Lettre H

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H

Haine

« Pro­fon­de est la hai­ne qui brû­le contre la beau­té dans les cœurs abjects. »

Ernst Jün­ger, Sur les falai­ses de mar­bre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

Tags : Jünger, Sur les falaises de marbre, Auf den Marmorklippen, haine, beauté, cœurs abjects
Harmonie

« L’harmonie invi­si­ble vaut mieux que cel­le qui est visi­ble. »

Héra­cli­te, fr.54, 576–480 av. notre ère

Tags : Héraclite, harmonie, harmonie invisible, apparences, vérité, spiritualité, esthétique, forme, matière
Hector

« L’étincelant Hec­tor s’élance à l’intérieur. Son visa­ge est sem­bla­ble à la rapi­de nuit. Il brille de l’éclat ter­ri­ble de l’airain qui lui cou­vre le corps ; ses mains tien­nent deux lan­ces. Per­son­ne sauf un dieu, n’oserait l’affronter quand il fran­chit la por­te. Un feu brû­le en ses yeux. Se tour­nant vers la fou­le, il ordon­ne aux Troyens de pas­ser la muraille. Ils écou­tent sa voix : les uns, tout aus­si­tôt, fran­chis­sent le rem­part, tan­dis que d’autres vont se répan­dre à tra­vers les por­tes bien construi­tes. Vers leurs navi­res creux les Danaens s’enfuient, cepen­dant que s’élève un tumul­te sans fin. »

Homè­re, Ilia­de, Chant XII, Les Troyens fran­chis­sent le rem­part, vers 800–725 avant notre ère

Tags : Homère, Iliade, Hector, Troie, guerre de Troie, Troyens, dieu, franchir la porte, franchir la ligne, rempart, muraille
Hérésies

« Pour la puis­san­ce mon­dia­le, tout aus­si inté­gris­te que l’orthodoxie reli­gieu­se, tou­tes les for­mes dif­fé­ren­tes et sin­gu­liè­res sont des héré­sies. A ce titre, elles sont vouées soit à ren­trer de gré ou de for­ce dans l’ordre mon­dial, soit à dis­pa­raî­tre. […] L’objectif est de rédui­re tou­te zone réfrac­tai­re, de colo­ni­ser et de domes­ti­quer tous les espa­ces sau­va­ges, que ce soit dans l’espace géo­gra­phi­que ou dans l’univers men­tal. »

Jean Bau­drillard, Power Infer­no, Ed Gali­lée, 2002

Tags : Baudrillard, Power Inferno, hérésies, puissance mondiale, mondialisation, ordre mondial, uniformisation, zone réfractaire, espaces sauvages, coloniser, domestiquer, univers mental
Héritage

« L’important, c’est ce que nous repré­sen­tons de véri­té, de volon­té. C’est l’héritage que nous déte­nons com­me une det­te qui nous vient de ceux qui nous ont pré­cé­dés, morts pour les mêmes rai­sons. »

Gwenn-Aël Bol­lo­ré, J’ai débar­qué le 6 juin 1944. Com­man­do de la Fran­ce libre, Le Cher­che-Midi, 1994

Tags : Bolloré, commando, France libre, Normandie, héritage, dette, vérité, volonté, morts, France, combat, patriotisme, lignée
Héritage spirituel

« Nous pos­sé­dons un héri­ta­ge spi­ri­tuel qui n’a rien à envier à ceux des autres gran­des civi­li­sa­tions, mais nous ne le savons pas ou nous le savons mal. A l’immense cri­se spi­ri­tuel­le du nihi­lis­me occi­den­tal, il faut appor­ter nos pro­pres répon­ses. Les hom­mes n’existent que par ce qui les dis­tin­gue : clan, lignée, his­toi­re, cultu­re, tra­di­tion. Il n’y a pas de répon­se uni­ver­sel­le aux ques­tions de l’existence et du com­por­te­ment. Cha­que civi­li­sa­tion a sa véri­té et ses dieux, tous res­pec­ta­bles pour autant qu’ils ne nous mena­cent pas. Cha­que civi­li­sa­tion appor­te ses répon­ses, sans les­quel­les les indi­vi­dus, hom­mes ou fem­mes, pri­vés d’identité et de modè­les, sont pré­ci­pi­tés dans un trou­ble sans fond. Com­me les plan­tes, les hom­mes ne peu­vent se pas­ser de raci­nes. Il appar­tient à cha­cun de retrou­ver les sien­nes. »

