Lettre C

C

Calcul

Le cal­cul, expres­sion pri­vi­lé­giée et à tort enva­his­sante de la ratio­na­li­té éco­no­mique, consiste à tra­duire par des quan­ti­tés algé­briques ou par des nombres les coûts et les ren­de­ments. Par sa nature même, il s’attache aux choses, aux objets maté­riels que l’on compte, que l’on est cen­sé mesu­rer et à par­tir des­quels une dis­po­si­tion lar­ge­ment conven­tion­nelle de chiffres per­met l’énonciation d’un maxi­mum net. Que ce maxi­mum soit, sur une pente irré­sis­tible, confon­du avec un opti­mum est révé­la­teur.”

Fran­çois Per­roux, Pour une phi­lo­so­phie du nou­veau déve­lop­pe­ment, Edi­tions Aubier, 1981

Tags : François Perroux, philosophie du nouveau développement, économie, rationalité économique, capitalisme, calcul, mesure, chiffre, quantités algébriques, choses, objets matériels, coûts, rendements, maximum, optimum
Capitalisme

La mon­dia­li­sa­tion d’aujourd’hui signe le retour au cours nor­mal, c’est-à-dire impé­rial, du capi­ta­lisme.”

Alain Badiou, Que faire ? Dia­logue sur le com­mu­nisme, le capi­ta­lisme et l’avenir de la démo­cra­tie, avec Mar­cel Gau­chet, Phi­lo­so­phie édi­tions, 2014

Tags : capitalisme, impérialisme, mondialisation, badiou, gauchet, que faire
Capitalisme

« Cela m’écoeure de me débar­ras­ser des objets. Dans sa bou­li­mie de pro­duc­tion, la moder­ni­té crée des pro­duits sans ave­nir. Le capi­ta­lisme, c’est la réduc­tion de l’intervalle entre le moment où l’on achète un objet et où le rem­place. »
Syl­vain Tes­son, Eloge de l’énergie vaga­bonde, édi­tions des Equa­teurs, 2007

Tags : Sylvain Tesson, éloge, énergie vagabonde, capitalisme, objets, surconsommation
Caractères biologiques

L’erreur la plus fatale pour un peuple est d’abandonner ses carac­tères bio­lo­giques.”

Frie­drich Hegel, Leçons sur la phi­lo­so­phie de l’histoire (Vor­le­sun­gen über die Phi­lo­so­phie der Welt­ges­chichte), 1822

Tags : Hegel, leçons sur la philosophie de l’histoire, caractères biologiques, peuple, erreur fatale, ethnie
Caravansérail

Même si un rec­tangle d’étoffe bleu-blanc-rouge y flotte le 14 juillet sur des grouille­ments colo­rés, un cara­van­sé­rail n’est pas une patrie.”

Gilles Four­nier, in Europe-Action, jan­vier 1966

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Castes conservatrices

Je com­prends volon­tiers les hommes extra­or­di­naires d’une époque comme des pousses tar­dives, sou­dai­ne­ment écloses, de civi­li­sa­tions pas­sées et de leurs forces : en quelque sorte comme l’atavisme d’un peuple et de ses mœurs : de la sorte, il reste vrai­ment quelque chose à com­prendre en eux ! Aujourd’hui ils paraissent étran­gers, excep­tion­nels, extra­or­di­naires : et celui qui sent en lui ces forces doit les soi­gner, […] les faire pous­ser face à un monde qui leur est hos­tile : et cela le conduit à deve­nir soit un grand homme, soit un fou extra­va­gant, si tant est qu’il ne périsse pas tout sim­ple­ment tôt. Ces mêmes qua­li­tés étaient autre­fois cou­rantes et étaient consi­dé­rées comme cou­rantes : elles ne consti­tuaient pas une marque dis­tinc­tive. Peut-être étaient-elles exi­gées, pré­sup­po­sées ; il était impos­sible de deve­nir grand grâce à elles, et ce du simple fait qu’elles ne fai­saient pas cou­rir le risque de deve­nir fou ou soli­taire. C’est prin­ci­pa­le­ment dans les lignées et dans les castes conser­va­trices d’un peuple que se pro­duisent ces réso­nances de pul­sions anciennes, alors qu’un tel ata­visme est très peu pro­bable là où les races, les habi­tudes, les appré­cia­tions de valeur changent trop rapi­de­ment.”

Frie­drich Nietzsche, Le Gai savoir (Die fröh­liche Wis­sen­schaft — La Gaya Scien­za), 1882

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Cause

Quand on repré­sente une cause (presque) per­due, il faut son­ner de la trom­pette, sau­ter sur son che­val et ten­ter la der­nière sor­tie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la for­te­resse oubliée que per­sonne n’assiège plus parce que la vie s’en est allée.”

Jean Ras­pail, exergue au site Jean-Raspail.net, 2014

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Causes

On ne se bat bien que pour les causes qu’on se modèle soi-même, et avec les­quelles on se brûle en s’identifiant.”

René Char, Feuillets d’Hypnos, 1946

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Cavaliers

Sept cava­liers quit­tèrent la Ville au cré­pus­cule, face au soleil cou­chant, par la porte de l’Ouest qui n’était plus gar­dée. Tête haute, sans se cacher, au contraire de tous ceux qui avaient aban­don­né la Ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne tra­his­saient rien, espé­raient moins encore et se gar­daient d’imaginer. Ain­si étaient-ils armés, le cœur et l’âme désen­com­brés scin­tillant froi­de­ment comme du cris­tal, pour le voyage qui les atten­dait.”

Jean Ras­pail, Sept cava­liers quit­tèrent la Ville au cré­pus­cule par la porte de l’Ouest qui n’était plus gar­dée, Robert Laf­font, 1993

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Célébrer (l’esprit rebelle)

« Vic­tor a eu recours aux forêts. Il sait que la vie sau­vage et libre est la manière la plus pro­fonde de célé­brer l’esprit rebelle. »
Syl­vain Tes­son, L’axe du loup, édi­tions Robert Laf­font, 2004

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Célébrité

Pour les hommes d’aujourd’hui la gloire n’est plus depuis long­temps que la célé­bri­té, et par suite quelque chose de très dou­teux, un acquit jeté et dis­tri­bué ici et là par les jour­naux et la radio — presque le contraire de l’être.”

Mar­tin Hei­deg­ger, Intro­duc­tion à la méta­phy­sique (Einfüh­rung in die Meta­phy­sik), 1935, 1958 (trad.)

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Cerisier

Si l’emblème des samou­raïs est la fleur de ceri­sier qui tombe avant d’être fanée, ce n’est pas un hasard.”

