, je fis le ser­ment devant cet­te tête [du jeu­ne prin­ce], de pré­fé­rer à jamais la soli­tu­de et la mort avec les hom­mes libres au triom­phe par­mi les escla­ves.”

Ernst Jün­ger, Sur les falai­ses de mar­bre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

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Solitude

« Ces quel­ques jour dans la Mon­go­lie des prai­ries m’apprennent que la soli­tu­de m’est deve­nue un état néces­sai­re. Je la trou­ve dou­ce. Elle est la sueur de la liber­té. »

Syl­vain Tes­son, L’axe du loup, édi­tions Robert Laf­font, 2004

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Solstice

Ce feu résu­me une vivan­te tra­di­tion. Non pas une ima­ge incon­sis­tan­te, mais une réa­li­té. Une réa­li­té aus­si tan­gi­ble que la dure­té de cet­te pier­re ou ce souf­fle de vent. Le sym­bo­le du sol­sti­ce est que la vie ne peut pas mou­rir. […] Qu’importe ce que sera demain. C’est en nous dres­sant aujourd’hui, en affir­mant que nous vou­lons res­ter ce que nous som­mes, que demain pour­ra venir. Nous por­tons en nous la flam­me. La flam­me pure de ce feu de foi. Non pas un feu de sou­ve­nir. Non pas un feu de pié­té filia­le. Mais un feu de joie et de gra­vi­té qu’il convient d’allumer sur notre ter­re. Là nous vou­lons vivre et rem­plir notre devoir d’hommes sans renier aucu­ne des par­ti­cu­la­ri­tés de notre sang, notre his­toi­re, notre foi entre­mê­lés dans nos sou­ve­nirs et dans nos vei­nes…”

Jean Mabi­re, Les Sol­sti­ces, His­toi­re et actua­li­té, édi­tions Le Flam­beau, 1991

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Solstice d’Hiver

Ce jour le plus court est aus­si celui où com­men­ce la remon­tée. Le soleil entre dans sa cour­se annuel­le. Nous avons sur­vé­cu à la nuit d’hiver et espé­rons un temps nou­veau, un temps de bon­heur. Nous fai­sons des cadeaux aux enfants, à nos pro­ches : c’est ain­si que le grand Astre nous a, une fois enco­re, fait don de la lumiè­re.”

Ernst Jün­ger, Fron­ta­liè­res, 1960

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Souffle prophétique

Ils revien­dront, ces Dieux que tu pleu­res tou­jours !
Le temps va rame­ner l’ordre des anciens jours ;
La ter­re a tres­sailli d’un souf­fle pro­phé­ti­que .…”

Gérard de Ner­val, Del­fi­ca, 1841

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Souffrance — voir aussi : Cœurs nobles

C’est dans les cœurs nobles que la souf­fran­ce du peu­ple trou­ve son écho le plus puis­sant.”

Ernst Jün­ger, Sur les falai­ses de mar­bre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

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Souffrir

« Souf­frir pour com­pren­dre », écri­vait Eschy­le dans Aga­mem­non. Il est impli­ci­te­ment admis que c’est devant la défai­te, la dou­leur et la mort que l’homme se révè­le.”

Domi­ni­que Ven­ner, His­toi­re et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions Du Rocher, 2002

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Soupe

Beau­coup s’ennuient et rêvent de la sou­pe, car si tous les dieux dor­ment en toi, ne te res­te que l’appel des satis­fac­tions de ton ven­tre.”

Antoi­ne de Saint-Exu­pé­ry, Cita­del­le, Gal­li­mard, 1948

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Retour aux sources

« Après absen­ce, retrou­ver son ter­roir et sa race, c’est se retrou­ver soi-même et com­pren­dre avec émer­veille­ment de quel­le façon on est par­ti­cu­lier. Et ça vous ren­for­ce soli­de­ment dans vos sin­gu­la­ri­tés dont on voit naî­tre, très loin, les plus pro­fon­des raci­nes. »

Hen­ri Vin­ce­not, La Bille­bau­de, édi­tions Denoël, 1978

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Source oubliée

Au début de La guer­re du Pélo­pon­nè­se, Thu­cy­di­de s’en rap­por­te à l’Ilia­de pour bros­ser à traits rapi­des l’histoire ancien­ne des Grecs, recon­nais­sant ain­si à Homè­re le méri­te d’en avoir jeté les fon­de­ments. Mais ce méri­te était peu au regard du res­te. Ins­pi­ré par les dieux et par la poé­sie, ce qui est tout un, Homè­re nous a légué la sour­ce oubliée de notre tra­di­tion, l’expression grec­que de tout l’héritage indo-euro­péen, cel­te, sla­ve ou nor­di­que, avec une clar­té et une per­fec­tion for­mel­le sans équi­va­lent.”

