Lettre F

F

Faiblesse

De tel­les fem­mes lui ser­vaient en outre d’appeaux d’une espè­ce par­ti­cu­liè­re­ment raf­fi­née, par­tout dans le mon­de où il se trou­vait mêlé à quel­que intri­gue. Qui s’approchait de ces fleurs trom­peu­ses, sur­gies des maré­ca­ges, tom­bait sous le char­me auquel se sou­met l’abjection ; et durant nos séjours chez les Mau­ré­ta­niens nous avions vu déjà suc­com­ber ain­si plus d’un être qu’attendait un grand des­tin, car à de tels arti­fi­ces c’est le plus noble qui se lais­se pren­dre.”

Ernst Jün­ger, Sur les falai­ses de mar­bre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

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Faire

L’homme est capa­ble de fai­re ce qu’il est inca­pa­ble d’imaginer.”

René Char, Feuillets d’Hypnos, 1946

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Famille

La véri­té est que seuls les hom­mes qui tien­nent la famil­le pour sacrée auront jamais une ligne de condui­te et une digni­té qui per­met­tent de résis­ter à l’Etat ; car eux seuls peu­vent en appe­ler à quel­que cho­se de plus sacré que les dieux de la cité : les dieux du foyer. C’est pour­quoi l’on a tort de s’étonner que les peu­ples les plus connus pour leur vie fami­lia­le soient aus­si connus pour leur tur­bu­len­ce poli­ti­que ; com­me les Irlan­dais et les Fran­çais.”

G.K. Ches­ter­ton, The Ever­las­ting Man (L’Homme Éter­nel), 1925

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Familles

Dans le cou­rant des IXe et Xe siè­cles, les inva­sions bar­ba­res sur le ter­ri­toi­re de l’ancienne Gau­le avaient mul­ti­plié mas­sa­cres et des­truc­tions : hor­des sau­va­ges se suc­cé­dant les unes aux autres com­me les flots écu­meux d’un Océan démon­té ; inva­sions sar­ra­si­nes qui cou­vrent le Midi de la Fran­ce, tan­dis que les Hon­grois fou­lent les mar­ches de l’Est. Par les fleu­ves arri­vent les Nor­mands, jusqu’au cen­tre du pays, « nageant par l’Océan en maniè­re de pira­tes ». « Ces étran­gers, écrit le chro­ni­queur Richer, se livraient aux plus cruels sévi­ces ; ils sac­ca­geaient vil­les et vil­la­ges et rava­geaient les champs ; ils brû­laient les égli­ses ; puis ils repar­taient en emme­nant une fou­le de cap­tifs ». Dans le cou­rant des IXe et Xe siè­cles de notre ère, tou­tes les vil­les de Fran­ce furent détrui­tes : tou­tes. Ima­gi­ne-t-on les égor­ge­ments, les dépré­da­tions que contient un pareil fait ?

[…] Alors se fit, dans l’anarchie, le tra­vail de recons­truc­tion socia­le où se for­ma la nation fran­çai­se ; elle se for­ma autour de la seule for­ce orga­ni­sée qui fût demeu­rée intac­te, sous le seul abri que rien ne peut ren­ver­ser, par­ce qu’il a ses fon­de­ments dans le cœur humain : la famil­le. Par­mi la tour­men­te, la famil­le se for­ti­fia, elle prit plus de cohé­sion. Autour du chef de famil­le, « cap d’hostel » diront les méri­dio­naux, se grou­pè­rent les reje­tons des bran­ches cadet­tes. Ain­si la famil­le gran­dit, devint un petit Etat. De géné­ra­tion en géné­ra­tion, elle accrut son action socia­le jusqu’à en fai­re une action poli­ti­que et avec le temps, de gran­de enver­gu­re ; tant et tant qu’elle en arri­va à for­mer l’Etat lui-même par la trans­for­ma­tion pro­gres­si­ve en ins­ti­tu­tions publi­ques de ses ins­ti­tu­tions pri­vées. Tel­le a été l’origine à la fois hum­ble et gran­dio­se, sim­ple et magni­fi­que, modes­te et glo­rieu­se, de ce qu’on appel­le aujourd’hui la Fran­ce. Ce tra­vail immen­se et d’une inima­gi­na­ble puis­san­ce et acti­vi­té, se fit dans le cou­rant des IXe-XIe siè­cles, les plus grands de notre his­toi­re.