Domi­ni­que Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Tags : Venner, choc, histoire, héritage spirituel, hommes, civilisation, racines, individus, hommes, femmes, identité, modèles, trouble, plantes, clan, lignée, existence, comportements, dieux
Héritier

« Je suis d’ici, et non d’ailleurs, fils d’une famil­le, héri­tier d’un nom. »

Pier­re Bou­tang, La Poli­ti­que, 1948

Tags : Pierre Boutang, la politique, filiation, héritage, héritier d’un nom
Héroïsme

« L’héroïsme : cet­te sau­va­ge créa­tion de soi par soi et de l’homme par l’homme. Et les fem­mes exclues de cet­te ter­ri­ble fête, sou­dain sté­ri­les lors­que les hom­mes n’ont plus besoin d’un ven­tre femel­le pour enfan­ter des dieux. L’héroïsme : ce chant égoïs­te qui écla­te. Me voi­ci ! Uni­que ! Ecar­tez-vous ! Je n’ai plus de mère ou d’amante ; je n’ai plus de pas­sé ; je vais me met­tre au mon­de. « Tu vas mou­rir ! » Oui, mais je serais né et j’aurais connu l’enivrement fou lors­que, dans mon corps et dans mon âme, j’ai éprou­vé la nais­san­ce véhé­men­te d’un dieu. « Il ne se connaît plus ! » C’est vrai puisqu’il s’invente. »

Jean Cau, Le Che­va­lier, la mort et le dia­ble, La Table ron­de, 1977

Tags : héros, dieu, modèle, destin, sacrifice, chevalier, mort, diable, la table ronde, Jean Cau
Héroïsme

« La jeu­nes­se est fai­te pour l’héroïsme. C’est vrai, il faut de l’héroïsme à un jeu­ne hom­me pour résis­ter aux ten­ta­tions qui l’entourent, pour croi­re tout seul à une doc­tri­ne mépri­sée, pour oser fai­re face sans recu­ler, pour résis­ter à sa famil­le et à ses amis, pour être fidè­le contre tous. Ne croyez pas que vous serez dimi­nué, vous serez au contrai­re mer­veilleu­se­ment aug­men­té. C’est par la ver­tu que l’on est un hom­me. La vie vous paraî­tra alors plei­ne de saveur. »

Paul Clau­del, Let­tre à Jac­ques Riviè­re, in Cor­res­pon­dan­ce de Jac­ques Riviè­re et Paul Clau­del (1907–1914), Plon, 1926

Tags : Claudel, lettre à jacques Rivière, jeunesse, héroïsme, jeune homme, résister, tentations, doctrine, norme, fidélité vertu, vie, saveur
Héros

« Dans le mon­de ger­ma­ni­que le héros est un idéal moral. Le chant qui lui est consa­cré n’est pas seule­ment un agréa­ble pas­se-temps pour les heu­res de loi­sirs, il a en outre une signi­fi­ca­tion bien plus hau­te. Le chant héroï­que devait offrir à l’antrustionnat du prin­ce ger­ma­ni­que à la cour duquel il était décla­mé, dans une gran­de sal­le, un magni­fi­que exem­ple de ver­tus viri­les que cha­que guer­rier devait ten­ter d’égaler. C’est pré­ci­sé­ment cela qui don­ne à l’épopée héroï­que sa valeur d’éternité : un type d’humanité qui s’y est en effet éle­vé au rang d’un modè­le uni­ver­sel de proues­se guer­riè­re aux dimen­sions pres­que sur­hu­mai­nes. »

