Lettre B

B

Banque

Je crois que les ins­ti­tu­tions ban­cai­res sont plus dan­ge­reu­ses pour nos liber­tés que des armées prê­tes au com­bat.”

Tho­mas Jef­fer­son, troi­siè­me pré­si­dent des Etats-Unis, cité par Her­vé Juvin, in Le ren­ver­se­ment du mon­de – Poli­ti­que de la cri­se, Gal­li­mard, 2010

Tags : Hervé Juvin, le renversement du monde, politique de la crise, Gallimard, banque, institutions bancaires, libertés, Thomas Jefferson
Beauté

Si quelqu’un vient me dire ce qui fait qu’une cho­se est bel­le, ou la viva­ci­té des cou­leurs, ou ses for­mes et d’autres cho­ses sem­bla­bles, je lais­se là tou­tes ces rai­sons, qui ne font que me trou­bler, et je m’assure moi-même sans façon et sans art et peut-être trop sim­ple­ment, que rien ne la rend bel­le que la pré­sen­ce ou la com­mu­ni­ca­tion de la beau­té pre­miè­re, de quel­que maniè­re que cet­te com­mu­ni­ca­tion se fas­se, car là-des­sus je n’affirme rien, sinon que tou­tes les bel­les cho­ses sont bel­les par la pré­sen­ce de la beau­té.”

Socra­te selon Pla­ton, Phé­don, 100c-100d, IVe siè­cle av. notre ère

Tags : Platon, Socrate, Phédon, beauté, couleurs, forme, art, beauté première, communication
Beauté

La beau­té n’est pas affai­re d’argent ni de consom­ma­tion. Elle rési­de en tout et sur­tout dans les petits détails de la vie. Elle est offer­te gra­tui­te­ment par la natu­re : poé­sie des nua­ges dans un ciel léger, cré­pi­te­ment de la pluie sur une toi­le de ten­te, nuits étoi­lées, cou­chers de soleil, pre­miers flo­cons de nei­ge, pre­miè­res fleurs du jar­din, cou­leurs de la forêt….”

Domi­ni­que Ven­ner, Un samou­raï d’Occident — Le Bré­viai­re des insou­mis, Pier­re-Guillau­me de Roux, 2013

Tags : Dominique Venner, samouraï d’Occident, bréviaire des insoumis, beauté, argent, consommation, vie, nature, poésie, nuages, ciel, pluie, nuits étoilées, flocons de neige, fleurs, forêt
Beauté

« La beau­té est cet­te voû­te sous laquel­le il fait bon se tapir pour oublier le res­te. »

Syl­vain Tes­son, Géo­gra­phie de l’instant, Edi­tion des Equa­teurs, 2012

Tags : Sylvain Tesson, géographie de l’instant, édition des équateurs, beauté, voûte, oubli
Beauté

« (Elle) est l’harmonie de tou­tes les par­ties sous quel­que for­me qu’elle appa­rais­se, en ver­tu d’une pro­por­tion et d’une cor­res­pon­dan­ce tel­les que rien ne puis­se être ajou­té, retran­ché ou modi­fié sans qu’en souf­fre l’ensemble. »

Andrea Pal­la­dio, maî­tre ita­lien de la Renais­san­ce, Les qua­tre livres de l’architecture, cité par Syl­vain Tes­son dans Géo­gra­phie de l’instant, Edi­tion des Equa­teurs, 2012

Tags : Sylvain Tesson, géographie de l’instant, édition des équateurs, beauté, Andrea Palladio, les quatre livres de l’architecture, architecture, proportion, correspondance, ensemble, harmonie
Beauté

La beau­té est la cho­se au mon­de la plus répan­due, mais notre regard asser­vi aux besoins quo­ti­diens ne la voit pas.”