Domi­ni­que Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

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Sources du royaume

Tout revient, tout renaît, tout revit. Les enfants sont enfan­tés et suc­cè­dent aux pères. Et quand bien même des géné­ra­tions seraient oublieu­ses et infi­dè­les, sans qu’elles le sachent, par elles la vie se trans­met et avec elle une part de l’héritage que retrou­ve­ront plus tard d’autres géné­ra­tions avi­des de reve­nir aux sour­ces du royau­me, au-delà du temps.”

Domi­ni­que Ven­ner, His­toi­re et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions Du Rocher, 2002

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Souvenir

Le sou­ve­nir est pour ceux qui ont oublié.”

Plo­tin, Ennéa­des, 254–270

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Souveraineté

Est sou­ve­rain celui qui déci­de de la situa­tion excep­tion­nel­le.”

Carl Schmitt, Théo­lo­gie poli­ti­que, 1922

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Science

Tou­te la scien­ce moder­ne n’a pas la moin­dre valeur de connais­san­ce ; elle se base sur un renon­ce­ment for­mel à la connais­san­ce au sens vrai. La for­ce motri­ce et orga­ni­sa­tri­ce de la scien­ce moder­ne ne déri­ve pas du tout de l’idéal de la connais­san­ce, mais exclu­si­ve­ment de l’exigence pra­ti­que, et peut-on dire, de la volon­té de puis­san­ce appli­quée aux cho­ses, à la natu­re […] En der­niè­re ana­ly­se, l’élan vers la connais­san­ce s’est trans­for­mé en une impul­sion à domi­ner, et c’est d’un scien­ti­fi­que, B. Rus­sel, qu’on tient l’aveu que la scien­ce, de moyen de connaî­tre le mon­de, est deve­nu un moyen de chan­ger le mon­de. ”

Julius Evo­la, Che­vau­cher le tigre (Caval­ca­re la tigre), 1961

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Sparte

Avant tout, Spar­te est une cer­tai­ne idée du mon­de et une cer­tai­ne idée de l’homme. C’est pour cela qu’elle fait peur. Spar­te croît que fina­le­ment, c’est l’épée qui déci­de. Qu’on ne peut échap­per à son ver­dict. Que le nom­bre des vais­seaux et les mar­bres des por­ti­ques, que les palais et les soie­ries et les somp­tueu­ses litiè­res, que le pres­ti­ge et l’éclat ne sont que des giran­do­les, des marot­tes de cris­tal, des lam­pions qu’une tem­pê­te peut étein­dre et bri­ser tout à coup : qu’il faut être prêt pour cet­te tem­pê­te. Qu’on n’a point de liber­té sans cela et que les cités qui oublient que la liber­té se défend à cha­que ins­tant, qu’elle se gagne à cha­que ins­tant, sont déjà sans le savoir des cités escla­ves. Le culte de l’énergie, du cou­ra­ge et de la for­ce, ne sont que des consé­quen­ces de cet­te concep­tion de la cité.”

Mau­ri­ce Bar­dè­che, Spar­te et les Sudis­tes, Les Sept Cou­leurs, 1969

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Sphère économique

Il n’y a pas de crois­san­ce éco­no­mi­que ou de pros­pé­ri­té à la séduc­tion de laquel­le on doi­ve céder quand le prix à payer serait une limi­ta­tion essen­tiel­le de la liber­té e de l’espace néces­sai­re pour que cha­cun puis­se réa­li­ser ce qui lui est acces­si­ble au-delà de la sphè­re condi­tion­née de la matiè­re et des besoins de la vie ordi­nai­re.”

Julius Evo­la, Les Hom­mes au milieu des rui­nes (Gli uomi­ni e le rovi­ne), 1953

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Sport

Dans le sport, l’homme reprend ses droits. Il recon­quiert la dis­ci­pli­ne, la seule liber­té qui soit dou­ce.”

Pier­re Drieu la Rochel­le, État civil, 1921

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Stabilité

Les cultu­res moder­nes sont des dévo­reu­ses d’espace, les cultu­res tra­di­tion­nel­les furent des dévo­reu­ses de temps. Les pre­miè­res ont une fiè­vre ver­ti­gi­neu­se de mou­ve­ment et de conquê­tes ter­ri­to­ria­les, qui génè­re un arse­nal infi­ni de moyens méca­ni­ques capa­ble de rédui­re les plus gran­des dis­tan­ces, d’abréger cha­que inter­val­le, de conte­nir dans une sen­sa­tion d’ubiquité tout ce qui se déploie dans la mul­ti­tu­de des lieux […] Au contrai­re, les cultu­res tra­di­tion­nel­les furent ver­ti­gi­neu­se par leur sta­bi­li­té, leur iden­ti­té et leur capa­ci­té à résis­ter, inébran­la­ble­ment, au cours du temps et de l’histoire : elles ont été capa­bles d’exprimer jus­que dans des for­mes sen­si­bles et tan­gi­bles un sym­bo­le d’éternité.”