Domi­nique Ven­ner, Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

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Champ de bataille

Nous per­drons si nous nous obs­ti­nons à ne pas com­prendre où est le champ de bataille : dans le monde entier et dans le cœur de chaque homme. ”

Jean Mabire, La torche et le glaive, édi­tions Libres opi­nions, 1994

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Chance

Impose ta chance, serre ton bon­heur et va vers ton risque. A te regar­der, ils s’habitueront.”

René Char, Les Mati­neaux, 1950

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Chants

… Et leurs chants racontent l’histoire, les rudes sen­tiers de leur gloire, les mille com­bats de nos princes et nos rois et la gran­deur du pays d’autrefois.”

Glen­mor, La coupe et la mémoire, 1979

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Chaos

Le dixième siècle est pro­ba­ble­ment le plus atroce de notre l’histoire. Avec la déca­dence de l’autorité caro­lin­gienne, les cala­mi­tés recom­men­çaient : au Sud, les Sar­ra­sins avaient repa­ru, et un autre fléau était venu : les Nor­mands s’enhardissaient et dévas­taient le pays.

L’impuissance des Caro­lin­giens à repous­ser ces enva­his­seurs hâta la dis­so­lu­tion géné­rale. Désor­mais, le peuple ces­sa de comp­ter sur le roi. Le pou­voir royal devint fic­tif. L’État est en faillite. Per­sonne ne lui obéit plus. On cherche pro­tec­tion où l’on peut. L’autorité publique s’est éva­nouie : c’est le chaos social et poli­tique. Plus de Fran­cie ni de France. Cent, mille auto­ri­tés locales, au hasard des cir­cons­tances, prennent le pou­voir. Le gou­ver­neur de pro­vince, le gou­ver­neur de can­ton, le duc, le comte, de moindres per­son­nages, s’établissent dans leurs charges, les lèguent à leurs enfants, se com­portent en vrais sou­ve­rains. ‘

Ce serait une erreur de croire que les popu­la­tions eussent été hos­tiles à ce mor­cel­le­ment de la sou­ve­rai­ne­té. Tout ce qu’elles deman­daient, c’étaient des défen­seurs. La féo­da­li­té nais­sait de l’anarchie et du besoin d’un gou­ver­ne­ment, comme aux temps de l’humanité pri­mi­tive. Repré­sen­tons-nous des hommes dont la vie était mena­cée tous les jours, qui fuyaient les ban­dits de toute espèce, dont les mai­sons étaient brû­lées et les terres rava­gées. Dès qu’un indi­vi­du puis­sant et vigou­reux s’offrait pour pro­té­ger les per­sonnes et les biens, on était trop heu­reux de se livrer à lui, jusqu’au ser­vage, pré­fé­rable à une exis­tence de bête tra­quée.

De quel prix était la liber­té quand la ruine et la mort mena­çaient à toute heure et par­tout ? Ain­si naquit une mul­ti­tude de monar­chies locales fon­dées sur un consen­te­ment don­né par la détresse.”

Jacques Bain­ville, His­toire de France, 1924

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Charité chrétienne

Pour refou­ler les inva­sions d’immigrés il fau­drait être ferme. Mais, c’est impos­sible. Parce que la cha­ri­té chré­tienne le défend. En quelque sorte, la cha­ri­té chré­tienne nous conduit au désastre !”

Jean Ras­pail, entre­tien à L’Action fran­çaise 2000, 19 mai 2011

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Chasseurs des premiers âges

Si l’art des chas­seurs des pre­miers âges nous émeut tant et nous parle un lan­gage plus fort que celui de l’Orient ancien ou même récent, c’est sans doute un signe qu’y vivent l’esprit de notre esprit, la liber­té de notre liber­té.”

Ernst Jün­ger, Le nœud gor­dien (Der Gor­dische Kno­ten), 1953

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Chef

Je me levai, tout entier. […] Qu’est-ce qui sou­dain jaillis­sait ? Un chef. Non seule­ment un homme, un chef. Non seule­ment un homme qui se donne, mais un homme qui prend. Un chef, c’est un homme à son plein ; l’homme qui donne et qui prend dans la même éja­cu­la­tion. J’étais un chef. Je vou­lais m’emparer de tous ces hommes autour de moi, m’en accroître, les accroître par moi et nous lan­cer tous en bloc, moi en pointe, à tra­vers l’univers.”

Pierre Drieu la Rochelle, La comé­die de Char­le­roi, 1934

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Chose

Un homme sans cou­rage ni bra­voure est une chose.”

Napo­léon Bona­parte, Viri­li­tés, maximes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

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Chrétiens (d’Orient)

Nos souf­frances actuelles sont le pré­lude de celles que vous, les Euro­péens et les chré­tiens occi­den­taux, allez souf­frir aus­si dans la un proche ave­nir. […] Vos prin­cipes libé­raux et démo­cra­tiques ne valent rien ici. Vous êtes aus­si en dan­ger. Vous devez prendre des déci­sions fortes et cou­ra­geuses, même si elles contre­disent vos prin­cipes. Vous pen­sez que tous les hommes sont égaux, mais ce n’est pas vrai : l’islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne com­pre­nez pas ceci très vite, vous allez deve­nir les vic­times de l’ennemi que vous avez accueilli chez vous.”

Mgr Amel Shi­mon Nona, arche­vêque catho­lique chal­déen de Mos­soul, dans le Cor­riere del­la sera, 9 août 2014

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Cimbre

« Je ne suis pas un his­to­rien qui fait des recherches dans les vieux manus­crits ou dans les docu­ments d’archives ; je me contente d’être un nar­ra­teur qui suit quelques traces de sa terre natale : de temps en temps, une lettre ou un pli m’arrivent par la poste, ou bien je trouve un livre qui me rap­pelle l’origine de la race qui vit sur ce haut pla­teau et que l’on disait ‘cimbre’. »

Mario Rigo­ni Stern, Sen­tiers sous la neige, édi­tions La Fosse aux Ours, 2000

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Cimes

La haute mon­tagne peut per­mettre à cer­tains d’assouvir leur goût stu­pide du risque pour le risque ; elle peut per­mettre à des gens plus ou moins « entraî­nés » et incons­cients de pra­ti­quer une acti­vi­té spor­tive banale ; elle peut être le luxe que se paient des hommes à l’esprit étroit pétri­fiés par la « civi­li­sa­tion » des plaines de regar­der à la jumelle des « pano­ra­mas » tou­ris­tiques. Mais, pour d’autres, elle n’est rien de tout cela : elle est une voie de libé­ra­tion, de dépas­se­ment, d’accomplissement inté­rieur.
Les deux grands pôles de la vie à l’état pur, l’action et la contem­pla­tion, s’y confondent.
L’action, c’est la res­pon­sa­bi­li­té abso­lue, le fait de se sen­tir abso­lu­ment seul, de ne pou­voir comp­ter que sur sa force et son cou­rage, joints à une maî­trise de soi lucide et chi­rur­gi­cale.
La contem­pla­tion, c’est l’essence même de cette expé­rience héroïque : le regard devient cir­cu­laire et solaire, il n’y a plus que le ciel et des forces pures et libres qui reflètent et figent l’immensité dans le chœur tita­nique des som­mets.”