Michel Tour­nier, Le vent Para­clet, Gal­li­mard, 1978

Tags : beauté, monde, regard
Beauté

La beau­té d’une race, d’une famil­le, sa grâ­ce, sa per­fec­tion dans tous les ges­tes est acqui­se péni­ble­ment : elle est com­me le génie, le résul­tat du tra­vail accu­mu­lé des géné­ra­tions. Il faut avoir fait de grands sacri­fi­ces au bon goût, il faut à cau­se de lui avoir fait et aban­don­né bien des cho­ses ; le dix-sep­tiè­me siè­cle, en Fran­ce, méri­te d’être admi­ré sous ce rap­port, — on avait alors un prin­ci­pe d’élection pour la socié­té, le milieu, le vête­ment, les satis­fac­tions sexuel­les ; il fal­lut pré­fé­rer la beau­té à l’utilité, à l’habitude, à l’opinion, à la pares­se. Règle supé­rieu­re : on ne doit pas « se lais­ser aller » même devant soi-même.”

Frie­dri­ch Nietz­sche, Cré­pus­cu­le des ido­les (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888

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Bien

Notre temps est si ron­gé de bon­nes inten­tions, si dési­reux de fai­re le bien qu’il voit le mal par­tout.”

Phi­lip­pe Muray, Après l’Histoire, Gal­li­mard, 2007

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Bivouac

« C’est que le bivouac déran­ge l’Etat car il est une maniè­re de ne jamais être là où celui-ci nous attend. »

Syl­vain Tes­son, Petit trai­té sur l’immensité du mon­de, édi­tions des Equa­teurs, 2005

Tags : Sylvain Tesson, traité, immensité, monde, bivouac, Etat
Bonheur

Le sou­ve­rain bien est le bon­heur ou « euthy­mie », très dif­fé­rent du plai­sir, contrai­re­ment à ce qu’ont cru ceux qui l’ont mal com­pris, atti­tu­de dans laquel­le l’âme est en repos et cal­me, et ne se lais­se trou­bler par aucu­ne crain­te, super­sti­tion, ou affec­tion.”

Dio­gè­ne Laër­ce, Vie et doc­tri­ne des phi­lo­so­phes illus­tres, IIIe siè­cle de notre ère

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Bonheur

Nous ne lut­tons pas pour que le peu­ple devien­ne heu­reux. Nous lut­tons pour lui impo­ser une des­ti­née.”

Ernst von Salo­mon, Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1931

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Bonheur

L’homme cher­che sa pro­pre den­si­té et non pas son bon­heur.”

Antoi­ne de Saint-Exu­pé­ry, Cita­del­le, 1948

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Bonheur

Nous avions soif d’éclairs et d’actions, nous res­tions bien loin du bon­heur des débi­les, bien loin de la « rési­gna­tion »… Notre atmo­sphè­re était char­gée d’orage, la natu­re que nous som­mes s’obscurcissait – car nous n’avions pas de che­min. Voi­ci la for­mu­le de notre bon­heur : un oui, un non, une ligne droi­te, un but…”

Fré­dé­ric Nietz­sche, L’Antéchrist, 1895

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Bons guerriers

Ain­si, quand sur le champ de bataille, la trom­pet­te appel­le à l’assaut, les bons guer­riers dans leur ago­nie s’arrachent enco­re au sol où ils gisent.”

Ernst Jün­ger, Sur les falai­ses de mar­bre (Auf den Mar­mork­lip­pen), 1939

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Boréens

Tous les bus­tes « clas­si­ques » sem­blent repren­dre les mêmes traits et don­nent aux gale­ries des musées une atmo­sphè­re de réunion de famil­le. Tous ces hom­mes sont dif­fé­rents. Et pour­tant ils appa­rais­sent tous parents. Les rois aux por­ti­ques des cathé­dra­les gothi­ques res­sem­blent trait pour trait aux guer­riers et aux ath­lè­tes de l’éternelle Hel­la­de. Qui a voya­gé dans les pays nor­di­ques a sou­dain retrou­vé, en regar­dant jouer les enfants, le sou­ri­re de l’ange de Reims. Par­fois même au détour d’un sen­tier, sur un che­min brû­lé de soleil, dans un décor d’oliviers tour­men­tés et de caillas­ses blan­châ­tres, resur­git du fond des âges un lumi­neux visa­ge d’Atlante ou de Van­da­le.”

