Lettre I

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I

Icare

Ain­si, serait-ce donc que j’appartiens aux cieux ?
Pour­quoi, sinon, fau­drait-il que les cieux
Me fixent obs­ti­né­ment de leur regard d’azur,
M’attirant sans répit, et mon esprit, plus haut
Tou­jours plus haut, m’absorbant dans le ciel,
Sans cette m’entraînant tout là-haut
Vers de loin­tains som­mets, loin au-des­sus des hommes ?
Pour­quoi, quand ont été stric­te­ment cal­cu­lés
L’équilibre et le vol au mieux de la rai­son,
Pour ban­nir l’élément échap­pant à la norme,
Pour­quoi, même en ce cas, l’élan vers les som­mets
Doit paraître, en soi, côtoyer la folie ?”

Yukio Mishi­ma, Icare, in Le soleil et l’acier, 1970, tra­duc­tion fran­çaise Gal­li­mard, 1973

Tags : Mishima, le soleil et l’acier, soleil, acier, icare, hommes, cieux, sommets, folie
Idéal

Les idéaux sont éter­nels. Les idées ne le sont pas. La contra­dic­tion dans laquelle nous tom­bons dès que nous appli­quons à des idées la mesure d’une éter­ni­té dont nous avons un pres­sen­ti­ment, mais aucune notion, repose sur cette confu­sion des idées et des idéaux.
[…] Les idéaux sont tou­jours en quelque façon devant nous, et ils sont assu­ré­ment ces « modèles de vie qui se pré­sentent à l’esprit des groupes humains », dont parle Plenge.
Les idées sont au contraire der­rière nous et ce sont des concepts abs­traits dans les­quels les hommes résument leurs pro­blèmes en se tour­nant vers le pas­sé, après les avoir réso­lu lorsqu’ils étaient tour­nés vers l’avenir.”

Arthur Moel­ler van den Bruck, La révo­lu­tion des peuples jeunes, recueil de textes écrits entre 1916 et 1923, édi­tés en fran­çais par Par­dès, 1993

Tags : Moeller van den Bruck, La révolution des peuples jeunes, Pardès, révolution conservatrice, idéal, idéaux, idées, idéologie, éternité, avenir, passé
Idées

On ne fait pas l’union sur des idées, tant qu’elles demeurent des rai­son­ne­ments ; il faut qu’elles soient dou­blées de leur force sen­ti­men­tale. A la racine de tout, il y a un état de sen­si­bi­li­té.”

Mau­rice Bar­rès, La Terre et les Morts, 1899

Tags : Barrès, la terre et les morts, idées, raisonnements, force sentimentale, état de sensibilité, racine de tout, politique
Identité — voir aussi : Tradition

La tra­di­tion est un choix, un mur­mure des temps anciens et du futur. Elle me dit qui je suis. Elle me dit que je suis de quelque part. Je suis du pays de l’arbre et de la forêt, du chêne et du san­glier, de la vigne et des toits pen­tus, des chan­sons de geste et des contes de fées, du sol­stice d’hiver et de la Saint-Jean d’été, des enfants blonds et des regards clairs, de l’action opi­niâtre et des rêves fous, des conquêtes et de la sagesse. Je suis du pays où l’on fait ce que l’on doit parce qu’on se doit d’abord à soi-même.”

Domi­nique Ven­ner, Le cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

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Identité d’un peuple

Tou­jours, les hommes se sont posé la ques­tion entre toutes fon­da­men­tale de ce qu’ils sont. Ils y répondent en invo­quant le lignage, la langue, la reli­gion, la cou­tume, c’est-à-dire leur iden­ti­té, leur tra­di­tion […] Il n’y a que des hommes concrets, fils d’une héré­di­té, d’une terre, d’une époque, d’une culture, d’une his­toire, d’une tra­di­tion qui forment la trame de leur des­tin.

