Lettre H

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H

Haine

« Pro­fonde est la haine qui brûle contre la beau­té dans les cœurs abjects. »

Ernst Jün­ger, Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

Tags : Jünger, Sur les falaises de marbre, Auf den Marmorklippen, haine, beauté, cœurs abjects
Harmonie

« L’harmonie invi­sible vaut mieux que celle qui est visible. »

Héra­clite, fr.54, 576–480 av. notre ère

Tags : Héraclite, harmonie, harmonie invisible, apparences, vérité, spiritualité, esthétique, forme, matière
Hector

« L’étincelant Hec­tor s’élance à l’intérieur. Son visage est sem­blable à la rapide nuit. Il brille de l’éclat ter­rible de l’airain qui lui couvre le corps ; ses mains tiennent deux lances. Per­sonne sauf un dieu, n’oserait l’affronter quand il fran­chit la porte. Un feu brûle en ses yeux. Se tour­nant vers la foule, il ordonne aux Troyens de pas­ser la muraille. Ils écoutent sa voix : les uns, tout aus­si­tôt, fran­chissent le rem­part, tan­dis que d’autres vont se répandre à tra­vers les portes bien construites. Vers leurs navires creux les Danaens s’enfuient, cepen­dant que s’élève un tumulte sans fin. »

Homère, Iliade, Chant XII, Les Troyens fran­chissent le rem­part, vers 800–725 avant notre ère

Tags : Homère, Iliade, Hector, Troie, guerre de Troie, Troyens, dieu, franchir la porte, franchir la ligne, rempart, muraille
Hérésies

« Pour la puis­sance mon­diale, tout aus­si inté­griste que l’orthodoxie reli­gieuse, toutes les formes dif­fé­rentes et sin­gu­lières sont des héré­sies. A ce titre, elles sont vouées soit à ren­trer de gré ou de force dans l’ordre mon­dial, soit à dis­pa­raître. […] L’objectif est de réduire toute zone réfrac­taire, de colo­ni­ser et de domes­ti­quer tous les espaces sau­vages, que ce soit dans l’espace géo­gra­phique ou dans l’univers men­tal. »

Jean Bau­drillard, Power Infer­no, Ed Gali­lée, 2002

Tags : Baudrillard, Power Inferno, hérésies, puissance mondiale, mondialisation, ordre mondial, uniformisation, zone réfractaire, espaces sauvages, coloniser, domestiquer, univers mental
Héritage

« L’important, c’est ce que nous repré­sen­tons de véri­té, de volon­té. C’est l’héritage que nous déte­nons comme une dette qui nous vient de ceux qui nous ont pré­cé­dés, morts pour les mêmes rai­sons. »

Gwenn-Aël Bol­lo­ré, J’ai débar­qué le 6 juin 1944. Com­man­do de la France libre, Le Cherche-Midi, 1994

Tags : Bolloré, commando, France libre, Normandie, héritage, dette, vérité, volonté, morts, France, combat, patriotisme, lignée
Héritage spirituel

« Nous pos­sé­dons un héri­tage spi­ri­tuel qui n’a rien à envier à ceux des autres grandes civi­li­sa­tions, mais nous ne le savons pas ou nous le savons mal. A l’immense crise spi­ri­tuelle du nihi­lisme occi­den­tal, il faut appor­ter nos propres réponses. Les hommes n’existent que par ce qui les dis­tingue : clan, lignée, his­toire, culture, tra­di­tion. Il n’y a pas de réponse uni­ver­selle aux ques­tions de l’existence et du com­por­te­ment. Chaque civi­li­sa­tion a sa véri­té et ses dieux, tous res­pec­tables pour autant qu’ils ne nous menacent pas. Chaque civi­li­sa­tion apporte ses réponses, sans les­quelles les indi­vi­dus, hommes ou femmes, pri­vés d’identité et de modèles, sont pré­ci­pi­tés dans un trouble sans fond. Comme les plantes, les hommes ne peuvent se pas­ser de racines. Il appar­tient à cha­cun de retrou­ver les siennes. »