Au XIIe siè­cle, la Fran­ce est fai­te par des ins­ti­tu­tions que le peu­ple s’est don­nées lui-même, pui­sant leur sève dans son pro­pre sang : cha­que détail en répond à ses fins, cha­que ins­ti­tu­tion a son but, tan­dis que la pra­ti­que, en ses mani­fes­ta­tions mul­ti­ples et diver­ses, s’adapte natu­rel­le­ment au génie natio­nal.”

Frantz Fun­ck-Bren­ta­no, La Renais­san­ce, 1935

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Faucheur

« Rien ne sti­mu­le mieux la pen­sée que le ges­te du fau­cheur. »

Hen­ri Vin­ce­not, L’œuvre de chair, édi­tions Denoël, 1984

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Fées

Trois fées façon­nent le Des­tin sur leur que­nouille et leur fuseau, de leurs doigts qui tor­dent les fils de la lai­ne : c’est qu’il y a trois pério­des dans le Temps, le pas­sé qui est déjà filé et dévi­dé dans le fuseau, le pré­sent qui pas­se dans les doigts de la fileu­se ; le futur, c’est la lai­ne enrou­lée sur la que­nouille qui doit pas­ser par les doigts de la fileu­se sur le fuseau com­me le pré­sent doit deve­nir le pas­sé […] On a vou­lu qu’elles fus­sent trois : l’une pour our­dir la vie de l’homme, la deuxiè­me pour la tis­ser, la troi­siè­me pour la rom­pre.”

Isi­do­re de Sévil­le, vers 562–636

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Féminisation

Là où le sexe est mis en relief, il est natu­rel que la fem­me, sa dis­pen­sa­tri­ce et son objet, pren­ne le pas, et c’est ce que l’on consta­te, à bien des égards, aujourd’hui : à cet­te sor­te de « démo­nie », d’intoxication sexuel­le chto­ni­que qui est le pro­pre de l’époque actuel­le et se mani­fes­te de mil­le façons dans la vie publi­que et dans les mœurs, répond une gyno­cra­tie vir­tuel­le, une ten­dan­ce, sexuel­le­ment orien­tée, à la pré­émi­nen­ce de la fem­me, pré­émi­nen­ce qui, à son tour, est en rela­tion direc­te avec l’involution maté­ria­lis­te et uti­li­tai­re du sexe mas­cu­lin ; il en résul­te que le phé­no­mè­ne est sur­tout mani­fes­te dans les pays où, com­me aux Etats-Unis, cet­te invo­lu­tion est par­ti­cu­liè­re­ment pous­sée, grâ­ce au « pro­grès ».”

Julius Evo­la, Che­vau­cher le tigre (Caval­ca­re la tigre), 1961

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Femme

La fem­me a une puis­san­ce sin­gu­liè­re qui se com­po­se de la réa­li­té de la for­ce et de l’apparence de la fai­bles­se.”

Vic­tor Hugo, Post-scrip­tum de ma vie, 1901

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Femme

Un héroïs­me sans dra­peaux ni tam­bours. Sem­bla­ble à l’enfantement, il se mani­fes­te dans le silen­ce du quo­ti­dien et des tâches sacrées par les­quel­les, cha­que jour, les fem­mes font renaî­tre la vie au sein d’un foyer. Oui, il y a une sacra­li­té des ges­tes quo­ti­diens des fem­mes, par­ce que ces ges­tes renou­vel­lent la vie par les tra­vaux de la mai­son, le soir aux enfants, la pré­pa­ra­tion des repas, l’attention à la toi­let­te, tou­tes cho­ses par les­quel­les un foyer exis­te ou non, et par les­quel­les la trans­mis­sion de la tra­di­tion s’effectue par exem­pla­ri­té.”

Domi­ni­que Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, Via Roma­na, 2011

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Fermeté

Plus vous agi­rez avec fer­me­té, plus vous affai­bli­rez leur réso­lu­tion ; s’ils vous voient un peu fai­blir, ils se mon­tre­ront tous intrai­ta­bles.”