Un groupe humain n’est un peuple que s’il par­tage les mêmes ori­gines, s’il habite un lieu, s’il ordonne un espace, s’il lui donne des direc­tions, une fron­tière entre l’intérieur et l’extérieur. Ce lieu, cet espace ne sont pas seule­ment géo­gra­phiques, ils sont spi­ri­tuels. Pour­tant le site est d’ici et non d’ailleurs. C’est pour­quoi l’identité d’un peuple s’affirme notam­ment dans sa manière de tra­vailler le sol, le bois, la pierre, de leur don­ner une forme. Sa sin­gu­la­ri­té se mani­feste dans ce qu’il bâtit, dans ce qu’il crée, dans ce qu’il fait. Chaque peuple a une façon per­son­nelle de se relier à l’espace et au temps. L’instant de l’Africain n’est pas celui de l’Européen ni de l’Asiatique.”

Domi­nique Ven­ner, His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

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Identité européenne

Avec le feu de la volon­té, l’idée cour­toise de l’amour, la quête de la sagesse et le sens tra­gique de la des­ti­née, l’un des traits natifs de l’Europe est l’harmonie entre le clan, la citée et la libre indi­vi­dua­li­té, affir­mée déjà au temps de la féo­da­li­té achéenne.”

Domi­nique Ven­ner, His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

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Île

Je ne pense pas que je puisse apprendre quelque chose aux gens de mon île. Mais ce matin, quand le soleil de l’an nou­veau se lève, je sais qu’il va éclai­rer, avant mon île, tout un conti­nent, là-bas vers l’est, qui émerge du som­meil et de la si longue nuit.

Immense et rouge, le soleil illu­mine une année nou­velle. Les rochers sont comme des aiguilles sombres. Des paillettes jaune pâle scin­tillent sur la mer. Mon île, mon pays, mon peuple, mes amis saluent le soleil.

Et len­te­ment, tu sur­gis du som­meil. J’ai veillé sur toi pen­dant toute cette nuit, ô mon Europe aux longs che­veux d’or dénoués sur mon épaule. Ouvre les yeux, vois, nous allons par­tir ensemble, pour une île immense, héris­sée de cathé­drales et de stades. Nous navi­gue­rons du Cap Nord au détroit de Gibral­tar, de la mer d’Irlande au golfe de Corinthe. Nous décou­vri­rons les Shet­lands et les Cyclades, les Baléares et les Lofo­ten, îles innom­brables de ta cou­ronne, mer­veilleux royaume de ta beau­té et de ta puis­sance, sous le grand tour­nant du soleil.

Viens, c’est une année nou­velle.”

Jean Mabire in “L’Esprit Public”, 1965

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Iliade

Le vrai héros, le vrai sujet, le centre de l’Iliade, c’est la force. La force qui est maniée par les hommes, la force qui sou­met les hommes, la force devant quoi la chair des hommes se rétracte. L’âme humaine ne cesse pas d’y appa­raître modi­fiée par ses rap­ports avec la force ; entraî­née, aveu­glée par la force dont elle croit dis­po­ser, cour­bée sous la contrainte de la force qu’elle subit.

Ceux qui avaient rêvé que la force, grâce au pro­grès, appar­te­nait désor­mais au pas­sé, ont pu voir dans ce poème un docu­ment ; ceux qui savent dis­cer­ner la force, aujourd’hui comme autre­fois, au centre de toute his­toire humaine, y trouvent le plus beau, le plus pur des miroirs.”

Simone Weil, L’Iliade ou le poème de la force, 1941

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Iliade

L’Iliade n’est pas seule­ment le poème de la guerre de Troie, c’est celui de la des­ti­née telle que la per­ce­vaient nos ancêtres boréens, qu’ils soient grecs, celtes, ger­mains, slaves ou latins. Le Poète y dit la noblesse face au fléau de la guerre. Il dit le cou­rage des héros qui tuent et meurent. Il dit le sacri­fice des défen­seurs de leur patrie, la dou­leur des femmes, l’adieu du père à son fils qui le conti­nue­ra, l’accablement des vieillards. Il dit bien d’autres choses encore, l’ambition des chefs, leur vani­té, leurs que­relles. Il dit encore la bra­voure et la lâche­té, l’amitié, l’amour et la ten­dresse. Il dit le goût de la gloire qui tire les hommes à la hau­teur des dieux. Ce poème où règne la mort dit l’amour de la vie et aus­si l’honneur pla­cé plus haut que la vie, et qui rend plus fort que les dieux.”