Domi­nique Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Tags : Venner, choc, histoire, héritage spirituel, hommes, civilisation, racines, individus, hommes, femmes, identité, modèles, trouble, plantes, clan, lignée, existence, comportements, dieux
Héritier

« Je suis d’ici, et non d’ailleurs, fils d’une famille, héri­tier d’un nom. »

Pierre Bou­tang, La Poli­tique, 1948

Tags : Pierre Boutang, la politique, filiation, héritage, héritier d’un nom
Héroïsme

« L’héroïsme : cette sau­vage créa­tion de soi par soi et de l’homme par l’homme. Et les femmes exclues de cette ter­rible fête, sou­dain sté­riles lorsque les hommes n’ont plus besoin d’un ventre femelle pour enfan­ter des dieux. L’héroïsme : ce chant égoïste qui éclate. Me voi­ci ! Unique ! Ecar­tez-vous ! Je n’ai plus de mère ou d’amante ; je n’ai plus de pas­sé ; je vais me mettre au monde. « Tu vas mou­rir ! » Oui, mais je serais né et j’aurais connu l’enivrement fou lorsque, dans mon corps et dans mon âme, j’ai éprou­vé la nais­sance véhé­mente d’un dieu. « Il ne se connaît plus ! » C’est vrai puisqu’il s’invente. »

Jean Cau, Le Che­va­lier, la mort et le diable, La Table ronde, 1977

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Héroïsme

« La jeu­nesse est faite pour l’héroïsme. C’est vrai, il faut de l’héroïsme à un jeune homme pour résis­ter aux ten­ta­tions qui l’entourent, pour croire tout seul à une doc­trine mépri­sée, pour oser faire face sans recu­ler, pour résis­ter à sa famille et à ses amis, pour être fidèle contre tous. Ne croyez pas que vous serez dimi­nué, vous serez au contraire mer­veilleu­se­ment aug­men­té. C’est par la ver­tu que l’on est un homme. La vie vous paraî­tra alors pleine de saveur. »

Paul Clau­del, Lettre à Jacques Rivière, in Cor­res­pon­dance de Jacques Rivière et Paul Clau­del (1907–1914), Plon, 1926

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Héros

« Dans le monde ger­ma­nique le héros est un idéal moral. Le chant qui lui est consa­cré n’est pas seule­ment un agréable passe-temps pour les heures de loi­sirs, il a en outre une signi­fi­ca­tion bien plus haute. Le chant héroïque devait offrir à l’antrustionnat du prince ger­ma­nique à la cour duquel il était décla­mé, dans une grande salle, un magni­fique exemple de ver­tus viriles que chaque guer­rier devait ten­ter d’égaler. C’est pré­ci­sé­ment cela qui donne à l’épopée héroïque sa valeur d’éternité : un type d’humanité qui s’y est en effet éle­vé au rang d’un modèle uni­ver­sel de prouesse guer­rière aux dimen­sions presque sur­hu­maines. »

Jan de Vries, L’univers men­tal des Ger­mains, Porte-glaive, 1987

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Hésitation — voir aussi : Guerriers

« […] Mais la caste des guer­riers elle-même est prise d’hésitation, lorsqu’elle voit le peuple des larves mon­ter des pro­fon­deurs à l’assaut de ses bas­tions. »

Ernst Jün­ger, Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

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Histoire

« Il n’existe par une His­toire, enti­té mys­té­rieuse écrite avec un h majus­cule. Ce sont les hommes, tant qu’ils sont vrai­ment des hommes, qui font et défont l’histoire. »

Julius Evo­la, Orien­ta­tions (Orien­ta­men­ti), 1950

Tags : Evola, orientations, histoire, homes, faire l’histoire, devenir
Histoire

« Nous nous bai­gnons et nous ne nous bai­gnons pas dans le même fleuve. »

Héra­clite, fr.12, 576–480 av. notre ère

Tags : Héraclite, histoire, fleuve
Histoire

« L’Histoire n’est rien d’autre que l’autel où ont été sacri­fiés le bon­heur des peuples, la sagesse des Etats et la ver­tu des indi­vi­dus. »