Sal­lus­te, La Conju­ra­tion de Cati­li­na (De conju­ra­tio­ne Cati­li­nae), 43 av. notre ère

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Fête

La fête [est] com­me le jeu du mythe. « Sacra­li­sa­tion des pre­miers temps » (Caillois), elle est à ce titre res­ti­tu­tion de « la situa­tion limi­te où l’ordre est né du désor­dre, où le chaos et le cos­mos se trou­vent enco­re conti­gus » (Gus­dorf). Elle auto­ri­se par là, l’espace d’un moment, tou­tes les for­mes de trans­gres­sion, quand le corps expri­me l’esprit, quand l’excès même res­ti­tue la nor­me, quand le déchaî­ne­ment ritua­li­sé des for­ces élé­men­tai­res per­met de mieux assu­rer enco­re l’équilibre bien­fai­sant de la mise en ordre ini­tia­le. Tout échan­ge est alors pos­si­ble, sous le mas­que, par­ce que la fête est l’un des lieux du don. « D’un point de vue dyna­mi­que, obser­ve Geor­ges Gus­dorf, le sché­ma de la fête cor­res­pond à une cir­cu­la­tion indé­fi­ni­ment accrue, cir­cu­la­tion de biens maté­riels, mais aus­si de sen­ti­ments, cir­cu­la­tion ani­mée par une grâ­ce d’ouverture de cha­cun à cha­cun, de géné­ro­si­té et d’échange ».”

Alain de Benoist, L’empire inté­rieur, Fata Mor­ga­na, 1995

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Feu

Il y a un feu. Ros­can­vel a cru voir un feu. Il écar­quille les yeux, pleu­rant de joie et de misè­re, de souf­fran­ce, de froid et de sel… Il y a un feu ! Fra­gi­le ain­si qu’une chi­mè­re, il pal­pi­te, cli­gno­te fai­ble­ment, s’étiole dans un grain vio­lent, sem­ble se ravi­ver pour s’éteindre enco­re. Il y a un feu et l’espérance gran­dit com­me une flam­me. La vie ! La vie ! L’incroyable for­ce de la vie !”

Pier­re Schoen­doerf­fer, L’aile du papillon, Gras­set, 2003

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Fiannas

La for­ce dans nos bras, la véri­té sur nos lèvres et la pure­té dans nos cœurs.”

Paro­le des Fian­nas, guer­riers semi-légen­dai­res de la Cel­tie héroï­que, in Jean Mabi­re, Patri­ck Pear­se, une vie pour l’Irlande, édi­tions Ter­re et Peu­ple, 1998

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Fidélité

Je te dési­re per­ma­nen­te, fidè­le. Il n’est point de fidé­li­té dans un camp et non dans l’autre. Qui est fidè­le est tou­jours fidè­le. Tu n’as rien à atten­dre de la tra­hi­son car les nœuds te sont longs à nouer qui te régi­ront, t’animeront, te feront ton sens et ta lumiè­re. Seule la fidé­li­té crée les forts.”

Antoi­ne de Saint-Exu­pé­ry, Cita­del­le, 1948

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Filiation

J’ai sous les yeux le visa­ge du héros dont les gènes sont en moi.”

Vla­di­mir Vol­koff recon­nais­sant son grand-père offi­cier blanc sur une pho­to­gra­phie de 1915, cité par Chris­to­pher Gérard in Quo­li­bets – Jour­nal de lec­tu­re, L’Age d’Homme, 2013

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Flambeaux

Nous devons com­pen­ser la condi­tion d’une natu­re mor­tel­le par la suc­ces­sion inin­ter­rom­pue des géné­ra­tions, com­me ces flam­beaux qu’on se pas­se de main en main, afin que le seul avan­ta­ge par où notre sort est infé­rieur aux dieux, l’immortalité, nous l’assurions en nous rem­pla­çant les uns après les autres.”

L’empereur Augus­te cité par Domi­ni­que Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

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Foi

« La foi est un empi­re où le mys­tè­re, la poé­sie, la magie, l’inexplicable et l’irrationnel résis­tent contre les for­ces des­sé­chan­tes du maté­ria­lis­me. »
Syl­vain Tes­son, Géo­gra­phie de l’instant, Edi­tion des Equa­teurs, 2012

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Force

A l’école de guer­re de la vie : ce qui ne me tue pas me rend plus fort.”