Julius Evo­la, Médi­ta­tions du haut des cimes (Medi­ta­zio­ni delle vette), 1974

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Citadelle

Les seuls édi­fices qui tiennent sont inté­rieurs. Les cita­delles de l’esprit res­tent debout plus long­temps que les murailles de pierre.”

Hélie Denoix de Saint Marc, Les Sen­ti­nelles du soir, Ed. Les Arènes, 1999

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Citations

« Les cita­tions révèlent l’âme de celui qui les bran­dit. Elles tra­hissent le regret de ne pas avoir su ou n’avoir pas pu dégai­ner sa pen­sée. »
Syl­vain Tes­son, Géo­gra­phie de l’instant, Edi­tion des Equa­teurs, 2012

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Civilisation

Une civi­li­sa­tion débute par le mythe et finit par le doute.”

Emil Cio­ran, La Chute dans le temps, 1964

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Civilisation

Une civi­li­sa­tion est une conti­nui­té qui, lorsqu’elle change, même aus­si pro­fon­dé­ment que peut l’impliquer une nou­velle reli­gion, s’incorpore des valeurs anciennes qui sur­vivent à tra­vers elle et res­tent sa sub­stance.”

Fer­nand Brau­del, Ecrits sur l’histoire, 1969

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Civilisation

L’art de la civi­li­sa­tion consiste à allier les plai­sirs les plus déli­cats à la pré­sence constante du dan­ger.”

Sten­dhal cité par Syl­vain Tes­son in Dans les forêts de Sibé­rie, Gal­li­mard, Folio, 2010

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Civilisation grecque

Il y a un monde grec uni par la langue et par le sang, les sanc­tuaires et les sacri­fices qui nous sont com­muns, nos mœurs qui sont les mêmes…”

Héro­dote, Enquêtes, VIII, vers 445 av. notre ère

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Civilisation industrielle

La com­pro­mis­sion ouvre la porte à tous les escla­vages. […] L’avenir s’il y en avait un, était en dehors de cette civi­li­sa­tion indus­trielle, de sa vul­ga­ri­té, de sa ser­vi­li­té, de sa fièvre, de sa hâte, de sa super­fi­cia­li­té nar­co­tique.”

Robert Dun, Le Grand sui­cide, Edi­tions du Crève-Tabous, 1984

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Civilisation occidentale

Jadis pro­lon­ge­ment natu­rel de l’Europe, la civi­li­sa­tion occi­den­tale se retourne contre elle et peut lui être funeste, ain­si qu’aux autres cultures. Deve­nue sys­tème, elle a son centre impul­seur aux Etats-Unis, néan­moins de plus en plus relayé par les autres pays indus­triels qui véhi­culent à leur tour l’américanisme (ou une autre culture « amé­ri­ca­no­morphe ») cultu­rel ou/et éco­no­mique. Liée au déve­lop­pe­ment d’un mar­ché mon­dial elle est aus­si bien por­tée par les régimes libé­raux que sociaux-démo­crates, com­pa­tible avec les Etats-Pro­vi­dence et le social-éta­tisme, elle s’inscrit dans l’essor d’un nou­veau capi­ta­lisme trans­na­tio­nal, tech­no­cra­tique et non-patri­mo­nial.”

Guillaume Faye, Pour­quoi nous com­bat­tons – Mani­feste de la Résis­tance euro­péenne, L’AEncre, 2001

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Civilisé

L’individu qui vient au monde dans une « civi­li­sa­tion » trouve incom­pa­ra­ble­ment plus qu’il n’apporte. Une dis­pro­por­tion qu’il faut appe­ler infi­nie s’est éta­blie entre la propre valeur de chaque indi­vi­du et l’accumulation des valeurs au milieu des­quelles il sur­git… Le civi­li­sé, parce qu’il est civi­li­sé, a beau­coup plus d’obligations envers la socié­té que celle-ci ne sau­rait en avoir jamais envers lui.”

Charles Maur­ras, Mes idées poli­tiques, 1937

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Clarté

Être pro­fond et sem­bler pro­fond. — Celui qui se sait pro­fond s’efforce d’être clair ; celui qui vou­drait sem­bler pro­fond à la foule s’efforce d’être obs­cur.”

Frie­drich Nietzsche, Le Gai savoir (Die fröh­liche Wis­sen­schaft — La Gaya Scien­za), 1882

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Classe cultivée

Je crois pour ma part, […], à l’absolue néces­si­té […] de l’existence d’une classe culti­vée assez nom­breuse, mais pas trop, constam­ment renou­ve­lée aux marges : c’est à dire ouverte, chan­geant de contours, […] mais com­por­tant en son centre, et c’est bien là ce qui est le plus dif­fi­cile à faire admettre en socié­té démo­cra­tique, et c’est même presque impos­sible à énon­cer seule­ment en socié­té hyper­dé­mo­cra­tique, un noyau héré­di­taire.”

Renaud Camus, Le Grand Rem­pla­ce­ment, David Rein­harc, 2011

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Classe dirigeante

« Ne per­dez pas votre temps à dis­cu­ter avec ces sortes de gens. On ne les per­suade point ; livrez-les au fouet des évé­ne­ments pour toute réponse. »

Emma­nuel-Joseph Sieyès, Réponses à quelques opi­nions contre les grandes assem­blées et contre la liber­té de parole, 1789

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Cœur

Mais il n’y a point de petits évè­ne­ments pour le cœur ; il gran­dit tout, il met dans les mêmes balances la chute d’un empire de qua­torze ans et la chute d’un gant de femme, et presque tou­jours le gant y pèse plus que l’empire.”

Hono­ré de Bal­zac, La Duchesse de Lan­geais, 1834

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Cœurs nobles

C’est dans les cœurs nobles que la souf­france du peuple trouve son écho le plus puis­sant.”

Ernst Jün­ger, Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

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Cognée

Les longues périodes de paix favo­risent cer­taines illu­sions d’optique. L’une d’elles est la croyance que l’inviolabilité du domi­cile se fonde sur la Consti­tu­tion, est garan­tie par elle. En fait, elle se fonde sur le père de famille qui se dresse au seuil de sa porte, entou­ré de ses fils, la cognée à la main.”

Ernst Jün­ger, Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951

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Combat

Du com­bat, seuls les lâches s’écartent.”

Homère, Iliade, vers 800–725 av. notre ère

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Combat

Le com­bat est père de toute chose, de toutes les lois ; les uns, il les porte à la lumière comme dieux, les autres comme hommes ; les uns, il les fait esclaves, les autres, libres.”