Hegel, La Rai­son dans l’histoire (Die Ver­nunft in der Ges­chichte), 1822–1830

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Histoire

« J’emprunte à l’histoire tout ce qu’elle peut m’apporter pour voir clair dans le pré­sent et humer l’avenir. »

Domi­nique Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

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Historien

« L’historien qui se mêle de juger le pas­sé fait du jour­na­lisme dans un autre siècle. »

Emil Cio­ran, De l’inconvénient d’être né, 1973

Tags : Cioran, de l’inconvénient d’être né, historien, passé, juger le passé, journalisme, histoire
Historiographie

« Une véri­table his­to­rio­gra­phie de droite devrait embras­ser les mêmes hori­zons que l’historiographie mar­xiste, avec la volon­té de sai­sir l’essentiel du pro­ces­sus his­to­rique des der­niers siècles, pris en dehors des mythes, des super­sti­tions ou de la simple chro­nique des faits. Tout en inver­sant, natu­rel­le­ment, les signes et les pers­pec­tives, et en voyant dans les pro­ces­sus conver­gents de l’histoire récente non pas les phases d’un pro­grès poli­tique et social, mais celles d’une sub­ver­sion géné­rale. Selon toute logique, le pré­sup­po­sé éco­no­mi­co-maté­ria­liste serait éli­mi­né, une fois démas­quée la fic­tion de l’homo oeco­no­mi­cus et le déter­mi­nisme pré­ten­du­ment fatal des sys­tèmes de pro­duc­tion. Des forces beau­coup plus vastes, pro­fondes et com­plexes que celles que connaît le misé­rable maté­ria­lisme his­to­rique mar­xiste, sont en action dans l’histoire. »

Julius Evo­la, « Il Conci­lia­tore« , novembre 1959

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Hiver

« C’était l’hiver. Il y était allé en voi­ture. Qui ne connaît pas la cam­pagne l’hiver ne connaît pas la cam­pagne, et ne connaît pas la vie. Tra­ver­sant les vastes éten­dues dépouillées, les vil­lages tapis, l’homme des villes est brus­que­ment mis en face de l’austère réa­li­té contre laquelle les villes sont construites et fer­mées. Le dur revers des sai­sons lui est révé­lé, le moment sombre et pénible des méta­mor­phoses, la condi­tion funèbre des renais­sances. Alors, il voit que la vie se nour­rit de la mort, que la jeu­nesse sort de la médi­ta­tion la plus froide et la plus déses­pé­rée et que la beau­té est le pro­duit de la claus­tra­tion et de la patience. »

Pierre Drieu la Rochelle, Gilles, 1939

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Homère

« Homère est nou­veau ce matin et rien n’est peut-être aus­si vieux que le jour­nal d’aujourd’hui. »

Charles Péguy, Notes sur M. Berg­son et la phi­lo­so­phie berg­so­nienne, in Cahiers de la quin­zaine, 1909–1914

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Homme

« L’homme est une corde ten­due entre l’animal et le Sur­homme, une corde au-des­sus d’un abîme. »

Frie­drich Nietzsche, Ain­si par­lait Zara­thous­tra (Also sprach Zara­thus­tra. Ein Buch für Alle und Kei­nen), 1883–1885

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Homme (être un)

« Je ne serai pas quelqu’un ; je serai, sim­ple­ment. Un homme, l’Homme qui est au milieu du monde – sans qu’il y ait de dieux pour le regar­der. Car je ne suis pas une pen­sée, un rêve, une luciole fugi­tive. Je suis en chair et en os. D’abord en chair et en os. Ce qui est bien, c’est que je suis nu, c’est-à-dire sans argent, avec une che­mise de rechange, un homme qui a res­ti­tué en lui le rudi­ment de toute réa­li­té, qui tra­vaille avec ses mains et ses pieds, qui mange, qui boit, qui dort.