Jan de Vries, L’univers men­tal des Ger­mains, Por­te-glai­ve, 1987

Tags : Jans de Vries, Héros, idéal, chant, lied, Germanie, vertus viriles, modèle, surhomme, univers mental des Germains
Hésitation — voir aussi : Guerriers

« […] Mais la cas­te des guer­riers elle-même est pri­se d’hésitation, lorsqu’elle voit le peu­ple des lar­ves mon­ter des pro­fon­deurs à l’assaut de ses bas­tions. »

Ernst Jün­ger, Sur les falai­ses de mar­bre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

Tags : Jünger, Sur les falaises de marbre, Auf den Marmorklippen, guerriers, larves, bastions, hésitation, profondeurs
Histoire

« Il n’existe par une His­toi­re, enti­té mys­té­rieu­se écri­te avec un h majus­cu­le. Ce sont les hom­mes, tant qu’ils sont vrai­ment des hom­mes, qui font et défont l’histoire. »

Julius Evo­la, Orien­ta­tions (Orien­ta­men­ti), 1950

Tags : Evola, orientations, histoire, homes, faire l’histoire, devenir
Histoire

« Nous nous bai­gnons et nous ne nous bai­gnons pas dans le même fleu­ve. »

Héra­cli­te, fr.12, 576–480 av. notre ère

Tags : Héraclite, histoire, fleuve
Histoire

« L’Histoire n’est rien d’autre que l’autel où ont été sacri­fiés le bon­heur des peu­ples, la sages­se des Etats et la ver­tu des indi­vi­dus. »

Hegel, La Rai­son dans l’histoire (Die Ver­nunft in der Ges­chich­te), 1822–1830

Tags : Hegel, la raison dans l’histoire, histoire, bonheur des peuples, sagesse, Etats, vertu, individus
Histoire

« J’emprunte à l’histoire tout ce qu’elle peut m’apporter pour voir clair dans le pré­sent et humer l’avenir. »

Domi­ni­que Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Tags : Venner, choc, histoire, présent, avenir, via romana, voir clair, humer
Historien

« L’historien qui se mêle de juger le pas­sé fait du jour­na­lis­me dans un autre siè­cle. »

Emil Cio­ran, De l’inconvénient d’être né, 1973

Tags : Cioran, de l’inconvénient d’être né, historien, passé, juger le passé, journalisme, histoire
Historiographie

« Une véri­ta­ble his­to­rio­gra­phie de droi­te devrait embras­ser les mêmes hori­zons que l’historiographie mar­xis­te, avec la volon­té de sai­sir l’essentiel du pro­ces­sus his­to­ri­que des der­niers siè­cles, pris en dehors des mythes, des super­sti­tions ou de la sim­ple chro­ni­que des faits. Tout en inver­sant, natu­rel­le­ment, les signes et les pers­pec­ti­ves, et en voyant dans les pro­ces­sus conver­gents de l’histoire récen­te non pas les pha­ses d’un pro­grès poli­ti­que et social, mais cel­les d’une sub­ver­sion géné­ra­le. Selon tou­te logi­que, le pré­sup­po­sé éco­no­mi­co-maté­ria­lis­te serait éli­mi­né, une fois démas­quée la fic­tion de l’homo oeco­no­mi­cus et le déter­mi­nis­me pré­ten­du­ment fatal des sys­tè­mes de pro­duc­tion. Des for­ces beau­coup plus vas­tes, pro­fon­des et com­plexes que cel­les que connaît le misé­ra­ble maté­ria­lis­me his­to­ri­que mar­xis­te, sont en action dans l’histoire. »