Héra­clite, fr.53, 576–480 av. notre ère

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Combat

Nous savons depuis Héra­clite, que la vie est un com­bat et que la paix n’est que la mort. Notre reli­gion se veut d’abord culte des héros, des guer­riers et des ath­lètes. Nous célé­brons depuis les Grecs les hommes dif­fé­rents et inégaux. Notre monde est celui du com­bat et du choix, non celui de l’égalité. L’univers n’est pas une fin mais un ordre. La Nature diver­si­fie, sépare, hié­rar­chise. L’individu, libre et volon­taire devient le centre du monde. Sa plus grande ver­tu reste l’orgueil – péché suprême pour la reli­gion étran­gère – sans notre concep­tion tra­gique de la vie, la lutte devient la loi suprême. Est un homme véri­table celui qui s’attaque à des entre­prises déme­su­rées. Une même ligne de crête unit Pro­mé­thée et Sieg­fried.”

Jean Mabire, Thu­lé, le soleil retrou­vé des Hyper­bo­réens, Robert Laf­font, 1978

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Combattre

Pour­quoi nous com­bat­tons ? Nous ne com­bat­tons pas prio­ri­tai­re­ment pour la « cause des peuples », car l’identité de chaque peuple le regarde et ne nous regarde pas, et parce que l’histoire est un cime­tière de peuples et de civi­li­sa­tions. Nous com­bat­tons pour la cause du des­tin de notre seul peuple. Même dans l’action poli­tique, cultu­relle ou méta­po­li­tique la plus quo­ti­dienne, la plus terre-à-terre (et qui est indis­pen­sable), la plus humble, même dans la for­mu­la­tion de pro­grammes pra­tiques, il faut avoir en tête cet impé­ra­tif de Grande poli­tique : nous com­bat­tons à la fois pour l’héritage des ancêtres et pour l’avenir des enfants.”

Guillaume Faye, Pour­quoi nous com­bat­tons – Mani­feste de la Résis­tance euro­péenne, L’AEncre, 2001

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Commencer

Le pou­voir de com­men­cer (begin­ning), avant de deve­nir un évé­ne­ment his­to­rique, est la plus haute capa­ci­té de l’homme, il est iden­tique à la liber­té de l’homme. […] Ce com­men­ce­ment est garan­ti par chaque nais­sance ; il est le fait de chaque homme.”

Han­nah Arendt, The Ori­gins of Tota­li­ta­rism, 1951

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Commerce

Le com­merce est un état hono­rable ; mais ses bases essen­tielles doivent être la pru­dence et l’économie. Le négo­ciant ne doit pas gagner sa for­tune comme on gagne une bataille ; il doit gagner peu et constam­ment.”

Napo­léon Bona­parte, Viri­li­tés, maximes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

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Communauté

Il y a deux façons prin­ci­pales d’envisager l’homme et la socié­té. Ou bien la valeur fon­da­men­tale est pla­cée dans l’indi­vi­du (et, par suite, dans l’huma­ni­té, for­mée de l’addition de tous les indi­vi­dus) : c’est l’idée chré­tienne, bour­geoise, libé­rale et socia­liste. Ou bien la valeur fon­da­men­tale, ce sont les peuples et les cultures, notions émi­nem­ment plu­rielles qui fondent une approche « holiste » de la socié­té. Dans un cas, l’humanité, somme de tous les indi­vi­dus, est éga­le­ment « conte­nue » dans chaque être humain par­ti­cu­lier : on est d’abord un « homme », et secon­dai­re­ment seule­ment, comme par acci­dent, membre d’une culture et d’un peuple. Dans l’autre, l’humanité n’est que l’ensemble des cultures et des com­mu­nau­tés popu­laires : c’est par ses appar­te­nances orga­niques que l’homme est fon­dé dans son huma­ni­té. D’un côté, on a Des­cartes, les Ency­clo­pé­distes et l’idéologie des droits de l’homme ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur le choix élec­tif indi­vi­duel et le contrat-plé­bis­cite révo­cable uni­la­té­ra­le­ment. De l’autre, on a Leib­niz, Her­der, le droit des cultures et la cause des peuples ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur l’héritage cultu­rel et his­to­rique. La dif­fé­rence entre ces deux concep­tions se retrouve jusque dans la façon d’envisager l’histoire et le struc­ture du réel. Nous sommes bien évi­dem­ment, quant à nous, du côté du holisme. L’individu, à nos yeux, n’existe qu’en liai­son avec les col­lec­ti­vi­tés dans les­quelles ils s’inclut (et par rap­port aux­quelles il se sin­gu­la­rise). Toute acti­vi­té indi­vi­duelle repré­sente un acte par­ti­ci­pant de la vie d’un peuple. L’intérêt de l’individu ne sau­rait être appré­cié « en soi ».”

Alain de Benoist, Orien­ta­tions pour des années déci­sives, Le Laby­rinthe, 1982

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Communauté

Un homme ne peut se sous­traire maté­riel­le­ment ou mora­le­ment à l’association humaine.”

Léon Bour­geois, Soli­da­ri­té, 1896

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Communauté

Il est pos­sible aus­si que, chez les Euro­péens de souche, l’idée de com­mu­nau­té ne puisse renaître que dans le mal­heur.”

Guillaume Faye, Pour­quoi nous com­bat­tons – Mani­feste de la Résis­tance euro­péenne, L’AEncre, 2001

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Communauté

Nous nous retrou­vâmes dans une salle pleine à cra­quer de jeunes de notre âge. Sur la scène, l’un deux jouait de l’accordéon. Et tous se mirent à chan­ter. Ce fut pour moi un choc fan­tas­tique que cette bru­tale révé­la­tion d’une com­mu­nau­té vivante, d’une patrie inter­dite dont le ciment était cultu­rel avant d’être poli­tique. En un éclair, je com­pris que Nation et Etat peuvent ne pas coïn­ci­der. Et aus­si qu’un peuple est indes­truc­tible tant qu’il existe, dans de mul­tiples foyers, une manière de vivre qui n’est pas celle du « pays légal » pour reprendre une vieille for­mule maur­ras­sienne.”

Jean Mabire, La Varende entre nous, édi­tions Pré­sence de La Varende, 1999

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Communauté rurale

La vie rurale se mani­feste à nous comme la réunion de deux acti­vi­tés contraires et com­plé­men­taires. Elle est, en effet, une puis­sante vie de groupe. Elle est aus­si une tâche de soli­tude et de silence où l’individu prit sa valeur.