Domi­nique Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, Via Roma­na, 2011

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Imagination

Lorsqu’un évé­ne­ment his­to­rique ou l’attitude d’un grand per­son­nage appa­raît en rup­ture avec la trame du temps ou la mora­li­té des com­por­te­ments humains, lorsqu’une zone d’ombre et d’incompréhension les enva­hit tout d’un coup et les fait échap­per aux prises de la science et de la pure intel­li­gence, l’imagination d’un groupe d’hommes ou d’un peuple, défiant les lois du quo­ti­dien, trouve natu­rel­le­ment le moyen d’imposer ses cou­leurs et ses méta­mor­phoses, ses défor­ma­tions et ses ampli­fi­ca­tions.”

Nicole Fer­rier-Cave­ri­vière, “Figures his­to­riques et figures mythiques”, in Dic­tion­naire des mythes lit­té­raires, édi­tions du Rocher, 1994

Tags : Nicole Ferrier-Caverivière, Figures historiques et figures mythiques, in Dictionnaire des mythes littéraires, éditions du Rocher, imagination, événement historique
Immigration

Afin de zom­bi­fier les Euro­péens, jadis si rebelles, on a décou­vert avan­tages à l’immigration. Les résul­tats sont excel­lents. L’immigration mas­sive a per­mis de déstruc­tu­rer les éco­no­mies natio­nales. L’installation à demeure de com­mu­nau­tés immi­grées accé­lère la pro­lé­ta­ri­sa­tion des immi­grés eux-mêmes, mais aus­si des tra­vailleurs de souche, les « petits blancs ». Pri­vés de la pro­tec­tion d’une nation cohé­rente, trai­tés en sus­pects par la puis­sance publique, dénon­cés par les auto­ri­tés morales, les indi­gènes perdent leurs der­nières immu­ni­tés com­mu­nau­taires. Ils deviennent des « pro­lé­taires nus », des zom­bies en puis­sance.”

Domi­nique Ven­ner, His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

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Immigrés

Les Fran­çais sont mal­ve­nus à dire qu’ils ne se sentent plus chez eux à cause des immi­grés ! Ils ont tout lieu de ne plus se sen­tir chez eux, c’est très vrai. C’est parce qu’il n’y a plus per­sonne d’autre, dans cet hor­rible nou­veau monde de l’aliénation, que des immi­grés.”

Guy Debord, “Notes sur la “ques­tion des immi­grés”, in Oeuvres, Quar­to Gal­li­mard, 2006

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Immoral

La nature et l’histoire sont fon­ciè­re­ment immo­rales.”

Frie­drich Nietzsche, Aurore, 1886

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Impatience

Tous ces jeunes gens bouillaient d’impatience de lais­ser la plume et l’encrier pour ser­rer la dure crosse de bois d’un revol­ver.”

Jean Mabire, Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, édi­tions Terre et Peuple, 1998

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Impertinence

La per­ti­nence (per­ti­nere : « appar­te­nir à », « être dans le sujet ») est la règle de base de l’apprentissage du savoir. Il est indis­pen­sable d’être d’abord per­ti­nent dans toutes les matières abor­dées. Mais lorsque la crise déborde et frappe d’inanité ces modestes sapiences – modestes par leur faible enver­gure et pro­fon­deur, mais ter­ri­ble­ment immo­destes par leur volon­té d’hégémonie – le recours à l’impertinence est une sagesse rebelle qui ouvri­ra de nou­velles pers­pec­tives, lève­ra les grilles de nos pri­sons idéo­lo­giques.”