Jean Mabi­re, Thu­lé, le soleil retrou­vé des hyper­bo­réens, Robert Laf­font, 1978

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Bourgeois

Aris­to­cra­tes et pay­sans accep­taient que leurs fils allas­sent à la mort. Le bour­geois, lui, « plan­que » ses enfants car le cou­ra­ge ou l’obéissance héroï­que ne sont pas son lot. Pour l’aristocrate : « Si mon fils est un lâche, mon nom est souillé ». Et pour le pay­san : « Si je ne défends pas ma ter­re, l’ennemi l’annexera ». Pour le bour­geois : « Si mon fils est tué, qui héri­te­ra de mon or et qui pren­dra la suc­ces­sion de mon com­mer­ce ? »”

Jean Cau, Les écu­ries de l’Occident, La Table Ron­de, 1973

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Bourgeoisie

Le subli­me est mort dans la bour­geoi­sie et cel­le-ci est donc condam­née à ne plus avoir de mora­le.”

Geor­ges Sorel, Réflexions sur la vio­len­ce, 1908

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Bourgeoisisme

Le bour­geoi­sis­me, qui s’oppose à l’esprit popu­lai­re com­me à l’esprit aris­to­cra­ti­que, domi­ne la socié­té mar­chan­de et la civi­li­sa­tion occi­den­ta­le : mora­le de l’intérêt, recher­che indi­vi­dua­lis­te du bien-être immé­diat, réduc­tion du ligna­ge à l’héritage maté­riel, esprit de cal­cul, concep­tion négo­cian­te de l’existence, igno­ran­ce du don, pré­ser­va­tion par­ci­mo­nieu­se de la vie, refus du ris­que et de l’aléa, esprit d’entreprise limi­té à l’accroissement de riches­se, désir de sécu­ri­té, ten­dan­ces cos­mo­po­li­tes, indif­fé­ren­ce aux atta­ches, aux enra­ci­ne­ments et aux soli­da­ri­tés avec son pro­pre peu­ple, déta­che­ment envers tout sen­ti­ment reli­gieux de natu­re col­lec­ti­ve ou gra­tui­te, igno­ran­ce com­plè­te du sacré.

Le petit-bour­geois moder­ne, figu­re domi­nan­te de la socié­té actuel­le, appa­raît « bran­ché » mais tra­hit un extra­or­di­nai­re confor­mis­me. Il est à la fois la cible et l’acteur prin­ci­pal de l’ahurissement intel­lec­tuel et des dis­po­si­tifs idéo­lo­gi­ques de mise-au-pas régen­tés par le soft-tota­li­ta­ris­me d’aujourd’hui”

Guillau­me Faye, Pour­quoi nous com­bat­tons – Mani­fes­te de la Résis­tan­ce euro­péen­ne, L’AEncre, 2001

Tags : Guillaume Faye, pourquoi nous combattons, manifeste de la résistance européenne, bourgeoisisme, bourgeois, petit-bourgeois, modernité, soft-totalitarisme, esprit aristocratique, société marchande, civilisation occidentale, individualisme, matière, immédiateté, vie, existence, risque, accroissement de richesse, sentimen religieux, sécurité, cosmopolitisme, enracinement, solidarités
Boussole

La tra­di­tion […] n’est pas le pas­sé. C’est même ce qui ne pas­se pas. Elle nous vient du plus loin, mais elle est tou­jours actuel­le. Elle est notre bous­so­le inté­rieu­re, l’étalon des nor­mes qui nous convien­nent et qui ont sur­vé­cu à tout ce qui a été fait pour nous chan­ger.”