Nous savons déjà ce que fut cette com­mu­nau­té rurale. Nous savons d’où elle vient his­to­ri­que­ment. Mais c’est la men­ta­li­té pri­mi­tive qui en a déter­mi­né l’esprit. Le vil­lage agri­cole fut le suc­ces­seur du clan toté­mique. La puis­sance fixa­trice qui a éta­bli pour tou­jours le groupe humain sur un coin de sol était un ordre des dieux. Ces dieux étaient sur cette terre, ces eaux, ces arbres. L’homme est res­té immo­bi­li­sé de cette impas­sible immo­bi­li­té des choses. Ces maîtres muets…, ils ont pris jadis au hasard d’une tri­bu, une poi­gnée d’humanité, et ne l’ont jamais lâchée !… Et chaque vil­lage est encore sous cette main mus­clée de roche qui le tient depuis l’âge de pierre.”

Gas­ton Roup­nel, His­toire de la cam­pagne fran­çaise, Ber­nard Gras­set, 1932

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Compagnons

« Quand le beau temps coïn­cide avec ma dis­po­ni­bi­li­té, j’aime par­tir avec mes sou­ve­nirs sur les sen­tiers et les che­mins fores­tiers ; j’observe, aus­si, et j’écoute, les signaux que la nature com­mu­nique au fil des sai­sons et des années. Mais c’est quand des amis se joignent à moi que je rêve et réflé­chis le plus. Ces com­pa­gnons de route ne sont plus pré­sents phy­si­que­ment, leur corps est res­té dans des endroits loin­tains : ense­ve­li sur des mon­tagnes, ou dans la steppe ; dans des cime­tières de vil­lage avec une simple croix, ou de ville avec une dalle et des fleurs. Et c’est avec eux que je suis et que je converse, en me sou­ve­nant. Ceux qui ne croient pas, ou ceux qui croient, peuvent regar­der ma façon d’agir avec une bien­veillante indul­gence. Peu m’importe : moi aus­si j’ai des doutes mais il me plaît, cer­taines fois, de les igno­rer. »

Mario Rigo­ni Stern, Sen­tiers sous la neige, édi­tions La Fosse aux Ours, 2000

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Complices du chaos

En fait, pour lui, esprit simple et peu por­té aux pré­cio­si­tés, le monde des hommes se divi­sait en deux : les oppo­sants au chaos et les com­plices de celui-ci. Les com­plices du chaos, actifs ou pas­sifs, pou­vaient être drôles, brillants, habiles, fins, sédui­sants, cha­ris­ma­tiques, géniaux même, pour­quoi pas, ils étaient néan­moins ses adver­saires, ses enne­mis et ils le déso­laient quand ils ne le fai­saient pas car­ré­ment dégueu­ler. Il est des époques qui imposent un mini­mum de sérieux et, sur­tout, de conscience d’un inté­rêt géné­ral, d’une simple néces­si­té de sur­vie. Fran­çois pen­sait que nous vivions l’une de celle-là. Cela le ren­dait peu amène et même assez lar­ge­ment odieux, insor­table en tout cas. Il n’était ni léger, ni déta­ché, ni brillam­ment cynique, crimes mon­dains dont on ne se relève pas.”

Roger Nimier, Les enfants tristes, 1951

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Confort

Tout confort se paie. La condi­tion d’animal domes­tique entraîne celle de bête de bou­che­rie.”

Ernst Jün­ger, Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951

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Conscience du danger

Nous avons oublié les bêtes féroces : il y eut des mil­lé­naires où, soit veillant, soit dor­mant, les hommes pen­saient à elles.”

Frie­drich Nietzsche, Frag­ments, 1880.

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Conservation

Il faut savoir se conser­ver. C’est la meilleure preuve d’indépendance.”

Frie­drich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal (Jen­seits von Gut und Böse — Vor­spiel einer Phi­lo­so­phie der Zukunft), 1886

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Consommateur

Je crois que notre socié­té indus­trielle souffre d’un malaise fon­da­men­tal, qui est d’ordre moral et poli­tique et se résume à ceci que l’individu n’a de pou­voir que dans le rôle irres­pon­sable du consom­ma­teur.”

Ber­trand de Jou­ve­nel, Arca­die. Essai sur le mieux vivre, 1968

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Contes

L’Europe est le nom de notre tra­di­tion, un mur­mure des temps anciens et du futur. Notre tra­di­tion est une façon de se conduire et de conduire notre vie qui n’appartient qu’à nous. Elle nous est révé­lée par les poèmes d’Homère et par nos grandes légendes, celles de la Table Ronde ou des Nibe­lun­gen. Elle nous est révé­lée aus­si par le tré­sor des contes. Sous des appa­rences dif­fé­rentes, nos contes tissent la trame d’un même héri­tage de part et d’autre du Rhin, des Alpes et des Pyré­nées. Retrou­vés en Alle­magne par les frères Grimm et en France par Charles Per­rault, sans avoir l’air de rien, ils sont l’un de nos biens les plus pré­cieux. Ils ne se voilent d’obscurité que si l’on ne fait pas l’effort de les décou­vrir. Jadis, leur trans­mis­sion se fai­sait à la veillée, par le récit des Anciens. Se jouant du temps qui passe, ils conti­nuent de dire le retrait sal­va­teur dans la forêt, les forces de la nature, la soli­tude et la com­mu­nau­té, les rites de pas­sage de l’enfance à l’âge adulte, la ren­contre de la jeune fille et du che­va­lier, l’ordre du monde. Les contes sont le grand livre de notre tra­di­tion. Leur fonc­tion est de léguer la sagesse ances­trale de la com­mu­nau­té. Même quand on y ren­contre des elfes ou des fées auprès des sources et au coin des bois, ils sont le contraire des « contes de fées ». Sous l’apparence du diver­tis­se­ment, ils enseignent des leçons de vie. Ils disent les secrets qui feront que les demoi­selles devien­dront femmes et les gar­çons des hommes. Les contes disent les menaces à sur­mon­ter (le Chat bot­té), les limites à ne pas fran­chir (Barbe bleue), la ruse ter­ras­sant la force bru­tale (le Petit Pou­cet), la ran­çon de l’étourderie (le Petit Cha­pe­ron Rouge), le prix du ser­ment (Gri­sé­li­dis), l’effort sou­te­nu triom­phant d’une nature ingrate (Riquet à la houppe), les périls cou­rus par la jeune fille et la viri­li­té dévoyée (Peau d’âne). Les contes disent encore le cou­rage, l’espoir et la constance des jeunes filles triom­phant des épreuves (Cen­drillon). Ils disent aus­si la vigueur, l’audace, la vaillance et les rup­tures par quoi les gar­çons sont ce qu’ils sont (Per­ce­val). Les contes montrent qu’en s’appuyant sur les forces de la nature, la femme main­tient ou res­taure l’ordre du monde et de la com­mu­nau­té (Blanche Neige). Ces secrets sont nôtres, on pour­rait par­fois les croire per­dus alors qu’ils ne sont qu’assoupis. Comme dans le conte de la Belle au bois dor­mant, ils se réveille­ront. Ils se réveille­ront sous l’ardeur de l’amour que nous leur por­te­rons.”