Julius Evo­la, L’Arc et la Mas­sue (L’arco e la cla­va), 1968

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Statut (moral)

Avant 1945, dans tou­tes les nations euro­péen­nes, on hono­rait enco­re les sym­bo­les mili­tai­res et l’héroïsme du com­bat­tant. Même en Fran­ce, mal­gré les consé­quen­ces mul­ti­ples de la Révo­lu­tion, l’officier de réser­ve béné­fi­ciait d’un sta­tut moral pri­vi­lé­gié, au même titre que le pro­prié­tai­re ter­rien, alors que cet­te grâ­ce était refu­sée aux pro­fes­sions du com­mer­ce et de la finan­ce. Fau­te de recul et de vision his­to­ri­que, on ne mesu­re pas enco­re l’ampleur de ce qui a été détruit.”

Domi­ni­que Ven­ner, His­toi­re et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

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Style — voir aussi : Ecriture

Un des vices de la Fran­ce a été la per­fec­tion – laquel­le ne se mani­fes­te jamais aus­si clai­re­ment que dans l’écriture. Le sou­ci de bien for­mu­ler, de ne pas estro­pier le mot et sa mélo­die, d’enchaîner har­mo­nieu­se­ment les idées, voi­là une obses­sion fran­çai­se. Aucu­ne cultu­re n’a été plus pré­oc­cu­pée par le sty­le et, dans aucu­ne autre, on n’a écrit avec autant de beau­té, à la per­fec­tion. Aucun Fran­çais n’écrit irré­mé­dia­ble­ment mal. Tous écri­vent bien, tous voient la for­me avant l’idée. Le sty­le est l’expression direc­te de la cultu­re.”

Emil Cio­ran, De la Fran­ce, 1941

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Sudistes

Le Sud était le peu­ple même et com­bat­tait pour sa pro­pre exis­ten­ce com­me nation, pour son indé­pen­dan­ce, pour ses champs et ses foyers.”

Major Schei­bert, offi­cier prus­sien déta­ché auprès des armées sudis­tes, cité par Domi­ni­que Ven­ner, Le blanc soleil des vain­cus – L’épopée sudis­te et la guer­re de Séces­sion (1607–1865), La Table Ron­de, 1975

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Suprême combat

Ô enfants des Hel­lè­nes, allez ! Déli­vrez la patrie, vos enfants, vos fem­mes, les demeu­res des dieux, de vos pères et les tom­beaux de vos aïeux ! Main­te­nant c’est le suprê­me com­bat ! ”

Eschy­le, Les Per­ses, 472 av. notre ère

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Surhomme

Je vous ensei­gne le Sur­hom­me. L’homme est quel­que cho­se qui doit être sur­mon­té. Qu’avez-vous fait pour le sur­mon­ter ? Tous les êtres jusqu’à pré­sent ont créé quel­que cho­se au-des­sus d’eux, et vous vou­lez être le reflux de ce grand flot et plu­tôt retour­ner à la bête que de sur­mon­ter l’homme ? Qu’est le sin­ge pour l’homme ? Une déri­sion ou une hon­te dou­lou­reu­se. Et c’est ce que doit être l’homme pour le sur­hom­me : une déri­sion ou une hon­te dou­lou­reu­se.”

Frie­dri­ch Nietz­sche, Ain­si par­lait Zara­thous­tra (Also spra­ch Zara­thus­tra. Ein Buch für Alle und Kei­nen), 1883–1885

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Survie

Les catas­tro­phes éprou­vent à quel­le pro­fon­deur hom­mes et peu­ples demeu­rent enra­ci­nés dans leurs ori­gi­nes. Qu’une raci­ne, du moins, pui­sent direc­te­ment au sol nour­ri­cier – la san­té et les chan­ces de sur­vie en dépen­dent, alors même que la civi­li­sa­tion et ses assu­ran­ces ont dis­pa­ru.”

Ernst Jün­ger, Trai­té du rebel­le ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951

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Systèmes de valeurs

Qu’ils le sachent ou non, les hom­mes sont dépen­dants de leurs repré­sen­ta­tions, de leurs idées, même incer­tai­nes, mêmes incons­cien­tes. Aus­si n’est-il pas faux de pré­ten­dre que les idées mènent le mon­de, quel­le que soit la cau­se de leur for­ma­tion. En dépit des appa­ren­ces, les actions humai­nes ne sont pas déter­mi­nées par l’utilitaire, mais par des sys­tè­mes de valeurs en conflit. Et tou­jours se pose­ra l’obligation de gagner la bataille des idées ou d’être ter­ras­sé dans sa sub­stan­ce même.”

Domi­ni­que Ven­ner, His­toi­re et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

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