Jacques Mar­laud, Inter­pel­la­tions – Ques­tion­ne­ments méta­po­li­tiques, Dual­pha, 2004

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Importance

L’importance sans mérite obtient des égards sans estime.”

Cham­fort, Maximes et pen­sées, Edi­tions Riche­lieu, 1953

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Imprévu

Que faire quand la « for­tune » se dérobe, quand le fac­teur « por­teur » est absent ? On peut, bien enten­du, de façon très euro­péenne, se jeter quand même dans une action inutile mais héroïque. En fait, il y a des moments où il faut savoir se reti­rer en soi en atten­dant que la situa­tion change. Et elle change tou­jours [car] l’Histoire est plus riche d’enseignements que tous les concepts que nous fabri­quons pour la sai­sir.”

Domi­nique Ven­ner, L’Imprévu dans l’Histoire, Pierre-Guillaume de Roux, 2012

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Inconnu

Com­ment vivre sans incon­nu devant soi ?”

René Char, Le poème pul­vé­ri­sé, 1947

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Inde

[…] Cette pres­ti­gieuse civi­li­sa­tion, la seule des grandes civi­li­sa­tions du monde antique qui ait sur­vé­cu et dont l’apport, s’il était mieux connu, pour­rait bou­le­ver­ser pro­fon­dé­ment la pen­sée du monde moderne, et pro­vo­quer une nou­velle Renais­sance.”

Alain Danié­lou, Le Che­min du Laby­rinthe, Edi­tions du Rocher, 1984

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Individu

L’individu contem­po­rain ne veut plus apprendre, ne veut plus souf­frir, ne veut plus subir.”

René Gué­non, La Crise du monde moderne, 1927

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Individu

Avec le temps, la consom­ma­tion et la pro­duc­tion à la chaîne rétré­cissent l’individu, au sens où ses facul­tés inex­pri­mées s’atrophient et le rendent moins capable de diver­si­té, d’originalité, d’adaptation et d’autosuffisance. Sa dépen­dance aux biens fabri­qués et à des ser­vices de plus en plus diver­si­fiés gran­dit. Sa confiance en ses capa­ci­tés dimi­nue ; devant le moindre pro­blème, il fait appel aux experts. Il laisse la conduite des affaires publiques aux poli­ti­ciens, votant tan­tôt pour un par­ti, tan­tôt pour l’autre, mais sans avoir l’impression d’y chan­ger grand chose. Fina­le­ment, il ne arrive à avoir si pu confiance en lui et en ses pos­si­bi­li­tés d’influer sur le cours des choses qu’il est désa­bu­sé. Le sen­ti­ment d’impuissance qui l’envahit l’empêche d’envisager même la pos­si­bi­li­té que la situa­tion change. Et quand on se sent ain­si, il faut taire sa conscience ; car la conscience des injus­tices dans le monde, des menaces à la vie, de l’inutilité même de sa vie en même temps que le sen­ti­ment d’impuissance devant les pos­si­bi­li­tés d’y chan­ger quoi que ce soit s’avère une situa­tion into­lé­rable.”

Serge Mon­geau, La sim­pli­ci­té volon­taire, 1985

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Individualisme

Ce n’est jamais en tant que sujets indi­vi­duels qu’est recon­nue aux hommes la qua­li­té de sujets d’action, autre­ment dit la facul­té de faire l’histoire.”

Régis Debray, Cri­tique de la rai­son poli­tique, Gal­li­mard, 1981

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Inégalité

L’inégalité est vraie de fait pour la seule rai­son qu’elle est vraie de droit, elle est réelle pour la seule rai­son qu’elle est néces­saire. Ce que l’idéologie éga­li­taire vou­drait dépeindre comme un état de jus­tice, serait au contraire, d’un point de vue plus éle­vé et à l’abri des rhé­to­riques huma­ni­taires, un état d’injustice. C’est une chose qu’Aristote et Cicé­ron avaient déjà recon­nue. Impo­ser l’inégalité veut dire trans­cen­der la quan­ti­té, veut dire admettre la qua­li­té. C’est ici que se dis­tinguent net­te­ment les concepts d’individu et de per­sonne.”