Domi­nique Ven­ner, His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, édi­tions du Rocher, 2002

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Conteur

Il y a des conteurs qui ont ces­sé de conter, à un moment don­né […], dès l’instant qu’ils ne trou­vaient plus per­sonne devant eux sus­cep­tible de les croire. […] Le conteur, ce n’est pas celui qui raconte (des racon­teurs d’histoire, il y en a par­tout), mais celui qui détient les contes d’une cer­taine popu­la­tion et essaie de trans­mettre ces contes-là, de façon à obte­nir l’accord de ceux qui l’écoutent, de faire en sorte que ceux qui l’écoutent se rendent compte qu’il dit exac­te­ment ce qu’ils sont, et ce qu’ils sont, bien sûr, dans le tré­fonds d’eux-mêmes, dans l’arrière-plan de leur incons­cient ou de leur sub­cons­cient.”

Pierre-Jakez Hélias, La sagesse de la terre (avec Jean Mar­kale), 1978

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Continuer

Ils marchent et ils chantent. Ils sont des mil­lions dans la nuit froide de jan­vier. Mais ils sont morts. Et nous ne sommes que quelques-uns. Mais nous sommes vivants. Et nous ne lâche­rons pas nos épées et nous n’éteindrons pas nos torches.”

Jean Mabire, La torche et le glaive, édi­tions Libres opi­nions, 1994

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Contrainte

Le secret des forts est de tou­jours se contraindre.”

Mau­rice Bar­rès, Sous l’œil des Bar­bares, 1888

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Corps-francs

Les hommes des corps-francs sont les fils de la guerre, de la défaite et de la révo­lu­tion de novembre. Ils sont direc­te­ment appa­ren­tés aux ardi­ti de Fiume et aux squa­dristes qui sur­gissent un peu plus tard en Ita­lie, consti­tuant un type d’homme bien spé­ci­fique qu’on ne rever­ra plus. Ils ont été façon­nés d’abord par les com­bats des tran­chées de la guerre. Celle-ci avait trié entre les hommes que l’épreuve a ner­veu­se­ment ou mora­le­ment écra­sés, et ceux qui en sont sor­tis plus forts et plus durs qu’avant. Par­lant d’eux, Jün­ger les com­pa­re­ra aux lans­que­nets d’autrefois qui n’avaient plus d’autre patrie que leur dra­peau. Ce sont des hommes chez qui la guerre a abo­li toute dif­fé­rence sociale, les éga­li­sant selon un stan­dard sans sup­port avec celui de la vie civile. Ils ont rem­pla­cé les dis­tinc­tions de classe par celle de l’audace et du cou­rage. Et cette nou­velle échelle de valeurs, ils vou­dront plus tard la trans­po­ser dans la vie civile d’après-guerre. A leur façon ce sont des socia­listes. Mais leur socia­lisme est mili­taire, sans lien avec la recherche de la sécu­ri­té et du bon­heur maté­riel. Ils ne recon­naissent plus d’autre hié­rar­chie que celle du mérite. Tous par­tagent la même foi dans le pou­voir de la volon­té et un goût évident pour les méthodes expé­di­tives.

En eux ne se résume sans doute pas toute l’essence du fas­cisme et du natio­nal-socia­lisme, mais ils en portent une part fon­da­trice dans la mesure où ils incarnent la révolte la plus radi­cale contre le monde bour­geois de leur temps.”

Domi­nique Ven­ner, Le Siècle de 1914, édi­tions Pyg­ma­lion, 2006

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Cosmopolitisme

On nous corne : « Il faut s’ouvrir aux influences étran­gères ». Il se trouve que ce slo­gan n’est pas inno­cent parce qu’il est désor­mais la devise d’un cos­mo­po­li­tisme dont l’arbre est aux Etats-Unis et dont les branches, d’où tombent des fruits pour­ris, s’étendent sur tout l’Occident et vont même pro­je­tant leur ombre sur un plus vaste espace. Il se trouve qu’il s’agit moins d’ouvertures que d’abandons et plus d’engorgements indi­gestes que d’assimilations for­ti­fiantes. Notre mode de vie est insi­dieu­se­ment péné­tré, miné, ron­gé par l’influence amé­ri­caine. Et la France va vers sa perte d’âme.”

Jean Cau, Pour­quoi la France, La Table Ronde, 1975

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Courage

Le cou­rage est le vent qui nous porte vers les rivages les plus loin­tains ; c’est la clef de tous les tré­sors, le mar­teau qui forge les vastes empires, le bou­clier sans lequel aucune civi­li­sa­tion ne sau­rait durer. Le cou­rage, c’est l’enjeu illi­mi­té de sa propre per­sonne, c’est l’assaut que l’idée livre à la matière sans se sou­cier des consé­quences. Etre cou­ra­geux, c’est être prêt à se faire cru­ci­fier pour une convic­tion, c’est affir­mer, même dans le der­nier fré­mis­se­ment des nerfs, même dans le der­nier sou­pir, l’idée dont on vivait et pour laquelle on meurt. Mau­dit soit le temps qui méprise le cou­rage et les hommes cou­ra­geux !”

Ernst Jün­ger, La Guerre notre Mère (Der Kampf als inneres Erleb­nis), 1922

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Courage

Les sol­dats qui vous disent qu’ils n’ont jamais connu la peur vous mentent. Ou peut-être ont-ils tra­ver­sé la guerre en zom­bies. C’est l’incandescence qui porte le sol­dat, et ce cou­rage-là res­semble à une expé­rience mys­tique : pour que la lumière jaillisse, il faut bien qu’un peu de soi brûle et se consume.”

Hélie Denoix de Saint Marc, Les sen­ti­nelles du soir, 1999

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Courage

Le cou­rage est une patrie.”

André Mal­raux, L’Espoir, 1937

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Courage

Ça se ver­ra bien sur ma figure, quand j’aurai quatre-vingt ans, que j’aurai eu du cou­rage, le cou­rage sans quoi il n’y a rien dans le monde, que des mots.”

Pierre Drieu la Rochelle, La comé­die de Char­le­roi, 1934

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Courage — voir aussi : Jeunesse

De toutes les ver­tus, la plus impor­tante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres et qu’elle est néces­saire à l’exercice des autres, de toutes les ver­tus, la plus impor­tante me paraît être le cou­rage, les cou­rages, et sur­tout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeu­nesse. Et pra­ti­quer ce cou­rage, ces cou­rages, c’est peut-être cela « L’Honneur de Vivre ».”

Hélie Denoix de Saint Marc, Que dire à un jeune de 20 ans, 2010

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Courageux

Il convient d’être cou­ra­geux, non par néces­si­té mais parce que c’est beau.”