Frie­dri­ch Nietz­sche, Cré­pus­cu­le des ido­les (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888

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Force et politique

Il faut […] dis­si­per le mal­en­ten­du auquel don­nent lieu cer­tai­nes inter­pré­ta­tions phi­lo­so­phi­ques de la for­ce qui la défi­nis­sent com­me poten­tia­li­té ou vir­tua­li­té. Il nous sem­ble au contrai­re qu’elle est actua­li­té, qu’elle ne vaut que par ses effets. Dire qu’une for­ce est dis­po­ni­ble, c’est affir­mer qu’elle exis­te, qu’elle est pré­sen­te et prê­te, mais inem­ployée, iner­te, tel le nom­bre de sol­dats dans les caser­nes ou de tanks et d’avions dans les han­gars. Les for­ces dis­po­ni­bles d’un pays se lais­sent énu­mé­rer, comp­ta­bi­li­ser, cal­cu­ler et per­met­tent de fai­re des pré­vi­sions. La for­ce n’a rien de mys­té­rieux, au contrai­re de la puis­san­ce qui est impré­vi­si­ble, occul­te par­fois, par­ce qu’elle est illi­mi­tée. Le mal­en­ten­du a son ori­gi­ne dans le fait que l’application de la for­ce exi­ge une volon­té, prin­ci­pa­le­ment en ce qui concer­ne la for­ce humai­ne. La volon­té n’est pas une machi­ne, mais une puis­san­ce, c’est-à-dire qu’avec de moin­dres for­ces, mais intel­li­gem­ment appli­quées, elle est capa­ble d’anéantir une autre for­ce, maté­riel­le­ment et quan­ti­ta­ti­ve­ment supé­rieu­re. Le fait est cou­rant, non seule­ment en poli­ti­que, mais par­tout où des for­ces sont en com­pé­ti­tion : sport, bio­lo­gie, etc. Ce fut l’une des consta­ta­tions sin­gu­liè­res de la vie dans les camps de concen­tra­tion que les per­son­nes qui pas­saient pour les plus for­tes et les plus robus­tes étaient en géné­ral les pre­miè­res à suc­com­ber, fau­te de résis­tan­ce. La ques­tion n’est donc pas de fai­re de la puis­san­ce et de la for­ce des notions anti­thé­ti­ques. Au contrai­re, il n’y a pas de puis­san­ce sans for­ces, mais la puis­san­ce ajou­te aux moyens maté­riels et mesu­ra­bles, l’intelligence, l’autorité, le pres­ti­ge, le sens de la déci­sion, la fer­me­té, etc. C’est en ce sens que […] la poli­ti­que [est] un phé­no­mè­ne de puis­san­ce et non uni­que­ment de for­ce, cel­le-ci n’étant qu’un moyen, fût-il spé­ci­fi­que au poli­ti­que. Com­me n’importe quel autre moyen, la for­ce n’est effi­ca­ce que si elle est appli­quée, c’est-à-dire mise en œuvre par une volon­té ou un orga­ne.

[…] C’est la notion de résis­tan­ce qui nous four­nit, par ana­lo­gie avec les scien­ces phy­si­ques, la clé de l’analyse de la for­ce. […] Quel que soit le sys­tè­me, on ne peut pas par­ler de la for­ce au sin­gu­lier, car tou­te for­ce sup­po­se d’autres for­ces qui lui résis­tent, la com­bat­tent ou l’annulent. La for­ce est l’obstacle d’une autre for­ce, c’est-à-dire il faut enco­re une for­ce pour com­bat­tre la for­ce. […] La for­ce nous appa­raît ain­si en poli­ti­que com­me le moyen de la contrain­te, soit que le pou­voir éta­ti­que réus­sis­se à fai­re vivre dans la concor­de les for­ces par­fois hété­ro­gè­nes qui s’agitent au sein de la col­lec­ti­vi­té et à fai­re res­pec­ter son inté­gri­té contre les for­ces exté­rieu­res, soit qu’au contrai­re l’une des for­ces inté­rieu­res, jus­que-là conte­nue, par­vien­ne à bri­ser la résis­tan­ce du pou­voir éta­bli, à s’en empa­rer et à maî­tri­ser à son tour les autres for­ces inter­nes ou qu’une for­ce exté­rieu­re triom­phe de la col­lec­ti­vi­té en lui impo­sant ses condi­tions.”