[…] Qu’est-ce que je fais là ? Je suis un homme. J’ai été pro­mis à un monde d’hommes et d’animaux. Mes ancêtres n’ont pas tra­vaillé à une civi­li­sa­tion pour que sou­dain nous n’y puis­sions plus rien et que le mou­ve­ment se perde machi­nal, aveugle, absurde ? Une machine, un canon qui tire sans arrêt, tout seul. Qu’est-ce que cela ? Ce n’est ni un homme, ni un ani­mal, ni un dieu. C’est un cal­cul oublié qui pour­suit seul sa tra­jec­toire à tra­vers le monde, c’est un rési­du incroyable. Quelle est cette reprise étrange de la matière sur la vie ? Quel est ce dérou­le­ment méca­nique de la matière ? Des mots absurdes deviennent vrais : méca­nisme, maté­ria­lisme. »

Pierre Drieu la Rochelle, La comé­die de Char­le­roi, 1934

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Homme (d’action)

« Il y a beau­coup de rêves dans l’homme d’action, et beau­coup d’action dans l’homme de rêve. »

Pierre Drieu la Rochelle, L’Homme à Che­val, Gal­li­mard, 1943

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Homme (d’élite)

« L’homme supé­rieur, l’homme d’élite, est carac­té­ri­sé par l’intime néces­si­té d’en appe­ler de lui-même à une règle qui lui est exté­rieure, qui lui est supé­rieure, et au ser­vice de laquelle il s’enrôle libre­ment. On se sou­vien­dra que, au début de cet essai, nous dis­tin­guions l’homme d’élite de l’homme médiocre en affir­mant que le pre­mier exige beau­coup plus de lui-même, tan­dis que le second, au contraire, tou­jours satis­fait de lui, se contente d’être ce qu’il est. La noblesse se défi­nit par l’exigence, par les obli­ga­tions, et non par les droits. Noblesse oblige. « Vivre à son gré est plé­béien ; le noble aspire à l’ordre et à la loi » (Goethe). Les pri­vi­lèges de la noblesse ne sont pas, à l’origine tout au moins, des conces­sions ou des faveurs, mais des conquêtes. Et, en prin­cipe, leur main­tien sup­pose que le pri­vi­lé­gié devait être capable de les recon­qué­rir à tout ins­tant, si cela était néces­saire, ou si quelqu’un les lui dis­pu­tait. Les droits pri­vés, ou pri­vi­lèges, ne sont donc pas une pos­ses­sion pas­sive ou une simple jouis­sance, mais au contraire ils repré­sentent les limites où se haussent les efforts des indi­vi­dus. En revanche, les droits com­muns comme ceux de « l’homme et du citoyen » sont une pro­prié­té pas­sive, pur usu­fruit et béné­fice, don géné­reux du des­tin, auquel tout homme peut par­ti­ci­per et qui ne cor­res­pond à aucun effort, à moins que ce ne soit l’effort de res­pi­rer et de demeu­rer sain d’esprit. Les droits imper­son­nels, on les a, mais les droits per­son­nels, il faut les sou­te­nir. »

José Orte­ga y Gas­set, La révolte des masses, 1937

Tags : Ortega y Gasset, révolte des masses, droits, devoirs, ordre, loi, homme d’élite, noblesse, élite, exigence, conquêtes, efforts, limites, droits personnels
Homme (moderne)