Aris­tote, Ethique à Nico­maque, IVe siècle av. notre ère

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Couteau

Effroi de l’habitude. Cas­ser, cou­per, tran­cher. Il faut vivre au cou­teau.”

Jean-René Hugue­nin, Jour­nal, 1964

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Cohésion – voir aussi : Sens

Toute idéo­lo­gie orga­nique donne un sens au monde, et le monde fait sens, plus ou moins éla­bo­ré, pour toute socié­té humaine. Or, il n’y a pas de cohé­sion des groupes parce que le monde a un sens ; il y a du sens dans le monde parce qu’il faut de la cohé­sion dans les groupes.”

Régis Debray, Cri­tique de la rai­son poli­tique, Gal­li­mard, 1981

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Colonisation

En fait la colo­ni­sa­tion en cours est beau­coup plus conforme à la défi­ni­tion et à l’étymologie du terme que celle à laquelle s’est livrée la France dans ce qui fut son empire, jadis. Colo­ni­sa­tion de peu­ple­ment, colo­ni­sa­tion par la masse démo­gra­phique, colo­ni­sa­tion par sub­sti­tu­tion eth­nique, elle est sur­tout beau­coup plus grave, en cela qu’elle menace, elle, d’être irré­ver­sible, sans recours pos­sible. Une colo­ni­sa­tion comme celle qu’a pra­ti­quée notre pays, une colo­ni­sa­tion mili­taire, poli­tique et admi­nis­tra­tive, on peut s’en débar­ras­ser en un tour­ne­main, l’histoire l’a mon­tré. Une colo­ni­sa­tion comme celle qu’il subit depuis des lustres, une colo­ni­sa­tion par chan­ge­ment de peuple, celle-là est défi­ni­tive, à moins de faire inter­ve­nir la remi­gra­tion, pré­ci­sé­ment, avant qu’il soit tout à fait trop tard.”

Renaud Camus, Lettre à Fabrice Robert, sep­tembre 2014, www.grand-remplacement.com

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Connaissance du passé

« L’homme trouve dans la connais­sance du pas­sé la plus ins­truc­tive des leçons. »

Polybe, His­toire, Denis Rous­sel (trad.), Fran­çois Har­tog (dir.), Gal­li­mard, coll. Quar­to, 2003

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Coutumes

La tra­di­tion ne peut s’exprimer qu’à tra­vers l’esprit de cou­rage et de défi, et non dans l’observance de la sau­ve­garde super­fi­cielle des cou­tumes.”

Hen­ry Mil­ler, Virage à 80, 1973

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Crainte

Il n’y a que deux leviers pour réunir les hommes : la crainte ou l’intérêt. Toute grande révo­lu­tion doit pro­cé­der par la crainte, les inté­rêts mis en jeu n’amènent pas de grands résul­tats.”

Napo­léon Bona­parte, Viri­li­tés, maximes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

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Crise de la culture – voir aussi : Pédagogisme

Cette crise de la culture n’est pas le résul­tat d’un pro­blème de moyens, de finan­ce­ment ou de ges­tion ; c’est un bou­le­ver­se­ment inté­rieur. Il s’est pro­duit, dans nos socié­tés occi­den­tales, un phé­no­mène unique, une rup­ture inédite : une géné­ra­tion s’est refu­sée à trans­mettre à la sui­vante ce qu’elle avait à lui don­ner, l’ensemble du savoir, des repères, de l’expérience humaine immé­mo­riale qui consti­tuait son héri­tage. Il y a là une ligne de conduite déli­bé­rée, jusqu’à l’explicite : j’étais loin d’imaginer, en com­men­çant à ensei­gner, l’impératif essen­tiel qui allait struc­tu­rer ma for­ma­tion de jeune pro­fes­seur. « Vous n’avez rien à trans­mettre » : ces mots, pro­non­cés à plu­sieurs reprises par un ins­pec­teur géné­ral qui nous accueillait dans le métier le jour de notre pre­mière ren­trée, avaient quelque chose de si éton­nant qu’ils ont pro­fon­dé­ment mar­qué ma mémoire. « Vous n’avez rien à trans­mettre. » La culture est pro­pre­ment ce qui se trans­met. Ne plus faire subir à nos suc­ces­seurs ce far­deau péri­mé que le pas­sé jet­te­rait sur leur liber­té nou­velle, voi­là le pro­jet qui nous est pro­po­sé.

Désor­mais, il faut faire en sorte que chaque enfant puisse, pour créer un che­min per­son­nel, pro­duire son propre savoir. Écar­tés, le « cours magis­tral » et le « par cœur » ; refu­sée, l’idée qu’une concep­tion du monde pour­rait être trans­mise aux enfants par leurs parents. Nous avons per­du le sens de la culture. Elle est pour nous, au mieux, un luxe inutile ; au pire, un bagage encom­brant. Bien sûr, nous conti­nuons de visi­ter les musées, d’aller au ciné­ma, d’écouter de la musique ; et en ce sens, nous n’avons pas consciem­ment reje­té loin de nous la culture. Mais elle ne nous inté­resse plus que sous la forme d’une dis­trac­tion super­fi­cielle, d’un plai­sir intel­li­gent ou d’un agré­ment déco­ra­tif.”

Fran­çois-Xavier Bel­la­my, Les Déshé­ri­tés ou l’urgence de trans­mettre, Plon, 2014

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Crise économique

Les solu­tions de sor­tie de crise sont, publi­que­ment du moins, toutes pla­cées sous le signe émi­nem­ment conve­nable de plus d’individualisme, plus d’opportunités pour tous, plus de mobi­li­té, ce qui signi­fie, concrè­te­ment, plus de liber­té de mou­ve­ment des capi­taux, plus d’échanges de biens et de ser­vices, plus d’ingérence et d’interdépendance, plus d’ouverture à l’envie et à la cupi­di­té, à la fin plus de cré­dit et de dettes, plus d’uniformité et de confor­mi­té – plus de tout ce qui a pro­vo­qué la crise.”

Her­vé Juvin, Le ren­ver­se­ment du monde – Poli­tique de la crise, Gal­li­mard, 2010

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Croyance

Une socié­té sans croyance forte est une socié­té qui meurt.”

Régis Debray, entre­tien avec J.P. Entho­ven, Le Nou­vel obser­va­teur, 10 octobre 1981

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Crustacés

Si un jour l’humanité reve­nait à des condi­tions plus nor­males, peu de cultures lui sem­ble­ront aus­si sin­gu­lières que l’actuelle, dans laquelle on a cou­ru après toute forme de pou­voir et de domi­na­tion de la matière, négli­geant cepen­dant la domi­na­tion de l’esprit, des émo­tions et de la vie psy­chique en géné­ral. C’est ain­si que beau­coup de nos contem­po­rains – les soi-disant hommes d’action en pre­mière ligne – res­semblent à ces crus­ta­cés qui sont si durs et pleins d’excroissances sca­breuses sur la cara­pace et si mous et inver­té­brés à l’intérieur.”