Julien Freund, Qu’est-ce que la poli­ti­que ?, Seuil, 1967

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Force de l’esprit

Les seuls édi­fi­ces qui tien­nent sont inté­rieurs. Les cita­del­les de l’esprit res­tent debout plus long­temps que les murailles de pier­re.”

Hélie Denoix de Saint Marc, Les sen­ti­nel­les du soir, Edi­tions Les Arè­nes, 1999

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Force volcanique

Dans la plu­part des socié­tés poli­cées moder­nes, les minis­tres, les ban­quiers, les direc­teurs de jour­naux, les hauts fonc­tion­nai­res, les puis­sants échap­pent, sauf excep­tion, aux consé­quen­ces des fau­tes ou des indé­li­ca­tes­ses qui enver­raient aux assi­ses ou en cor­rec­tion­nel­le des citoyens de moin­dre rang. Cet­te impu­ni­té appa­rem­ment accep­tée par le grand nom­bre n’en lais­se pas moins sub­sis­ter de sourds dési­rs de châ­ti­ments. L’éveil impré­vi­si­ble de tels sen­ti­ments peut fai­re flam­ber des ran­cœurs d’une for­ce vol­ca­ni­que. Des régi­mes appa­rem­ment bien assis peu­vent subi­te­ment s’effondrer dans l’indifférence géné­ra­le, fau­te de défen­seurs, ou dans l’allégresse, en rai­son du grand nom­bre de mécon­tents.”

Domi­ni­que Ven­ner, Le cœur rebel­le, Les Bel­les Let­tres, 1994, réédi­tion Pier­re-Guillau­me de Roux, 2014

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Fort

Le fort fait ce qu’il peut fai­re et le fai­ble subit ce qu’il doit subir.”

Thu­cy­di­de, His­toi­re de la guer­re du Pélo­pon­nè­se, 431–411 avant notre ère

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Fort

Il n’y a qu’un secret pour mener le mon­de, c’est d’être fort, par­ce qu’il n’y a dans la for­ce ni erreur, ni illu­sion ; c’est le vrai mis à nu.”

Napo­léon Bona­par­te, Viri­li­tés, maxi­mes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

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Forêt

Com­me le chien loup de Jack Lon­don, je ne peux résis­ter long­temps à l’appel de la forêt. Le besoin que j’ai d’elle s’enracine dans ma part ani­ma­le autant que dans ma spi­ri­tua­li­té. L’une n’allant pas sans l’autre. Je ne me « pro­mè­ne » pas en forêt. Mar­chant par les taillis et les futaies, je vais à la ren­con­tre de mes ori­gi­nes et de mon éter­ni­té. Bien que domes­ti­qué par l’homme, la forêt conser­ve son mys­tè­re. Il suf­fit pour cela d’attendre la chu­te du jour et les angois­ses du cycle noc­tur­ne, domai­ne d’Artémis, la tou­jours jeu­ne, dont les che­veux d’or s’ornent du crois­sant de lune.”

Domi­ni­que Ven­ner, Dic­tion­nai­re amou­reux de la chas­se, Plon, 2006

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Forêt

« La Forêt, tel­le que l’avait annon­cée et admi­rée Ernst Jün­ger, l’un des grands phi­lo­so­phes de ce siè­cle, la forêt refu­ge et régé­né­ra­tion, sour­ce de l’éternelle jeu­nes­se, est là aus­si. Elle enfer­me sym­bo­li­que­ment tous les élé­ments de notre sur­vie. Je sais que lors­que les fous et les sages, qui pré­ten­dent se par­ta­ger la domi­na­tion du mon­de, auront, l’un après l’autre, appuyé sur tous les bou­tons qui peu­vent anéan­tir notre pla­nè­te, l’on ver­ra sor­tir des bun­kers secrets ou des hal­liers indes­truc­ti­bles quel­ques fiers “Ayacks” qui se por­te­ront en avant, les bras croi­sés, jusqu’aux Falai­ses de mar­bre, pour regar­der sans cil­ler nai­tre un mon­de nou­veau qui sera pour très long­temps ou pour tou­jours le mon­de des vivants. »

Jean-Louis Fon­ci­ne, Le Royau­me des Vivants, tex­te écrit à l’occasion du 50ème anni­ver­sai­re de la Col­lec­tion « Signe de Pis­te », 1987

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Fortune

Pro­fi­tez des faveurs de la for­tu­ne lors­que ses capri­ces sont pour vous ; crai­gnez qu’elle ne chan­ge, de dépit : elle est fem­me.”