« La civi­li­sa­tion moderne ne doit pas être consi­dé­rée comme une civi­li­sa­tion «  active », mais comme une civi­li­sa­tion d’agités et de névro­pathes. Comme com­pen­sa­tion du « tra­vail » et de l’usure d’une vie qui s’abrutit dans une agi­ta­tion et une pro­duc­tion vaines, l’homme moderne, en effet, ne connaît pas l’otium clas­sique, le recueille­ment, le silence, l’état de calme et de pause qui per­mettent de reve­nir à soi-même et de se retrou­ver. Non : il ne connaît que la « dis­trac­tion » (au sens lit­té­ral, dis­trac­tion signi­fie « dis­per­sion ») ; il cherche des sen­sa­tions, de nou­velles ten­sions, de nou­veaux exci­tants, comme autant de stu­pé­fiants psy­chiques. Tout, pour­vu qu’il échappe à lui-même, tout, pour­vu qu’il ne se retrouve pas seul avec lui-même, iso­lé du vacarme du monde exté­rieur et de la pro­mis­cui­té avec son « pro­chain ». D’où radio, télé­vi­sion, ciné­ma, croi­sières orga­ni­sées, fré­né­sie de mee­tings spor­tifs ou poli­tiques dans un régime de masse, besoin d’écouter, chasse au fait nou­veau et sen­sa­tion­nel, « sup­por­ters » en tout genre et ain­si de suite. Chaque expé­dient semble avoir été dia­bo­li­que­ment dis­po­sé pour que toute vie inté­rieure soit détruite, pour que toute défense interne de la per­son­na­li­té soit inter­dite dès le départ, pour que, tel un être arti­fi­ciel­le­ment gal­va­ni­sé, l’individu se laisse por­ter par le cou­rant col­lec­tif, lequel, évi­dem­ment, selon le fameux « sens de l’histoire », avance vers un pro­grès illi­mi­té. »

Julius Evo­la. L’arc et la mas­sue, Cha­pitre V, « L’affaiblissement des mots », 1968.

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Homme (insurgé)

« Un homme de l’ancien temps et un insur­gé. »

Mar­cel Schnei­der à pro­pos de Paul Morand, Mille roses tré­mières. L’amitié de Paul Morand, 2004

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Homme (sage)

« Celui qui aime la gloire met son propre bon­heur dans les émo­tions d’un autre. Celui qui aime le plai­sir met son bon­heur dans ses propres pen­chants. Mais l’homme sage le place dans sa propre conduite. »

Marc Aurèle, Pen­sées, VI, 51, vers 170–180

Tags : Marc Aurèle, Pensées, stoïcisme, homme sage, sagesse, gloire, bonheur, émotions, autre, plaisir, penchants, propre conduite
Homme (seul)

« Certes, je suis seul et je m’avance incon­nu par­mi eux. Mais celui qui est un homme ne peut-il pas plus que cent qui sont seule­ment des tron­çons d’hommes ?«

Frie­drich Höl­der­lin, Hypé­rion ou l’Hermite en Grèce, 1797–1799

Tags : Hölderlin, Hypérion, hermite en Grèce, homme, seul, tronçons d’hommes, pouvoir, volonté
Homme (vivant)

« Il s’est légué lui-même, et un homme, un homme vivant et éter­nel, vaut toutes les théo­ries et les phi­lo­so­phies. »

Miguel de Una­mu­no, Le sen­ti­ment tra­gique de la vie (El sen­ti­mien­to tra­gi­co de la vida), NRF/Gallimard, 1987

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Hommes armés

« Si les Irlan­dais ne sont pas libres, c’est qu’ils n’ont pas méri­té de l’être… Il n’est pas rai­son­nable de comp­ter sur le Tout-Puis­sant pour annu­ler les lois tem­po­relles qui nous brident. Seuls des hommes armés bri­se­ront les chaînes que des hommes armés ont for­gées pour nous. »

Patrick Pearse cité par Jean Mabire, Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, édi­tions Terre et Peuple, 1998

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Homosexuels

« Nou­velle inter­na­tio­nale, comme tant d’autres libé­rés par la guerre, ces nou­veaux riches se ris­quèrent, puis pul­lu­lèrent, se répan­dirent par­tout avec cette indis­cré­tion, ces petites fureurs, ce pro­sé­ly­tisme frou­frou­tant qu’on leur connaît. Ayant gran­di dans les cata­combes, ils s’épanouirent vers 1920, comme une socié­té secrète s’emparant du pou­voir et heu­reuse de faire des sta­tuts éso­té­riques de l’ordre la consti­tu­tion même de la répu­blique. […] C’est alors que les modes, les salons, les cafés, l’art, furent enva­his d’une gent amère, insi­dieuse, ayant du goût à en périr et rien que cela, impul­sive, névro­sée, sub­tile, pué­rile et empoi­son­née. »

Paul Morand, Jour­nal inutile, cité par Chris­to­pher Gérard, in Quo­li­bets, L’Age d’Homme, 2013