Julius Evo­la, « Il Conci­lia­to­re« , novem­bre 1959

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Hiver

« C’était l’hiver. Il y était allé en voi­tu­re. Qui ne connaît pas la cam­pa­gne l’hiver ne connaît pas la cam­pa­gne, et ne connaît pas la vie. Tra­ver­sant les vas­tes éten­dues dépouillées, les vil­la­ges tapis, l’homme des vil­les est brus­que­ment mis en face de l’austère réa­li­té contre laquel­le les vil­les sont construi­tes et fer­mées. Le dur revers des sai­sons lui est révé­lé, le moment som­bre et péni­ble des méta­mor­pho­ses, la condi­tion funè­bre des renais­san­ces. Alors, il voit que la vie se nour­rit de la mort, que la jeu­nes­se sort de la médi­ta­tion la plus froi­de et la plus déses­pé­rée et que la beau­té est le pro­duit de la claus­tra­tion et de la patien­ce. »

Pier­re Drieu la Rochel­le, Gil­les, 1939

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Homère

« Homè­re est nou­veau ce matin et rien n’est peut-être aus­si vieux que le jour­nal d’aujourd’hui. »

Char­les Péguy, Notes sur M. Berg­son et la phi­lo­so­phie berg­so­nien­ne, in Cahiers de la quin­zai­ne, 1909–1914

Tags : Péguy, Homère, Bergson, cahiers de la quinzaine
Homme

« L’homme est une cor­de ten­due entre l’animal et le Sur­hom­me, une cor­de au-des­sus d’un abî­me. »

Frie­dri­ch Nietz­sche, Ain­si par­lait Zara­thous­tra (Also spra­ch Zara­thus­tra. Ein Buch für Alle und Kei­nen), 1883–1885

Tags : Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Zarathoustra, homme, surhomme, corde, abîme
Homme (être un)

« Je ne serai pas quelqu’un ; je serai, sim­ple­ment. Un hom­me, l’Homme qui est au milieu du mon­de – sans qu’il y ait de dieux pour le regar­der. Car je ne suis pas une pen­sée, un rêve, une lucio­le fugi­ti­ve. Je suis en chair et en os. D’abord en chair et en os. Ce qui est bien, c’est que je suis nu, c’est-à-dire sans argent, avec une che­mi­se de rechan­ge, un hom­me qui a res­ti­tué en lui le rudi­ment de tou­te réa­li­té, qui tra­vaille avec ses mains et ses pieds, qui man­ge, qui boit, qui dort.

[…] Qu’est-ce que je fais là ? Je suis un hom­me. J’ai été pro­mis à un mon­de d’hommes et d’animaux. Mes ancê­tres n’ont pas tra­vaillé à une civi­li­sa­tion pour que sou­dain nous n’y puis­sions plus rien et que le mou­ve­ment se per­de machi­nal, aveu­gle, absur­de ? Une machi­ne, un canon qui tire sans arrêt, tout seul. Qu’est-ce que cela ? Ce n’est ni un hom­me, ni un ani­mal, ni un dieu. C’est un cal­cul oublié qui pour­suit seul sa tra­jec­toi­re à tra­vers le mon­de, c’est un rési­du incroya­ble. Quel­le est cet­te repri­se étran­ge de la matiè­re sur la vie ? Quel est ce dérou­le­ment méca­ni­que de la matiè­re ? Des mots absur­des devien­nent vrais : méca­nis­me, maté­ria­lis­me. »

Pier­re Drieu la Rochel­le, La comé­die de Char­le­roi, 1934

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Homme (d’action)

« Il y a beau­coup de rêves dans l’homme d’action, et beau­coup d’action dans l’homme de rêve. »

Pier­re Drieu la Rochel­le, L’Homme à Che­val, Gal­li­mard, 1943

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Homme (d’élite)