Napo­léon Bona­par­te, Viri­li­tés, maxi­mes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

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Foule

Les hom­mes en fou­le ne sau­raient se pas­ser de maî­tre.”

Gus­ta­ve Le Bon, Psy­cho­lo­gie des fou­les, 1895

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Français

Les Fran­çais sont peut-être la seule nation qui, dans tous les rangs de la socié­té, puis­se être mue aus­si puis­sam­ment par le res­sort de l’honneur.”

Napo­léon Bona­par­te, Viri­li­tés, maxi­mes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

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Français

C’est embê­tant, dit Dieu, quand il n’y aura plus ces Fran­çais. Il y a des cho­ses que je fais, il n’y aura plus per­son­ne pour les com­pren­dre”

Char­les Péguy, Le Mys­tè­re des Saints-Inno­cents, 1912

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Français

Com­bien y a-t-il d’étrangers en Fran­ce ? (Et pas seule­ment par le sta­tut juri­di­que, la cou­leur, le faciès.) Il est évi­dent qu’il y en a tel­le­ment qu’il fau­drait plu­tôt se deman­der : com­bien res­te-il de Fran­çais et où sont-ils ?”

Guy Debord, Notes sur la ques­tion des immi­grés”, in Oeu­vres, Quar­to Gal­li­mard, 2006

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Français de souche

C’est vrai que la Fran­ce, c’est le pro­duit d’un super­be bras­sa­ge, sur fond de sau­ce gal­lo-romai­ne, de Francs, de Bur­gon­des, de Vikings, de Wisi­goths, de Ger­mains, puis d’Alsaciens, de Bas­ques, de Cata­lans, de Juifs d’Alsace et de Lor­rai­ne et du Com­tat-Venais­sin, de Cor­ses, de Fla­mands, de Bre­tons, de Pro­ven­çaux, d’Ecossais, de Savoyards, d’Occitans, enfin d’Italiens, d’Espagnols, de Polo­nais, de Por­tu­gais, mais c’était l’Europe qui s’était invi­tée chez elle. Rien que l’Europe. Les voi­là, les Fran­çais de sou­che !”

Jean Ras­pail, Le Camp des Saints, Robert Laf­font, 1973

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France

Que serait donc un hom­me à ses pro­pres yeux, s’il ne repré­sen­tait que soi-même ? Quand cha­cun de nous tour­ne la tête sur son épau­le, il voit une sui­te indé­fi­nie de mys­tè­res, dont les âges les plus récents s’appellent la Fran­ce. Nous som­mes le pro­duit d’une col­lec­ti­vi­té qui par­le en nous. Que l’influence des ancê­tres soit per­ma­nen­te, et les fils seront éner­gi­ques et droits, la nation une.”

Mau­ri­ce Bar­rès, confé­ren­ce inau­gu­ra­le de la Ligue de la patrie fran­çai­se, 31 décem­bre 1898, cité par Eric Bran­ca, 3 000 ans d’idées poli­ti­ques, Chro­ni­que édi­tions, 2014

Tags : Maurice Barrès, Ligue de la patrie française, Eric Branca, France, nation, ancêtres, mystères, âges, histoire, collectivité, communauté, lignée, identité, fils énergiques
Frère

Et ceux que l’on mène au poteau,
Dans le petit matin gla­cé,
Au front la pâleur des cachots,
Au cœur le der­nier chant d’Orphée.
Tu leur tends la main sans un mot,
O mon frè­re au col dégra­fé… ”

Robert Bra­silla­ch, Poè­mes de Fres­nes, 1945

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Frère d’armes

Qui pour­ra vous chan­ter si ce n’est votre frè­re d’armes, votre frè­re de sang.”

Léo­pold Sédar Sen­ghor, Poè­me limi­nai­re, 1940

Tags : Senghor, poème, frère d’armes, frère de sang, chanter
Fureur

Ce qui vient au mon­de pour ne rien trou­bler ne méri­te ni égards ni patien­ce.”

René Char, Fureur et mys­tè­re, 1948

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