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Honneur

« La notion qui fonde toute cou­tume vivante, c’est l’honneur. Tout le reste, fidé­li­té, humi­li­té, bra­voure, esprit che­va­le­resque, maî­trise de soi, réso­lu­tion, en découle. Et l’honneur est une ques­tion de sang, non de rai­son. On ne réflé­chit pas – sinon, on a déjà per­du l’honneur. Perdre l’honneur, c’est être effa­cé de la vie, du temps, de l’Histoire. L’honneur de l’ordre, de la famille, de l’homme et de la femme, du peuple et de la patrie, l’honneur du pay­san, du sol­dat, et même du ban­dit : l’honneur signi­fie que la vie, en une cer­taine per­sonne, vaut quelque chose, pos­sède un rang his­to­rique, sa dis­tance, sa noblesse. »

Oswald Spen­gler, Pen­sées, in Ecrits his­to­riques et phi­lo­so­phiques, édi­tions Coper­nic, 1980

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Honneur

« L’honneur est la seule chose abso­lu­ment néces­saire parce que, tout bien pesé, c’est la seule chose qui élève un homme – et la seule qui vive après lui ici-bas quand lui-même est mort et dis­pa­ru. »

Gun­nar Gun­nar­son, Frères jurés, Fayard, 2000

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Honneur d’un peuple

« L’honneur d’un peuple appar­tient aux morts et les vivants n’en ont que l’usufruit. »

Georges Ber­na­nos, « Le des­tin de la France« , article du 3 juin 1940

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Hoplite

« Au-des­sus de la guerre du Pélo­pon­nèse se lève ce type par­fait et plein, l’hoplite, l’homme pesam­ment armé qui ramasse soli­de­ment sur lui toute la sub­stance de la cité, qui trans­porte là où il se bat un frag­ment authen­tique de sa muraille, ou qui même, et plus pure­ment, est, comme le citoyen de Sparte, la seule muraille qu’elle juge digne de la défendre. »

Albert Thi­bau­det, La cam­pagne avec Thu­cy­dide, 1922

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Hors-la-loi

« Notre monde se meurt de n’avoir plus de hors-la-loi au grand cœur. »

Laurent Maré­chaux, Hors-la-loi, Arthaud, 2005

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Humanité

« Comme je le crai­gnais, mes nerfs furent d’abord rebrous­sés au contact de cette huma­ni­té qui n’est jamais si laide que dans ces orgies de vani­té à bon mar­ché où des mil­liers d’invitations lan­cées au hasard ras­semblent pêle-mêle les ministres et les concierges, les par­ve­nus et les res­quilleurs, les célé­bri­tés éphé­mères et les ratés avides de faux sem­blant, les légi­times et les illé­gi­times, les gardes muni­ci­paux, les pick­po­ckets, les ouvreuses, tant de gens laids, mal habillés, secrè­te­ment sales, ivres de la plus fade tisane d’amour-propre. »

Pierre Drieu la Rochelle, La comé­die de Char­le­roi, 1934

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Hybris

« Les Dieux n’accordent aucune récom­pense. C’est l’éthique de l’honneur qui com­mande de trans­mettre un nom sans tâche, d’être fidèle à la parole don­née et de res­pec­ter les contrats. Vio­ler ceux-ci n’est pas pécher, mais com­mettre une faute qui se paie tou­jours au prix fort. La faute suprême est celle que les Grecs nomment hybris : la déme­sure, dic­tée par l’orgueil, qui pousse l’aveugle à aller à l’encontre de l’ordre cos­mique. Les plus ter­ribles exemples d’hybris ne sont-ils pas aujourd’hui ces tota­li­ta­rismes qui, à force de vou­loir « chan­ger l’homme », n’ont fait que l’avilir ?«

Chris­to­pher Gérard, Par­cours païen, L’Age d’Homme, 2000

Tags : Christopher Gérard, parcours païen, polythéisme, hybris, démesure, dieux, éthique, honneur, nom, fidélité, contrats, pécher, faute, Grecs, orgueil, aveugle, ordre cosmique, totalitarismes, homme, avilissement

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