« L’homme supé­rieur, l’homme d’élite, est carac­té­ri­sé par l’intime néces­si­té d’en appe­ler de lui-même à une règle qui lui est exté­rieu­re, qui lui est supé­rieu­re, et au ser­vi­ce de laquel­le il s’enrôle libre­ment. On se sou­vien­dra que, au début de cet essai, nous dis­tin­guions l’homme d’élite de l’homme médio­cre en affir­mant que le pre­mier exi­ge beau­coup plus de lui-même, tan­dis que le second, au contrai­re, tou­jours satis­fait de lui, se conten­te d’être ce qu’il est. La nobles­se se défi­nit par l’exigence, par les obli­ga­tions, et non par les droits. Nobles­se obli­ge. « Vivre à son gré est plé­béien ; le noble aspi­re à l’ordre et à la loi » (Goe­the). Les pri­vi­lè­ges de la nobles­se ne sont pas, à l’origine tout au moins, des conces­sions ou des faveurs, mais des conquê­tes. Et, en prin­ci­pe, leur main­tien sup­po­se que le pri­vi­lé­gié devait être capa­ble de les recon­qué­rir à tout ins­tant, si cela était néces­sai­re, ou si quelqu’un les lui dis­pu­tait. Les droits pri­vés, ou pri­vi­lè­ges, ne sont donc pas une pos­ses­sion pas­si­ve ou une sim­ple jouis­san­ce, mais au contrai­re ils repré­sen­tent les limi­tes où se haus­sent les efforts des indi­vi­dus. En revan­che, les droits com­muns com­me ceux de « l’homme et du citoyen » sont une pro­prié­té pas­si­ve, pur usu­fruit et béné­fi­ce, don géné­reux du des­tin, auquel tout hom­me peut par­ti­ci­per et qui ne cor­res­pond à aucun effort, à moins que ce ne soit l’effort de res­pi­rer et de demeu­rer sain d’esprit. Les droits imper­son­nels, on les a, mais les droits per­son­nels, il faut les sou­te­nir. »

José Orte­ga y Gas­set, La révol­te des mas­ses, 1937

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Homme (moderne)

« La civi­li­sa­tion moder­ne ne doit pas être consi­dé­rée com­me une civi­li­sa­tion «  acti­ve », mais com­me une civi­li­sa­tion d’agités et de névro­pa­thes. Com­me com­pen­sa­tion du « tra­vail » et de l’usure d’une vie qui s’abrutit dans une agi­ta­tion et une pro­duc­tion vai­nes, l’homme moder­ne, en effet, ne connaît pas l’otium clas­si­que, le recueille­ment, le silen­ce, l’état de cal­me et de pau­se qui per­met­tent de reve­nir à soi-même et de se retrou­ver. Non : il ne connaît que la « dis­trac­tion » (au sens lit­té­ral, dis­trac­tion signi­fie « dis­per­sion ») ; il cher­che des sen­sa­tions, de nou­vel­les ten­sions, de nou­veaux exci­tants, com­me autant de stu­pé­fiants psy­chi­ques. Tout, pour­vu qu’il échap­pe à lui-même, tout, pour­vu qu’il ne se retrou­ve pas seul avec lui-même, iso­lé du vacar­me du mon­de exté­rieur et de la pro­mis­cui­té avec son « pro­chain ». D’où radio, télé­vi­sion, ciné­ma, croi­siè­res orga­ni­sées, fré­né­sie de mee­tings spor­tifs ou poli­ti­ques dans un régi­me de mas­se, besoin d’écouter, chas­se au fait nou­veau et sen­sa­tion­nel, « sup­por­ters » en tout gen­re et ain­si de sui­te. Cha­que expé­dient sem­ble avoir été dia­bo­li­que­ment dis­po­sé pour que tou­te vie inté­rieu­re soit détrui­te, pour que tou­te défen­se inter­ne de la per­son­na­li­té soit inter­di­te dès le départ, pour que, tel un être arti­fi­ciel­le­ment gal­va­ni­sé, l’individu se lais­se por­ter par le cou­rant col­lec­tif, lequel, évi­dem­ment, selon le fameux « sens de l’histoire », avan­ce vers un pro­grès illi­mi­té. »

Julius Evo­la. L’arc et la mas­sue, Cha­pi­tre V, « L’affaiblissement des mots », 1968.