Domi­ni­que Ven­ner, Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

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Brame (du cerf)

Le cycle mys­té­rieux de la chu­te et du refait sai­son­nier de ses bois l’assimile à l’arbre de vie. La sève qui nour­rit sa ramu­re sur­git des mêmes sour­ces que la semen­ce inépui­sa­ble dont il inon­de le ven­tre des biches à la sai­son du bra­me. Dans le refait de ses bois, dans l’ivresse du rut et dans le com­bat contre ses rivaux, il est la fécon­di­té incar­née, l’image vivan­te de la per­pé­tuel­le regé­né­ra­tion de la natu­re. Depuis les temps les plus recu­lés, sa majes­té, sa ramu­re et sa fer­ti­li­té ont acquis un pou­voir sans égal sur l’imagination des hom­mes.”

Domi­ni­que Ven­ner. Dic­tion­nai­re amou­reux de la chas­se, Plon, 2006

Tags : Plon, cerf, chasse, vénerie, brame, cycle saisonnier, fécondité, rût, arbre, biche, source, Dominique Venner, dictionnaire amoureux de la chasse
Bulle protectrice

Un demi-siè­cle après la fin de la Secon­de Guer­re mon­dia­le, les Euro­péens de l’Ouest, les Amé­ri­cains du Nord et quel­ques autres pri­vi­lé­giés, ici et là dans le mon­de, vivent pro­vi­soi­re­ment com­me abri­tés dans une bul­le de bien-être, tan­dis qu’alentour le res­te de l’univers est sou­mis à la vio­len­ce, à la pré­ca­ri­té, à la faim … Durant leur lon­gue exis­ten­ce natio­na­le, les Fran­çais ont sou­vent béné­fi­cié de cet­te sor­te de « bul­le » pro­tec­tri­ce. Leur posi­tion géo­gra­phi­que, à l’extrémité occi­den­ta­le de la pénin­su­le eur­asia­ti­que, a joué en leur faveur com­me la mer pour les Anglais ou l’Océan pour les Euro-Amé­ri­cains depuis le XVIIe siè­cle. Après les conquê­tes vikings, la Fran­ce n’a plus connu la mena­ce d’une inva­sion, ce qui est bien autre cho­se qu’une guer­re dynas­ti­que, un conflit de bor­na­ge fron­ta­lier ou une peti­te guer­re autour d’une vil­le qu’on se dis­pu­te entre voi­sins. Pen­dant plus de mil­le ans, les vraies fron­tiè­res de la Fran­ce furent défen­dues par d’autres sur l’Ebre, l’Oder ou le Danu­be. La Fran­ce n’avait pas à se sou­cier de mon­ter la gar­de face au « désert des Tar­ta­res ». Ses rois avaient la lati­tu­de d’adresser des sou­ri­res au Sul­tan dans le dos des che­va­liers polo­nais ou autri­chiens qui tenaient la mena­ce otto­ma­ne éloi­gnée de Paris. Loin des Sar­ra­sins, des Mon­gols ou des Turcs, dans leur jar­din abri­té et soi­gneu­se­ment des­si­né, les Fran­çais purent culti­ver à loi­sir cet art de vivre uni­que en son gen­re, déli­cat, aima­ble et froid, ces jeux de l’esprit ordon­nés autour du scep­ti­cis­me, de l’ironie et de la rai­son, dont ils se sont tant fait gloi­re.”

Domi­ni­que Ven­ner, Le cœur rebel­le, Les Bel­les Let­tres, 1994, réédi­tion Pier­re-Guillau­me de Roux, 2014

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But

Le but ne jus­ti­fie peut-être rien, mais l’action déli­vre de la mort. Les hom­mes duraient par leur navi­re.”

Saint Exu­pé­ry, Vol de nuit, 1931

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