Julius Evo­la, Les Hommes au milieu des ruines (Gli uomi­ni e le rovine), 1953

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Injustice

S’il n’y avait pas d’injustice, on igno­re­rait jusqu’au nom de la jus­tice.”

Héra­clite, fr.23, 576–480 av. notre ère

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Inquiétudes spirituelles

Ah ! Géné­ral, il n’y a qu’un pro­blème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signi­fi­ca­tion spi­ri­tuelle, des inquié­tudes spi­ri­tuelles, faire pleu­voir sur eux quelque chose qui res­semble à un chant gré­go­rien. On ne peut vivre de fri­gi­daires, de poli­tique, de bilans et de mots croi­sés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poé­sie, cou­leur ni amour. Rien qu’à entendre un chant vil­la­geois du XVe siècle, on mesure la pente des­cen­due. Il ne reste rien que la voix du robot de la pro­pa­gande […] Mais où vont les Etats-Unis et où allons-nous, nous aus­si, à cette époque de fonc­tion­na­riat uni­ver­sel ? L’homme robot, l’homme ter­mite, l’homme oscil­lant du tra­vail à la chaîne sys­tème Bedeau à la belote. L’homme châ­tré de tout son pou­voir créa­teur, et qui ne sait même plus, du fond de son vil­lage, créer une danse ni une chan­son. L’homme que l’on ali­mente en culture de confec­tion, en culture stan­dard comme on ali­mente les bœufs en foin. C’est cela l’homme d’aujourd’hui.

[…] ça m’est égal d’être tué en guerre. De ce que j’ai aimé, que res­te­ra-t-il ? Autant que les êtres, je parle des cou­tumes, des into­na­tions irrem­pla­çables, d’une cer­taine lumière spi­ri­tuelle. Du déjeu­ner dans la ferme pro­ven­çale sous les oli­viers, mais aus­si de Haen­del. Les choses je m’en fous, qui sub­sis­te­ront. Ce qui vaut, c’est un cer­tain arran­ge­ment des choses. La civi­li­sa­tion est un bien invi­sible puisqu’elle porte non sur les choses, mais sur les invi­sibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ain­si et non autre­ment. Nous aurons de par­faits ins­tru­ments de musique, dis­tri­bués en grande série, mais où sera le musi­cien ?”

Antoine de Saint-Exu­pé­ry, Lettre au géné­ral X, 30 juillet 1944

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Insignifiant

L’essentiel est sans cesse mena­cé par l’insignifiant.”

René Char, Recherches de la base et du som­met, 1955

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Insoumis

L’insoumis est en rap­port intime avec la légi­ti­mi­té. Il se défi­nit contre ce qu’il per­çoit comme illé­gi­time. Face à l’imposture ou au sacri­lège, il est à lui-même sa propre loi par fidé­li­té à la légi­ti­mi­té bafouée. Cela signi­fie être à soi-même sa propre norme par fidé­li­té à une norme supé­rieure. S’en tenir à soi-même devant le néant. L’insoumission relève d’abord de l’esprit avant de recou­rir aux armes.”

Domi­nique Ven­ner, Un samou­raï d’Occident – Le bré­viaire des insou­mis, Pierre-Guillaume de Roux, 2013

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Instinct — voir aussi : Pouvoir

Nous aus­si nous sen­tîmes alors la puis­sance de l’instinct pas­ser en nous comme un éclair. […] Nous ne savions pas encore de quel immense pou­voir l’homme est dépo­si­taire.”