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Homme (insurgé)

« Un hom­me de l’ancien temps et un insur­gé. »

Mar­cel Schnei­der à pro­pos de Paul Morand, Mil­le roses tré­miè­res. L’amitié de Paul Morand, 2004

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Homme (sage)

« Celui qui aime la gloi­re met son pro­pre bon­heur dans les émo­tions d’un autre. Celui qui aime le plai­sir met son bon­heur dans ses pro­pres pen­chants. Mais l’homme sage le pla­ce dans sa pro­pre condui­te. »

Marc Aurè­le, Pen­sées, VI, 51, vers 170–180

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Homme (seul)

« Cer­tes, je suis seul et je m’avance incon­nu par­mi eux. Mais celui qui est un hom­me ne peut-il pas plus que cent qui sont seule­ment des tron­çons d’hommes ?«

Frie­dri­ch Höl­der­lin, Hypé­rion ou l’Hermite en Grè­ce, 1797–1799

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Homme (vivant)

« Il s’est légué lui-même, et un hom­me, un hom­me vivant et éter­nel, vaut tou­tes les théo­ries et les phi­lo­so­phies. »

Miguel de Una­mu­no, Le sen­ti­ment tra­gi­que de la vie (El sen­ti­mien­to tra­gi­co de la vida), NRF/Gallimard, 1987

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Hommes armés

« Si les Irlan­dais ne sont pas libres, c’est qu’ils n’ont pas méri­té de l’être… Il n’est pas rai­son­na­ble de comp­ter sur le Tout-Puis­sant pour annu­ler les lois tem­po­rel­les qui nous bri­dent. Seuls des hom­mes armés bri­se­ront les chaî­nes que des hom­mes armés ont for­gées pour nous. »

Patri­ck Pear­se cité par Jean Mabi­re, Patri­ck Pear­se, une vie pour l’Irlande, édi­tions Ter­re et Peu­ple, 1998

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Homosexuels

« Nou­vel­le inter­na­tio­na­le, com­me tant d’autres libé­rés par la guer­re, ces nou­veaux riches se ris­què­rent, puis pul­lu­lè­rent, se répan­di­rent par­tout avec cet­te indis­cré­tion, ces peti­tes fureurs, ce pro­sé­ly­tis­me frou­frou­tant qu’on leur connaît. Ayant gran­di dans les cata­com­bes, ils s’épanouirent vers 1920, com­me une socié­té secrè­te s’emparant du pou­voir et heu­reu­se de fai­re des sta­tuts éso­té­ri­ques de l’ordre la consti­tu­tion même de la répu­bli­que. […] C’est alors que les modes, les salons, les cafés, l’art, furent enva­his d’une gent amè­re, insi­dieu­se, ayant du goût à en périr et rien que cela, impul­si­ve, névro­sée, sub­ti­le, pué­ri­le et empoi­son­née. »

Paul Morand, Jour­nal inuti­le, cité par Chris­to­pher Gérard, in Quo­li­bets, L’Age d’Homme, 2013

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Honneur

« La notion qui fon­de tou­te cou­tu­me vivan­te, c’est l’honneur. Tout le res­te, fidé­li­té, humi­li­té, bra­vou­re, esprit che­va­le­res­que, maî­tri­se de soi, réso­lu­tion, en décou­le. Et l’honneur est une ques­tion de sang, non de rai­son. On ne réflé­chit pas – sinon, on a déjà per­du l’honneur. Per­dre l’honneur, c’est être effa­cé de la vie, du temps, de l’Histoire. L’honneur de l’ordre, de la famil­le, de l’homme et de la fem­me, du peu­ple et de la patrie, l’honneur du pay­san, du sol­dat, et même du ban­dit : l’honneur signi­fie que la vie, en une cer­tai­ne per­son­ne, vaut quel­que cho­se, pos­sè­de un rang his­to­ri­que, sa dis­tan­ce, sa nobles­se. »