Julius Evo­la, La Doc­trine de l’Eveil (La dotri­na del Ris­ve­glio – Sag­gio sull’ascesi bud­dis­ta), 2e édi­tion, 1965

Tags : Evola, doctrine de l’éveil, crustacés, contemporains, carapace, mollesse, invertébrés, pouvoir, dominaion, action, domination de l’esprit, émotions, vie psychique
Cultiver (se)

Vivre dans un cer­tain siècle et s’apercevoir qu’on était mieux fait pour un autre, cela ne doit pas déses­pé­rer, car ce mal­heur n’est point sans quelque remède. Nous attei­gnons par magie l’époque où nous ne nous sommes pas trou­vés maté­riel­le­ment ; nous la sai­sis­sons par son art. Être culti­vé, cela ne signi­fie pas autre chose que d’avoir le choix entre tous les moments de l’humanité et d’aller, à notre gré, de l’un à l’autre, comme un archi­pel, un navire heu­reux se pro­mène d’île en île. Toute haute vie a ses éva­sions sereines.”

Abel Bon­nard, Ce monde et moi, édi­tions Dis­mas (post­hume), 1992

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Culture

« Il tient à la nature pro­fonde de l’homme, être de civi­li­sa­tion par excel­lence, de ne pou­voir trou­ver d’identification satis­fai­sante qu’à l’intérieur d’une culture et par le tru­che­ment d’une culture. »
Kon­rad Lorenz, Les huit péchés capi­taux de notre civi­li­sa­tion, 1974

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Culture

Civi­li­sa­tion, culture, tra­di­tion, sont des notions voi­sines au point d’être inter­chan­geables dans le lan­gage cou­rant. La culture est pre­mière dans l’ordre chro­no­lo­gique de la fon­da­tion. Elle se rap­porte à la per­ma­nence des men­ta­li­tés pro­fondes. Elle est créa­trice de sens. La civi­li­sa­tion est une culture qui a reçu une forme his­to­rique, créa­trice d’un ensemble de qua­li­tés propres dans l’ordre maté­riel, intel­lec­tuel, artis­tique et moral. La tra­di­tion est l’âme d’une culture et d’une civi­li­sa­tion.”

Domi­nique Ven­ner, Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

Tags : Venner, samouraï, occident, bréviaire, insoumis, civilisation, culture, tradition
Culture

Et je ne regrette pas d’avoir pro­po­sé ailleurs, comme une des défi­ni­tions pos­sibles de la culture, “la claire conscience de la pré­cio­si­té du temps”. L’homme culti­vé n’a jamais trop de temps, il n’en a même jamais assez pour tout ce qu’il y a lire, à voir, à entendre, à connaître, à apprendre, à com­prendre et à aimer. L’intelligible, par son énor­mi­té, est incom­men­su­rable à son intel­li­gence. L’existant, par son immen­si­té, est sans rap­port de pro­por­tions avec sa soif de connais­sance et les pos­si­bi­li­tés de sa mémoire. L’aimable, par son infi­ni­tude, outre­passe de toute part son amour. À tout moment il doit faire des choix, c’est-à-dire renon­cer à des che­mins, à des livres, à des études et à des dis­trac­tions. Et ce qu’il est, autant que par ce qu’il lit, par ce qu’il entend et par ce qu’il étu­die, il l’est par ce qu’il ne lit pas, ce qu’il ne fré­quente pas, ce à quoi il refuse de perdre son temps, ce temps que la culture rend pré­cieux.”

Renaud Camus, La grande décul­tu­ra­tion, Fayard, 2008

Tags : Renaud Camus, grande déculturation, Fayard, culture, temps, préciosité du temps, conscience, homme cultivé, comprendre, aimer, apprendre, intelligible, existant, aimable, infinitude, choix, renoncer, livres, études, distractions, perdre son temps
Culture générale

« La véri­table école du com­man­de­ment est la culture géné­rale. »

Charles de Gaulle, Vers l’armée de métier, 1934

Tags : Charles De Gaulle, culture générale, école du commandement, armée de métier
Culture (personnelle)

Quel que soit son âge, sa condi­tion, son degré d’instruction, il est pos­sible à notre époque à tout indi­vi­du de renouer avec la tra­di­tion de la culture per­son­nelle. Aucun des efforts accom­plis dans ce sens n’est mépri­sable ou indif­fé­rent. Tout est pré­cieux de ce qui aspire à la culture. Le plus petit pas que l’on fait vers elle a sa valeur et son impor­tance. Éteindre son télé­vi­seur et se mettre à lire un livre, c’est déjà faire œuvre de civi­li­sa­tion.”

Jean-Louis Harouel, Culture et contre cultures, Presses uni­ver­si­taires de France, 1994

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Cycle

Comme naissent les feuilles, ain­si font les hommes. Les feuilles, tour à tour, c’est le vent qui les épand sur le sol et la forêt ver­doyante qui les fait naître quand se lèvent les jours du prin­temps. Ain­si des hommes : une géné­ra­tion naît à l’instant où une autre s’efface.”

Homère, Iliade, VI, cité par Domi­nique Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Tags : Venner, choc, histoire, chant, Iliade, feuilles, générations, hommes, cycle, printemps, Homère, forêt
Cycles

Le der­nier âge c’est l’âge du fer ou […] l’âge sombre. […] A ces formes de déca­dence s’oppose l’idée d’un cycle pos­sible de res­tau­ra­tion appe­lé par Hésiode le cycle héroïque ou âge des héros.”

Julius Evo­la, Le Mys­tère du Graal (Il mis­te­ro del Graal e la tra­di­zione ghi­bel­li­na dell’Impero), 1937

Tags : Evola, mystère du Graal, tradition gibeline, empire, dernier âge, cycles, âge du fer, âge sombre, décadence, restauration, Hésiode, cycle héroïque, âge des héros
Cyclopes

Et nous par­vînmes à la terre des Cyclopes orgueilleux et sans lois qui, confiants dans les Dieux immor­tels, ne plantent point de leurs mains et ne labourent point. Mais, n’étant ni semées, ni culti­vées, toutes les plantes croissent pour eux, le fro­ment et l’orge, et les vignes qui leur donnent le vin de leurs grandes grappes que font croître les pluies de Zeus. Et les ago­ras ne leur sont point connues, ni les cou­tumes ; et ils habitent le faîte des hautes mon­tagnes, dans de pro­fondes cavernes, et cha­cun d’eux gou­verne sa femme et ses enfants, sans nul sou­ci des autres.”

Homère, Odys­sée, Chant IX (tra­duc­tion de Leconte de Lisle), IXe-VIIIe siècles avant notre ère

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