Ernst Jün­ger, Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

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Instinct de survie — voir aussi : Espace vital

Le pre­mier ins­tinct humain est l’instinct de sur­vie, et cet ins­tinct emporte tout sur son pas­sage ; nous aurions dû apprendre pour tou­jours ce que la peur pour l’espace vital peut déclen­cher dans un peuple qui pou­vait se récla­mer de la plus haute civi­li­sa­tion du monde, nous aurons demain à apprendre ce que la réa­li­té des menaces pour l’espace vital et la digni­té des hommes peut pro­vo­quer chez ceux qui se sen­ti­ront mena­cés dans leur sur­vie par la sur­po­pu­la­tion et l’entassement humain du futur. La loi de l’intérêt indi­vi­duel, les pas­sions de toute nature ne sont que les habillages que l’abondance per­met d’élaborer autour de cette pas­sion simple : sur­vivre. Il est pos­sible que la science poli­tique de demain ait à oublier bien des véri­tés qui n’étaient que le fait de la richesse, de la sûre­té du len­de­main et de la sur­vie, pour redé­cou­vrir quelques aspects des socié­tés humaines que nous avons depuis long­temps oubliés.”

Her­vé Juvin, Le ren­ver­se­ment du monde – Poli­tique de la crise, Gal­li­mard, 2010

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Instincts

J’appelle cor­rom­pu un ani­mal, une espèce, ou un indi­vi­du qui a per­du ses ins­tincts.”

Frie­drich Nietzsche, L’Antéchrist, 1896

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Instincts

Ce sont les ins­tincts les plus éle­vés, les plus forts, quand ils se mani­festent avec empor­te­ment, qui poussent l’individu en dehors et bien au-des­sus de la moyenne et des bas-fonds de la conscience du trou­peau. […] Dans les condi­tions très paci­fiques, l’occasion et la néces­si­té d’imposer au sen­ti­ment la sévé­ri­té et la dure­té se font de plus en plus rares ; et, dès lors, la moindre sévé­ri­té, même en jus­tice, com­mence à trou­bler la conscience. Une noblesse hau­taine et sévère, le sen­ti­ment de la res­pon­sa­bi­li­té de soi, viennent presque à bles­ser et pro­voquent la méfiance. L’« agneau », mieux encore le « mou­ton », gagnent en consi­dé­ra­tion.”

Frie­drich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal (Jen­seits von Gut und Böse — Vor­spiel einer Phi­lo­so­phie der Zukunft), 1886

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Institutions

Nos ins­ti­tu­tions ne valent plus rien : là-des­sus tout le monde est d’accord. Pour­tant la faute n’en est pas à elles, mais à nous. […]. Pour qu’il y ait des ins­ti­tu­tions, il faut qu’il y ait une sorte de volon­té, d’instinct, d’impératif, anti­li­bé­ral jusqu’à la méchan­ce­té : une volon­té de tra­di­tion, d’autorité, de res­pon­sa­bi­li­té, éta­blie sur des siècles, de soli­da­ri­té enchaî­née à tra­vers des siècles, dans le pas­sé et dans l’avenir, in infi­ni­tum. Lorsque cette volon­té existe, il se fonde quelque chose comme l’impe­rium Roma­num : ou comme la Rus­sie, la seule puis­sance qui ait aujourd’hui l’espoir de quelque durée, qui puisse attendre, qui puisse encore pro­mettre quelque chose, […] Tout l’occident n’a plus ces ins­tincts d’où naissent les ins­ti­tu­tions, d’où naît l’ave­nir : rien n’est peut-être en oppo­si­tion plus abso­lue à son « esprit moderne ». On vit pour aujourd’hui, on vit très vite, — on vit sans aucune res­pon­sa­bi­li­té : c’est pré­ci­sé­ment ce que l’on appelle « liber­té ». Tout ce qui fait que les ins­ti­tu­tions sont des ins­ti­tu­tions est mépri­sé, haï, écar­té : on se croit de nou­veau en dan­ger d’esclavage dès que le mot « auto­ri­té » se fait seule­ment entendre.”

Frie­drich Nietzsche, Cré­pus­cule des idoles (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888

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Intelligence

L’intellect pur n’a jamais rien pro­duit d’intelligent, ni la rai­son pure rien de rai­son­nable.”