Oswald Spen­gler, Pen­sées, in Ecrits his­to­ri­ques et phi­lo­so­phi­ques, édi­tions Coper­nic, 1980

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Honneur

« L’honneur est la seule cho­se abso­lu­ment néces­sai­re par­ce que, tout bien pesé, c’est la seule cho­se qui élè­ve un hom­me – et la seule qui vive après lui ici-bas quand lui-même est mort et dis­pa­ru. »

Gun­nar Gun­nar­son, Frè­res jurés, Fayard, 2000

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Honneur d’un peuple

« L’honneur d’un peu­ple appar­tient aux morts et les vivants n’en ont que l’usufruit. »

Geor­ges Ber­na­nos, « Le des­tin de la Fran­ce« , arti­cle du 3 juin 1940

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Hoplite

« Au-des­sus de la guer­re du Pélo­pon­nè­se se lève ce type par­fait et plein, l’hoplite, l’homme pesam­ment armé qui ramas­se soli­de­ment sur lui tou­te la sub­stan­ce de la cité, qui trans­por­te là où il se bat un frag­ment authen­ti­que de sa muraille, ou qui même, et plus pure­ment, est, com­me le citoyen de Spar­te, la seule muraille qu’elle juge digne de la défen­dre. »

Albert Thi­bau­det, La cam­pa­gne avec Thu­cy­di­de, 1922

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Hors-la-loi

« Notre mon­de se meurt de n’avoir plus de hors-la-loi au grand cœur. »

Lau­rent Maré­chaux, Hors-la-loi, Arthaud, 2005

Tags : Laurent Maréchaux, hors-la-loi, grand coeur
Humanité

« Com­me je le crai­gnais, mes nerfs furent d’abord rebrous­sés au contact de cet­te huma­ni­té qui n’est jamais si lai­de que dans ces orgies de vani­té à bon mar­ché où des mil­liers d’invitations lan­cées au hasard ras­sem­blent pêle-mêle les minis­tres et les concier­ges, les par­ve­nus et les res­quilleurs, les célé­bri­tés éphé­mè­res et les ratés avi­des de faux sem­blant, les légi­ti­mes et les illé­gi­ti­mes, les gar­des muni­ci­paux, les pick­po­ckets, les ouvreu­ses, tant de gens laids, mal habillés, secrè­te­ment sales, ivres de la plus fade tisa­ne d’amour-propre. »

Pier­re Drieu la Rochel­le, La comé­die de Char­le­roi, 1934

Tags : Pierre Drieu la Rochelle, La comédie de Charleroi, humanité, laideur, ministres, gens laids, amour-propre
Hybris

« Les Dieux n’accordent aucu­ne récom­pen­se. C’est l’éthique de l’honneur qui com­man­de de trans­met­tre un nom sans tâche, d’être fidè­le à la paro­le don­née et de res­pec­ter les contrats. Vio­ler ceux-ci n’est pas pécher, mais com­met­tre une fau­te qui se paie tou­jours au prix fort. La fau­te suprê­me est cel­le que les Grecs nom­ment hybris : la déme­su­re, dic­tée par l’orgueil, qui pous­se l’aveugle à aller à l’encontre de l’ordre cos­mi­que. Les plus ter­ri­bles exem­ples d’hybris ne sont-ils pas aujourd’hui ces tota­li­ta­ris­mes qui, à for­ce de vou­loir « chan­ger l’homme », n’ont fait que l’avilir ?«

Chris­to­pher Gérard, Par­cours païen, L’Age d’Homme, 2000

Tags : Christopher Gérard, parcours païen, polythéisme, hybris, démesure, dieux, éthique, honneur, nom, fidélité, contrats, pécher, faute, Grecs, orgueil, aveugle, ordre cosmique, totalitarismes, homme, avilissement

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