Frie­drich Höl­der­lin, Hypé­rion ou l’Hermite en Grèce, 1797–1799

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Intelligence

Renée de Vin­cay avait tou­jours béné­fi­cié d’une répu­ta­tion d’intelligence. Cette répu­ta­tion venait de ce qu’elle se mêlait aux conver­sa­tions des hommes et non sans inso­lence. N’importe quoi, débi­té avec assu­rance pre­nait un petit air de véri­té dans la bouche d’une très jeune femme, très décol­le­tée. Moins jeune et non moins décol­le­tée, l’esprit n’était plus le même. Heu­reu­se­ment pour Renée, l’habitude crée l’assurance, et bien qu’elle n’eût plus une coquet­te­rie directe à l’égard des mâles, elle conser­vait l’aplomb de sa ving­tième année pour pré­sen­ter ses meilleures inep­ties.”

Roger Nimier, Les enfants tristes, 1951

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Irlandais

We Irish think other­wise.”

Ber­ke­ley, évêque et phi­lo­sophe d’Hibernie (1685–1753), cité par Chris­to­pher Gérard, Par­cours païen, L’Age d’Homme, 2000 [trad. : “Nous autres Irlan­dais pen­sons autre­ment”]

Tags : Berkeley, Hibernie, Irlandais, Irlande, penser, autrement, Celtes, Christopher Gérard, parcours, païen, L’Age d’Homme
Irlande

Si l’Irlande spi­ri­tuelle dis­pa­raît, alors l’Irlande réelle mour­ra aus­si.”

Patrick Pearse cité par Jean Mabire, Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, édi­tions Terre et Peuple, 1998

Tags : Mabire, Pearse, IRA, Irlande, spirituelle, réelle, disparaître, mourir
Islam

En 1462, neuf ans après la prise de Constan­ti­nople, le sul­tan Mehe­met II, en route pour Les­bos, s’arrêta sur le site de Troie. Là, selon le chro­ni­queur grec Cri­to­blou­los d’Imbros ral­lié au Turc, épou­sant l’héritage de l’Asie face à l’Europe, il aurait dit : « C’est à moi que Dieu réser­vait de ven­ger cette cité et ses habi­tants : j’ai domp­té leurs enne­mis, rava­gé leurs cités et fait de leurs richesses une proie ! »”

Domi­nique Ven­ner, His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

Tags : Dominique Venner, histoire et tradition des Européens, islam, Mehemet II, Asie, Europe, Troie, Dieu, Critobloulos
Islam

Jusqu’où iront la mau­vaise conscience et la veu­le­rie de l’homme blanc repen­tant à l’égard de l’islam conqué­rant ?”

Oli­vier Bar­dolle, Petit trai­té des ver­tus réac­tion­naires, 2010

Tags : Olivier Bardolle, petit traité des vertus réactionnaires, islam, homme blanc, repentance, mauvaise conscience
Islam

Islams « modé­ré » et « rigo­riste » ne divergent pas dans leurs fina­li­tés mais se dis­tinguent en rai­son des situa­tions socia­le­ment dif­fé­rentes dans les­quelles ils sont pla­cés : le pre­mier est mino­ri­taire et donc conci­liant, le second est domi­nant et donc domi­na­teur. Dans ces condi­tions, il est natu­rel que le mécréant soit enclin à sus­pec­ter la dis­si­mu­la­tion du loup isla­miste sous les traits de la bre­bis musul­mane. Com­ment pour­rait-il croire que l’islam est une reli­gion capable de tolé­rance quand celui-ci n’hésite pas à reven­di­quer pour lui, en Occi­dent, les liber­tés col­lec­tives de pro­sé­ly­tisme et indi­vi­duelle de conver­sion qu’il refuse aux autres reli­gions dans les ter­ri­toires qu’il contrôle ?”

Guillaume Ber­nard, “Islam : le bon, la brute et le mécréant”, in Valeurs actuelles, 16 octobre 2014

Tags : Guillaume Bernard, Institut catholique d’études supérieures, ICES, islam, islam modéré, islam rigoriste, islamistes, musulmans, Occident, menace, mécréant, tolérance, liberté, prosélytisme, conversion

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